Génétique et aversion au risque

Isaac

Un article, tout droit sorti du Quarterly Journal of Economics, a récemment attiré mon attention : « Genetic Variation in Preferences for Giving and Risk Taking » (disponible ici). Ses auteurs se sont donnés comme objectif de déterminer les places respectives de l’acquis et de l’inné dans la détermination des préférences des individus relatives à l’aversion au risque et à l’altruisme (au don).  Pour ce faire, on effectue un ensemble de tests sur deux échantillons de jumeaux : un premier échantillon se compose de monozygotes, un second de dizygotes. Le but est de regarder la correspondance entre les résultats de chaque paire de jumeaux.

Deux types de tests sont effectués :

– Pour tester la propension à l’altruisme, un jeu du dictateur « modifié » : les agents doivent partager une certaine somme d’argent entre eux-mêmes et une œuvre de charité

-Pour tester l’aversion au risque, deux expériences : un système de pari et une simple question : « imaginons que vous gagniez 1 million de couronnes (l’étude est réalisée en Suède) et que l’on vous donne l’occasion (avec une certaine probabilité) de doubler une partie de la somme, combien risquez-vous ? »

Le raisonnement est alors le suivant : si l’on trouve des différences significatives de correspondance entre les deux groupes de jumeaux (monozygotes et dizygotes), alors il est possible d’en conclure une importance certaine de la génétique dans la variation des préférences.

La conclusion des auteurs est la suivante :

« We document a significant genetic effect on risk taking and giving, with genes explaining approximately 20 % of phenotypic variation in the best fitting models. The estimated effect of common environment, by contrast, is smaller. »

Ils complètent toutefois cette sentence en soulignant que l’héritabilité des caractères acquis comme innés peut-être propre à chaque population (ici, les jumeaux sont sélectionnés au sein d’une même population).

J’ai personnellement du mal avec ce type de travaux, premièrement parce qu’opposer inné et acquis me semble réducteur. Comme si on pouvait découper un individus en deux parties : une partie sociale, une partie génétique… Je pense que c’est plus complexe que cela. Secondement, est-ce le rôle de la science économique de chercher l’origine génétique des préférences des individus ? En tant que science sociale, ne doit-on pas se concentrer sur ce qui est social ? Ce sur quoi l’économiste et l’homme à une emprise ?

Je n’ai pas de réponse définitive à cette question.

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19 Commentaires

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19 réponses à “Génétique et aversion au risque

  1. C.H.

    « est-ce le rôle de la science économique de chercher l’origine génétique des préférences des individus ? En tant que science sociale, ne doit-on pas se concentrer sur ce qui est social ? Ce sur quoi l’économiste et l’homme à une emprise ? »

    Tout dépend de ce que l’on cherche. Si les facteurs génétiques sont empiriquement significatifs sur le plan causal par rapport au phénomène que l’on cherche à expliquer alors, oui, je pense que n’importe quelle science sociale doit en tenir compte. Cela ne veut pas dire que ce doit être systématique. Après, il y a certains dangers et erreurs à éviter comme à chaque fois que l’on rentre dans le débat « nature vs nurture ».

    Je crois que le point essentiel à avoir en tête est que le rôle respectif des gènes et de la culture (au sens large) est une question empirique, pas théorique. Sur un plan théorique, on peut construire tout un tas de modèles qui soit montrent que tout est génétique, soit montrent que tout est culturel soit montrent qu’il y a coévolution gènes/culture. En la matière, je pense qu’aucune généralisation n’est possible.

  2. LDB

    D’accord avec vous sur le fait qu’il est difficile d’opposer aussi simplement inné et acquis, encore que je n’ai pas lu le papier et qu’il faudrait voir comment cela est fait..
    Par ailleurs, dans la lignée du commentaire de C.H., plutôt en désaccord avec vous sur le fondement de ces travaux quand vous écrivez « Secondement, est-ce le rôle de la science économique de chercher l’origine génétique des préférences des individus ? En tant que science sociale, ne doit-on pas se concentrer sur ce qui est social ? ». Précisément, l’intérêt de ces travaux (aussi de la neuroéconomie par exemple) est de montrer que des éléments physiologiques ou ressortant du cerveau reptilien ou quoi que ce soit de non social dans l’immédiat peut expliquer nos comportements économiques. il ne s’agit pas je pense de chercher l’origine génétique des préférences, mais plus modestement de rattacher nos goûts et nos choix économiques à ce que nous sommes profondément en tant qu’homo sapiens sapiens.. cela permet aussi de rattacher nos structures sociales à notre fondement biologique et de ne pas faire de distinction artifielle entre social et gênes.

