La question à 150 000 $ (au moins)

Dans un article sur la réforme du système de santé aux Etats-Unis, Greg Mankiw soumet à ses lecteurs le problème philosophique suivant :

« Imagine that someone invented a pill even better than the one I take. Let’s call it the Dorian Gray pill, after the Oscar Wilde character. Every day that you take the Dorian Gray, you will not die, get sick, or even age. Absolutely guaranteed. The catch? A year’s supply costs $150,000.

Anyone who is able to afford this new treatment can live forever. Certainly, Bill Gates can afford it. Most likely, thousands of upper-income Americans would gladly shell out $150,000 a year for immortality.

Most Americans, however, would not be so lucky. Because the price of these new pills well exceeds average income, it would be impossible to provide them for everyone, even if all the economy’s resources were devoted to producing Dorian Gray tablets.

So here is the hard question: How should we, as a society, decide who gets the benefits of this medical breakthrough? Are we going to be health care egalitarians and try to prohibit Bill Gates from using his wealth to outlive Joe Sixpack? Or are we going to learn to live (and die) with vast differences in health outcomes? Is there a middle way? ».

Si l’on fait abstraction de cette tendance très « philosophie analytique » à prendre un exemple absurde pour pousser un raisonnement jusqu’au bout de sa logique, la question est plutôt pertinente. Cela rappelle que l’on a d’abord à faire à un problème de justice sociale et plus fondamentalement de philosophie morale. Bien sûr, les considérations économiques (asymétries d’informations, externalités, etc.) ne doivent pas être négligées mais ce ne sont pas elles qui permettront de résoudre une telle question. Maintenant, pour répondre à la question de Mankiw, le juste milieu peut être celui-ci : peut-être peut-on accepter des inégalités en termes d’accès à la santé tout en définissant une couverture universelle minimale, ce qu’un système purement privé semble incapable de fournir…

1 commentaire

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Une réponse à “La question à 150 000 $ (au moins)

  1. isaac37500

    Bonjour,

    Ce type de question me paraît purement anglo-saxon et dans la lignée de la philosophie utilitariste. Je m’explique : l’héritage philosophique anglo-saxon est principalement celui de l’utilitarisme et sa fameuse maxime le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. A ce titre, avant de prendre toute décision, le législateur se doit d’effectuer un calcul coûts / avantages en terme de bonheur. Comment calculer le bonheur ? le mieux est ici de le ramener à l’unité de mesure la plus commune pour les coûts : l’unité monétaire.

    Le vieux continent hérite d’une philosophie dominante autre, celle du droit naturel. Celui-ci s’oppose à l’utilitarisme en ce qu’on ne cherche plus un principe de choix relatif à un calcul des conséquences (ce qui signifie que les décisions vont varier selon que l’on compte les coûts et avantages d’une façon ou d’une autre) mais une position de principe émanant d’une règle stable : l’égalité entre les hommes, la propriété privée…

    On pourrait se dire que cette vieille distinction est morte et bien pas tant que ça. Par exemple, aux USA avant d’accorder une greffe on réunit un conseil qui évalue les coûts et bénéfices par receveur potentiel. En France : premier arrivé, premier servi.

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