Le « prix de l’anarchie » sur la route… et au basket : du paradoxe de Braess à la « théorie Pat Ewing »

Dans la série « les insolites de la science », après les zombies, voici un article qui fait une analogie entre les problèmes de répartition du trafic routier et les problèmes de la répartition des tirs entre coéquipier au basket. Voici le résumé :

« Optimizing the performance of a basketball offense may be viewed as a network problem, wherein each play represents a “pathway” through which the ball and players may move from origin (the inbounds pass) to goal (the basket). Effective field goal percentages from the resulting shot attempts can be used to characterize the efficiency of each pathway. Inspired by recent discussions of the “price of anarchy” in traffic networks, this paper makes a formal analogy between a basketball offense and a simplified traffic network. The analysis suggests that there may be a significant difference between taking the highest-percentage shot each time down the court and playing the most efficient possible game ».

L’auteur considère que l’on peut trouver quelque chose d’équivalent au « paradoxe de Braess » (voir ce billet de Laurent Denant-Boèmont) au basket, et plus précisément dans la répartition des tirs entre coéquipiers d’une même équipe. Le raisonnement est assez intéressant, mais notons quand même que la conclusion à laquelle aboutit l’auteur (les joueurs les plus efficaces dans une équipe ne doivent pas nécessairement shooter plus que leurs coéquipiers) rentre en contradiction avec les succès plus ou moins récents d’équipes comme les Chicago Bulls ou les Los Angeles Lakers, lesquelles s’appuyaient sur des joueurs (respectivement Michael Jordan et Kobe Bryant) particulièrement « gourmands » au niveau du shoot. Cette idée qu’une équipe peut parfois bénéficier de l’absence de son meilleur joueur, ou du fait de ne pas tout concentrer sur lui, est  connue sous le nom de « théorie Pat Ewing », du nom du grand pivot des New York Knicks du milieu des années 80 au début des années 2000 qui, alors même qu’il était régulièrement absent sur blessure  vers la fin de sa carrière, voyait son équipe plutôt mieux marcher sans lui. Cela dit, à la fin des années 90, Ewing était au crépuscule de sa carrière et n’était plus véritablement si efficace, ce qui accroissaient les inconvénients liés au fait de concentrer le jeu sur lui. La théorie de l’auteur mériterait quand même d’être testée empiriquement (mais comment ?).

1 commentaire

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Une réponse à “Le « prix de l’anarchie » sur la route… et au basket : du paradoxe de Braess à la « théorie Pat Ewing »

  1. MacroPED

    Généralement, les insolites j’ai tendance à zaper…sauf les Laurent Denant-Boèmont. Je veux lire celui-ci, j’espère que je veux rire.

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