  3. elvin

    “est-ce le rôle de la science économique de chercher l’origine génétique des préférences des individus ? »

    ce à quoi C.H. répond : « Si les facteurs génétiques sont empiriquement significatifs sur le plan causal par rapport au phénomène que l’on cherche à expliquer alors, oui, je pense que n’importe quelle science sociale doit en tenir compte. »

    Bien sûr que l’économiste doit tenir compte de tout ce qu’on sait sur l’être humain, et je reproche assez a

  4. elvin

    “est-ce le rôle de la science économique de chercher l’origine génétique des préférences des individus ? »
    ce à quoi C.H. répond : « Si les facteurs génétiques sont empiriquement significatifs sur le plan causal par rapport au phénomène que l’on cherche à expliquer alors, oui, je pense que n’importe quelle science sociale doit en tenir compte. »

    Bien sûr que l’économiste doit tenir compte de tout ce qu’on sait sur l’être humain, et je reproche assez aux économistes de ne pas le faire.

    Mais c’est une question de division du travail : est-ce à eux de CHERCHER ça ? A mon avis non : les économistes doivent prendre leur modèle de l’homme chez les psychologues, les anthropologues, etc., et ne pas s’en inventer un sur mesure bien à eux.

  5. elvin

    oops, mon doigt a glissé. Désolé pour le double post.

  6. isaac37500

    Merci pour ces commentaires

    @LDB

    « il ne s’agit pas je pense de chercher l’origine génétique des préférences, mais plus modestement de rattacher nos goûts et nos choix économiques à ce que nous sommes profondément en tant qu’homo sapiens sapiens »

    Je pense que le travail cité ici se trouve entre les deux propositions, puisqu’il s’agit bien de pointer du doigt des différences entre individus.

    @CH

    J’aime assez votre point de vue, tout dépend de ce que l’on veut expliquer et à quelle échelle. En l’occurrence l’article auquel je fait référence reste assez vague sur les applications possible de ses résultats. Il ne fait que désigner un champ de recherche à explorer.

    @ Elvin

    Je doit bien dire qu’en écrivant ce billet j’avais en tête ce problème de division du travail. L’intérêt de se pencher sur ce type de problématique en tant qu’économiste est que l’on va explorer des voies spécifiques, axées sur des questions économiques qui ne peuvent venir que de notre discipline. C’est la limite d’une division du travail trop poussée.

  7. elvin

    Je n’ai rien contre les travaux aux marges des disciplines, bien au contraire. Mais qu’un « économiste » cherche à savoir si nos préférences sont d’origine génétique ou autre, ça c’est quand même trop ! Pour sa discipline, il lui suffit de savoir que nous avons des préférences.

    Je vais vous donner le fond de ma pensée (mais ne le répétez à personne…) Un nombre croissant d’économistes est en train de s’apercevoir (et je m’en réjouis) qu’ils touchent le fond de l’impasse qu’est la conception néoclassique de l’économie dominante depuis 80 ans, et ils se lancent dans la psychologie en espérant y trouver des raisons de croire que ce qu’ils ont fait jusqu’ici n’est pas complètement inutile.
    Le réveil va être dur.

  8. C.H.

    @elvin :
    En l’occurence, là il ne s’agit pas de savoir d’où viennent les préférences des individus mais de déterminer l’origine de l’aversion au risque, ce qui n’est pas exactement la même chose.

    Pour le reste, je réitère : s’il existe des biais comportementaux systématiques qui sont « économiquement significatifs », alors l’économiste doit les rechercher et souligner leur importance. Si cela passe par une coopération étroite avec d’autres sciences et éventuellement même par un dépassement des frontières disciplinaires traditionnelles, alors il doit en être ainsi.

  9. elvin

    L’aversion au risque est une préférence comme une autre, et je maintiens que pour l’économiste, son origine est sans importance. Mais bien sur, il doit la constater et en tenir compte.
    Aucun problème, bien au contraire pour coopérer avec les autres sciences. Mais pas la peine de se substituer à elles.

