Economie comportementale vs théorie du choix rationnel

Excellent papier de l’économiste David Levine qui questionne la pertinence des apports de l’économie comportementale du point de vue de l’approche standard. Un extrait qui résume bien la tonalité du papier :

« A useful summing up is by considering the main theme of this lecture: that behavioral economics can contribute to strengthening existing economic theory, but, at least in its current incarnation, offers no realistic prospect of replacing it. Certain types of “behavioral” models are already important in mainstream economics: these include models of learning; of habit formation; and of the related phenomenon of consumer lockin. Behavioral criticisms that ignore the great increase in the scope and accuracy of mainstream theory brought about by these innovations miss the mark entirely. In the other direction are what I would describe as not part of mainstream economics, but rather works in progress that may one day become part of mainstream economics. The ideas of ambiguity aversion, and the related instrumental notion that some of the people we interact with may be dishonest is relatively new and still controversial. The use of models of level-k thinking to explain one-time play in situations where players have little experience works well in the laboratory, but is still unproven as a method of analyzing important economic problems. The theory of menu choice and self-control likewise has still not been proven widely useful. The theory of interpersonal (or social) preferences is no doubt needed to explain many things – but so far no persuasive and generally useful model has emerged ».

A lire.

2 Commentaires

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2 réponses à “Economie comportementale vs théorie du choix rationnel

  1. arcop

    L’argumentation ne me parait pas tres tres solide. Si on resume on a les points suivants:
    – certains aspects sont deja dans la theorie economique standard. Bon et alors, est-ce un probleme? Et on peut discuter de savoir si oui ou non les modeles d’apprentissage par exemple sont de l’economie standard… (comment un agent de la RCT peut-il apprendre? Je veux dire autrement que pour l’apprentissage bayesien)
    – le k-level thinking est considere comme non-important sur la base que les agents prennent des decisions dans des contextes qu’ils ne connaissent pas… (parce qu’ils sont ‘one shot’). Bon, c’est amusant, parce que pratiquement toutes les decisions economiques avec de forts enjeux sont de ce type: Dois-je acheter mon logement et emprunter sur 35 ans? Comment dois-je investir mon epargne pour ma retraite ? Dois-je faire des etudes ou non ? etc.
    – menu-choice and self-control has still not been proven useful? Ah… L’analyse de phenomenes comme la sante en general (addiction, consommation alimentaire) par exemple, c’est pas un probleme majeur?
    – et les preferences sociales… Bon d’accord il n’y a pas de modele unifie qui est apparu… Mais c’est comme de dire vu qu’aujourd’hui on n’a pas de modele unifie et decent de ces phenomenes, on ne devrait pas les prendre en compte ou meme chercher a les comprendre… Bizzare.
    En outre, ces differents arguments relevent a mon avis de ‘straw men’, parce que ces differents elements sont les moins genants pour la theorie economique standard… ce sont ceux qui sont le plus susceptible de s’accommoder d’une modelisation RCT en changeant les formes des fonctions d’utilite ou des preferences.
    Bref, pas tres convaincant de mon humble point de vue.

  2. Jean, S.

    La réflexion autonome et indépendante est nécessaire pour faire avancer les connaissances scientifiques, notamment dans le champ du savoir économique. En ce sens, je suis d’avis que des auteurs critiquent la théorie économique standard et que d’autres critiquent les critiques qui ont été formulées contre cette théorie. Mais, d’un côté comme de l’autre, on s’attend à recevoir des arguments assez solides et convaincants. Malheureusement, c’est ce qui fait cruellement défaut dans les débats.
    D’abord, la théorie économique standard en refusant de reconnaître ses limites (utilité à la Von Neuman & Morgentern, rationalité, etc.) se montre donc incapable de les dépasser. L’être humain est extrêmement complexe, se limiter à une vision étriquée et mutilée de la réalité économique ne peut être que contre-productif sur le plan intellectuel. Pourquoi les défenseurs de la théorie standard ne cherchent-ils pas à prendre en compte dans leurs modèles les remarques et critiques pertinentes formulées par les béhavioristes?
    Quant à l’économie comportementale, elle se montre beaucoup plus agressive que coopérante dans sa façon d’approcher les limites de la théorie standard. Elle semble elle aussi incapable de faire son autocritique. Finalement, l’ensemble des théoriciens des deux groupes ne font que tourner en rond dans les débats qui les opposent même s’il faut reconnaître que leurs apports sont indispensables à l’avenir même de la science économique. Mais encore doivent-ils faire leur propre autocritique dans la perspective d’un univers théorique beaucoup plus cohérent et unifié!

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