Barro versus Krugman ou le retour de l’idéologie

Hier matin, en lisant cet article de Robert Barro dans le Wall Street Journal, je savais que Paul Krugman s’énerverait. Bingo ! Tout Prix Nobel nobélisable qu’il est, l’article de Barro est franchement pas terrible, plus ou moins inexact et de mauvaise foi. L’article de Barro déforme les thèses keynésiennes, au point que l’on peut se demander si Barro a déjà lu Keynes. Krugman relève notamment cette phrase :

« John Maynard Keynes thought that the problem lay with wages and prices that were stuck at excessive levels. But this problem could be readily fixed by expansionary monetary policy, enough of which will mean that wages and prices do not have to fall ».

Keynes prend pourtant la peine d’expliquer dans la Théorie Générale qu’une baisse des salaires ne permettrait pas une restoration de l’emploi. Il ignore aussi les raisons pour lesquelles Keynes était sceptique envers l’efficacité des politiques monétaires.

Plus génant, Barro ressort l’argument des dépenses militaires dont l’effet multiplicateur lors de la seconde guerre mondiale aurait été inférieur à un. Je ne sais pas si Barro se réfère à l’article de Valerie Ramsey et relayé par Susan Woodward et Robert Hall et dont j’avais parlé ici, toujours est-il que je ne comprend pas comment on peut sérieusement croire en cet argument. Comme le dit Krugman, d’une part, l’économie américaine était alors proche d’une situation de plein emploi, et d’autre part les Etats-Unis étaient en guerre, avec tout ce que cela implique pour les autres secteurs de l’économie. Une critique encore plus fondamentale à mon avis est que c’est un non-sens de raisonner sur l’effet multiplicateur des dépenses publiques sans s’intéresser au contenu qualitatif de ces dépenses. Il faut dire que les keynésiens ont une part de responsabilité là-dedans, tant leur raisonnement macroéconomique ignore les questions d’hétérogénéité du capital et les subtilités microéconomiques qui vont avec.

Evidemment, si on ignore cette question de la destination des dépenses publiques, on a beau jeu comme Barro de dire :

« If the multiplier is greater than 1.0, as is apparently assumed by Team Obama, the process is even more wonderful. In this case, real GDP rises by more than the increase in government purchases. Thus, in addition to the free airplane or bridge, we also have more goods and services left over to raise private consumption or investment. In this scenario, the added government spending is a good idea even if the bridge goes to nowhere, or if public employees are just filling useless holes. Of course, if this mechanism is genuine, one might ask why the government should stop with only $1 trillion of added purchases« .

Sauf qu’il n’y a peut-être pas de quoi dépenser plus de 1000 milliards de dollars de manière utile.  Tout ce débat sur la question de la valeur du multiplicateur ou sur le fait de savoir si l’effet d’éviction est total ou partiel commence à tourner au ridicule idéologique. Krugman et d’autres keynésiens ont évidemment également une part de responsabilité là-dedans. La vraie question est celle de la nature des dépenses publiques qui doivent être engagées et de savoir pourquoi le marché ne serait pas capable d’allouer les ressources là où elles sont nécessaires. En somme, il s’agit de questions plus microéconomiques que macroéconomiques. L’un des arguments des pro plan de relance est celui de la fourniture des biens publics. Voir par exemple ce billet de Mark Thoma. Je pense que l’on peut largement discuter, voire contester cet argument. Mais à mon avis la bonne question est là, pas ailleurs.

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13 Commentaires

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13 réponses à “Barro versus Krugman ou le retour de l’idéologie

  1. J-E

    Intéressant billet, j’avoue que voir les macroéconomistes américains redécouvrir le modèle ISLM m’amuse chaque jour davantage. Merci de conclure à l’importance d’une étude microéconomique (qu’on nous donne des sous !). En revanche je ne suis pas sûr que Barro ait eu le prix Nobel, enfin pas en économie en tout cas.

