De bonnes lectures en philosophie économique

C.H.

Via Thomas sur le forum d’Econoclaste, j’apprend que le deuxième volume de la revue Erasmus Journal for Philosophy and Economics vient de paraître. Beaucoup de choses intéressantes en perspective, notamment l’article de Jack Vromen au sujet des récents ouvrages d’économie rentrant dans la catégorie « economics-made-fun », du genre Freakonomics. Un autre article retrace l’émergence et l’évolution de la théorie des coûts de transaction. Enfin, je recommande la lecture de ce commentaire de Shaun Hargreaves-Heap sur l’ouvrage de Bart Engelen portant sur la pertinence de la théorie du choix rationnel pour étudier les institutions.

Pour les plus hétérodoxes des lecteurs, l’interview de Tony Lawson est également intéressante… même si sa critique du formalisme en énervera plus d’un. Pour ceux qui sont intéressés, je donne rendez-vous en juin 2010 pour la parution d’un numéro d’une bonne revue française d’histoire de la pensée et d’épistémologie économique dans lequel devrait figurer un article (assez critique) de votre serviteur sur la perspective de Lawson.

2 Commentaires

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2 réponses à “De bonnes lectures en philosophie économique

  1. Thomas

    Sur le texte de Lawson :

    Quelqu’un peut m’expliquer ça????

    « In fact I am quite susceptible to the suggestion that, in many cases, the overconcern with prediction is something of a coping mechanism resulting from earlier traumas in life. But that is another story. »

    Plus sérieusement, je trouve intéressante la question qu’il pose du rapport entre la théorie économique et la réalité.
    Son texte me laisse toutefois une impression bizarre. Lawson a l’air d’être quelqu’un de très intelligent et de bien plus cultivé que moi, mais quand il parle d’économie, j’ai tellement le sentiment qu’on ne parle pas de la même chose(de la même ontologie?) que j’ai l’impression qu’il n’a rien compris.

    Pas grave, j’attendrais juin 2010 pour en savoir un peu plus.

  2. C.H.

    La thèse de Lawson, du moins sa partie « critique du mainstream », peut être résumée en quelques mots : le monde social est fondamentalement ouvert (comme le monde naturel) et il est impossible de le fermer artificiellement pour y mener des expérimentations (contrairement au monde de la nature). Or, faire des prédictions dans un monde ouvert n’a fondamentalement pas de sens. Par ailleurs, l’usage de méthodes purement déductives et mathématiques présupposent nécessairement une ontologie selon laquelle les systèmes que l’on étudie sont toujours fermés. par conséquent, la méthode déductive et mathématique n’est que d’un intérêt limité en sciences sociales.

    Il y a plusieurs raisons pour lesquelles ce raisonnement ne tient pas à mon sens, la principale étant qu’il présuppose un lien déterministe entre ontologie et méthodologie (il y a une méthode et une seule qui correspond à une ontologie). Il est d’ailleurs intéressant de noter que dans l’interview Lawson affirme le contraire. Le problème, c’est que si l’on retire ce lien déterministe, toute sa thèse s’écroule…

    Par contre, Lawson propose une réflexion intéressante concernant l’intérêt d’une approche philosophique réaliste en sciences sociales (voir aussi les travaux de Uskali Mäki) ainsi que sur les problématiques autour de la relation action/structures, qui sont davantage traitées en sociologie…

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