Une bonne lecture pour bien commencer la semaine

C’est l’article de Paul Krugman dans le New York Times sur les difficultés auxquelles font face les pays de la zone Euro pour réagir de manière coordonnée face à la crise, tant sur le plan budgétaire que sur le plan monétaire. Pour résumer, sur le plan budgétaire, on a une forme de dilemme du prisonnier : chacun attend que l’autre mette plus de fonds sur la table. Sur le plan monétaire, la zone euro n’est pas une zone monétaire optimale et la BCE a bien des difficultés à agir dans l’intérêt de l’ensemble des pays membres.

Tips : pour ceux qui vont passer les écrits de l’agrégation dans quelques semaines, voilà le genre d’article qui rappelle les bases et donne des idées…

Publicités

7 Commentaires

Classé dans Trouvé ailleurs

7 réponses à “Une bonne lecture pour bien commencer la semaine

  1. Henri Tournyol du Clos

    Oui, enfin, comme d’habitude chez Krugman, c’est une vision très partielle, où on se concentre sur le petit nombre de variables qui font partie de l’échantillon du jour, en ignorant les autres. Si on a de la chance, une des variables ignorées fera son apparition dans les échantillons futurs. Le problème, c’est quand même que trop souvent, les grandeurs véritablement importantes ne font jamais leur apparition dans l’épuisette à Dr Popaul.

    Re : pour ceux qui vont passer les écrits de l’agrégation dans quelques semaines, voilà le genre d’article qui rappelle les bases et donne des idées… NON – c’est justement ce qui vous permettra de vous ramasser une bonne gamelle, car encore une fois, Krugman oublie l’essentiel, à savoir les différences de taux d’endettement, ainsi que de montant du patrimoine moyen net et de sa répartition entre l’Europe et les Etats-Unis.

  2. C.H.

    « en ignorant les autres » : pouvez-vous préciser ?

    « Krugman oublie l’essentiel, à savoir les différences de taux d’endettement, ainsi que de montant du patrimoine moyen net et de sa répartition entre l’Europe et les Etats-Unis » : en quoi cela invalide-t-il ce que Krugman défend dans l’article ? Ce sont des choses importantes, je n’en doute pas ; maintenant, aucune analyse ne peut être exhaustive. Le problème, ce n’est pas de sélectionner, mais de bien sélectionner.

    « NON – c’est justement ce qui vous permettra de vous ramasser une bonne gamelle » : bon j’ai passé l’agreg (d’éco-gestion – deux fois), et vu le niveau moyen des candidats à l’écrit, je vous garantie que le simple fait d’avoir une thèse a peu près cohérente, même partielle, avec quelques références théoriques et empiriques, est largement suffisant pour avoir la moyenne (sachant que pour aller à l’oral 7 de moyenne est souvent suffisant), et même pour avoir une « bonne » note (13 et plus) s’il ne s’agit pas d’un sujet trop « grand public ». Croyez-moi, je parle en connaissance de cause…

  3. Henri Tournyol du Clos

    Le problème de Krugman, c’est qu’il sélectionne sa matière pour écrire des billets, à raison de deux éditoriaux par semaine au moins, donc ce qu’il choisit, c’est beaucoup plus une paire d’oeillères qu’une paire de lunettes. C’est une attitude extrêmement classique chez les commentateurs de l’actualité économique soumis à de fortes cadences, en particulier les économistes de banque de marché, mis-à-part que dans ce dernier cas, c’est leur job : on leur demande d’analyser comment leurs collègues vont analyser à court terme les dernières données publiées.

    Krugman fait ici une prestation typique de commentateur 1) américain 2) soumis à forte cadence. Il oublie que Europe, c’est UN mot, certes, mais beaucoup de situations structurelles différentes, en particulier la différence de leverage et la diffusion de celui-ci, ce qui est quand même l’essentiel dans une situation de « debt deflation ».

    Le patrimoine américain moyen est très inférieur au patrimoine européen moyen en proportion des PIB respectifs. Il est constitué différemment, en particulier aux USA où non seulement il comporte une forte part d’actifs très volatils (immobilier US, actions,etc) mais où de plus les prestations des fonds de retraite sont basés sur la valorisation des actifs. Enfin, il est réparti très différemment, aussi bien en haut qu’en bas de l’échelle des revenus. Les USA sont une terre d’immigration, où il existe donc une couche importante de ménages fraichement arrivés et sans « matelas ». Et la « moyenne » est baissée par la ponction exercée par le premier centile – un phénomène rappelé souvent par Krugman.

