Faits institutionnels et intentionnalité collective : Searle versus l’analyse économique

C.H.

Mes recherches sur les thèmes de la saillance, de l’émergence ou encore du raisonnement collectif m’ont amené à m’intéresser récemment aux travaux du philosophe américain John Searle, et plus particulièrement à son ingénieuse théorie des faits institutionnels. Searle développe une réflexion ontologique sur la nature des faits institutionnels en montrant comment des objets sociaux acquièrent du point de vue des agents une réalité en tout point identique à celle des faits naturels. A ce titre, Searle traite de questions qui intéressent un nombre croissants d’économistes travaillant sur l’émergence et le fonctionnement des normes sociales et autres conventions. Il est de ce point de vue intéressant de se demander comment l’analyse de Searle se positionne par rapport à l’approche standard des économistes.

C’est justement le sujet d’un récent article de J.P. Smit, Filip Buekens et S. du Plessis paru dans Economics and Philosophy (article librement accessible). Plus exactement, les auteurs tentent de montrer que l’explication « économique » des faits institutionnels est à la fois plus simple et plus pertinente que l’explication searlienne. L’article développe un certain nombre de points que j’ai par ailleurs plusieurs fois abordé ici et sur lesquels je vais brièvement revenir. Dans l’idéal, il faudrait rappeler dans le détail la théorie proposée par Searle mais cela mériterait plus qu’un billet, aussi je me contenterai d’un bref résumé quelque peu caricatural. Ceux qui sont intéressés peuvent lire cet article de Searle paru dans le Journal of Institutional Economics (article librement accessible lui aussi) ou, mieux encore, ses ouvrages The Construction of Social Reality (1995) et Making the Social World (2010). Pour schématiser, l’ambition de Searle est de bâtir une théorie sociale allant au-delà de l’opposition entre réalisme et constructivisme en interrogeant la nature des phénomènes sociaux et, plus précisément, des faits institutionnels. L’approche de Searle est donc résolument ontologique. La principale thèse est que tous les faits institutionnels ont une structure ontologique commune qui consiste dans l’assignation par une collectivité de fonctions à des objets ou à des individus, fonctions de nature sociale dans le sens où elles sont distinctes des éventuelles fonctions physiques des individus ou objets en question. Ces fonctions ont la forme générique suivante : « X compte comme Y dans C » où X correspond à l’objet ou à l’individu, Y à la fonction assignée et C aux conditions dans lesquelles l’assignation opère. Pour reprendre l’un des exemples préférés de Searle, un billet de 20 dollars n’est, physiquement parlant, rien de plus qu’un bout de papier. Le fait que cet objet soit défini par une communauté comme « un billet de 20 dollars » est le résultat d’une assignation de fonction produisant un fait institutionnel : le billet acquiert une propriété sociale irréductible à ses propriétés physiques par le simple fait que les membres de cette communauté ont collectivement décidé qu’il en serait ainsi. Un fait institutionnel est ainsi le produit de l’existence d’une institution qui, tout en autant irréductible à un fait brut (physique), possède une objectivité similaire du point de vue des individus.

