L’hypothèse d’invincibilité du marché

C.H.

Richard Thaler aime dire que l’hypothèse d’éffience des marchés comporte deux parties : « Price is right » (le prix reflète toujours parfaitement le flux de revenus qu’un actif est censé rapporter dans l’avenir) et « No free lunch » (on ne peut pas régulièrement anticiper l’évolution des prix sur le marché). Tandis que la première partie renvoie à l’idée d’efficience allocative, la seconde correspond à celle d’efficience informationnelle. De plus en plus d’économistes s’accordent maintenant pour dire que s’il est effectivement impossible de battre le marché, il n’y a en revanche aucune raison de penser qu’il débouche sur une allocation efficiente des ressources.

On pourrait parler alors plutôt « d’efficience informationnelle des marchés », mais cela masquerait le fait que l’information comprise dans les prix peut aussi être de l’information erronée. Rajiv Sethi propose donc plutôt l’expression d' »hypothèse d’invincibilité du marché ». J’aime beaucoup.  

6 Commentaires

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6 réponses à “L’hypothèse d’invincibilité du marché

  1. Cet article vous intéressera.
    Il traite de ce que Eugene Fama pense de l’efficience des marchés durant la crise financière.

    http://minarchiste.wordpress.com/2010/02/05/eugene-fama-et-lefficience-des-marches/

  2. Il me semble qu’il y a une troisième version encore plus faible : on ne peut pas anticiper avec suffisamment de précisions les mouvements du marché pour que les profits ainsi générés couvrent les coûts de transaction.

    Mon prof de finance nous avait donné l’exemple de l’autocorrélation positive des prix des actifs : lorsque le prix d’un actif augmente (resp. diminue), il y a plus de 50% de chances qu’il continue à augmenter (resp. diminuer) dans un futur très proche. Malheureusement, ceux qui ont essayé d’exploiter cette propriété pour battre le marché n’ont pas réussi à couvrir leurs frais.

  3. henriparisien

    « De plus en plus d’économistes s’accordent maintenant pour dire que s’il est effectivement impossible de battre le marché. »

    Je ne conteste pas cette affirmation, mais connaissez-vous des études qui appuient cette thèses ?

  4. fred

    @henriparisien:
    Par exemple, il y a les études sur les d’OPCVM (mutual funds) qui montrent que ces derniers font moins bien que le marché.
    http://scholar.google.fr/scholar?q=mutual+funds&hl=fr&btnG=Rechercher&lr=

    À noter que ce n’est pas si évident lorsque l’on consulte les listes d’OPCVM du fait du bias du survivant: les fonds qui n’ont pas de chance sont liquidés.
    Ces études ont d’ailleurs eu un impact sur le marché: il existe de plus en plus d’OPVCM à gestion passive. (Les Mutual Funds étant tellement mauvais que se passer d’eux procurerait un free lunch).

  5. henriparisien

    @fred,

    je connais ses études, mais justement…

    Si des acteurs important perdent plus que le marché, d’autres acteurs doivent gagner plus. Ce qui invalide un peu la thèse des marchés invincibles.

  6. fred

    @henriparisien:
    « Si des acteurs important perdent plus que le marché, d’autres acteurs doivent gagner plus. »:
    Pas forcément: les pertes peuvent s’expliquer par les frais de courtage.

    Ceci dit, il est curieux que les OPCVM à gestion active occupe encore un segment significatif du marché.

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