    En dehors des « stabilisateurs automatiques » que Krugman consent à mentionner, il y a donc une différence de nature entre les risques auxquels sont en moyenne soumis les ménages ici et aux USA, et il y aura donc fondamentalement une différence de réponse en termes de politique économique entre l’Europe et les Etats-Unis à la baisse mondiale de la production. C’est NORMAL.

    Re l’agreg : j’ai peur qu’effectivement vous n’ayez raison (et je retire mon propos).

  4. C.H.

    Je comprend bien ce que vous écrivez et, de manière générale, je suis d’accord avec les points que vous soulignez.

    Maintenant, et même si « l’Europe » est une entité hétérogène et même si les spécificités européennes n’appellent pas forcément exactement aux mêmes mesures qu’aux Etats-Unis, ce que dit Krugman dans son Op-Ed reste vrai : les pays de la zone euro sont 1) incapables de se coordonner pour aboutir à une relance budgétaire « optimale » et 2) la politique monétaire à mettre en oeuvre dans la zone Euro est très difficile à définir précisément en raison de l’hétérogénéité des économies qui en font partie.

    Le point 1 pose la question des modalités de coordination des politiques budgétaires et le point 2 soulève la question de la pertinence même de l’Euro qui, d’un côté, a pu protéger certaines économies, mais de l’autre pose de réels problèmes de définition de la politique monétaire. Deux difficultés que l’on ne retrouve pas aux Etats-Unis.

    Je suis incapable de dire qu’elle est la « bonne » réponse à apporter à la crise économique actuelle aux Etats-Unis ou en Europe, et dans quelle mesure cette réponse doit s’adapter aux sépcificités locales. Par contre, ce que je vois c’est que 1) certains pays comme l’Espagne sont dans une situation très très délicate, pas si éloignée que ça du cas américain et 2) que la construction européenne (et notamment la constitution de la zone euro) est problématique en raison de l’hétérogénéité des économies européennes et, qu’en période de crise, elle crée peut-être plus de contraintes qu’elle n’apporte de solution.

    Maintenant, il ne s’agit pas d’entonner le « c’était mieux avant » parce que les recettes du passé (la dévaluation notamment) avaient aussi leurs problèmes.

  5. Henri Tournyol du Clos

    Moi aussi, je suis incapable de dire qu’elle est la “bonne” réponse à apporter à « la » crise économique actuelle aux Etats-Unis ou en Europe, mais en revanche je ne vois aucune raison pour laquelle il faudrait décalquer ici les réponses américaines à des problèmes américains. Nous avons des problèmes assez différents a) les uns des autres et b) globalement, des USA, où il y a un grand nombre de facteurs procycliques. D’après son blog, Krugman est actuellement en Espagne, et c’est là où la situation (immobilier, fort endettement des ménages, faible endettement de l’Etat, politique monétaire européenne localement laxiste de facto à cause du Balassa-Samuelson espagnol, immigration récente de 5 millions d’habitants) est la plus proche de celle des USA, avec l’Irlande et le Royaume-Uni.

    Même si les problèmes auxquels faisaient face les pays européens étaient identiques, les politiques de relance seraient forcément hétérogènes, car il n’y a aucune raison que le multiplicateur budgétaire soit le même dans tous les pays : les tailles des pays, les niveaux d’endettement des Etats, les pressions fiscales, tout cella est différent. Donc Krugman voit du désordre là où il n’y a que de la diversité.

    Re la construction monétaire européenne : je serais beaucoup moins négatif que vous, elle a quand même fait converger rapidement l’Espagne et l’Irlande, justement, les pays à problème d’aujourd’hui. Avec un peu de recul, je verrais plutôt cela comme une crise de croissance. Enfin, en croisant les doigts quand même un peu. Par ailleurs, taper sur la BCE comme le fait Krugman est absurde et m’énerve un peu : c’est la seule institution qui maintienne un cap, contrairement au cacophonique Conseil des ministres où ils sont la plupart du temps incapables de s’entendre sur les grandes options.

  6. Passant

    Au passage, je suggère à quiconque prétendrait écrire sérieusement sur cette question de se renseigner sur l’état du droit européen relatif : enfin, lorsqu’on envisage d’autres carrières que politiciennes.

  7. J’ai écrit ailleurs que du moment que Krugman n’est pas du tout « écouté » aux Etats Unis il essaye avec l’Europe. Mais nemo profeta in patria. Il faut quand même lui dire de mettre à jour ses arguments et donner des solutions, étudier les options et les trade-offs.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s