Searle développe plusieurs concepts afin de mieux cerner la nature des faits institutionnels. Le premier concept est celui de l’intentionnalité collective. Les assignations de fonction à la base des faits institutionnels suppose une reconnaissance collective au sein d’une communauté. J’aurai l’occasion d’y revenir plus bas mais on peut d’ores et déjà noter que l’intentionnalité collective searlienne se distingue d’autres théories du raisonnement collectif développées par des philosophes et des économistes (notamment parce qu’elle ne suppose paradoxalement aucune intersubjectivité). Par ailleurs, l’assignation d’une fonction engendre des pouvoirs déontiques, dans le sens où une fonction produit toujours des droits, devoirs, obligations, etc. sur certains ou tous les membres d’une population. Un fait institutionnel va alors se caractériser par le fait qu’il créé des motivations à agir qui sont indépendantes des motivations purement individuelles. Enfin, une caractéristique fondamentale des faits institutionnels est qu’ils prennent la forme de règles constitutives dans le sens où ces faits définissent l’existence même d’un phénomène (social) donné : par exemple, les règles du jeu d’échecs sont constitutives du jeu d’échecs dans le sens où si vous changez les règles, vous changez le jeu. Pour finir ce rapide résumé, il faut noter qu’un des points essentiels de la théorie de Searle est le rôle fondamental qu’il donne au langage comme institution primordiale. La thèse de Searle est que l’existence de faits institutionnels présuppose l’existence d’une forme de langage dans la mesure où toutes les fonctions d’assignation sont le produit de « faits de discours » (speech acts ») ou encore de « déclarations ». En clair, pour assigner une fonction Y à un objet X, il faut être doté d’un système de symboles et de significations performatif : pour que ce bout de papier compte comme un billet de 20 dollars dans une population, il faut que les membres de cette population se soient (collectivement) dotés d’une série de concepts (à commencer par celui de monnaie) et que ces concepts trouvent leur expression dans une forme ou une autre de langage.

Je pense que les plus économistes de mes lecteurs peuvent déjà deviner le contenu de l’article de Smit et al.. L’objectif des auteurs est assez simple : montrer que l’analyse économique dispose de concepts qui permettent de rendre compte de ce que Searle appelle « faits institutionnels » de manière plus simple et plus efficace que la propre théorie de Searle. En substance, la théorie alternative des auteurs est basée sur le concept d’incitation et fait appel à de simples raisonnements de théorie des jeux. Il s’agit essentiellement pour eux de montrer que l’on peut rendre compte des institutions en identifiant le réseau d’incitations et d’anticipations qui président aux décisions des agents. L’implication principale est que l’on obtient une théorie beaucoup plus « naturaliste » que celle de Searle dans le sens où une institution ne repose pas sur l’existence d’une « réalité sociale » distincte de la réalité physique. Pour le comprendre, le plus simple est de suivre la démarche des auteurs (elle-même calquée sur celle de Searle) en partant d’un ou deux petits exemples. Pour illustrer son propos, Searle prend notamment l’exemple fictif d’une communauté qui, afin de délimiter son territoire et surtout d’empêcher l’intrusion d’étrangers, construit un mur à l’aide de pierres. Ce mur est un fait brut, dans le sens où il contraint physiquement l’action. Imaginons qu’après plusieurs années, ce mur se soit progressivement détérioré et qu’au final, il ne subsiste plus qu’une ligne de petites pierres. Dans le cas où cette ligne continue à faire office de frontière, dans le sens où les étrangers tendent à ne pas la franchir, alors nous avons un fait social au sens de Searle : la ligne de pierres compte comme une frontière parce que cela est collectivement reconnu comme tel. Smit et al. suggèrent que l’on peut rendre compte du même phénomène à l’aide de concepts plus conventionnels (pour les économistes) : imaginez deux individus seuls sur une île ; suite à une dispute, l’un deux délimite un territoire et menace (de manière crédible) l’autre de représailles s’il franchit la ligne. L’autre fait de même. Dans la mesure où les menaces sont mutuellement crédibles (et où les gains escomptés sont insuffisants pour inciter à prendre le risque de franchir la ligne), les deux individus vont effectivement ne jamais franchir la ligne. Pour les auteurs, une frontière existe de fait et ceci alors même qu’aucune forme d’intentionnalité collective n’existe.