  2. Gu Si Fang

    Tout à fait d’accord. Le problème avec ces approches macroéconomiques c’est qu’elles ignorent tout ce qui se passe à l’intérieur des aggrégats. On ne s’en sort pas. Par exemple :

    « une baisse des salaires ne permettrait pas une restoration de l’emploi »
    C’est concevable si tous les salaires baissent et tous les prix baissent proportionnellement. Mais en ce moment le chômage augmente dans certains secteurs, comme la construction, mais pas dans tous les secteurs. Ni Keynes ni Krugman ne nient qu’une baisse des salaires dans la construction rapproche ce marché de son équilibre partiel.

    « But this problem could be readily fixed by expansionary monetary policy »
    Dans cette approche excessivement simpliste de la politique monétaire, Barro ne mentionne pas l’effet redistributif de l’inflation ni l’effet Cantillon.

    « we should […] emphasize instead reductions in marginal income-tax rates — especially […] on capital income »
    Barro écrit cela comme si tout investissement était bon, indifféremment de sa qualité et comme si l’on pouvait faire abstraction des préférences temporelles des gens.

    « La vraie question est celle de la nature des dépenses publiques qui doivent être engagées »
    A la limite, dans l’exemple de WWII, pour Barro les dépenses militaires étaient inutiles, tandis que pour Krugman elles étaient incontournables (« just to say it again: there was a war on »).

    Ce n’est pas nouveau, mais il manque (généralement) à la macro quatre éléments essentiels :
    – Consumers (les prix, les préférences)
    – Uncertainty
    – Time (structure de la production, voire préférences temporelles)
    – Entrepreneurs (allocation du capital)

    CUTE… c’est un bon moyen de ne pas l’oublier 😉

  3. Le débat aux États Unis est devenu digne d’un VIAGRA Economics.

    Toutefois Barro a raison de dire que In particular, the value of the project (counting, say, the whole flow of future benefits from a bridge or a road) has to justify the social cost. I think this perspective, not the supposed macroeconomic benefits from fiscal stimulus, is the right one to apply to the many new and expanded government programs that we are likely to see this year and next .
    Ceci devrait être en effet le seul critère pour donner la priorité aux investissements publics. On s’en fout du multiplicateur ou qui ou quoi stimule le plus…

  4. Barro, prix Nobel ?!? Objection votre honneur.

    TB blog a part ça.

    LSR

  5. isaac

    En ce moment tout le monde parle d’Esther Duflo et de son « évaluation aléatoire » consistant à tester sur de petits échantillons différents programmes contre la pauvreté afin de déterminer lequel est le plus efficace. Sa question de départ étant :

    « Dans tous les pays du monde, les gouvernements et responsables du développement conçoivent des programmes permettant de réduire la pauvreté et doivent utiliser des ressources à bon escient, celles-ci étant limitées. En mesurant l’efficacité relative de différentes mesures, les évaluations aident les décideurs à mieux dépenser leurs fonds. Mais comment savoir quel projet sera le plus le plus performant? Lequel aura l’impact le fort compte tenu de l’investissement réalisé? Une évaluation objective et rigoureuse est indispensable »

    Pourrait-on étendre ce genre de méthode pour justement fonder micro-économiquement les programmes de relance? C’est plus complexe que sur des petits villages mais pk pas.

    http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/cha_int/

  6. jean

    @isaac: Si vous trouvez plusieurs pays de taille suffisamment importante (pour avoir une propension marginale à importer suffisamment faible) étant dans un état de développement comparable et dans la même situation conjoncturelle qui acceptent d’appliquer une politique économique déterminée aléatoirement, pourquoi pas. Bon courage!

