Lucidité gouvernementale

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette expression n’est pas un oxymore. C’est en tout cas ce que j’ai découvert en lisant que le gouvernement rejette l’idée de la « règle » des trois tiers pour le partage des profits, règle qui n’a évidemment aucun sens. Remarquez cela dit que je n’ai pas parlé de « clairvoyance présidentielle » (un vrai oxymore ?), étant donné que c’est le Président Sarkozy qui avait eu cette idée stupide originale.

Publicités

12 Commentaires

Classé dans Divers

12 réponses à “Lucidité gouvernementale

  1. « Le gouvernement rejette la règle des trois tiers pour le partage des… profits! »
    Ce n’était pas très intelligent non plus, mais c’est quand même très différent^^

  2. C.H.

    Au temps pour moi, j’ai été induit en erreur par le titre de l’une des deux dépêches AFP reprise par le Monde.

  3. isaac

    Bonjour,

    Serait-il possible de préciser votre argumentation concernant le caractère « stupide » d’une telle proposition ?

  4. C.H.

    Eh bien, je dois dire que les raisons données par Fillon et Lagarde sont les bonnes : les entreprises ne sont pas toutes identiques, elles ont des stratégies (en terme d’investissement, commerciale, de gestion des ressources humaines) différentes et contraindre la répartition des profits par une règle rigide c’est contraindre les entreprises dans leurs choix stratégiques. Jusqu’à preuve du contraire, c’est encore les dirigeants qui sont les mieux placés pour décider de la bonne stratégie pour leur entreprise. Je ne parle même pas du fait que suivant le secteur d’activité, la répartition « optimale » sera très différente. Par exemple, on peut supposer que les secteurs très concurrentiels où l’innovation radicale domine nécessite de la part des entreprises plus d’investissements que dans des secteurs économiques arrivés à maturité.

    Il faudrait donc autant de règles de partage que de secteurs, voire que de stratégies différentes. On a donc le choix : soit on laisse les entreprises déterminer elles-mêmes ces règles de partage (quitte à prévoir certains mécanismes incitatifs voire coercitifs pour « corriger »), soit on laisse des bureaucrates s’en occuper.

  5. elvin

    Il y a quand même une question qu’il faut se poser, en amont des questions d’efficacité ou autres considérations utilitaristes : DE QUEL DROIT le gouvernement déciderait-il de la stratégie des entreprises à la place de leurs dirigeants ? Pourquoi moi je n’irais pas décider à votre place ce que vous devez faire de vos sous ?
    Et ne me dites pas « l’intérêt général » ou « la majorité démocratique ». Je suis sûr qu’on peut trouver une majorité démocratique pour dire qu’il est de l’intérêt général que vous arrêtiez de bouffer pour donner tout votre argent à Renault.

    Je n’attends pas de réponse, mais ça me démangeait de poser la question.

  6. C.H.

    Je vous donne une réponse quand même : c’est une question qui relève de l’éthique, pas de l’économie. On peut très bien estimer que personne n’a le droit de contraindre personne en dehors du respect du droit naturel, même si les effets émergents sont désastreux. Le problème, c’est que c’est le genre de doctrine éthique qui sur un strict plan évolutionnaire a peu de chance de faire prospérer les communautés qui l’adopte.

  7. elvin

    @C.H.
    Mais si, mais si… il suffit de regarder l’histoire.
    En plus, l’éthique prime sur l’économie, non ?

  8. Pour revenir sur le caractère « stupide » de cette proposition présidentielle:
    Les profits, en France en 2006, soit 220 milliards d’euros net, ont été en gros partagés entre investissements (60%), actionnaires (30%) et salariés (10%)*.
    Remettre une distribution égale à 1/3 revient donc à diviser par deux l’investissement, une idée assez… étrange. Remarquons également que les actionnaires perçoivent déjà 1/3 des profits environ, donc si l’on veut favoriser les salariés dans le partage des profits, ce sera uniquement au détriment des investissements. Il est trop probable que Sarkozy ne connaissait pas du tout ces chiffres, sinon il n’aura pas dit une telle bêtise.

    *Les chiffres sur le blog Déchiffrages:

  9. C.H.

    @elvin :
    Précisément, je regarde l’histoire et je ne vois aucune société qui a prospéré à partir du strict respect du droit naturel. Et ne me sortez pas l’épouvantail de l’Islande moyen-ageuse, qui n’avait rien d’un paradis anarcho-capitaliste, mais qui était juste un système féodal.

    Sinon non, l’éthique ne prime pas sur l’économie, ou plus exactement aucune raison qu’une éthique déontologique prime sur une éthique conséquentialiste. Des siècles de débat en philosophie morale n’ont pas résolu ce problème.

  10. elvin

    @C.H.
    En tous cas, ce n’est pas le lieu pour en discuter. Donc restons-en là.

  11. Thomas

    @Elvin : « En plus, l’éthique prime sur l’économie, non ? »

    Dans ce cas réunissons nous et définissons ensemble les « justes prix » des biens et services !

  12. elvin

    @Thomas : en voilà une remarque qu’elle est idiote (si je peux me permettre…)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s