Délocalisation, emploi et salaire

Intéressant article sur Vox sur l’impact du commerce international et des délocalisations sur l’emploi et les salairs dans le secteur manufacturier aux Etats-Unis. Les auteurs de l’étude trouvent un résultat déjà suspecté par plusieurs auteurs, y compris Paul Krugman, à savoir que l’ouverture croissante de l’économie américaine a pu favoriser un accroissement des inégalités salariales. Un résultat particulièrement intéressant est que les délocalisations dans les pays à haut salaires ont entrainé une augmentation de l’emploi manufacturier :

« Next, we statistically test whether trade and offshoring has forced workers out of the manufacturing sector. We find that there has been a big movement of workers out of sectors with a lot of import competition. We also look for the impact of offshoring on US manufacturing employment, finding small effects on employment that depend on the location of offshore activities. A 10 percentage point increase in offshoring to low-wage countries reduces employment in manufacturing by 0.2% while offshoring to high-wage countries increases employment in manufacturing by 0.8%.

The beneficial effect of offshoring activities in high-income countries by US firms on their home employment is one of the most surprising findings of the study. The surprising positive effect of offshoring to high income countries on US wages is consistent with some new theories developed by Gene Grossman and Esteban Rossi-Hansberg (2008). They argue that offshoring activities can actually increase wages for workers remaining at home by cutting costs for the companies that employ them« .

Sans surprise, la baisse globale de la demande de travail dans le secteur secondaire à induit une pression à la baisse sur les salaires des employés peu qualifiés, ce qui mécaniquement a engendré un accroissement des inégalités. Comme le note ce billet sur Free Exchange, on peut interpréter ce résultat de deux manières, soit comme la conséquence de l’ouverture aux échanges internationaux, soit comme une défaillance du marché :

« Declining manufacturing employment prospects have placed downward wage pressure on those without much education, which has translated into stagnating incomes for less educated workers. This is largely viewed as a trade problem, but it’s perhaps better understood as a failure in the market for skilled workers. Employers are demanding that a larger share of workers earn a bachelor’s degree or higher, and wages premia are reflecting this, but the supply of educated workers does not appear to be responding ».

2 Commentaires

Classé dans Trouvé ailleurs

2 réponses à “Délocalisation, emploi et salaire

  1. J’avoue ne pas avoir bien saisi l’idée de délocalisation vers des pays à haut salaire (à haut salaire relativement aux USA ou à haut salaire dans l’absolu ?). Il s’agit donc de délocalisations où l’on cherche à profiter d’une main d’oeuvre plus productive mais plus chère ? Un exemple serait le bienvenu.

    Sinon, le dernier paragraphe montre peut être les limites qu’on est en train d’atteindre dans les pays développés. Une certaine part de la population ne pourra pas suivre d’éducation supérieure, même avec toutes les incitations et aides possibles. Et les emplois devenant en moyenne de plus en plus qualifiés (il subsiste toujours des gisements d’emplois non qualifiés, mais ils se réduisent), ils risquent de se retrouver dans des situations de plus en plus précaires.

    Et corollaire, si la demande de travailleurs qualifiés augmente, l’offre pourrait plafonner.

  2. @ j’ai pas de titre :
    * contrairement à une idée reçue, les délocalisations ne vont pas que dans les pays en développement. S’agissant de la France par exemple, une étude de l’Insee (à mon avis une des études les plus sérieuses en matière de mesure des délocalisations) de 2005 (Aubert et Saillard) montre que la moitié des délocalisations vont vers des pays en développement, l’autre vers des pays développés
    * on va dans ces pays pour différentes raisons, notamment l’accès aux marchés et l’accès à des compétences spécifiques
    * sur la problématique formation, il ne s’agit pas de dire qu’on a besoin seulement d’ingénieurs et de chercheurs. Dans l’industrie, on a des besoins en personnes niveau CAP/BEP (soudeurs, chaudronniers, …) et certaines entreprises en manquent. Ceux qui perdent sont les personnes sans qualification, qui ne bénéficient pas de formation continue.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s