  7. isaac

    @ Jean : effectivement sous cet angle là c’est pas très pertinent… c’est pour cela que je parle de fondement microéco. Duflo prend l’exemple de l’utilisation d’engrais par les agriculteurs de pays en développement. Elle montre que la manière d’allouer les subventions joue dans l’utilisation du revenu : il faut mieux une petite subvention juste après la récolte est plus efficace qu’une grosse plus tard. Pour montrer cela elle prend deux petits échantillons et compare les résultats : 51% des agriculteurs du groupe « petite subvention » ont utilisé des engrais contre 43 % pour l’autre groupe.
    Ainsi il serait possible d’évaluer la manière dont certain plan sont appliqués : comment faut-il donner l’argent, quand, à quelle fréquence afin de maximiser l’efficacité de la chose.

  8. C.H.

    @ Elessar :

    Oups ! J’étais persuadé que Barro avait eu le Nobel en compagnie de l’autre Bob (Lucas). Je corrige ça.

  9. jean

    @isaac:
    Je crois que cela fait 50 ans que l’on essaie de justifier la macro à partir de fondements micro. Il y a des résultats qui ont été obtenus, mais il reste difficile d’avoir une modélisation réaliste de tous les agents économiques.

    Sinon, voici un endroit où on pourra peut-être faire ce genre de tests aléatoires:
    http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2009/01/virtual-or-real-does-it-matter.html
    http://myeve.eve-online.com/devblog.asp?a=blog&bid=498

  10. MacroPED

    Barro serait prix nobel pour avoir ouvert la brêche et fait des critiques incives. Equivalence ricardienne, recherche empirique sur la croissance (il est des rares et les plus grands à la matière), croissance et religion, croissance et infratsructure dans le modèle endogène, biais inflationniste et indépendance de la banque centrale (crédibilité de celle-ci)…s’il n’a pas crée une école comme Samuelson et autres, il est quand même à la tpete d’une école de pensée. S’il n’a pas crée une branche de l’économie comme Stiglitz, Hal Varian, Akerloff, krugman,Daniel Kahnman ou Vernon Smith et tant d’autres, son apport est partout dans toute la macro. Voilà tant de raisons pour qu’on lui donne le nobel. Suis pas un nouveau classique et pas son fan. Mais il mérite respect.

    Quand à son analyse, il faut dire que c’est peut-être l’idéologie qui prime là. Quelqu’un a dit d’elle, qu’elle était plus forte que tout et justifiait même les betises. Hitler en est l’exemple le plus proche…

  11. Jean-Paul TSASA Vangu

    en économie, toute pensée est vraie si et seulement si on valide toutes les hypothèses soutenant ladite pensée. une fois les hypothèses brisées la pensée cesse d’être intégralement vraie…

    …En R.BARRO, il faut reconnaître une grande figure qui marque la macroéconomie microfondée…

    …Et pour P. KRUGMAN (lauréat de la médaille John Bates Clarck et du prix Nobel d’économie), les arguments de Barro, touchant le Maître Keynes, ne peuvent que lui énerver, ça c’était sûr!

  12. Jean-Paul TSASA Vangu

    R. Barro a de fortes chances d’obtenir le Nobel en économie… note: il n’a pas pu décrocher la médaille JBC et il ne l’aurait plus puisqu’il a déjà plus de 40 ans…

  13. Jean-Paul TSASA Vangu

    au regard de ces discussions, il y a lieu de se demander si l’économie est-elle une science au sens de l’économie pure comme Léon WALRAS s’en imaginait ou tout simplement un art de chercher à convaincre la société avec un raisonnement logique, cohérent et idéologique, même « peu réaliste »…?

    L’article de Milton FRIEDMAN (1953) a tenté de répondre efficacement et rigoureusement à cette question mais Robert Merton SOLOW (2002) a balayé tous ses arguments en revenant sur le réalisme des hypothèses.

    Lors du 13ème congrès de l’association internationale des sciences économiques, tenue au Portugal (Lisbonne) en septembre 2002, R.M. SOLOW a clairement et ouvertement exprimé sa critique envers M. FRIEDMAN en ceci:
    « la plus regrettable contribution de Milton Friedman dans l’analyse économique est d’avoir affirmé que le dogme selon lequel une théorie doit être jugé à l’aune de ses implications, et non de ses hypothèses ».

