L’économie comportementale, c’est sérieux ?

Que penser des résultats de l’économie comportementale ? Pas que du bien (c’est un euphémisme), si l’on en croit ce petit livre de David Levine, Is Behavioral Economics Doomed?. En gros, pour Levine, la validité externe des résultats expérimentaux de l’économie comportementale (i.e. dans quelle mesure ces résultats sont-ils valables en dehors du laboratoire) est douteuse car les biais constatés disparaissent si le jeu est répété suffisamment de fois et, de manière plus générale, l’hypothèse de rationalité et la théorie du choix rationnel sont à la fois plus pertinentes et plus parcimonieuses qu’une explication à base de « biais et d’heuristiques » pour rendre compte de la plupart des phénomènes économiques. Levine n’a d’ailleurs pas trop aimé le dernier livre de Daniel Kahneman, Thinking Fast and Slow (Système 1/Système 2 en français).

2 Commentaires

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2 réponses à “L’économie comportementale, c’est sérieux ?

  1. Passionnant, merci pour cette excellente suggestion de lecture. Je me débats un peu avec le passage suivant car je ne comprends pas d’où vient la conclusion que « Only models of rational behavior do. »

    Unlike behavioral models – which treat economic activity like hurricanes – the rational expectations model captures the intrinsic connection between the forecaster and the forecast. In fact one description of a model of rational expectations is that it describes a world where the forecaster has no advantage in making forecasts over anyone else in the economy – which if people believe his forecasts will have to be the case.
    Did you get that? When people speak of “self-fulfilling prophecies” they aren’t talking about models of irrational behavior. Models of irrational behavior do not predict that there can be “self-fulfilling prophecies.” Only models of rational behavior do.

    • C.H.

      En gros, l’idée c’est que la notion de prophéties auto-réalisatrices n’a de sens que dans le cadre d’une théorie qui adopte l’hypothèse d’anticipations rationnelles. Dans les modèles « behavioristes », le comportement des agents est déterminés par des heuristiques, ils n’anticipent pas véritablement.

      Cela dit, ce n’est pas totalement vrai à partir du moment où l’on se place sur un plan « écologique » : imaginez une population d’individus qui utilisent une variété d’heuristiques pour prendre une décision (ex : le modèle du bar El Farol d’Arthur). Il est tout à fait possible qu’une certaine distribution d’heuristiques en t génère des comportements qui valident les heuristiques en t+1, ce qui correspond alors à un équilibre. On peut alors parler « d’anticipations rationnelles » même si nous n’avons pas des agents rationnels…

      Quand j’aurai complètement terminé de le lire, je reviendrai sur ce bouquin qui est très intéressant mais qui comporte quelques sections discutables (la section sur le vote dans le 1er ou 2e chapitre par exemple est une farce).

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