Krugman sur l’état de la macroéconomie

Long mais passionnant essai de Paul Krugman sur l’état de la macroéconomie. Krugman propose une histoire de la macroéconomie de Keynes à nos jours et rend compte de l’incapacité de la discipline à traiter de la crise financière. Les suggestions de Krugman sont d’incorporer davantage les enseignements de la finance et de l’économie comportementales, de revenir au cadre d’analyse keynésien traditionnel et dépasser l’hypothèse d’efficience des marchés pour prendre en compte le rôle joué par la finance. Comme l’indique Arnold Kling, on peut regretter qu’un essai comme celui-là soit publié dans le New York Times et pas dans un journal de macroéconomie.

11 Commentaires

Classé dans Trouvé ailleurs

11 réponses à “Krugman sur l’état de la macroéconomie

  1. elvin

    Krugman est bien le digne descendant de Keynes : un mélange incohérent de choses justes et de choses fausses, l’ignorance (volontaire ou involontaire ?) de faits fondamentaux, des raisonnements simplistes.
    Son article part d’un bon constat (« the economics profession went astray because economists, as a group, mistook beauty, clad in impressive-looking mathematics, for truth ») pour aboutir à prescrire comme remède une dose supplémentaire du poison keynésien.
    Et dire qu’il a eu le Prix Nobel ! En effet, là aussi, « the economics profession went astray ».

  2. Gu Si Fang

    Toujours sa crèche parentale…

    Vous savez quoi? Un modèle où les prix ne peuvent pas varier, eh ben quand les gens ont le moindre état d’âme ils thésaurisent de la monnaie, et pis ça crée du chômage. Quelle surprise! C’est sûr, ça vaut bien une publication peer-reviewed :-))

    Et la politique monétaire, au fait? Ah Greenspan! Ce dévôt du capitalisme, qui croyait dans l’efficience des marchés. Aujourd’hui il se repent, afin de gagner son entrée au paradis. Mais quand les marchés ont commencé la bulle (tous seuls comme des grands), il n’a rien fait pour les arrêter (comme devrait le faire une honnête banque centrale). Rhaaa, ces idéologues du marché!

    P.S. Sur le modèle de la crèche parentale, la « bulle de Greenspan » et autre grandes révélations de Krugman, jugez vous-même : http://gigapedia.com/items/342845/

  3. Gu Si Fang

    Salut Elvin, je crois que C.H. nous attendait un peu au tournant, sur ce coup-là😉

  4. C.H.

    Comme quoi, le comportement humain est parfois prévisible😉

  5. elvin

    ben heureusement !

  6. elvin

    cela dit, c’est pas uniquement pour exciter Gu Si Fang et moi que C.H. a posté cet article !

  7. Effectivement, Krugman déçoit. Sa façon de présenter le conflit entre les gentils keynésiens et les méchants néo-classiques est exagérée.

    Il néglige volontairement un grand nombre de travaux qui ont réussi à expliquer les crises financières et les bulles spéculatives dans un cadre néo-classique et sans lever l’hypothèse d’irrationalité des agents.

    Je suis toutefois un peu d’accord avec lui sur le fait que l’hypothèse d’efficience des marchés n’est pas adaptée pour étudier les crises.

  8. Gu Si Fang

    D’accord avec Yannick. Sachant que Krugman défend le point de vue KMKS (un carambar à celui qui décode les initiales, écrire à gusifang sur gmail), il faut compléter son livre (ci-dessus) pour avoir une vue un peu complète sur la macro.

    Deux lectures recommandées :

    1) Phelps, Seven schools of macroeconomic thought, court mais dense, et amha représentatif de ce que Krugman critique
    http://gigapedia.com/items/320749/

    2) Garrison, Time and money, représentatif de ce que Krugman oublie consciencieusement de mentionner : la « macro » autrichienne (dans une présentation adaptée au lecteur non-autrichien)
    http://gigapedia.com/items/163590/

    P.S. indice : aucun des deux K n’est Krugman, et je n’ai pas voulu ajouter un troisième K ça faisait mauvais genre

  9. C.H.

    Juste une remarque sur votre premier commentaire Gu Si Fang :
    « Un modèle où les prix ne peuvent pas varier, eh ben quand les gens ont le moindre état d’âme ils thésaurisent de la monnaie, et pis ça crée du chômage. Quelle surprise! ».

    Oui, mais qui nous dit que la rigidité (partielle) des prix n’est pas un obstacle inévitable au réajustement automatique des prix relatifs et donc au rétablissement de l’économie. Et je ne parle pas seulement d’obstacles institutionnels mais aussi du fait que l’on peut constater que dans plein de secteurs les prix ne sont pas parfaitement flexibles (pour des raisons éthiques par exemple, un billet est en préparation là dessus). Même partielles et ponctuelles, l’accumulation de ces rigidités peut avoir certains effets systémiques…

  10. Gu Si Fang

    Les prix sont-ils rigides? C’est une question parfaitement légitime. Il y a des raison inhérentes au processus de marché, des raisons institutionnelles, et tout cela peut se discuter.

    Ce que je reproche à Krugman c’est justement d’occulter complètement cette question qui est au coeur de son argument. Il ne parle pas ou très peu des raisons pour lesquelles la rigidité pourrait exister. Pire, son modèle présuppose que les prix sont rigides : un ticket s’achète avec une heure de babysitting et permet d’acheter une heure de babysitting. Il écrit :

    « coupons entitled the bearer to one hour of baby-sitting. When babies were sat, the baby-sitters would receive the appropriate number of coupons from the baby-sittees. This system was, by construction, shirkproof: it automatically ensured that over time each couple would provide exactly as many hours of baby-sitting as it received. »

    C’est donc clair : pour acheter une heure de babysitting la semaine prochaine, vous payez une heure de babysitting aujourd’hui. Les prix sont rigides par hypothèse. Le minimum serait de le signaler, par honnêteté intellectuelle. Cherchez les mots sticky, flexible, rigid etc. dans le pdf et vous verrez ce qu’il en est…

    Imaginez le marché agricole, les silos à grain, la boulangerie etc. dans les mêmes conditions. Combien coûte une tonne de grain dans un an? Une tonne de grain aujourd’hui!

    Avec des hypothèses pareilles, son modèle est une pétition de principe : les prix sont rigides, or ils sont rigides, donc j’en conclus donc qu’ils sont rigides. Bravo Krugman!

  11. C.H.

    Il faut admettre effectivement que Krugman n’est pas assez explicite sur ce point. Ce ne serait pas grave si le papier était publié dans une revue scientifique car les lecteurs auraient tout de suite en tête cette hypothèse « cachée », c’est plus gênant ici car il parait dans un journal plus grand public.

    Maintenant, sur le fond, la rigidité (partielle) des prix et des salaires est centrale dans tous les modèles néo-keynésiens. Et, contrairement à la macro keynésienne à papa (celle à laquelle semble parfois vouloir revenir Krugman), les rigidités nominales sont fondées microéconomiquement. Elles ne tombent pas du ciel, elles ont une justification. Je pense que c’est ce point là qui est absolument majeur dans le débat « relance ou pas relance ». Au lieu de ça on préfère se focaliser sur la valeur du multiplicateur…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s