  10. erule

    Je suis assez d’accord avec elvin. On peut amha assimiler l’aversion à une préférence « comme une autre ». Je ne pense pas non plus que l’économie doive se substituer aux autres sciences, ni non plus que l’on doive se limiter à une « coopération ». Je pense en effet que la question de savoir l’origine de cette préférence est importante. Si cette origine est intrinsèque au sujet ou sociale, cela n’a amha pas les mêmes implications pour l’économiste. Dans le second cas, il convient en effet d’examiner si l’aversion au risque du sujet n’est pas simplement dépendante des hypothèses du modèle d’élicitation des préférences. En d’autres termes : si l’aversion est purement génétique (ce que je réfute a priori), nul besoin de s’en préoccuper : c’est un fait préétabli que le modèle tient pour acquis. Si ce n’est pas le cas, les déterminants de cette aversion sont probablement de nature institutionnelle. Et cette nature institutionnelle, si elle n’a pas d’impact négligeable, selon qu’elle est prise en compte ou non dans les paramètres sous-tendant le modèle (les règles, la nature du choix, la « pression sociale », y.c. de l’interviewer, etc.), est de nature à influer sur ses résultats.

  11. arcop

    Quelques petites remarques :
    – il y a un saut implicite (et je rejoins les remarques d’à peu près tout le monde sur la séparation stricte inné acquis) dans la méthodologie entre l’identité génétique et le fait que l’aversion au risque soit génétique : deux jumeaux homozygotes ont les mêmes caractéristiques physiques, et interagissent avec le même environnement, alors que deux jumeaux hétérozygotes interagissent avec le même environnement mais n’ont pas les mêmes caractéristiques physiques. Je fais l’hypothèse que les caractéristiques physiques (taille, ‘beauté’ par exemple, pour lesquelles un certain nombre d’études ont montré l’importance, au moins statistique, sur le succès économiques et les préférences) n’ont pas de lien direct avec l’aversion au risque, si ce n’est à travers l’environnement : en gros en fonction d’un certain nombre de caractéristiques physiques vont influer sur les stratégies efficaces pour un agent donné au sein d’un environnement donné. Donc il se peut tout à fait que ce soit une causalité indirecte par le truchement d’une autre variable que les gènes, et que les gènes déterminent totalement… Et en tant que tel l’aversion au risque n’a plus rien de directement génétique…

    Deuxième point 20 pourcents en gros de la différence ça me paraît bizzarement assez peu : même environnent, mêmes gènes… D’où peut bien venir le reste ? D’accidents arbitraires de leurs existences ? C’est pas très encourageant pour ce genre de recherche… Ca me paraît aussi assez faible en regard des études sur les jumeaux et le QI où on trouve généralement une très très forte corrélation génétique (comparaison de jumeaux homozygotes élevés dans différentes familles, etc…)

    Au contraire de plusieurs intervenants, je pense que la question de l’origine des préférences est une question cruciale (et l’aversion au risque correspond bien à des préférences, ce sont des préférences sur les loteries, cf von Neumann et Morgenstern). Si les préférences sont génétiquement déterminées alors il semble raisonnable de supposer comme le font les économistes que les préférences sont stables en plus d’être exogènes, au contraire si elles sont d’autre nature (par exemple sociale) cela peut poser un gros problème car elle sont en partie endogènes et instables. Et les économistes doivent alors être capables de modéliser/théoriser/tester comment ces préférences peuvent évoluer. En gros les économistes font (presque toujours) l’hypothèse que les préférences sont stables et données (ce qui revient à dire exogènes) et que ce sont les changements au plan des contraintes qui déterminent les changements de comportement. Donc ça me paraît tout à fait pertinent de chercher à déterminer cette question.

    (note pour éviter les débats absurdes, je ne dis pas que si les préférences sont stables et exogènes c’est nécessairement qu’elles sont génétiques, mais que si elles sont génétiques on peut supposer en effet qu’elles sont stables…)

  12. elvin

    arcop dit:

    « Au contraire de plusieurs intervenants, je pense que la question de l’origine des préférences est une question cruciale ….Donc ça me paraît tout à fait pertinent de chercher à déterminer cette question. »

    OK. Mais c’est un boulot de biologiste ou de psychologue, pas d’économiste.

