Réduire l’incertitude

« CRISES feed uncertainty. And uncertainty affects behaviour, which feeds the crisis. Were a magic wand to remove uncertainty, the next few quarters would still be tough (some of the damage cannot be undone), but the crisis would largely go away« .

Olivier Blanchard à propos de la situation économique actuelle. La thèse de Blanchard est que c’est l’incertitude radicale sur l’avenir qui rend les acteurs économiques excessivement averses au risque et les poussent à reporter dans le temps consommation et surtout investissement :

«  It affects portfolio decisions. It has led to a dramatic shift away from risky assets to riskless assets, or at least assets perceived as riskless. It sometimes looks as if investors around the world only want to hold American Treasury bills. Why? At the start was the realisation that many of the new complex assets were in fact much riskier than they had seemed. This realisation has now morphed into a general worry about nearly all risky assets, and about the balance-sheets of the institutions that hold them. “Better safe than sorry” is the motto. Unfortunately, while the motto may make sense for individual investors, it is having catastrophic macroeconomic consequences for the world. It is triggering enormous spreads on risky assets, a credit crunch in advanced economies, and major capital outflows from emerging countries.

It affects consumption and investment decisions, and is largely behind the dramatic collapse in demand we have observed over the last three months. Sure, consumers have lost a good part of their wealth, and this is reason enough for them to retrench. But there is more at work. If you think that another Depression might be around the corner, better to be careful and save more. Better to wait and see how things turn out. Buying a new house, a new car or a new laptop can surely be delayed a few months. The same goes for firms: given the uncertainty, why build a new plant or introduce a new product now? Better to pause until the smoke clears. This is perfectly understandable behaviour on the part of consumers and firms—but behaviour which has led to a collapse of demand, a collapse of output and the deep recession we are now in« .

Le constat fait relativement consensus. Les préconisations de Blanchard (s’articulant autour d’un plan de relance massive) déjà moins, si l’on en croit les commentaires développés par plusieurs économistes sur Free Exchange. Les analyses de Tyler Cowen et Alberto Alesino me semblent assez pertinentes. Comme le dit Cowen, si effectivement tout le problème relève de l’incertitude et d’un manque de confiance, un plan de relance « placebo » n’a aucune raison de faire moins bien qu’un plan de relance massif et couteux. Au final, Blanchard semble défendre une position keynésienne standard à la Krugman, peut être trop caricaturale pour être totalement convaincante. 

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3 Commentaires

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3 réponses à “Réduire l’incertitude

  1. MacroPED

    Je suis content de savoir que les économistes soient « hypocrites »: pas de relance et non relance…

    L’analyse de Blanchard est en réalité celle de Robert Shiller avec l’animal spirit. L’élément central en économie est la confiance. Point barre.

  2. Gu Si Fang

    « Réduire l’incertitude » est ce que chacun de nous tente de faire. Nous essayons de stabiliser notre petit environnement. Nous investissons plus lorsque notre perception des projets est qu’ils ont suffisamment de chances de se dérouler comme prévu. Nous dépensons plus lorsque notre perception est que nos désirs les plus urgents sont et seront satisfaits avec assez de certitude.

    La volatilité des cours de bourse, et la chute des prix des actifs sont associés à l’incertitude actuelle. Ce ne sont pas des causes, mais des symptômes. Stabiliser les cours de bourse comme certains gouvernements tentent de le faire, ou mettre un « plancher » au prix des « actifs en détresse » revient à masquer le symptôme.

    Cela peut donner l’impression que l’incertitude a diminué, et inciter les gens à dépenser et à investir. Peut-être. Mais cela ne peut pas garantir que les choses se dérouleront selon le plan. Car sans prix il est impossible de deviner les préférences d’autrui, et donc d’anticiper correctement la demande. Les entrepreneurs peuvent embaucher et produire des maisons, oui, mais le risque est qu’elles ne correspondent pas aux préférences des clients.

    Je pense que Blanchard a raison en ce qui concerne l’incertitude, mais que pour ce qui est du remède il est victime de l’illusion du planificateur omniscient. Il croit que l’information sur les besoins des gens peut être produite par le planificateur, alors qu’avec le plan qu’il préconise, il détruit le processus même qui permettrait de créer cette information et de réduire l’incertitude.

  3. MacroPED

    Au risque d’être taxé de keynésien, je prends quand même le risque. Ce dernier paragraphe me fait largement pensé à un monsieur (très respecté) du côté de l’économie du développement, W. Eaterly avec le plainificateur. Aussi à la discussion de l’URSS plannificateur…

    Beaucoup disent qu’il faut créer de l’emploi, pour réduire le chômage. ça c’est facile comme solution. mais comment est la grande question. Si un jour on parvient à trouver la réponse, ce que le catalogue est entre nos mains. M. Gu Si Fang, quelle solution?

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