Les liens du matin (79)

C.H.

* « Pourquoi l’économie n’est-elle pas une science ? » – Etienne Wasmer

* « Faut-il affamer les fonctionnaires ? Polanyi et les incitations « économiques » » – Denis Colombi

* « The decline of American economists and the European cultural revolution » – Worthwhile Canadian Initiative

* « The Imaginot Line » – Paul Seabright

* « Complexity, Spontaneous Order, blah, blah, blah… and Wow » – William Easterly

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3 Commentaires

Classé dans Liens

3 réponses à “Les liens du matin (79)

  1. elvin

    Sur l’article d’Etienne Wasmer

    Bien d’accord avec David Gross : pour que l’économie soit vraiment une science, il faudrait que les économistes passent beaucoup plus de temps à observer ce qu’ils ont pour ambition d’expliquer.

    Je trouve les objections de Wasmer bien faibles. Amha ce ne sont que de bonnes excuses pour continuer à faire joujou avec des modèles sans les confronter à la réalité.
    Wasmer ressort la tarte à la crème habituelle : « en économie, il n’y a pas de faits ». C’est peut-être vrai au niveau collectif de l’explanandum, mais pas au niveau individuel de l’explanans. Cette position renvoie à une conception de l’économie comme limitée aux agrégats et aux interactions supposées entre eux, alors que l’économie consiste (ou plutôt devrait consister) à expliquer des phénomènes sociaux tels que les prix (l’explanandum) à partir du comportement des individus (l’explanans) pris comme une donnée qu’il faut observer et dont il faut prendre acte, au lieu de lui substituer des hypothèses caricaturales. Et à ce niveau, ce sont bien des faits bruts, pas des faits stylisés, qu’on peut et qu’on doit observer, et qui ne sont pas nécessairement nécessairement numériques ni mesurables, pas plus que dans les (autres) sciences du vivant.

    Quant à l’objection « c’est coûteux », c’est peut-être une explication, certainement pas une excuse. Collecter des données en astrophysique ou en physique des particules est encore bien plus coûteux, et ni les astrophysiciens ni les physiciens ne se croient autorisés à s’en dispenser.

    Sur le papier d’Easterly, une remarque concernant son point 3 : un ordre ne peut être dit « spontané » que si aucun de ses éléments n’a été et n’est imposé par la contrainte. Par définition, une tyrannie ou une dictature ne peut pas être un ordre spontané. Donc non, la Mafia N’EST PAS un ordre spontané.

    • C.H.

      Sur votre second point :

      La notion de contrainte est extrêmement floue. Par définition, pour un économiste, un agent agit toujours sous contrainte. Réduire la contrainte à l’aspect physique n’a pas de justification méthodologique, uniquement idéologique. Donc, proprement entendu et débarassé de toute connotation idéologique, un ordre spontané est toujours le résultat de diverses contraintes. La mafia est un ordre spontané à partir du moment où, quand bien même une contrainte physique est exercée (parmi d’autres contraintes), le résultat final (l’organisation mafieuse et toutes ses règles et normes) est le produit d’un ensemble d’actions décentralisées et pas nécessairement corrélées. La tyrannie est également le produit d’un ordre spontané car si elle est en partie le produit d’actions cherchant à l’instaurer intentionnellement, la possibilité de son instauration repose sur l’existence de certains facteurs favorables qui échappent au contrôle du tyran. Prétendre le contraire reviendrait à réduire la causalité en histoire à l’action de quelques individus et à rejeter l’existence des effets émergents.

      • elvin

        OK j’ai réagi un peu vite, et la question est plus complexe.
        Oui, la notion de contrainte est floue, et c’est vrai aussi que ma position paraît (superficiellement) plus idéologique que méthodologique.
        Mais avec votre définition, l’ordre qui règne dans une prison, dans une maison d’esclaves ou dans les galères de jadis serait « spontané », et à ce compte, n’importe quel ordre serait « spontané ». Il faudrait donc creuser la nature des interactions entre les agents, et la notion de « pouvoir », pour définir plus précisément ce que veulent dire les termes « émergent » et « spontané », qui ne sont pas nécessairement synonymes. J’aurais tendance à dire que vous parlez des effets « émergents », et que j’utilise « spontané » pour dénoter l’absence de contrainte par la violence (au sens large).

        « Prétendre le contraire reviendrait à réduire la causalité en histoire à l’action de quelques individus et à rejeter l’existence des effets émergents. »
        Absolument pas. Chaque évènement historique résulte d’un mélange de causes dont certaines sont les contraintes exercées par des individus privilégiés, d’autres sont les actions non contraintes des individus, et d’autres encore sont des facteurs physiques. Selon les sociétés, la part des effets de contrainte et celle des effets émergents ou spontanés varient, mais l’un n’exclut nullement l’autre.

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