Economie et évolution : évolution socio-culturelle versus évolution biologique

It is not the strongest of the species that survives, nor the most intelligent that survives. It is the one that is the most adaptable to change.

Charles Darwin

Cinquième et dernier billet de la série Economie et évolution. J’aborde ici un point majeur et auquel les précédents billets ont soigneusement pris le soin d’éviter : peut-on comparer l’évolution économique, culturelle et sociale et l’évolution biologique ? Est-ce que cela a un sens de faire une analogie avec l’évolution biologique pour comprendre les phénomènes économiques ? Si non, comment conceptualiser l’évolution économique ? Je le dis tout de suite, ici, je vais essayer de défendre un point de vue controversé et qui est loin de faire l’unanimité : le darwinisme universel, encore appelé darwinisme généralisé. Non pas que je sois totalement convaincu par cette perspective, mais elle me parait potentiellement intéressante.

Comme je l’ai indiqué dans les précédents billets, l’idée d’utiliser la théorie de l’évolution initiée par Darwin pour expliquer l’évolution économique est dévelopée en premier par Thorstein Veblen. Avant Veblen, l’utilisation des idées de Darwin dans le cadre des sciences sociales prend essentiellement la forme de ce que l’on a appelé le « darwinisme social« . Ce type de faux darwinisme se trouve notamment chez le sociologue britannique Herbert Spencer. Souvent combiné à une forme (faiblarde) de libéralisme, le darwinisme social postule que l’évolution est une bataille pour la survie et que ne survivent que les individus les plus forts (idée que l’on ne trouve clairement pas chez Darwin, comme l’atteste la citation ci-dessus). Une autre idée force du darwinisme social est la croyance dans une tendance au progrès qui serait inhérente à l’évolution, biologique comme sociale. Là encore, ce point est une déformation des thèses de Darwin. Veblen ne commetra jamais ces erreurs dans ses écrits, ce qui est remarquable puisqu’il écrit à une époque (le tout début du 20ème siècle) où les idées de Darwin sont encore largement méconnues, peu acceptées et où le darwinisme social est une pensée dominante. Veblen sera explicite sur le fait que, dans une optique darwinienne, l’évolution est non téléologique, autrement dit que son sentier est indéterminé et contingent.

On retrouve chez Veblen les trois éléments clés du processus d’évolution tel qu’il est décrit par Darwin : l’hérédité, la variation, la sélection. L’hérédité indique que les organismes transmettent à leur progéniture leurs caractères génétiques, leur génotype. La variation désigne le fait que les individus d’une même espèce ne sont pas tous identiques sur le plan phénotypique. Enfin, la sélection désigne le processus par lequel l’environnement va exercer une pression sélective sur les phénotypes des organismes en favorisant la reproduction des organismes relativement les mieux adaptés. Veblen décrit ces trois éléments tout au long de ses écrits et, comme indiqué dans les précédents billets, les transposent au monde économique et social, moyennant quelques modifications. Dans le schéma véblénien, l’évolution sociale se fait en effet à deux niveaux : les institutions sont en effet à la fois objet et facteur de sélection. Après Veblen, et si l’on met de côté le cas Hayek qui est particulier (l’évolutionnisme hayékien repose surtout sur l’idée de sélection de groupe), il faut attendre le début des années 80 et les travaux de Richard Nelson et Sidney Winter pour voir resurgir une tentative d’apppliquer le darwinisme authentique aux problèmes économiques. Les analyses de Nelson et Winter s’appliquent essentiellement à la firme et soulignent l’importance des routines organisationnelles (apparentées aux gènes) dans la détermination des sentiers d’évolution suivis par les firmes.

Veblen et, à un degré moindre, Nelson et Winter (puisqu’ils défendent l’idée que l’évolution sociale est plutôt lamarckienne) peuvent être vue comme les précurseurs en économie de l’idée de darwinisme universel. Qu’est ce donc que le darwinisme universel ? En fait, l’idée est assez simple : il s’agit de postuler que le processus d’évolution décrit en premier par Darwin se développe à différents niveaux ontologiques distincts mais interdépendants. Autrement dit, on ne trouve pas les mécanismes d’hérédité, de mutation/variation et de sélection seulement au niveau biologique mais également aux niveaux culturel, scientifique, social, linguistique, économique, etc. Ce point de vue est défendue par quelques auteurs, biologistes, épistémologues, économistes ou philosophes plus ou moins connus : Richard Dawkins, Daniel Dennett, David Hull, Viktor Vanberg, Geoffrey Hodgson entre autres. Il est important de voir que le darwinisme universel n’a rien à voir avec la sociobiologie développée notamment par E.O. Wilson dans la mesure où cette dernière repose sur une idée très différente, à savoir que l’ensemble des phénomènes sociaux sont explicables à partir des seuls processus d’évolution biologiques. La sociobiologie pratique ainsi une forme de réductionnisme biologique totalement rejetté par le darwinisme universel. De la même manière, il n’y a pas de rapport direct entre le darwinisme universel et la psychologie évolutionniste.

