De la nécessité du pluralisme

Olivier Bouba-Olga signale une tribune d’André Orléan, président de la toute nouvelle Association Française d’Economie Politique. Je ne m’attarderai pas sur les quelques paragraphes de l’article d’Orléan qui prennent pour cible le « paradigme néoclassique ». Je pense qu’il s’agit surtout d’un artifice rhétorique (qui peut avoir une certaine justification dans ce type d’exercice) et, en tout état de cause, il n’existe probablement plus aujourd’hui, sur un plan théorique, de paradigme néoclassique. En revanche, la tribune souligne  un point essentiel, au coeur même du projet de l’AFEP, celui du pluralisme.

Sur le site de l’AFEP, on peut en effet lire que cette dernière entend défendre le pluralisme sur trois plans : le pluralisme des approches conceptuelles, le pluralisme des points de vue, le pluralisme des disciplines. J’ai à de nombreuses reprises également essayé ici de souligner l’importance et  nécessité d’une ouverture théorique et méthodologique de la science économique. A mon sens, le pluralisme a d’abord une justification épistémologique que l’on pourrait simplement résumer ainsi : il est impossible de définir ex ante les critères permettant de distinguer une bonne méthode ou une bonne théorie, seul le temps peut permettre d’en évaluer la fécondité. Encore faut-il mettre un bémol sur ce dernier point : l’évaluation ex post ne repose pas non plus sur des critères épitémologiques invariants. Aux problèmes bien connus de la dépendance des faits à la théorie (theory ladenness) et de l’impossiblité de tester une hypothèse ou une théorie de manière isolée (thèse de Duhem-Quine), vient s’ajouter tout simplement le fait que les critères effectifs à partir desquels les scientifiques ont sélectionné leurs théories ont été multiples et ont varié dans le temps.  Face à cela, le pluralisme est la seule attitude raisonnable. Bien entendu, certains (beaucoup chez les économistes certainement) verront derrière le concept de pluralisme un simple slogan marketing invoqué par des hérétiques isolés qui cherchent à tout prix à exister. Sauf que cette vision ne tient pas à l’examen des faits.

Quels sont ces faits ? Je fais partie de ceux qui souscrivent à la fois à la thèse que la science économique s’est considérablement diversifiée dans ses approches depuis 30 ans, à tel point que parler « d’hétérodoxie » et « d’orthodoxie » me semble largement obsolète (je préfère parler de « centre » et de « périphérie » car cela induit l’idée d’une continuité en allant de l’un vers l’autre), tout en pensant que si la science économique (ou plus exactement les économistes) a une responsabilité dans la crise financière, c’est dans son incapacité à avoir su mobiliser les bonnes approches au bon moment (je ne suis pas en mauvaise compagnie sur ce plan). Est-ce contradictoire ? Il est clair que non. 

Oui, il existe aujourd’hui plusieurs théories en économie qui permettent de rendre compte de manière satisfaisante de la crise financière. Peut-être auraient-elles pu permettre de l’anticiper en partie. Le positionnement de ces approches importent peu, surtout qu’elles sont largement complémentaires. Certaines sont plutôt au centre de la discipline (ex : les travaux sur les bulles rationnelles), d’autres clairementà la périphérie (toutes les analyses dérivées des travaux de Minsky), d’autres encore dans une position intermédiaire (toutes les analyses à base d’agents multiples hétérogènes et d’analyse des réseaux). Toutes apportent quelque chose et méritent de pouvoir se développer. Mais si depuis un an beaucoup d’économistes, et non des moindres, se sont montrés critiques envers l’état de la science économique c’est parce qu’il existe un décalage dramatique entre l’état effectif de la recherche et la manière dont les résultats de cette dernière sont restitués dans l’enseignement et dans la « traduction » de ces résultats vers d’autres communautés (notamment la communauté financière). Le pluralisme relatif de la recherche disparait très largement dans le cadre de ce processus et, clairement, les économistes ont une grande responsabilité à ce niveau.

