La récession impossible ?

Lu ici : « The same rational, non-credit constrained individual that will save a tax rebate in anticipation of higher taxes in the future is the same rational, non-credit constrained individual that will save something extra in the good times so he can maintain his consumption level unchanged during recessions – as much a certainty in life as death and taxes. If you believe that fiscal stimuli are pointless, then you don’t believe in recessions as we know them« .

Effectivement, si on croit en l’équivalence ricardienne, a priori, on peut supposer que les individus ne diminueront pas leurs dépenses lors de récessions… et donc il n’y aura pas de récession à strictement parler. De même, Chris Dillow se demande si la consommation baisse tant que çaLe même Chris Dillow avait d’ailleurs déjà souligné la propension des consommateurs à se comporter en fonction de leurs anticipations sur le futur.

Maintenant, si on regarde les données, il semble que la consommation baisse bien aux Etats-Unis et dans les principaux européens (voir par exemple en Allemagne, en France ou aux Etats-Unis). On peut donner plusieurs interprétations à ce phénomène. Si on croit dans les anticipations rationnelles et la théorie des cycles réels, la récession et la baisse de la consommation qui l’accompagne sont en fait une adaptation optimale de l’économie à un choc exogène. La baisse de la consommation indiquerait que les agents anticipent une crise économique durable avec des perspectives assez sombres. C’est en effet la seule explication cohérente dans le cadre de l’équivalence ricardienne : si les agents pensaient que le choc serait temporaire, alors effectivement ils ne changeraient pas leur comportement, de la même manière qu’ils sont sensés ne pas changer leur comportement lorsque le gouvernement accroit les dépenses publiques de manière forcément temporaire.

Une autre interprétation consiste tout simplement à souligner la très forte incertitude qui règne. En fait, les agents n’ont aucune idée de qu’il va advenir, ne sont pas forcément touchés par la crise (cf. le billet de Dillow) mais sont inquiets. Dans un tel contexte, les agents ont une forte préférence pour les actifs liquides et tentent à tout prix de se débarraser de leurs actifs moins liquides. Conséquence : contraction du prix des actifs moins liquides et situation de trappe à liquidité. Savoir quelle interprétation est la bonne est décisif (voir ce billet d’Arnold Kling). La première indique que le réajustement de l’économie est structurel et que, étant donné que les agents le savent (merci les anticipations rationnelles), on ne peut pas faire grand chose d’autres que d’attendre. La seconde indique que les agents sont dans l’incertitude et qu’il s’agit plutôt de restaurer la confiance en relançant la machine par une politique (budgétaire) conjoncturelle bien sentie.

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1 commentaire

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Une réponse à “La récession impossible ?

  1. MacroPED

    la deuxième semble pus plausible. bien que la première est scientifiquement très intéressante

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