Nouveau working paper : « From Utilitarianism to Paternalism »

J’ai eu l’occasion d’écrire sur ce blog un certain nombre de billets sur l’économie comportementale et le paternalisme, avec comme idée générale la thèse selon laquelle les conclusions normatives et morales des économistes comportementaux ne pouvaient être déduites logiquement de leurs résultats empiriques. J’ai (enfin) pris le temps de rassembler mes idées dans un document de travail intitulé « From Utilitarianism to Paternalism: When Behavioral Economics Meets Moral Philosophy« . Je dois présenter ce papier au prochain colloque de l’AFEP en juillet. Tous les commentaires sont les bienvenus !

5 Commentaires

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5 réponses à “Nouveau working paper : « From Utilitarianism to Paternalism »

  1. Gu Si Fang

    Ardu mais très intéressant. L’introduction est très claire, notamment pour expliquer la différence d’approche normative entre l’économie du bien-être et l’économie comportementale. En revanche, on ne comprend pas pourquoi Saint-Paul rejette le paternalisme : d’après votre résumé il semble accepter l’idée que des politiques paternalistes éclairées par l’économie comportementale augmenteraient l’utilité des individus, et pourtant il préfère sacrifier l’utilité au bénéfice de la liberté. Quels sont ses arguments ? Il me semble que, s’il admet l’existence d’une fonction d’utilité il est pris au piège…

    Pour le reste, je crois comprendre que Sugden critique axiomatique qui sous-tend la théorie de l’utilité (espérée) de l’économie comportementale. Il observe que ces chercheurs modélisent les individus avec une fonction d’utilité qui satisfait certains axiomes, puis de là ils franchissent le pas consistant à faire de ces axiomes une valeur normative. C’est à peu près ça ?

    Votre argument diffère puisque vous contestez non seulement la valeur normative des axiomes de l’utilité (espérée) mais aussi le fait que les préférences de l’agent à une date t soient plus importantes que ses préférences a une autre date. Cela me fait penser au dilemme lockéen de l’esclavage volontaire (il considère que le libre-arbitre est inaliénable pour des raisons religieuses). L’argument évolutionniste me semble fort : si un comportement figé était adapté, on ne gaspillerait pas un cerveau pour avoir un comportement plastique. Quelques gènes et l’instinct suffiraient !

    Je crois qu’une troisième ligne d’argumentation est possible, en reprenant les idées de Hausman sur la représentation d’un agent comme doté de désirs et de croyances. Si l’agent choisit B alors que le chercheur en économie comportementale s’attendait à ce qu’il choisisse A, le chercheur fait le raisonnement suivant :
    – dans sa situation, il devrait préférer A
    – il a des croyances imparfaites donc il choisit B
    – sa situation serait améliorée si je le « poussais » à choisir A.
    Mais qu’est-ce qui permet d’exclure l’autre interprétation : que l’agent est bien informé et préfère vraiment B ? Il doit être très difficile pour le chercheur de trancher entre les deux, et il peut facilement se laisser entraîner du côté de l’explication qu’il préfère. On peut dire que sa conclusion (« pousser ») n’est pas fondée. Il n’y a même pas besoin d’invoquer le changement de préférences au cours du temps.

    P.S. La distinction entre théorie formelle et substantive du bien-être au début du 3 ne me paraît pas utile pour l’article et complique la lecture.

    • C.H.

      Merci pour ces remarques. Sur Saint-Paul, j’ai eu l’occasion d’en parler ici :
      http://www.laviedesidees.fr/Quand-nos-comportements-deroutent.html

      Pour faire simple, Saint-Paul développe une critique déontologique qui a pour principal défaut qu’elle ne peut convaincre que ceux qui adhèrent déjà à une défense déontologique de la liberté et de la responsabilité individuelle.
      Concernant Sugden, c’est en effet un aspect de sa critique mais qui est en fait beaucoup plus large, puisqu’elle inclue aussi la définition d’un critère normatif alternatif à la satisfaction des préférences, ainsi qu’une remise en cause de l’approche en termes de dictateur bienveillant, qui sous-tend toute l’économie normative, économie comportementale comprise.

  2. Ramzi Mabsout

    How can I download your article? the link is not workng. thank you.

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