Il y a une spécificité qui vient caractériser le cas français (peut être retrouve-t-on cela à l’étranger, je ne suis pas assez informé pour me prononcer) : c’est que le pluralisme est institutionnellement (quasi) absent. En vous baladant dans les locaux de certains laboratoires d’économie français vous pourrez entendre à certaines occasions des choses halucinantes. Par exemple, il parait qu’un travail de recherche qui comporte des enquêtes de terrain ne peut pas relever de l’économie (je tiens ça d’une source fiable et suffisament bien placée qui a entendu ces propos à des endroits tout aussi haut placés). « Economistes » qui voudraient prendre la peine d’aller sur le terrain pour faire des enquêtes, méfiez-vous, on risquerait de vous considérer comme un vulgaire sociologue ! Cette petite anecdote est révélatrice, tout comme l’est la lettre ouverte lancée par par certains membres de la section 5 du CNU qui dénoncent la fermeture intellectuelle qui préside à la définition des critères de qualification. Deux réalités s’entre-choc : d’une part, des outils méthodologiques et perspectives théoriques potentiellement de plus en plus variés, d’autre part une vision restrictive sur le plan institutionnel de ce qu’est l’économie et la « vraie » recherche dans cette discipline. Gageons qu’à terme la première réalité pourra faire évoluer la seconde. Si l’AFEP peut contribuer à accélérer le mouvement, tant mieux.

14 Commentaires

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14 réponses à “De la nécessité du pluralisme

  1. Je me demande s’il est possible que plusieurs approches cohabitent pacifiquement, sans qu’une méthode finisse par l’emporter sur les autres(en termes d’adhésion).

    Quand on lit certains hétérodoxes en tout cas, on se rend compte qu’ils ne veulent pas simplement du pluralisme, mais que les méthodes qu’ils stigmatisent comme appartenant à  »l’orthodoxie » soient remplacées par les leurs. En fait ce qui est drôle c’est de les voir réclamer les deux à la fois(mais ce n’est pas le cas d’Orléan, il faut le reconnaitre)

  2. @Episteme: Oui, il est assez difficile de distinguer un discours censé sur le pluralisme d’un manifeste anti économie orthodoxe.

    Ce que j’aime bien dans ce billet, c’est qu’il montre que l’absence de pluralisme n’est pas forcément là où on le pense. Là où je travaille, il y a relativement peu de contraintes sur les idées que l’on peut soutenir, mais la méthode de validation de ces idées doit toujours passer par les mêmes outils : une analyse économétrique de la causalité et/ou un modèle théorique standard.

  3. anonymecon

    minsky ou l’analyse des reseaux sont tres « out of the mainstream ». en gros il n’y a pas d’etudiants qui travaillent la-dedans, ces gens-la ne publient pas ds les revues « normales », etc.

    moi je crois a la concurrence: que les approches « alternatives » se developpent, si elles trouvent qqc d’interessant elles s’imposeront!

  4. mickey

    Il existe un point de rupture définitif entre les orthodoxes et les hétérodoxes sur des questions de méthodes alors que c’est moins le cas sur celles des résultats. De ce point de vue, on ne peut considérer qu’il existe un continuum entre ces approches sans nier la subversivité des approches hétérodoxes et au contraire le caractère réactionnaire de l’approche néoclassique. Les premiers soulignent les conflits distributifs, alors que les seconds tendent à naturaliser les phénomènes sociaux en éludant les problèmes de distribution.
    Cette rupture porte sur la conception du marché. Le marché considéré comme une mécanique parfaite d’allocation des ressources rares permet de nier la question de la répartition des revenus à travers les théorèmes de l’économie du Bien-être : si l’économie est en concurrence, l’équilibre de marché constitue un optimum social. Les facteurs de production sont rémunérés à leur productivité marginale. Par extension, chacun obtient le résultat de ses efforts.
    Mais le marché s’il a de grands avantages ne permet pas de résoudre les problèmes de répartitions. Les théorèmes de l’économie du Bien-être restent mués sur la question des dotations initiales. De plus, le marché laissé à lui-même se transforme spontanément en monopole, ce qui implique la nécessaire présence de régulation toujours problématique du point de vue distributif, ce qui introduit un élément d’économie politique. Enfin, d’un point de vue théorique, le marché idéal représenté par le modèle Arrow-Debreu est remis en cause par Arrow lui-même.
    Les fondements du paradigme néoclassique ont donc volé en éclat depuis le milieu des années 70. Or, c’est à cette période que le monde entre dans la crise fordienne qui conduit à la déstabilisation du paradigme dominant en terme de politique économique, le modèle de la synthèse classique-keynésienne représenté par le modèle IS-LM. Ainsi, bien que disqualifié dans le champ académique, le paradigme néoclassique va devenir le successeur naturel des politiques économiques d’inspiration keynésienne.
    Cette remise en cause sur le plan théorique à donner lieu, comme à chaque rupture épistémologique à la recherche d’un nouveau paradigme ce qui se traduit par la multiplication des approches au sein du modèle standard étendu, le paradigme néokeynésien et plus récemment tout ce qui tourne autour de l’économie expérimentale. Mais cette situation reste extrêmement désagréable pour nombre d’économistes attachés à la beauté des théorèmes de l’économie du bien-être.
    Par conséquent, si la perfection du marché se trouve quelque peu amendée, c’est toujours pour mettre en œuvre des instruments qui vont permettre de pallier aux insuffisances du marché, sans en remettre en cause l’essence. La seule bonne politique demeure celle de la libéralisation pour la concurrence et le bien-être quitte à réguler les insuffisances à la manière ce que l’on a pu observer ces dernières années sur les marchés financiers. La référence implicite au marché comme idéal d’organisation de la société n’est pas démentie !
    Le grand intérêt de sauver le marché réside dans la naturalisation des faits sociaux attachés au fonctionnement de l’économie, c’est-à-dire à la production et à la distribution des richesses. En d’autres termes, si certains sont riches c’est parce qu’ils l’ont mérité grâce à leur travail. Ce n’est pas toujours faux. Mais ce n’est pas toujours vrai ! La prise en compte des frottements et de l’écart au marché idéal, de rentes de situation et d’autres aspects s’approchant des conflits distributifs et donc de l’économie politique ne remet toutefois pas en cause cette référence surplombante du marché.
    Par conséquent, malgré les nombreuses extensions du paradigme néoclassique amendé, on ne peut en déduire que le marché demeure l’alpha et l’oméga pour l’organisation de la société pour l’économiste orthodoxes. La distinction orthodoxe hétérodoxe tient toujours sur le plan méthodologique. Il est vrai cependant que l’on peut constater parfois des rapprochements sur les résultats comme avec le chômage volontaire néokeynésien ou les travaux plus récents des new-new institutionnalistes. Mais chemin faisant ils se rapprochent immanquablement des hétérodoxes dès lors qu’ils s’attachent au plus proche de la réalité.
    Et pourtant, la pluralité est une nécessité, mais elle ne peut être conçue dans l’ordre des choses néoclassiques où il ne peut y avoir qu’un vainqueur, le meilleur. Mais le problème, c’est que l’économie constitue un enjeu démocratique trop important pour être laissé aux seuls économistes. C’est donc du côté du politique qu’il est nécessaire d’aller chercher une justification au pluralisme.

