Vers un changement de paradigme en économie ? Une réponse à Galbraith

C.H.

Il y a quelques temps, La vie des idées publiait un article de James Galbraith sur l’état de la science économique au lendemain de la crise financière. La revue m’a demandé de rédiger un article sous forme de réponse à celui de Galbraith, ce que j’ai accepté avec plaisir, et voilà le résultat. A noter que Galbraith a rédigé une courte réponse à mon texte…

19 Commentaires

Classé dans Divers

19 réponses à “Vers un changement de paradigme en économie ? Une réponse à Galbraith

  1. Thomas

    La réponse de Galbraith est comme même un peu brutal je trouve.

  2. C.H.

    Ouai, j’y vois surtout un peu de mauvaise foi mais bon…

  3. Erloom

    La méthode expérimentale qui se focalise sur la validité interne n’est pas entièrement réductible à l’approche comportementale, non ?

  4. Étienne

    Personnellement, je trouve aussi qu’on aurait pu attendre un peu avant de lui passer votre texte (je n’ai pas été consulté par la personne qui l’a fait) et laisser quelques jours avant de publier sa réponse (là j’ai été consulté et je n’ai pas osé en faire tout un plat).

    Par ailleurs, je trouve qu’il répond à côté du sujet.

  5. elvin

    j’ai peur qu’il soit tout simplement vexé qu’un pauv’ petit français ose critiquer le grrrrrand Galbraith…

  6. C.H.

    @Erloom : c’est vrai, mais mon article était déjà trop long (au-delà des standards habituels de la revue – merci au comité de rédaction d’ailleurs de m’avoir laissé tant d’espace) et je n’ai pas toujours pu faire dans la subtilité !

  7. citoyen

    C’est vrai qu’il est un peu mechant dans sa reponse et qu’il dit un certain nombre de betises aussi bien dans sa reponse que dans l’essai original. Mais il y a un point sur lequel je pense qu’il a raison: la crise n’a pas non plus ete prevue par l’economie comportementale. En gros, je pense que Arrow a raison dans sa critique dans cet article http://www.theatlantic.com/politics/archive/2009/07/an-interview-with-kenneth-arrow-part-one/22213/

    En general, je suis en desaccord avec votre diagnostic partage avec Galbraith au sujet de l’echec de la macroeconomie et l’economie financiere. En retrospective, ce n’est pas un manque d’outils theoriques que vous avez pour expliquer la crise, c’est un probleme d’analyse concrete, un probleme dans l’utilisation de ces outils, mais pas theorique. Je suis, en revanche, preneur des explication behaviouristes de l’echec de prediction des economistes: il y a eu evidemment un exces de confiance, dynamique de groupe, etc,… au sein de la communaute academique.

    Finalement, je n’aime pas non plus la caracterisation qui est souvent faite -par Colander, que vous citez, par exemple- de ce qu’est l' »economie neoclassique ». Defini au sens strict, c’est un paradigme qui a change enormement depuis sa naissance et ou le seul element comment est l’instrument de maximisation microeconomique pour traiter le comportement des agent. Celle ci est compatible avec les approche behaviouriste, quoique peut etre pas avec les jeux evolutionnaire (ou les agents qui maximisent sont les traits). Mais bon, c’est un autre debat

  8. En fait, j’ai l’impression que tout le monde est d’accord pour dire que suite à la crise financière, il faut mobiliser de nouveaux outils (« changer de paradigme ») au sein de la science économique.

    Bon, une fois qu’on a dit ça, j’ai l’impression que tout le reste des débats consiste à savoir dans quel « camp » se situent les économistes qui vont développer les outils du futur.

    Implicitement, on sent que le débat tourne autour de « pour ou contre l’économie orthodoxe ». Le bon côté de la chose, c’est que la concurrence entre les courants (dans le domaine de la vulgarisation) pousse chacun à mettre en avant les idées les plus novatrices.

  9. elvin

    Faut dire aussi que les mots « orthodoxie » et « hétérodoxie » ont perdu à peu près toute signification. D’abord, des hétérodoxies, y’en a plein de différentes, et l’école qui était « orthodoxe » adopte de plus en plus d’éléments jusque là « héterodoxes », ce qui d’une part efface les frontières entre orthodoxie et hétérodoxie, et d’autre part fait éclater l’orthodoxie en écoles différentes.
    Amha tout ça va dans le bon sens, sauf qu’on oublie de mentionner (Cyril comme Galbraith) la seule « hétérodoxie » qui vaille, à savoir l’orthodoxie classico-autrichienne.

  10. Elvin, j’espère que depuis le temps, vous avez pris celui d’un petit détour de production consistant à programmer une touche de votre clavier pour que ça écrive automatiquement « on oublie de mentionner la seule « hétérodoxie » qui vaille, à savoir l’orthodoxie classico-autrichienne » ? (ou variantes dont vous êtes coutumier).
    Non parce que comme vous l’écrivez environ huit fois par jour, y a vraiment moyen de gagner du temps. Ou alors vous pouvez aussi arrêter de l’écrire, je pense qu’on a compris ce que vous vouliez dire.

