Les 5 principes d’unification des sciences comportementales

C.H.

L’économiste Herbert Gintis présente les cinq principes d’unification des sciences comportementales qu’il développe plus largement dans son récent livre.  Les slides de l’intervention sont disponibles ici. Beaucoup de choses intéressantes sur la séparation des disciplines, sur la pertinence du concept de la rationalité, sur la théorie des jeux (« life is game theory » !). Il est juste dommage que des questions de temps aient obligé Gintis à plus ou moins zapper la fin de son intervention…

5 Commentaires

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5 réponses à “Les 5 principes d’unification des sciences comportementales

  1. Gu Si Fang

    Intéressant tour d’horizon, en effet, merci!

    Par contre, il n’est pas prêt d’avoir le prix de Monsieur Univers 2010😉 Je sais c’est débile mais ça m’a frappé en ouvrant la vidéo…

    Plus sérieusement, en lisant ses slides sur le modèle BPC, j’ai l’impression d’un certain consensus autour de l’idée de homo agens. En revanche, il dit que la faiblesse de ce modèle est de considérer les croyances et préférences comme subjectives (i.e. inexplicables), alors qu’elles sont fonction du contexte social.

    Je le comprends, dans le sens où la théorie des jeux, la coévolution, etc. nous amènent à penser que les croyances des individus sont liées entre elles par une certaine logique. L’exemple le plus simple qui vient à l’esprit est celui des jeux de coordination et des normes sociales ( http://www.econtalk.org/archives/2009/08/munger_on_cultu.html ).

    D’un autre côté, unifier tout cela est un projet tellement ambitieux qu’il pourrait finir comme la théorie du tout en physique. Peut-on commencer par attaquer un petit bout de l’Everest avant de grimper au sommet?

  2. elvin

    j’aurais tendance à ajouter sur son troisième slide:

    5. Praxeology: homo agens, who chooses ends in order to attain goals.

    Ce modèle est compatible avec les modèles 2 et 3 qu’il inclut, quelquefois avec le modèle 4 et plus rarement avec le modèle 1.

  3. elvin

    Maintenant que j’ai un peu de temps, j’esplique pour ceux (nombreux j’en ai peur) qui ne sont pas familiers avec la tradition autrichienne.

    Le programme de la praxéologie consiste à énoncer toutes les conséquences logiques de l’axiome de l’action (« l’Homme agit, c’est-à-dire choisit et met en oeuvre des moyens pour atteindre des fins »), considéré comme « apodictiquement » vrai (on ne pourrait réfuter cet axiome qu’en l’utilisant, ou l’acte même de tenter de le réfuter en est un exemple).

    Les énoncés ainsi obtenus ne font aucune hypothèse sur la nature des fins choisies et leurs origines, ni sur la nature des moyens utilisés ni sur les méthodes et critères de choix. Autrement dit, ils sont vrais quel que soit le choix entre les 4 modèles que cite Gintis ou le mélange qui en est fait, pour autant que ces modèles soient eux-mêmes compatibles avec l’axiome du choix. En ce sens, l' »homo agens » inclut et transcende les autres modèles et la praxéologie (c’est-à-dire Mises) devrait être la base de l’unification que souhaite Gintis.

    La question suivante est : quels énoncés peut produire le programme praxéologique et quelle est leur pertinence empirique ? Pour avoir la réponse, il faut lire L’Action Humaine (qui fait quand même un millier de pages imprimées petit), et ne pas s’en remettre aux critiques , qui en général ne l’ont pas lu.

    Ma grande déception avec le topo de Gintis, que je trouve excellent sur bien des points, c’est qu’il ne parle pas de cette approche, que ce soit pour l’utiliser ou pour la réfuter. C’est hélas symptomatique de l’attitude des économistes « mainstream » vis-à-vis de la tradition autrichienne.

  4. elvin

    Je viens de revoir la video. Le passage que je préfère est celui ou Gintis s’en prend (sauvagement, mais c’est bien mérité) aux économistes qui disent, à propos de leurs modèles de l’être humain : « we don’t believe this, we just teach it ».
    Je suis bien d’accord avec lui : c’est une escroquerie intellectuelle inacceptable d’enseigner comme vrai quelque chose qu’on ne croit pas.

  5. Gu Si Fang

    En passant, Gintis dit beaucoup de bien d’un livre sur la théorie de la décision. Il doit s’agir de Thinking and deciding the Jonathan Baron ( http://gigapedia.com/items/299258/ )

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