  5. citoyen

    « l’on peut soutenir, mais la méthode de validation de ces idées doit toujours passer par les mêmes outils : une analyse économétrique de la causalité et/ou un modèle théorique standard. »

    Oui, c’est justement pour ça que je suis un gros nazi méthodologique. Les courants hétérodoxes en économies qui font le plus le bruits -de gauche (postkeynesiens, cryptomarxistes, etc,…) ou de droite (autrichiens)- refusent que passer par ce test.

    La question de l’économie de la science c’est un problème d’économie des réseaux similaire à celui que vous avez avec une langue: si vous avez plus de gens qui travaillent dans le même langage, le réseaux est globalement plus productif et il y a une méthode standarisée pour régler les différend. C’est ça qui permet le progrès scientifique; si votre langage est compréhensible pour plus de gens, il pourra être amélioré et corrigé; ça marche comme du peer review. Chaque fois que je discute avec mes amis autrichiens ou marxistes, la discussion reviens invariablemente sur le plan epystémologique parce qu’ils emploient une terminologie étrange que je devrais me derranger de déchiffrer pour essayer de voir où ils ont tort. Et en fait, le refus des méthodes conventionnelles cachent cela assez souvent: une volonté de se blinder contre les critiques externes.

  6. C.H.

    @citoyen :
    Oui, sauf que nier le statut de travaux de sciences économiques au motif qu’une étude s’appuie sur une enquête de terrain n’a aucune justification scientifique, problème de langage commun ou pas. L’argument de la rigueur ne tient pas : il y a plein de travaux économétriques foireux qui sont régulièrement publiés, cf. McCloskey (qui n’est pas une folle furieuse d’hétérodoxe) entre autre.

    Le gros problème c’est que trop d’économistes croient que leur science se définit par sa méthode, ce qui est une aberration épistémologique.

    En ce qui me concerne, je n’ai absolument rien contre les travaux économétriques ou des modèles à base de théorie du choix rationnel. Cela permet de produire des choses parfois très intéressantes parfois beaucoup moins. Mais je connais des travaux qui mobilisent des méthodologies différentes (peu importe qu’ils soient « orthodoxes » comme ceux de Greif ou plus « hétérodoxes » comme chez certains spécialistes de sociologie économique) et qui sont tous aussi intéressants. Et quand j’entend dire que ce n’est pas de l’économie ou pas rigoureux au motif que ça ne colle pas avec la doxa méthodologique ambiante, alors même que les gens qui portent ces jugements ne ce sont pas donnés la peine de lire les travaux en question, ça m’énerve. C’est malheureusement une attitude anti scientifique que l’on observe trop fréquemment.

