Menace crédible, guerre froide et auto-contrôle

Très intéressant article dans le magazine Wired qui relate la mise en place dans les années 80 par l’Union Soviétique d’une « doomsday machine« , une arme de destruction massive susceptible de détruire toute vie sur terre (via). Nommée « Périmètre », cette arme était programmée pour lancer quasi-automatiquement une attaque nucléaire massive dans le cas où elle détecterait des explosions nucléaires sur le sol soviétique. Ceux qui sont familiers avec la théorie des jeux verront ici tout de suite l’intérêt d’un tel dispositif : en rendant la réplique automatique, les soviétiques ont mis en place une menace crédible de telle sorte que les américains auraient su qu’un engagement des hostilités de leur part aurait débouche sur l’apocalypse. Rien de tel pour dissuader… sauf que l’article nous raconte que les soviétiques ont sciemment cherché à maintenir secret leur arme. En fait, il apparait que le but n’était pas de dissuader les américains mais plutôt de calmer les ardeurs des leaders politiques et des militaires soviétiques :

« So why was the US not informed about Perimeter? Kremlinologists have long noted the Soviet military’s extreme penchant for secrecy, but surely that couldn’t fully explain what appears to be a self-defeating strategic error of extraordinary magnitude.

The silence can be attributed partly to fears that the US would figure out how to disable the system. But the principal reason is more complicated and surprising. According to both Yarynich and Zheleznyakov, Perimeter was never meant as a traditional doomsday machine. The Soviets had taken game theory one step further than Kubrick, Szilard, and everyone else: They built a system to deter themselves.

By guaranteeing that Moscow could hit back, Perimeter was actually designed to keep an overeager Soviet military or civilian leader from launching prematurely during a crisis. The point, Zheleznyakov says, was « to cool down all these hotheads and extremists. No matter what was going to happen, there still would be revenge. Those who attack us will be punished. » »

De l’auto-contrôle digne de Thomas Schelling

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1 commentaire

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Une réponse à “Menace crédible, guerre froide et auto-contrôle

  1. jean

    C’est exactement l’erreur que font les soviétiques dans Dr.Folamour (1964): ne pas dire qu’ils ont une telle machine.

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