  11. elvin

    @VilCoyote
    Ah ben si vous avez compris, je m’en réjouis, et j’espère que vous allez en faire votre profit.
    Mais je crains que tout le monde ne soit pas aussi rapide et perspicace que vous, et c’est pourquoi j’insiste.

  12. On a compris que c’était votre leitmotiv, ça je crois que c’est bon pour tout le monde; même les serveurs de Google l’ont compris.
    Mais ce n’est pas en le gatouillant 12 fois par semaine que vous allez convaincre davantage de monde; ce serait plutôt contre-productif, en fait.
    ‘fin bon, vous faites comme vous le sentez, bien sûr, ça a son charme aussi, c’est votre rôle dans le grand théâtre de la blogosphère. Et sinon les tomates, ça commence à pousser ?

  13. elvin

    Il m’arrive de dire (aussi) d’autres choses, mais là, dans un fil sur le thème « ya des choses utiles chez les hétérodoxes », qu’on ne mentionne nulle part la tradition autrichienne, ça m’a semblé mériter d’être relevé (et corrigé).
    De la part de Galbraith, je n’attendais rien d’autre, mais de la part de Cyril, ça m’a un peu peiné. J’en conclus qu’il faut persévérer.

  14. C.H.

    Ma position sur l’économie autrichienne, et plus spécifiquement sur la manière dont elle rend compte de la crise financière (l’ABCT) est connue : elle ne me convainc pas. Je n’allais donc pas en parler dans cet article, surtout qu’il serait bien mal venu d’en faire le « futur » de la science économique, étant donné l’ancienneté de cette approche que je considère du reste comme non-progressive…

  15. elvin

    Paix donc.
    Je me suis expliqué jadis sur ce blog sur mon opinion quant à la progressivité ou non-progressivité de la tradition autrichienne.
    https://rationalitelimitee.wordpress.com/2009/05/03/la-theorie-autrichienne-du-cycle-un-programme-de-recherche-regressif/#comments

  16. citoyen « En retrospective, ce n’est pas un manque d’outils theoriques que vous avez pour expliquer la crise, c’est un probleme d’analyse concrete, un probleme dans l’utilisation de ces outils, mais pas theorique. »

    A noter que, toujours retrospectivement, le seul bagage necessaire est la « règle de trois » comme le rappelle quasi quotidiennement Dean Baker, son dernier billet sur le sujet :

    http://www.prospect.org/csnc/blogs/beat_the_press_archive?month=04&year=2010&base_name=did_the_media_miss_the_bubble

    « Yeah, it’s all really really complicated. Except it isn’t.

    Nationwide house prices had diverged from a 100-year long trend, increasing by more than 70 percent in real terms. There was no remotely plausible explanation for this run-up. What is hard to to understand to about this? What is complicated? Third grade arithmetic was all that was needed. It’s simple, not complicated.

    (…) Obviously the buffoons and hacks who either could not see the bubble or deliberately misled the public about it have good reason to tell everyone that it is all very complicated, but it isn’t and was not. They did not do their job. (…) »

    Cela a le mérite d’être clair. Et pour moi tout a fait crédible.

    Pour référence la chaine est décrite de la même manière dans son étude d’aout 2002 :

    http://www.cepr.net/index.php/publications/reports/the-run-up-in-home-prices-is-it-real-or-is-it-another-bubble/

    Certes le mécanisme de transmission de la « patate chaude » – ici l’explosion de la dette privée des ménages américains – est sans doute non trivial au vu de la complexité et de l’opacité des acteurs financiers globaux, mais l’origine et la conséquence finale sont d’une simplicité biblique.

    Je serai ravis de voir une réaction des « mainstream » économistes qui évitent soigneusement pour la plupart de mentionner Dean Baker tout en gardant leur précieurse entrées médiatiques.

  17. Otto di Dacte

    Bonjour à tous,

    Finalement quel est l’objet de la science économique ? Si c’est l’allocation optimale des ressource, il s’agit de maximiser quoi ?

    Merci.

  18. elvin

    L’objet de la science économique n’est pas plus l’allocation optimale des ressources que l’objet de la physique n’est la construction des ponts ou des centrales nucléaires.

  19. Rafiduc

    Oui mais bon, rien de rien sur le capital naturel, pas de remise en question directe (peut sous entendu dans la partie sur la complexité system as a whole) de la surexploitation, de la dépletion, de l’entropie, des cycles naturels,… c’est très très décevant! N’y a t il pas un économiste sur cette terre qui s’intéresse à LA QUESTION fondamentale du XXIème Siècle ???????

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