Vient de paraître dans les « Cahiers d’économie politique »

C.H.

Un peu d’auto-promo (un blog ça sert aussi à ça). Le n° 58 des Cahiers d’économie politique vient de paraître. On y trouve beaucoup de choses intéressantes et notamment un article écrit par mes soins sur le réalisme critique en économie. J’y développe un point de vue assez critique justement même si toute la partie de cette approche portant sur la relation entre action et structure (thème bien connu des sociologues) me semble intéressante. Les personnes intéressées peuvent me contacter par mail, je me ferai un plaisir de leur transmettre l’article en format électronique.

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6 Commentaires

Classé dans Divers

6 réponses à “Vient de paraître dans les « Cahiers d’économie politique »

  1. Ce serait sympa de me le faire parvenir…

  2. la miss des villes

    La Miss des Villes peut avoir un exemplaire dédicacé?

  3. MacroPED

    Vos écrits m’ont toujours intéressé, alors je suis preneur si vous n’y trouvez aucun inconvénient…

    Merci d’avance.

  4. La Miss des Villes

    La Miss des Villes pense que CH n’y verra aucun inconvénient

  5. Silvertongue

    S’il s’agit du texte qui traite de Lawson (évoqué tantôt, et en direct), je prends très volontiers. S’il ne s’agit pas dudit texte… en fait je prends aussi très volontiers.