Un autre exemple parlant est celui de la monnaie. Ici encore, la monnaie comme fait institutionnel suppose qu’un groupe d’individus a collectivement décidé de conférer la fonction de « monnaie » à un type d’objet donné. On le sait, les économistes ont développé un ensemble de modèles qui interprète de manière radicalement différente l’existence de la monnaie : en substance, ces modèles définissent la monnaie comme une situation d’équilibre où un objet donné est rationnellement et exclusivement désiré par chaque individu pour sa valeur d’échange. Ici encore, l’explication repose sur le concept d’incitation : je désire acquérir l’objet X parce que j’anticipe pouvoir acquérir l’objet Y contre l’objet X parce que j’anticipe que les autres voudront acquérir l’objet X parce qu’ils anticipent… Cela est vrai pour tout type de monnaie, y compris la monnaie « fiat ». Ici encore, pas d’intentionnalité collective, mais juste une chaîne de raisonnements individuels encastrés les uns dans les autres. Dans leur article, les auteurs approfondissent l’exemple et suggèrent que le développement de la monnaie électronique pose un problème délicat à la théorie searlienne mais pas à la leur.

Il me semble que l’argument d’ensemble de Smit et al. n’est pas convaincant dans tous ses détails. Il est indiscutable que l’analyse économique des institutions, notamment par le biais de la théorie des jeux, débouche sur une théorie différente de Searle, mais je ne suis pas certain que les deux approches expliquent exactement la même chose. Par exemple, en ce qui concerne la monnaie, l’approche économique est très intéressante pour expliquer l’émergence de l’institution mais pas nécessairement sa nature. Plus fondamentalement, je crois que les auteurs sous-estiment considérablement l’importance du langage dans l’approche searlienne. On le voit très clairement avec l’exemple de la frontière : est-ce que le fait que les individus A et B ne franchissent jamais une ligne L, parce qu’ils anticipent des représailles dans le cas contraire, est suffisant pour accoler le concept de « frontière » à la ligne L. C’est un problème plus fondamental qu’il n’y parait, surtout compte tenu du rôle que Searle fait jouer à l’intentionnalité. Dans la théorie de Searle, A et B ne franchissent pas L parce que tout deux ont collectivement conféré le statut de « frontière » à L. Le concept de frontière est porteur de sens (il a un contenu sémantique) et c’est de sa signification que découle les droits et obligations et A et B. C’est à partir de ces droits et obligations que A et B développent leur intention de franchir ou non L. En reconnaissant le statut de « frontière » à L, A et B ont créé une institution qui intervient dans la formation de leurs anticipations et de leurs intentions individuelles. Dans la théorie de Smit et al., à aucun moment A et B n’ont besoin de délibérer sur le fait que L est une frontière. La seule chose qui compte est que le jeu de leurs anticipations croisées (que va-t-il se passer si je franchis L, peu importe ce que L est vraiment ?) fait que L n’est effectivement jamais franchie. La différence de taille avec l’approche de Searle est qu’ici le statut de « frontière » n’est pas assigné par les individus mais par l’observateur.