Le darwinisme universel consiste donc à défendre l’idée que le processus d’évolution a les même caractéristiques génériques à tous les niveaux ontologiques. Au niveau biologique, cela est évident. Au niveau scientifique (le niveau des idées), David Hull et avant lui Donald Campbell et Karl Popper ont défendu l’idée qu’il y existe une sélection naturelle des idées. Au niveau culturel, Richard Dawkins a développé l’idée, controversée même chez les partisans du darwinisme universel, de mème. Au niveau économique, un auteur comme Geoffrey Hodgson défend et a mis en application depuis quelques années le darwinisme universel. Au final, le darwinisme universel tire plusieurs conclusions : 1) on ne peut réduire les phénomènes sociaux ou culturels au seul processus d’évolution biologique ; 2) toutefois, l’évolution biologique a un impact sur l’évolution socio-culturelle ; 3) on peut appliquer le même cadre générique pour expliquer l’évolution d’entités biologiques, culturelles ou économiques ; 4) néanmoins, des hypothèses complémentaires et spécifiques sont à chaque fois nécessaires pour avoir une explication complète du processus d’évolution de chaque niveau ontologique.

 

Comme je l’ai dit en introduction, le darwinisme universel est une approche controversée et contestée, y compris (et surtout) par ceux qui on un intérêt pour les question d’évolution économique. Du point de vue des phénomènes socio-économiques, on peut formuler diverses objections au darwinisme universel :

a) L’évolution économique et culturelle est de nature lamarckienne et non darwinienne. En effet, en matière culturelle et économique, il y a hérédité des caractères acquis ;

b) L’évolution socio-économique a une dimension d’intentionnalité, de sorte qu’elle ne repose pas sur un processus de sélection naturelle mais de sélection artificielle ;

c) L’évolution biologique a un impact sur l’évolution culturelle mais certe dernière s’est émancipée des « loi » de l’évolution biologique.

L’objection c) est en fait une version améliorée des objections a) et b) et est notamment défendue par Ulrich Witt. L’objection (a) repose sur le fait que, dans une perspective darwinienne, il n’y a pas hérédité des caractères acquis. En d’autres termes, les caractéristiques d’un phénotype ne se transmettent jamais au génotype. Il faut souligner que Darwin lui-même était agnostique sur ce point, faute d’avoir les outils pour répondre à ce problème. Darwin considérait qu’une hérédité des caractères acquis était possible occasionnellement mais que mécanisme était secondaire par rapport au mécanisme de sélection naturelle. Ce n’est qu’à partir de 1890 avec les travaux du biologiste Weissman puis les développements de la génétique mendélienne que l’on aura confirmation qu’une telle hérédité est impossible. A l’inverse, avant Darwin, Jean-Baptiste de Lamarck a élaboré une théorie de l’évolution reposant sur le mécanisme d’hérédité des caractères acquis. C’est la fameuse histoire qui des girafes qui à chaque génération étirent leur coup pour atteindre les feuilles des arbres et transmettent ce caractère acquis à leurs descendants. Si, sur le plan biologique, cette idée est fausse, elle a en revanche un sens en matière culturelle et économique. Si votre enfant n’est pas né en ayant connaissance de la langue française, il a en revanche pu bénéficier pour son apprentissage d’un stock de connaissances linguistiques accumulées et diversement formatées. Le fait est qu’en matière socioéconomique, les connaissances et les idées ne disparaissent pas avec les entités qui les ont porté ; elles sont stockées dans des conventions et des normes qui évoluent progressivement. La pirouette par laquelle les partisans du darwinisme universel s’en sortent est de dire que, d’un point de vue strictement darwinien, on peut admettre l’hérédité des caractères acquis mais que cela ne remet pas en cause la nécessité qu’il existe les mécanismes darwiniens traditionnels. Voir par exemple ce diaporama de Geoff Hodgson. La question est maintenant de savoir quel est le poids de ce mécanisme de transmission dans le processus d’évolution par rapport à celui de la sélection naturelle.

