Keynes et la Théorie Générale : chapitres 1 et 2

Tyler Cowen a pris une initiative très appréciable : relire la Théorie Générale de John Maynard Keynes et faire partager ses réflexions à ses lecteurs. Voir son billet sur les chapitres 1 et 2. Je voulais (re)lire ce bouquin en parallèle, mais je ne le possède pas et le seul exemplaire (!) de ma bibliothèque universitaire est emprunté. J’ai été obligé de me rabattre sur cette version internet en anglais.

Le point essentiel du chapitre 2 consiste en la remise en cause par Keynes de l’un des postulats de la théorie de l’emploi classique : l’utilité du salaire à un certain niveau d’emploi est égale à la désutilité marginale de ce niveau d’emploi. En revanche, Keynes accepte l’autre postulat, à savoir que le salaire est égal à la productivité marginale du travail. L’essentiel du chapitre consiste à dire que les employés ne peuvent jamais consentir à une baisse de leur salaire nominal et que ce dernier est en règle générale fixe. En fait, il y a l’idée chez Keynes d’une sorte d’illusion monétaire : les travailleurs refusent une baisse de leur salaire nominal mais en revanche ne s’opposent pas à une baisse de leur salaire réel consécutive à une hausse des prix pour un salaire nominal inchangé. La baisse du salaire réel ne conduit pas non plus forcément à une baisse de l’offre de travail :  « A fall in real wages due to a rise in prices, with money-wages unaltered, does not, as a rule, cause the supply of available labour on offer at the current wage to fall below the amount actually employed prior to the rise of prices » (p. 13). Evidemment, cette affirmation est liée à la remise en cause de l’un des deux postulats évoqués plus haut.

Contrairement aux classiques, Keynes considère qu’il existe bien un chômage involontaire, qu’il définit ainsi : « Men are involuntarily unemployed if, in the event of a small rise in the price of wage-goods relatively to the money-wage, both the aggregate supply of labour willing to work for the current money-wage and the aggregate demand for it at that wage would be greater than the existing volume of employment » (p. 15). De manière plus générale, les deux points essentiels de ce chapitre me semble les suivants : 1) le marché du travail fonctionne de manière spécifique en raison de la rigidité des salaires nominaux (ou plus exactement le fait que les travailleurs n’ont pas les moyens de faire ajuster leur salaire réel à la désutilité du travail) ; 2) la théorie classique n’est valable que pour un contexte spécifique, l’ambition de Keynes étant clairement de proposer une théorie plus générale.

J’essaierai de suivre avec un léger décalage le rythme de Cowen. Les chapitres 3 et 4 sont donc à venir. 

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