    Merci d’avance 😉

  6. elvin

    Cyril m’avait envoyé son papier et je lui avais répondu en direct. Voici une version abrégée de mes commentaires (mais encore un peu longue, excusez-moi).
    Je ne surprendrai personne en disant que ce qui m’intéresse dans les thèses de Lawson, c’est leur étroite proximité (mais aussi les quelques différences) avec les thèses autrichiennes. Par exemple :
    Ses critiques envers le « mainstream », résumées page 5 du papier de Cyril, sont identiques à celles des autrichiens.
    Le raisonnement transcendantal (page 11), quand on l’applique à l’action humaine, ressemble bigrement à l’introspection autrichienne qui conduit aux axiomes de l’action.
    Le modèle transformationnel du RC (page 12) est cohérent avec la conception autrichienne de la formation et de l’évolution des structures sociales.
    La distinction entre « abstraction » et « isolation » (page 15) est la même que font les autrichiens entre « abstraction non-précisive » et « abstraction précisive » (distinction qui remonte à Aristote si je ne m’abuse).
    Je relève au passage l’erreur habituelle selon laquelle l’individualisme méthodologique consisterait à considérer les individus comme isolés, alors que Mises, héraut de l’IM, a pris soin d’écrire : « Nobody ventures to deny that nations, states, municipalities, parties, religious communities, are real factors determining the course of human events. Methodological individualism, far from contesting the significance of such collective wholes, considers it as one of its main tasks to describe and to analyze their becoming and their disappearing, their changing structures, and their operation. » [Human Action, Ch II,4] Je n’arrive pas à déterminer si c’est Lawson qui commet cette erreur ou si c’est Cyril qui le rapporte mal.
    Enfin, sur le dualisme méthodologique (thème non repris dans la version réduite), je crois noter un malentendu. Les autrichiens constatent que les sciences de la nature ont adopté une certaine méthodologie – appelons-la hypothético-déductive ou positive, et ils disent que cette méthodologie ne convient pas aux sciences sociales, donc pas à l’économie. Mais ils ne prennent pas position sur son adéquation pour les sciences de la nature. Lawson dit que cette méthode ne convient pas non plus aux sciences de la nature (Hayek a exprimé une position voisine). Littéralement, il n’est donc plus dualiste mais il ne contredit pas les autrichiens dans ce qui est leur domaine, l’économie. En disant que les principes méthodologiques autrichiens, sont aussi applicables aux sciences de la nature, il est au contraire plus autrichien que les autrichiens.
    Les points de désaccord potentiel sont plus subtils et demanderaient une analyse plus détaillée des thèses de Lawson.
    Le premier concerne l’idée que des énoncés du type « si X, alors Y » ne peuvent exister dans un système ouvert et que donc la méthode déductive ne peut fonctionner que sur des systèmes fermés, « c’est-à-dire contenant un nombre fini d’agents et de relations isolés à la fois extrinsèquement et intrinsèquement. ». Je crois que cette position est contraire aux thèses autrichiennes, pour lesquelles il peut exister des énoncés du type « si X, alors Y » dans un système ouvert au sens de Lawson.
    Un deuxième concerne la phrase : « Pour que sa structure d’explication soit applicable, la théorie économique standard est donc obligée de postuler une fermeture « artificielle » des systèmes qu’elle étudie par le biais de plusieurs moyens :individualisme méthodologique et principe de rationalité parfaite et maximisatrice, détermination de fonctions objectives (fonction d’utilité, fonction de production), clause ceteris paribus, introduction ad hoc de facteurs exogènes ».
    D’accord pour le principe de rationalité parfaite et maximisatrice et la détermination de fonctions objectives, qui tous deux supposent de la part de chaque acteur une connaissance parfaite impossible dans un système ouvert, mais pas pour l’individualisme méthodologique (au sens autrichien du moins) qui ne limite en rien le nombre des acteurs ni les caractéristiques de leur comportement. Quant à la clause ceteris paribus, tout dépend si elle est utilisée comme abstraction ou comme isolation, pour reprendre cette distinction.
    Sur la distinction entre orthodoxie et hétérodoxie, je ne comprends pas pourquoi il faudrait rechercher une unité aux hétérodoxies, sinon une unité « négative » par rapport à l’orthodoxie. Mais plus profondément, il me semble résulter de vos analyses (et d’autres) que l’orthodoxie elle-même n’a plus vraiment d’unité, pour autant qu’elle en ait jamais eu une tellement ses deux sources (en gros la tradition walrasienne et la tradition keynesienne) étaient elles-mêmes différentes. Quelque critère qu’on retienne pour caractériser l’orthodoxie, il me semble qu’on trouvera toujours des auteurs reconnus comme « mainstream » qui ne le respectent pas. Les qualificatifs « mainstream » ou « orthodoxe » ne sont plus guère qu’un marqueur social indiquant une reconnaissance réciproque, sans rapport avec les positions méthodologiques ou substantielles des uns et des autres. C’est le même genre de différence qu’entre les membres du Rotary Club et ceux du Lions’ Club.
    Avec l’effacement de la ligne de démarcation, il me semble qu’on assiste à une recomposition plus subtile et plus sournoise. Sur l’ensemble de la discipline, et en ignorant la dichotomie peu significative entre orthodoxie(s) et hétérodoxies, certaines thèses perdent du terrain, d’autres en gagnent. Celles qui régressent sont plutôt celles qui caractérisaient le « mainstream » à ses débuts ; celles qui progressent sont celles qui sont cohérentes avec le réalisme critique (et donc les positions classico-autrichiennes). En somme, l’orthodoxie se défend contre les hétérodoxies en adoptant progressivement leurs thèses, ce qui est assez lakatien d’ailleurs.
    Je pense que, parmi les écoles de pensée compatibles avec le RC, l’économie évolutionnaire, l’institutionnalisme, l’économie comportementale et la théorie autrichienne (au moins) sont tout à fait compatibles entre elles et peuvent facilement s’articuler en une théorie générale dont les positions autrichiennes seraient d’une part les fondations méthodologiques et où d’autre part elles tiendraient la place d’une théorie générale des échanges et sans doute d’une théorie du capital (ce que j’ai tendance à appeler « économique fondamentale » par opposition à une « économique appliquée », distinction qui reprend celle qui est faite en physique ou en mathématiques).
    Dans cette mesure, et pour revenir à mes obsessions, l’économie « autrichienne » est bien un candidat naturel pour remplacer l’orthodoxie actuelle, « an orthodoxy in waiting » comme disent O’Boyle et McDonnough, mais c’est pour des raisons épistémologiques et indépendantes de son contenu idéologique. Il vaudrait d’ailleurs mieux dire « la renaissance d’une orthodoxie », parce que ça a été l’orthodoxie jusqu’au début du XXe siècle. Contrairement à tous les discours dominants, je crois que cette renaissance est en train de se produire, lentement mais sûrement.

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