    Si j’insiste, c’est que c’est symptomatique du flou épistémologique autour de l’économie (qu’est-ce que c’est ? de quoi ça parle ? est-ce vraiment une science ?). Il me semblerait préférable que les économistes se consacrent vraiment à faire de l’économie au lieu de se faire plaisir avec des maths ou de réinventer l’eau chaude en faisant de la psychologie

  13. ldb

    @ elvin
    désolé, mais je ne peux pas être d’accord avec l’ensemble de votre position. Si les préférences étaient données pour l’économiste, on supposerait encore que les individus sont des maximisateurs d’EU, qu’ils sont cohérents dans le temps, etc et l’ensemble de l’économie comportementale n’existerait pas.. Last but not least, la méthodologie et les concepts de l’économiste ne sont pas les mêmes que ceux des psychologiques, et donc les économistes sont capables d’avancer des choses nouvelles par rapport aux psychologues (par exemple dans le cadre d’interactions, les dimensions de réciprocité ou de réputation, l’aversion à l’inégalité ou que sais-je! je pense d’ailleurs que ce que dit Arcop est assez juste… Peut être fais-je une erreur, mais si les économistes n’avaient pas été dans ces directions, l’avenir de l’économie en tant que discipline scientifique aurait été beaucoup plus sombre.

  14. henriparisien

    @arcop

    « Ca me paraît aussi assez faible en regard des études sur les jumeaux et le QI où on trouve généralement une très très forte corrélation génétique (comparaison de jumeaux homozygotes élevés dans différentes familles, etc…) »

    A ma connaissance, cette corrélation avait été établi par Burt, dans les années 70. Hors ces résultats se sont révélés complétement pipoter (invention pure et simple des couples de jumeaux homozygote élevé séparément).

    Sur le fond du débat. Il me semble que s’il y a des trucs à trouver, c’est pas mal de les trouver. Quelque soit la formation de base, et les diplômes obtenus.

  15. elvin

    @ldb
    « Si les préférences étaient données pour l’économiste, on supposerait encore que les individus sont des maximisateurs d’EU, qu’ils sont cohérents dans le temps »
    Pas du tout. On saurait depuis longtemps ce que savent les comportementalistes, les évolutionnistes et d’ailleurs plus généralement l’homme de la rue, et que répètent inlassablement les autrichiens : que les individus ne maximisent rien du tout, que leurs préférences ne sont pas cohérentes dans le temps ni d’individu à individu, etc.
    Remarquez, les économistes savent tout ça (ils ne sont quand même pas fous), mais quand ils prennent leurs habits d’économistes, ils décident de l’ignorer, ou de demander qu’on leur démontre à grands coups de modèles mathématiques.

  16. Gu Si Fang

    Sur l’expérience de psychologie, ce que je trouve frappant c’est la faiblesse de l’héritabilité. Au pif j’aurais dit que l’aversion au risque était un trait de personnalité inné assez marqué, que l’on pourrait comparer à la distance de fuite ou au niveau général d’anxiété. Je m’attendais à 30, 40% d’héritabilité comme pour les big five. De son côté, l’environnement partagé ne doit pas peser bien lourd. Résultat : lorsqu’on connaît les parents et l’environnement d’un individu on connaît un tout petit quelque chose sur son aversion au risque, mais l’essentiel nous échappe. Peut-être que « l’aversion au risque » qui intéresse l’économiste n’est pas un très bon vecteur pour un psychologue.

    Mais imaginons pour simplifier que l’on arrive à expliquer 100% de la variance qui intéresse l’économiste. Aura-t-on pour autant le moyen de prévoir le comportement de l’individu en question? Pas s’il n’est pas d’accord, pas s’il décide de changer de comportement. Comme toujours avec les modèles de théorie des jeux, les résultats prédictifs ne tiennent plus si l’on change les règles du jeu. Or, bien souvent, un individu a la faculté de changer les règles du jeu, la première façon de le faire étant de ne plus jouer à un jeu qui ne lui réussit pas!