La question de savoir si l’on ne peut considérer qu’une institution existe qu’à la condition qu’un objet soit (collectivement) reconnu comme tel par les membres d’une population peut sembler purement sémantique mais est malgré tout importante. Notamment, si l’on considère que les êtres humains se distinguent des animaux par leur aptitude à délibérer à des degrés variés de conscience sur les phénomènes qui les entourent et que, parmi ces phénomènes, nous identifions notamment des faits institutionnels, alors l’approche searlienne prend en compte quelque chose que l’approche économique ignore. Paradoxalement, il y a peut être néanmoins un moyen de les réunir au moins partiellement. De mon point de vue, le concept searlien d’intentionnalité collective est problématique parce qu’il exclu toute forme d’interactivité épistémique. Or, notre disposition à développer une forme de raisonnement collectif (aussi bien au niveau des croyances que des intentions) repose sur des mécanismes épistémiques qui vont au-delà de l’ordre 1. Autrement dit, pour que L soit collectivement reconnue comme une frontière, il faut que A et B sachent que l’autre reconnait L comme frontière, mais aussi que A et B sachent cela, etc. En ce sens, bien que l’approche de Searle soit ontologique, elle ne peut pas faire abstraction de considérations épistémiques pour la bonne et simple raison que ces considérations sont constitutives de l’ontologie sociale. Il se trouve que la théorie des jeux épistémiques est un outil puissant pour étudier ce genre de question (voir ce papier pour un argument qui va dans le même sens). En parallèle, il n’est pas évident que l’approche économique puisse ignorer toute la problématique de l’intentionnalité collective. Une fois que l’on reconnait que les faits institutionnels sont des objets sociaux sur lesquels les individus s’appuient pour agir, on peut les interpréter comme des équilibres corrélés : un équilibre corrélé définit un profil d’actions (et de croyances) en fonction de l’état du monde. L’hypothèse implicite est que tous les membres de la population vont raisonner de la même manière à partir d’un même évènement. Il s’agit d’une hypothèse additionnelle par rapport à la théorie de la décision bayésienne standard en économie et pour la justifier on peut invoquer le fait que les individus ont une « compréhension commune » de la situation. Cette compréhension commune permet une forme faible de raisonnement collectif de type « nous nous représentons la situation comme X, donc je dois faire x ». D’où vient cette compréhension commune ? Du fait que les individus proviennent de la même communauté, et qu’à ce titre ils partagent un certain nombre d’institutions « constitutives », à commencer par… le langage ? Les économistes ont donc peut être bien besoin de la théorie de Searle !

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3 Commentaires

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3 réponses à “Faits institutionnels et intentionnalité collective : Searle versus l’analyse économique

  1. Gu Si Fang

    « La culture comme une seconde nature » ?

  2. Dieu

    Merci pour cet excellent travail qui témoigne d’un véritable effort de réflexion sur un sujet très intéressant.
    Searle accroit beaucoup d’importance au « réseau de significations » entre acteurs pour justifier sa théorie sémantique, mais sa thèse est très discutable, et elle n’a pas de réelle application économique, ce qui constitue sa principale limite.
    Je lui reproche d’avoir justifié sa thèse par la multiplication d’ontologies (représentions des individus de pouvoirs déontiques, fonction sociale) pour ensuite les réunir, et je ne vois à vrai dire pas l’utilité pour comprendre de façon multidimensionnelle la société, ce qu’aurait permis une vraie approche ontologique.
    Au niveau plus concret de la société, les droits des individus ne sont pas crées pour leur valeur symbolique intrinsèque, même si elles peuvent en revêtir une, d’où l’importance à nuancer de ses idées.
    En droit, on appelle institution la création d’une personne morale distincte d’une personne physique, et il n’y a pas de raison ontologique à trouver dans l’institution de la personne morale.
    Et l’intentionnalité collective ne saurait permettre la création des institutions pour répondre à Searle, car instituer c’est établir officiellement une personne par des règles (et non par la pensée) qui ont un caractère intemporel.
    Or, en suivant ce principe, le langage est propre à l’individu, il fait parti de sa nature, et ne peut donc pas être considéré comme institution.
    Cette notion de durée intemporelle des institutions est paradoxale avec la considération d’une institution comme fait social, et donc mouvant selon la rationalité individuelle des acteurs.
    La théorie des jeux systémiques montre par le jeu des acteurs, l’importance économique des institutions, mais elle se sert d’un observateur, non acteur de la société, pour créer les institutions répondant aux besoins des citoyens, alors que celles-ci pourraient être crées par accord collectif (considérons l’accord d’un groupe d’individus qui prend en considération les libertés de chacun)
    Par ce fait, l’hypothèse de Searle trouverait une réalité physique dans ces accords qui peuvent être tacites ou non, et la théorie systémique trouverait une raison à ces croyances qui répondent à une rationalité objective, et non subjective.
    En fait, il me paraît difficile de parler de l’émergence de sociétés sans considérer le droit qui a permis de constituer ses principes d’organisation, indépendamment de la volonté de chacun.
    Les règles juridiques donnent un cadre objectif des normes collectives de la société qui répondent de plein droit au critère d’exigence de fondation des institutions.
    (p.s: les auteurs devraient plus souvent reconnaître leurs limites, et exposer leurs croyances au lieu de nous faire croire à une recherche de la rationalité, sans mettre en place un monde parallèle pour éviter de prendre les murs)

  3. Gu Si Fang

    Ce passage de Steven Pinker n’est pas sans rapport avec le billet, et de plus il est franchement utile en ce début d’année : toute une liste de bonnes résolutions !

