Individuals respond to incentives… même les banquiers

Contribution très pertinente dans le Financial Times concernant les mesures devant être prises pour se protéger des crises financières. L’auteur souligne à juste titre que la crise financière a été en partie le résultat d’un problème d’incitation et que, par conséquent, prévenir l’occurence de future crise aussi violente appelle à un réalignement « dans le bon sens » de ces incitations.

En fait, le contexte institutionnel a fait que les acteurs ont été incité à prendre beaucoup de risques (voir aussi ce billet) : le caractère relatif des performances et la difficulté à probabiliser le risque d’occurence d’une crise systémique ont été de nature à conduire les banques à prendre des risques excessifs. L’auteur insiste lui sur le problème incitatif posé par le « too big to fail » et qu’Alexandre Delaigue avait déjà souligné dans un billet : quand les institutions financières sont de taille trop importante, de sorte que tout le monde sait que les pouvoirs publics ne pourront pas les laisser faire faillite (c’est à dire ne pas honorer leurs dettes) à cause du risque systémique, elles peuvent se procurer des capitaux à un coût artificiellement bas : les prêteurs ne sont en effet plus vraiment incités à controler attentivement la destination de leurs capitaux puisqu’ils savent que la faillite de leurs emprunteurs est impossible. Le corrolaire est que cela conduit les institutions emprunteuses, « too big too fail », à elles-mêmes prendre plus de risques.

L’implication de tout ça est que le problème n’est pas le recours à l’effet de levier en lui-même mais bien l’incitation à contrôler l’usage des capitaux prêtés. Si évolution législative il doit y avoir, elle est à ce niveau : réaligner les incitations dans le sens d’une meilleure évaluation des risques et d’un meilleur contrôle par les prêteurs eux-mêmes. L’auteur évoque deux mesures qui découlent de tout ça : il faut 1) que les institutions financières aient une taille raisonnable, de manière à ce que leur disparition n’entraine pas de risque systémique ; 2) privilégier les structures de gouvernance de type partnership pour les banques d’investissement. Ce type de structure est plus incitatif à la mise en oeuvre d’un contrôle étroit des activités en son sein puisque les partenaires sont solidairement responsables des pertes encourues. De manière plus générale, la question de la gouvernance est un problème important mais néanmoins sous-estimé.

Aujourd’hui, l’heure est plutôt à la concentration bancaire et à la transposition du « patriotisme économique » au secteur financier. Inutile de préciser ce que cela implique pour l’avenir…

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