  7. Ben si on suit les idées de citoyen, les enquêtes de terrain mobilisent les descriptions qualitatives, ces descriptions qualitatives se basent sur un schéma de concepts, etc. Les enquêtes de terrain exigent donc toute une terminologie qui est étrangère à celle des méthodes  »conventionelles ». Le problème de language commun est là: les conclusions de l’enquête seront plus ou moins blindées contre la critique de la profession. Ce n’est pas forcément un problème sur le plan épistémologique; en revanche cela peut l’être sur le plan de l’efficacité des processus scientifiques.

  8. Mais j’aimerais que vous tentiez de répondre(si vous pouvez ou si vous ne l’avez pas déjà fait- en quel cas j’aimerais avoir votre analyse ou vos références, si cela n’est pas trop demandé) à la question que j’ai posée dans mon premier commentaire:

    Est-il possible que plusieurs approches méthodologiques cohabitent pacifiquement, en essayant plus ou moins de se compléter, sans que l’une d’entre elles finisse par s’imposer à tout le monde, si on admet entre autres que les différentes méthodologies sont incommensurables entre elles.

    NB: il serait bien de tenter de répondre en s’appuyant sur les données comportementales de l’homo scientificus, s’il est une telle chose.

  9. mickey

    L’histoire des systèmes et doctrines économiques que l’on m’a enseigné il y a quelques temps mettant l’accent sur les controverses pour souligner que l’économie vivante était fondée sur la vivacité du débat. Par exemple il y avait la controverse Malestroit Bodin sur les causes de l’inflation. L’économie est une science sociale, or sous plusieurs des posts précédant, il semble y a voir implicitement l’idée que l’économie serait une science pure. Or ce point de vue, s’il peut se défendre comme idéal-type, pour appréhender les problèmes d’une certaine manière ne saurait épuiser l’assemble de l’explication du réel qui doit être reprise à chaque période et en chaque lieu car le monde change. Il change en parti en raison du regard qu’on lui porte à travers les différentes théories que l’on adapte. Les théorie ont des effets réels qui modifient de manière irrévocable la réalité. Je ne suis pas certain que se soit une bonne chose que les théories soient gentillement complémentaires en théorie. Par contre, les théorie peuvent rendre compte des multiples facette d’une même réalité. Il peut exister simultanément un chômage keynésien et un chômage classique. Cette situation si elle permet une conciliation de théories opposées pose un problème dramatique en termes de politique de lutte contre le chômage, car les théories sont faites pour être mise en œuvre, et dans ce cas résoudre une partie du chômage conduit à renforcer l’autre!

  10. C.H.

    @episteme :

    Dans l’absolu, il n’y a aucune raison pour que plusieurs approches ne puissent cohabiter dans la mesure où elles apportent chacune quelque chose. Je regarde autour de moi, du côté de la sociologie par exemple, et je vois une multitude de démarches méthodologiques qui cohabitent depuis des décennies. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est parce que « la sociologie est une science moins avancée », qui est le genre de raisonnement positiviste que plus personne ne prend (ou ne devrait prendre) au sérieux.

    Maintenant, la science est un « processus social ». L’absence ou la présence d’un pluralisme est un effet émergent si l’on peut dire. Le problème n’est pas tant celui du langage commun que d’un processus de sélection-rétention au travers de l’apprentissage : un économiste aura naturellement tendance à répliquer les pratiques de ceux qui lui ont appris ce qu’était l’économie. Le processus de sélection tend à réduire inévitablement la variété, en ne laissant subsister typiquement que les pratiques qui laissent une chance à l’économiste de se « reproduire ». C’est ce que Boyd et Richerson appellent la sélection naturelle de la culture. Tiens, ça me donne une idée de billet…