    Mais il reste difficile de s’accorder sur une définition, non plus d’ailleurs que sur plusieurs des théories fondamentales.

    Adam Smith disait (Introduction au livre IV de la Richesse des nations) :

    « L’économie politique, considérée comme branche de la science de l’homme d’Etat et du législateur, se propose deux objets distincts d’abord de fournir à la nation un abondant revenu ou de larges moyens de subsistance, ou plus exactement de mettre la nation en mesure de se les procurer à elle-même; en second lieu, de pourvoir l’Etat ou la communauté d’un revenu suffisant pour rémunérer les services publics. Elle a pour but d’enrichir à la fois la nation et le souverain. »
    On voit que le fondateur de l’économie politique ne l’envisage nullement comme une science, au sens que nous donnons à ce mot, mais au contraire comme une branche de l’art politique. II s’en tenait à l’opinion de l’école d’Aristote, à qui on a emprunté la dénomination : h oikonomikh signifie l’art d’acquérir et de gérer la propriété, et l’auteur des Economiques distingue l’économie royale, satrapique, politique et domestique; pour lui, par conséquent, l’économie politique est l’ensemble des règles de la politique financière d’un Etat’républicain. C’est Montchrestien, sieur de Watteville, qui reprit cette désignation en 1615 et ce sont les auteurs français qui la consacrèrent définitivement et la firent adopter. Ce sont eux aussi qui émirent la prétention d’ériger en science l’ensemble des règles relatives à la richesse publique. J.-B. Say distingue expressément de la politique, science de l’organisation des sociétés, l’économie politique qui enseigne comment se forment, se distribuent et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés, attendu que, dit-il, les richesses sont essentiellement indépendantes de l’organisation politique. Il va plus loin et écrit :
    « L’économie politique est la science qui traite des intérêts de la société; sous quelque gouvernement que vivent les nations, quelque climat qu’elles habitent, elles subsistent, s’entretiennent suivant des lois naturelles où les faits se lient à leurs causes et à leurs résultats. C’est cet enchaînement qui tient à la nature des choses que l’économie politique fait connaître. »
    Si ces affirmations étaient strictement exactes, l’économie politique serait une science bien distincte. Mais il est très contestable que les conditions générales du travail, de la production, de l’échange soient soumises à des règles invariables tenant à la nature même de ces opérations. Ces conditions varient avec l’organisation sociale, et avec ce que l’on pourrait appeler le « passé et les habitudes économiques » de la société considérée; il est donc bien difficile de détacher l’économie politique de la sociologie. Les maximes développées par les économistes sont pour la plupart relatives à la civilisation occidentale et à l’image que leur offrait la société au moment où il ont vécu.
    D’ordinaire, on se contente de la définition de J.-B. Say, qu’il donne comme titre de son Traité d’économie politique :

