Economie de la publication académique

A lire sur Rue89, cet article qui décrit très bien l’aberration de l’arrangement institutionnel qui organise la publication académique. La perversité de cet arrangement institutionnel tient au fait que chaque chercheur est rationnellement incité sur un plan individuel à rentrer dedans et à jouer le jeu. La solution ? « Raisonner collectivement » et notamment :

* refuser de rapporter pour des revues publiées par des éditeurs tels que Elsevier

* ne pas soumettre aux revues de ces mêmes éditeurs (à titre personnel, je m’auto-censure depuis un an en n’envoyant pas à une revue d’Elsevier un article qui y aurait probablement sa place… La revue demande 75 euros de droit de soumission, somme que mon labo ne payera pas et que je ne payerais pas non plus)

* favoriser le développement (en y envoyant des articles par exemple) des revues en ligne et librement accessibles. Un bon exemple dans mon champ est l’Erasmus Journal for Philosophy and Economics.

Une initiative intéressante est celle proposée par la World Economic Association qui édite trois revues et propose un nouveau système d’évaluation des articles, sur la base d’un principe de discussion publique librement ouverte (et normalement non anonyme). Les articles acceptés et publiés sont ensuite librement accessibles.

Il faut aussi noter que le système a un autre effet pervers qui n’est pas relevé dans l’article : il me semble que les éditeurs sont incités à multiplier les revues et les publications de manière à facturer toujours plus de nouveaux abonnements aux établissements de recherche. Or, on peut penser qu’il y a surproduction scientifique, c’est à dire que le volume de publications scientifiques est déjà au-delà de l’optimum social…

1 commentaire

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Une réponse à “Economie de la publication académique

  1. Dans les années 1930s, les bibliométriciens de l’époque se plaignaient déjà des publications surabondantes et redondantes.
    Mais le principe de Pareto version citations s’applique toujours : les 20% qui recevront tout le crédit (scientifique, voire social) ont besoin des 80% de « mauvais papiers », et plus il y en a, mieux c’est.

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