  11. mickey

    Bonjour episteme,
    c’est vrai que les jeunes reproduisent l’enseignement qu’on leur a prodigué. Mais dans ce cas d’où viens le changement? La plupart des économistes qui ont révolutionné l’approche étaient des auteurs élevés dans la pensée standard de leur époque. Ils possédaient le langage susceptible d’être compris par la communauté tout en en transformant certains aspects. A ce titre Keynes est un bon exemple.
    Enfin, je ne suis pas sociologue même si la sociologie m’a toujours intéressée. Il me semble que si il y a une multitude de traditions, on est en train d’assister dans les revues les plus prestigieuses du champ à la manifestation de l’hégémonisme économiciste et formaliste impulsée entre autre par Garry Becker. Vous invoquer la sociologie et dites que plein d’approches coexistent, mais ces approches sont structurées, hiérarchisées dans le champ sociologique et la sociologie est elle-même hiérarchisée dans les champs qui anime le cosmos social. Quels sont les courants dominants en sociologie, car parallèlement en économie aussi existe de nombreuses chapelles, mais toutes n’ont pas le même rayonnement. Enfin, et sans être trop présomptueux, je pense que l’économie est plus proche du champ politique. Elle est donc hiérarchiquement supérieure en terme d’influence, de légitimation du discours politique. Cette position qui lui offre certains privilèges en font une sorte de princesse qui est prisonnière du protocole. L’économie comme toutes les autres sciences n’est pas autonome. Elle est très proche du politique et cette influence ce traduit par la structuration du champ en faveur des libéraux et des néoclassiques, néokeynésiens, contre les keynésiens, les autrichiens, les vieux institutionnalistes même si dans les faits les politiques conduites pour lutter contre la crise sont purement keynésienne. C’est la crainte de trappe à liquidité qui a faire agir les banques centrales par des interventions massives sur le marché monétaire en contradiction extrême les principe de stabilité monétaire et d’indépendance promus par les libéraux monétaristes. Mais quand il s’agit de sauver le capitalisme, le politique reprend la main est impose les solutions jugées nécessaires même si elles se trouvent en contradiction avec la doctrine dominante. Mais l’effet de ces pratiques finira par produire des effets dans le monde théorique et puis dans le monde académique, enfin on peut l’espérer.
    Pour en finir, la sociologie étant « moins importante » comme instrument de légitimation politique, elle doit avoir un peu plus de latitude que les sciences économiques. C’est aussi ça appliquer le raisonnement sociologique à l’économie. Le danger avec la pluridisciplinarité c’est qu’on peut dire de jolies bêtises lorsqu’on maîtrise pas un minimum des sciences que l’on invoque.
    Cordialement.

  12. Episteme

    C’est vrai, on peut penser à la sociologie comme exemple de  »science pluraliste » typique. Mais à y regarder bien, on voit que les approches méthodologiques sociologiques ne cohabitent pas de manière pacifique. On peut alors se demander si le processus n’est pas en train de converger, et si lorsqu’on regarde la diversification méthodologique actuelle de la sociologie comme un effet émergent(stable), on oublie de considérer la dynamique de l’émergence. IL faudrait regarder l’état et l’évolution générale des forces en présence.

    C’est une possibilité que je vous soumets. Maintenant, je suis loin d’être suffisament compétent pour déterminer si elle est vraie.

    Votre idée de billet m’enchante.

  13. C.H.

    Oui, on peut faire l’hypothèse que l’état théorique de la sociologie n’est pas stable. Cela dit, il me semble que le pluralisme des théories et des méthodologies est assez ancien (depuis que la sociologie s’est constituée en tant que science). Le fait que différentes théories et méthodes puissent être incommensurables n’est pas nécessairement un problème. Déjà, elles peuvent parfois l’être si leur objet d’étude est le même (on peut comparer les mérites respectifs d’une approche quantitative des institutions [i.e. par des tests économétriques) et d’une approche qualitative des institutions (ex : les approches basés sur des cas historiques et des modèles formalisés comme chez Greif). Et lorsqu’il y a vraiment incommsurabilité, alors l’enjeu est que la critique soit interne, pas externe. On peut alors avoir plusieurs programmes de recherche en concurrence (ou complémentaires). Ce qui est contre productif, c’est la critique externe, pas le pluralisme en soi.

  14. Titan

    @ Episteme
    Votre question mérite de réfléchir primitivement, sur ce que l’on peut appeler : « méthodologie », pour moi ce mot est entâché d’une erreur, celle de croire à une science se constituant seulement par méthode. Une science prédicative en est l’exemple, mais on ne peut alors que la dénommer sous le terme: Métaphysique. Si, on parle de science prédictive qui est diamétralement imposé, on se rend compte que la force tient de l’hypothèse, du noeud gordien, qui est la toile de fond du raisonnement parcequ’il relie les entités entre elles comme les maths appartiennent à la physique, sans présupposition.. Comme les grands économistes démontrent que les voies envisagés nouvelles apportent plus que la vérité formelle en inscrivant du haut de leur Nobel une raison pour l’humanité.. Et perdureront ainsi quels que soient l’issue de leurs théories, des régimes démocratiques, des épistémés qui demanderont des explications aux scientifiques plutôt qu’en apportant.. etc

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