    The people of the Middle Ages were, in a word, gross. A number of the advisories in the etiquette books deal with eliminating bodily effluvia:
    Don’t foul the staircases, corridors, closets, or wall hangings with urine or other filth. • Don’t relieve yourself in front of ladies, or before doors or windows of court chambers. • Don’t slide back and forth on your chair as if you’re trying to pass gas. • Don’t touch your private parts under your clothes with your bare hands. • Don’t greet someone while they are urinating or defecating. • Don’t make noise when you pass gas. • Don’t undo your clothes in front of other people in preparation for defecating, or do them up afterwards. • When you share a bed with someone in an inn, don’t lie so close to him that you touch him, and don’t put your legs between his. • If you come across something disgusting in the sheet, don’t turn to your companion and point it out to him, or hold up the stinking thing for the other to smell and say “I should like to know how much that stinks.”
     
    Others deal with blowing one’s nose:
    Don’t blow your nose onto the tablecloth, or into your fingers, sleeve, or hat. • Don’t offer your used handkerchief to someone else. • Don’t carry your handkerchief in your mouth. • “Nor is it seemly, after wiping your nose, to spread out your handkerchief and peer into it as if pearls and rubies might have fallen out of your head.”
     
    Then there are fine points of spitting:
    Don’t spit into the bowl when you are washing your hands. • Do not spit so far that you have to look for the saliva to put your foot on it. • Turn away when spitting, lest your saliva fall on someone. • “If anything purulent falls to the ground, it should be trodden upon, lest it nauseate someone.” • If you notice saliva on someone’s coat, it is not polite to make it known.

    And there are many, many pieces of advice on table manners:
    Don’t be the first to take from the dish. • Don’t fall on the food like a pig, snorting and smacking your lips. • Don’t turn the serving dish around so the biggest piece of meat is near you. • “Don’t wolf your food like you’re about to be carried off to prison, nor push so much food into your mouth that your cheeks bulge like bellows, nor pull your lips apart so that they make a noise like pigs.” • Don’t dip your fingers into the sauce in the serving dish. • Don’t put a spoon into your mouth and then use it to take food from the serving dish. • Don’t gnaw on a bone and put it back in the serving dish. • Don’t wipe your utensils on the tablecloth. • Don’t put back on your plate what has been in your mouth. • Do not offer anyone a piece of food you have bitten into. • Don’t lick your greasy fingers, wipe them on the bread, or wipe them on your coat. • Don’t lean over to drink from your soup bowl. • Don’t spit bones, pits, eggshells, or rinds into your hand, or throw them on the floor. • Don’t pick your nose while eating. • Don’t drink from your dish; use a spoon. • Don’t slurp from your spoon. • Don’t loosen your belt at the table. • Don’t clean a dirty plate with your fingers. • Don’t stir sauce with your fingers. • Don’t lift meat to your nose to smell it. • Don’t drink coffee from your saucer.

    In the mind of a modern reader, these advisories set off a train of reactions. How inconsiderate, how boorish, how animalistic, how immature those people must have been! These are the kinds of directives you’d expect a parent to give to a three-year-old, not a great philosopher to a literate readership. Yet as Elias points out, the habits of refinement, self-control, and consideration that are second nature to us had to be acquired—that’s why we call them second nature.

    Trois catégories de faits : objectifs, subjectifs, et intersubjectifs… Nature, préférences individuelles, et institutions sociales… Law, Liberty, and Legislation…

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