Le podcast du jour

C’est le podcast hebdomadaire de Econtalk qui cette semaine, une fois n’est pas coutume, parle d’économie keynésienne. L’invité est le macroéconomiste keynésien Steve Fazzari. La discussion est particulièrement intéressante car elle oppose deux conceptions du fonctionnement de l’économie, entre le keynésien Fazzari et l’autrichien Russ Roberts, notamment sur les questions du rôle de l’épargne et de la distinction court terme/long terme. Sincèrement, j’ai compris des choses sur la macroéconomie keynésienne que je n’avais pas bien saisie avant. Toute la discussion autour du « paradox of thrift » (en gros, un agent économique ne peut pas augmenter le montant de son épargne sans qu’un autre agent ne diminue son propre montant d’épargne) est particulièrement fascinante, bien que complexe.

Le clivage se situe clairement au niveau du rôle de l’épargne. Le point de vue autrichien et mainstream consiste à faire de l’épargne la source de l’investissement et donc de la croissance sur le long terme. D’un point de vue keynésien, un accroissement de l’épargne signifie une baisse de la demande effective et donc du revenu global dans l’économie. Fazzari se sert de l’expérience de pensée suivante : si, du jour au lendemain, tous les agents épargnaient la totalité de leur revenu, alors il n’y aurait plus de revenu en circulation dans l’économie. Intuitivement, je pense toutefois que les deux points de vue ne sont pas contradictoires, tout du moins pas totalement. More on that latter…

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3 Commentaires

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3 réponses à “Le podcast du jour

  1. Gu Si Fang

    J’ai trouvé le podcast très intéressant. Il y a cependant une confusion entre épargne et demande de monnaie. Tel que je comprends Fazzari, la demande keynésienne correspond à la quantité de monnaie que les gens sont prêts à échanger. Mais ce n’est pas la même chose que l’épargne, qui exprime leurs préférences entre biens de consommation et biens capitaux.

    Dans l’exemple longuement discuté du restaurant, c’est la demande de monnaie qui augmente et pas la demande de biens capitaux. Plutôt qu’aller au restaurant, le ménage préfère garder un peu plus d’encaisse monétaire à la marge et cuisiner à la maison.

    Pourquoi empêcher le ménage de satisfaire sa demande de monnaie? Parce que cela diminue le revenu du restaurant, répond Fazzari. Et si tout le monde a le même comportement, c’est le revenu global de l’économie qui baisse. A-t-il raison? Oui : la division du travail est un mode de production efficace. Plus les ménages redeviennent autosuffisants, moins l’économie est productive.

    Peut-on éviter ce phénomène par une politique monétaire ou budgétaire? C’est toute la question.

  2. elvin

    aux questions de GuSi Fang, il faut en ajouter une, typiquement « autrichienne », dont la réponse est un préalable à tout le reste : quelqu’un a-t-il LE DROIT d’empêcher les ménages de satisfaire leur demande de monnaie ?. La réponse autrichienne est NON, ce qui enlève pas mal de pertinence à la suite du débat.

  3. Gu Si Fang

    En réécoutant le podcast, j’ai été frappé de constater que la rigidité des prix intervient partout :
    – le chômage ne se résorbe pas car les salaires sont rigides à la baisse
    – le restaurant n’envisage pas de baisser ses prix, etc.

    Mais le plus étonnant, c’est que dans l’explication de Fazzari, certains prix sont rigides à la HAUSSE. Lorsque Russ Roberts lui demande pourquoi la décision d’épargner ne reporte pas la demande des produits de consommation vers les matériaux de construction, il répond : « because it was not planned for ». Autrement dit, les producteurs n’ont pas prévu une quantité permettant de servir la nouvelle demande.

    Tout se passe comme si tous les ajustements se faisaient toujours par les quantités, et jamais par les prix. Pourquoi? Ca n’est pas discuté dans le podcast. Pourtant, en-dehors des périodes de crise, Fazzari concède que les prix et la production s’ajustent en fonction des lubies du consommateur. Où est la cohérence?

    Si quelqu’un connaît une bonne critique du « paradoxe de l’épargne », je suis preneur. On m’a orienté vers cet article de Hayek de 1929 qui me paraît un peu dépassé car il parle d’une version antérieure à celle de Keynes :
    http://www.jstor.org/stable/2547921

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