    « Exposition de la manière dont se forment, se distribuent et se consomment les richesses ».
    Cette définition a l’avantage d’être claire, précise, de n’impliquer nulle hypothèse. Rossi s’en est tenu à cette conception et a proposé de substituer au terme vague d’économie politique celui de chrématistique, science de la richesse. D’autres ont présenté des objections à la définition de Say; ils trouvent que les mots production, distribution, consommation, richesse ont ici un sens technique sur lequel on s’entend moins qu’on ne le croit et qui demeure inexpliqué au profane. Cette définition leur paraît trop compréhensive et vague, car la production des richesses comprend tous les arts industriels, agricoles et manufacturiers; or l’économie politique s’occupe, non pas du mécanisme de la production, mais de la valeur des produits. On se rapprocherait alors de l’opinion de Condillac, qui qualifie la science économique de « philosophie du commerce » ou « science des échanges ». Cette définition, adoptée par H. Dunning Mac-Leod, lui parut la plus conforme aux idées modernes.
    « En même temps qu’elle satisfait aux conditions d’une science physique, elle embrasse un ordre distinct de quantités, quantités dont les rapports mutuels sont réglés par une idée eu conception unique, la possibilité d’être échangés; la science a ainsi pour objet de découvrir les lois de leurs relations réciproques en tant qu’échangeables ou variables. »
    Limitée ainsi, l’économie politique, s’appuyant sur la science financière, paraît, en effet, très scientifique. Mais beaucoup d’économistes veulent en élargir le cadre. Ils montrent d’abord que la définition de J.-B. Say semble confondre les richesses naturelles et les richesses industrielles et sociales; les biens que la nature prodigue à tous, par exemple la lumière, le chaleur solaire, ne sont pas en eux-mêmes l’objet de notre étude; il faut distinguer la valeur en utilité de la valeur échangeable, la seule dont s’occupe l’économie politique. Celle-ci n’étudie pas les besoins des humains, mais le résultat de ces besoins dont chacun est juge et qu’il traduit par une demande de tel ou tel produit.
    Après avoir développé ces vues, Coquelin conclut que l’économie politique étudie les résultats du travail de l’humain, ce qu’en d’autres termes on appellerait l’industrie, au sens le plus large. L’auteur du Dictionnaire d’économie politique blâme les économistes qui fondent leur science sur la définition abstraite de la richesse, se font «-un langage à part, entortillé, obscur, nourri de distinctions subtiles et d’abstractions ». Mais lui-même n’échappe pas à ces reproches, car ils tiennent à la nature même des spéculations des économistes, lesquels n’étudient pas l’ensemble des phénomènes de la production, de la distribution, de la consommation, mais seulement les conditions abstraites de ces phénomènes; ils sont par là obligés d’avoir leur langage, leur terminologie, et la complexité même des questions les empêche de se mettre complètement d’accord, même sur les définitions.

    La conclusion que nous tirerons de ces divergences, c’est qu’en réalité l’économie politique n’est pas une science. C’est un ensemble de connaissances indiquées par l’analyse philosophique et l’expérience, d’où l’on induit des règles relatives à la production et aux échanges (industrie et commerce), définissant leurs conditions essentielles, afin de guider les pouvoirs publics lorsqu’ils interviennent en ces matières. Beaucoup de ces résultats, d’une grande utilité pour les politiques, ne sont exacts que pour une situation sociale et une organisation politique données.

    La partie la mieux étudiée, celle où les règles établies ont le plus le caractère de lois, est la science financière, tout ce qui est relatif à la monnaie, le plus abstrait des objets d’échange; en général, les considérations relatives au commerce sont solidement établies. En revanche, tout ce qui est relatif à la production, à la propriété est controversé. Si vous faites abstraction de la science financière, il ne reste plus beaucoup de science, mais plutôt de la philosophie, des théories très controversées et une collection de conseils pratiques. L’économie politique vous apparaît une doctrine philosophique, la doctrine d’une école qui de l’analyse des faits conclut aux avantages de la liberté. Les grands débats qu’elle soutient évoluent entre deux pôles : la doctrine du libre-échange et la doctrine socialiste.

    Les phénomènes économiques ne sont pas susceptibles de mesures précises d’évaluations quantitatives; l’utilisation même des documents fournis par la statistique est difficile. La complexité de ces faits défie les ressources des mathématiques. Malgré l’apparence contraire, ce sont des faits moraux autant que matériels. L’économie politique repose sur la psychologie. L’origine de la valeur est le désir, la base du crédit est la confiance; valeur et crédit restent soumis à des variations où la psychologie joue le rôle essentiel, de même dans tout ce qui concerne le luxe, facteur dominant de la production moderne.

    En somme, on réunit, sous le nom d’économie politique, un ensemble de lois et de faits sociologiques, de règles politiques, de doctrines philosophiques. La manière dont ces sciences ont été groupées et systématisées ne sera peut-être pas conservée. Elle n’en témoigne pas moins d’un puissant effort de la pensée humaine, grâce auquel ont été acquises bien des notions précieuses et élucidés des problèmes dont les anciens gouvernements soupçonnaient à peine l’obscurité.

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