    Il y a donc deux postulats qu’il faut éviter de poser car ils ne sont pas vrais a priori :
    1) Croire que la fonction d’utilité est linéaire en la probabilité (axiome d’indépendance)
    2) Même si l’on a compris que ce n’était pas une ligne droite (paradoxe d’Allais) croire que c’est une fonction constante

    Ca ne laisse pas grand’chose pour prédire les comportements.

  17. arcop

    @Elvin
     »
    “Au contraire de plusieurs intervenants, je pense que la question de l’origine des préférences est une question cruciale ….Donc ça me paraît tout à fait pertinent de chercher à déterminer cette question.”

    OK. Mais c’est un boulot de biologiste ou de psychologue, pas d’économiste. »

    Je ne suis pas du tout d’accord, pour plusieurs raisons. Cela fait des décennies que les psychologues mettent en question un certain nombre d’hypothèses des économistes et que globalement ça tombe dans l’oreille de sourds… (sauf quand ces psychologues se ‘transforment’ pour l’occasion en économiste, cf. Kahnemann et Tversky par ex.)

    Plus généralement, je pense que le flou épistémologique pourrait être salutaire (et il me semble qu’une des difficultés de l’économie depuis le milieu du XXe siècle, c’est qu’ils ont une épistémologie très précise, une méthodologie très précise–dont on peut douter de la pertinence comme de nombreuses personnes, moi y compris–, mais c’est principalement par attachement à cette méthodo. ou cette épistémologie qu’ils se sont entêtés (à mon avis) dans une voie pas forcément prometteuse.

    Je donnerai l’exemple de la biologie, il y a quelques décennies la bio. moléculaire n’existait pas (ou était en cours de formation). Votre position reviendrait à dire à l’époque, en tant que biologiste, je m’intéresse pas aux molécules (par exemple l’ADN) parce que c’est un boulot de physicien ou de chimiste, je m’intéresse qu’aux gènes… Les déterminants des préférences me paraissent donc une question centrale et tout à fait pertinente pour l’économiste, même si cela suppose d’emprunter des techniques, résultats, théories d’autres champs (psychologie, biologie, sociologie, que sais-je?)

    Et par ailleurs, le concept de préférence, tel que formalisé par les économistes, est unique, ne parle qu’aux économistes (au les autres chercheurs naviguant dans les parages volontairement) et en quelque sorte les autres disciplines ne peuvent pas en dire grand chose, car ce n’est pas forcément un concept d’intérêt (voire tout simplement qui a un sens dans leur langage spécifique), ni même un concept avec lequel ils sont familiers. Donc il me semble que c’est à la discipline qui utilise le concept de le tester, raffiner, ‘réfuter’ s’il faut, même si elle doit pour cela s’aventurer sur des terres qui ne sont pas principalement les siennes.

    @Gu SI Fang
    « Ca ne laisse pas grand’chose pour prédire les comportements. »
    Bah en fait si, ce n’est pas parce que la fonction d’utilité p.r. aux probas n’est pas linéaire qu’elle est indéterminée. Cf. Kahnemann et Tversky 1979, 1992, Prospect Theory et Cumulative Prospect theory.
    (je suis pas fan, mais force est de reconnaître que ça marche quand même pas mal au niveau de la convergence avec les données expérimentales)

    Si vous avez des références sur les fluctuations de cette fonction d’utilité p.r. aux probas, je suis preneur parce que j’ai l’impression qu’il y a très peu de travaux là dessus…

  18. elvin

    « le concept de préférence, tel que formalisé par les économistes, est unique, ne parle qu’aux économistes … »
    Et ça, c’est une erreur des économistes qu’il appartient aux économistes de corriger, mais en se rangeant au concept tel que défini par le langage courant et précisé par les psychologues.
    John Stuart Mill disait (à peu près) que quand une science utilise un mot du langage courant, elle ne doit pas lui donner un sens différent de celui du langage courant.

  19. David Saks

    Les économistes s’intéressent au fonctionnement du cerveau car c’est l’organe des prises de décisions. La génétique détermine le brain wiring mais ce cablage se modifie en permanence en s’adaptant au milieu et les gènes eux-mêmes subissent des modifications de leur exprsssion en réaction adaptative au milieu. Les économistes découvrent l’extrême complexité de la neurobiologie mais cela ne saurait être un argument pour leur interdire de construire des protocoles de recherche. « Tout ce que les scientifiques peuevnt faire ils le feront ».

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