Système de prix et empreinte écologique

« dans nos économies de marché, ce qui permet d’équilibrer l’offre et la demande est le système de prix. Or les prix sont tout simplement oubliés dans le calcul de l’empreinte écologique. Nous avons affaire à un indicateur visant à comparer une offre et une demande de ressources rares, à usages alternatifs… sans aucun recours au système de prix : cherchez l’erreur !« 

Extrait de cette tribune dans Les Echos qui, il me semble, montre de manière assez convaincante en quoi la notion « d’empreinte écologique« , ou plus exactement la manière dont elle est calculée, manque de pertinence. Cet indicateur sert à faire peur : pensez donc, si tous le monde avait les habitudes de consommation des français, il faudrait deux planètes comme la notre. Mais, effectivement, on oublie dans l’histoire l’importance du système de prix. Que se passerait-il si, du jour au lendemain, les quelques 6 milliards d’individus se mettaient tous à consommer comme l’américain moyen ? Eh bien, il se passerait ce qui s’est en partie passé avec le pétrole : les prix grimperaient en flèche. Cela induirait la réorganisation des processus productifs, inciterait à l’innovation et… aux développements de méthodes et de comportements plus économes en énergie. Avoir un raisonnement écologique « à vide », sans prendre en compte la manière dont le système de prix régule la rareté, n’aurait de sens que si nous vivions dans un système centralisé où un planificateur déciderait du niveau de vie de chacun. Cela dit, attention : en matière environnementale, on sait bien que les mécanismes de marché ont certaines limites en raison du problème des externalités, d’où la nécessité de dispositifs publics du genre taxe carbone. Mais, à bien des égards, marché et environnement ne sont pas incompatibles, bien au contraire. 

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6 Commentaires

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6 réponses à “Système de prix et empreinte écologique

  1. Jo

    Que se passerait il si, petit à petit, les 6 milliards d’etres humains tendaient à consommer comme l’americain moyen? Une augmentation de la production maintiendrait les prix et on se retrouverait avec un rechauffement climatique à gérer (peut etre que je simplifie un peu…).

    Je pense que le but de l’empreinte ecologique est simplement de montrer que nous consommons bcp de ressources et que la maniere dont nous vivons n’est pas la norme puisque on ne pourrait soutenir un tel niveau de vie si tout le monde vivait pareil.

  2. Pour moi, le concept d’empreinte écologique peut servir à indiquer de manière très globale la quantité de ressources qui est surconsommée en raison des externalités (si les coûts étaient internalisés on ne dépasserait jamais 1 planète ou alors sur très courte période). Ceci dit tout ça est très vu d’avion, certaines ressources peuvent être consommées à hauteur de 0,05 planètes et d’autres à hauteur de 15. Par conséquent, on peut effectivement douter de son utilité (sauf à titre de lobbying pédagogique pour des mécanismes plus pertinents).

  3. cdc

    J’ai toujours eu une méfiance instinctive envers cette notion d’ « empreinte écologique » (d’autant que « écologie » est un mot mal employé – c’est environnemental qu’il faudrait dire, l’écologie est l’étude – scientifique – des écosystèmes), utilisée par des militants et des journalistes pour morigéner les vilains consommateurs (Occidentaux, bien sûr). Je n’ai jamais vu une étude « peer reviewed » sur le sujet ; s’il en existe, j’aimerais en avoir les références.

  4. C.H.

    @Jo :
    Deux solutions : 1) soit les ressources naturelles sont insuffisantes pour permettre un accroissement suffisant de la production et de l’offre, auquel cas les prix réels montent ce qui rend impossible la généralisation de ce mode de vie ; 2) soit les prix réels n’augmentent pas voire baissent, ce qui signifie que la production a réussi à suivre l’augmentation de la demande. Par définition, cela indique soit que les ressources naturelles sont suffisantes soit que l’on a trouvé des innovations technologiques pour développer des processus productifs plus économes en matière énergétique. Il reste alors le problème de la pollution, problème qui nécessite des mesures correctrices des défaillances du marché (taxes, permis de droits à polluer).

  5. cdc

    @C.H. : inutile de « corriger » un marché « défaillant », il suffit de ne pas externaliser les coûts, c’est-à-dire de coller mieux encore au marché.

  6. Comme c’est joliment dit « certaines limites en raison du problème des externalités ».

    Je serai plus clair.
    Le marché ACTUEL est incompatible avec l’environnement pour la simple raison que certains couts ne sont pas pris en compte. Une comptabilité truquée en quelque sorte ou on cacherait des dépenses pour montrer un bilan faussement positif.

    Quand ces couts seront bien comptabilisé, comme la taxe carbone pour le RC, alors le marché deviendra compatible avec un environement (favorable à l’espèce humaine).

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