Théorie de l’évolution et sciences sociales qualitatives

En guise de préambule à deux prochains billets sur le thème générique de l’évolution et des sciences sociales, respectivement sur l’opposition entre approche populationnelle et approche situationnelle et sur l’importance de la sélection de groupe en matière d’évolution économique et sociale, on peut lire ce très intéressant billet sur un blog de sociologie économique que je viens de découvrir. L’auteur fait une comparaison entre la théorie de l’évolution et la sociologie qualitative pour montrer que le manque de considération que reçoit cette dernière n’est pas justifié. L’auteur fait remarquer – à juste titre – que la théorie de l’évolution comme la sociologie qualitative permettent de dériver des prédictions (ou plutôt des propositions) empiriquement testables, même si ces prédictions ne portent pas sur le futur. Par ailleurs, ces deux perspectives théoriques ont en commun d’aborder le problème de l’historicité et du changement dans le cadre de systèmes complexes. 

Selon l’auteur, cette comparaison justifie la réhabilitation de tout un pan de la sociologie qualitative, celle visant à rendre compte des mécanismes du changement économique et social sur le long terme, et ne pas se réduire à l’étude de problèmes trop étroitement délimités traités dans un cadre volontairement simplifié. Il est bien évident que le même raisonnement est probablement valable pour l’économie. Je ferai toutefois remarquer un élément dont j’avais déjà parlé dans ma série « Economie et évolution » : au-delà de la simple comparaison des perspectives, il peut être intéressant d’importer les outils de la biologie évolutionnaire en économie afin d’étudier non seulement les processus de vastes changements économiques et culturels (la « big picture » dont parle l’auteur) mais également des questions beaucoup plus précises comme par exemple les processus de sélection des firmes ou l’évolution du dopage dans le sport.  

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1 commentaire

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Une réponse à “Théorie de l’évolution et sciences sociales qualitatives

  1. elvin

    Excellent article en effet, même si à mon avis il enfonce des portes ouvertes (mais puisque la science dominante les a cadenassées, il faut bien…) et encore bien meilleur si on l’applique également à l’économie.

    Essayez un truc : partout où il y a le mot « sociology », remplacez-le par le mot « economics », et vous trouverez ce que pensaient tous les économistes jusque vers 1930 (dont par exemple Marshall et Keynes), et ce que disent encore aujourd’hui les autrichiens, mais aussi des gens comme Coase, Simon, Nelson, Winter ou Dosi.

    Un seul exemple vers la fin du texte : « instead of trying (and failing) to be like 19th century physics, economics would play to its own strengths and contribute more to knowledge by building on its commonalties with evolutionary theory.  »

    On ne saurait mieux dire !!! (notez bien le « and failing »)

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