Archives de Tag: ABM

Mécanismes, causalité et micro-fondements

Le dernier numéro de la revue Philosophy of the Social Sciences comporte un certain nombre d’articles très intéressants, dont deux plus particulièrement s’intéressent à la nature des explications en termes de mécanisme : « Overcoming the Biases of Microfoundationalism: Social Mechanisms and Collective Agents » de T. Kaidesoja et « Generative Explanation and Individualism in Agent-Based Simulation » de C. Marchionni et P. Ylikoski.

Les deux articles montrent que les explications en termes de mécanisme ne requièrent pas nécessairement de faire reposer l’analyse sur des micro-fondements. Autrement dit, on peut expliquer les phénomènes sociaux en termes de mécanismes sans pour autant nécessairement partir des actions et des croyances des individus. Il est légitime d’invoquer des mécanismes macro-sociaux dans l’explication. L’article de Marchionni et Ylikoski défend plus particulièrement en ce qui concerne les simulations multi-agents en montrant que ces modèles génèrent souvent des mécanismes qui reposent sur des objets « macro » non-réductibles à des propriétés que l’on pourrait attribuer à des individus. J’ai développé une idée similaire, dans une perspective un peu différent toutefois, dans ce papier. Toujours sur ce sujet de l’explication en termes de mécanismes, ce papier de Daniel Little est particulièrement intéressant (voir ce post pour un résumé des idées principales de l’article).

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Révolutions, dynamique sociale et agent-based modeling

Je recommande la lecture de ce long billet de Tom Slee qui s’intéresse à la manière dont on peut rendre des révolutions telles que celles du « printemps arabe » à l’aide de modèles de dynamique sociale, notamment via des agent-based models (ABM). La discussion proposée par Slee est basée sur un de ses working papers. J’avais développé des idées similaires l’année dernière dans un billet sur les révolutions dans le Moyen-Orient.

Parmi les points intéressants qu’il aborde, Slee souligne que la nature même des ABM amène à ignorer certains facteurs comme les institutions ou l’identité sociale :

adopting a network model means relegating organizations and institutions to the periphery, and moving ideas of « self-organization », connectivity, and peer-to-peer communication to the centre — not because of any factual conclusion but because some concepts can be expressed naturally within a network model and others can’t. Concepts of symbolism, identity, institutions, and the difficulty of establishing trust are hard to express and so get pushed aside or ignored completely. The popularity of agent-based models doesn’t disprove the importance of such concepts, it just makes us blind to them

Cela renvoie évidemment à ce que je disais hier. La modélisation des institutions ou de l’identité sociale n’est pas impossible en principe, mais pas nécessairement évidente à réaliser. Concernant la question spécifique de l’identité sociale, une piste me semble la modélisation (mathématique, pas computationnelle) proposée par Alan Kirman , Myriam Teschl et Ulrich Horst qui rend compte de la formation endogène des groupes sociaux. Ce type de modélisation est un moyen de représenter une forme d’interaction « inter-niveaux » entre les agents et la « structure sociale ».

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Modéliser les mécanismes sociaux

A lire, ce billet de Daniel Little sur la modélisation des mécanismes sociaux via les agent-based models. Little soulève des questions très importantes :

So here is an interesting question: how do these considerations play into the topic of understanding social outcomes on the basis of an analysis of underlying social mechanisms? Assume we have a theory of organizations that involves a number of lesser institutional mechanisms that affect the behavior of the organization. Is it possible to develop an agent-based model of the organization in which the institutional mechanisms are the units? Are meso-level theories of organizations and institutions amenable to implementation within ABM simulation techniques?

Le problème posé est celui de la modélisation des « objets sociaux » tels que les institutions dans le cadre des ABM. C’est précisément le point que je traite dans ce working paper.

J’y exprime une certaine forme de scepticisme, que je vais toutefois certainement être amené à revoir, suite à un échange la semaine dernière que j’ai eu avec un spécialiste. En attendant, on peut toujours regarder cette présentation sur la question :

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