L’objection (b) se situe au niveau du mécanisme de sélection et non d’hérédité. L’une des spécificités du monde socio-culturel est que celui-ci est animé par des êtres dotés d’une capacité d’intentionnalité. Au niveau économique et social, ce n’est plus la sélection naturelle qui opère car les individus ont la capacité de faire des choix et de modifier consciemment leur environnement, notamment au travers de l’action politique. Cette objection sera notamment formulée par l’économiste institutionnaliste J.R. Commons, par ailleurs proche des idées de Veblen. Commons considère qu’il faut parler de « sélection artificielle » des règles et des comportements, et rappelle que Darwin lui-même utilisait cette expression pour parler de l’activité d’élevage.  Cette objection parait sensée mais en fait elle est plus facile à rejeter que la précédente : d’une part, la capacité de choix des individus est elle-même un produit de la sélection naturelle et de l’évolution biologique ; d’autre part, un individu pris isolément ne pèse que d’un poids infinitésimal dans le flux des décisions économiques. Cela est vrai même pour un homme politique au commande d’un pays : sa capacité à influencer l’évolution économique reste limitée quand on met en perspective ses décisions dans l’immensité de l’histoire. Les préférences même des agents sont d’ailleurs en grande partie fonction de règles et d’institutions qui les ont précédé. Sur un plan heuristique, on peut considérer que sur le court terme il y a bien un processus de sélection artificielle. Mais dans une perspective évolutionnaire, la notion de court terme n’a pas de sens de sorte que cela ne remet pas en cause l’idée de sélection naturelle.

La dernière objection, développée notamment par Ulrich Witt, est la plus solide (voir ce texte qui met en perspective cette opposition). L’approche de Witt se nomme la « Continuity Hypothesis« . Elle est basée sur l’idée que, pour comprendre les comportements économiques et sociaux, il faut tenir compte des déterminants biologiques et psychologiques qui sont soumis au processus d’évolution darwinien. C’est l’essence de l’hypothèse de continuité : le biologique a un impact sur le social. Toutefois, le niveau ontologique socio-économique-culturel est hautement spécifique de sorte que, au delà de l’hypothèse de continuité, il faut se débarasser de toute référence au darwinisme (et, en passant, au lamarckisme également). Witt considère que la connaissance culturelle est encodée de manière très différente du matériau génétique. Notamment, au niveau économique, la dynamique d’évolution repose sur l’intelligence et l’intentionnalité, et se caractérise par la capacité des individus à anticiper l’évolution et à prendre des mesures en conséquence.  L’implication majeure est la suivante : dans le domaine culturel, il y a un feedback perpétuel entre sélection et variation (les individus apprennent et modifient leur comportement en fonction de leur apprentissage), feedback totalement absent en matière biologique.

L’approche de la Continuity Hypothesis de Witt et de ses collègues est digne d’intérêt et a déjà produit des résultats intéressants dans le cadre d’une reconstruction de la théorie du consommateur et du producteur. Les objections formulées à l’encontre du darwinisme universel ont une certaine force mais ne sont pas totalement irrésistibles. D’une part, l’idée que la capacité d’intentionnalité des individus change la nature du processus d’évolution est contrée de la même manière que l’objection (b). De plus, la capacité des individus à prévoir l’évolution est fondamentalement limitée par le fait même que tout le monde a cette capacité. On est finalement dans une situation de spécularité infinie où l’avenir est presque aussi imprévisible pour l’homme que pour un animal. Poour remédier à cela, l’Homme s’appuie sur ses règles et ses institutions mais le darwinisme universel souligne que ce sont précisément ces dernières qui sont soumises au processus d’évolution. Quant à l’existence d’un feedback entre variation et sélection, cela ne remet pas en cause le processus d’évolution darwinien si l’on considère que celui-ci porte sur les comportements (les routines, les habitudes) et non sur les individus. La modélisation en terme de théorie des jeux évolutionnaires repose d’ailleurs sur cette idée.

Le darwinisme universel repose donc sur un présupposé ontologique minimal : que le processus d’évolution darwinien est présent de manière générique à tous les niveaux onotlogiques, et notamment économique. Si les différents mécanismes d’herédité, de variation et de sélection sont entendus de manière suffisament large, cela n’empêche pas ensuite d’intégrer d’autres caractéristiques majeures et spécifiques à l’évolution économique. La question est alors de savoir si un cadre théorique aussi générique a une véritable pertinence heuristique et pratique. Le débat est ouvert et n’est pas près d’être refermé.

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13 Commentaires

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13 réponses à “Economie et évolution : évolution socio-culturelle versus évolution biologique

  1. isaac

    Bonjour,

    J’attendais ce billet avec impatience!

    « d’une part, la capacité de choix des individus est elle-même un produit de la sélection naturelle et de l’évolution biologique ; d’autre part, un individu pris isolément ne pèse que d’un poids infinitésimal dans le flux des décisions économiques »

    Sur la réponse à la critique de Commons, puis par extension à Ulrich Witt, concernant l’intentionnalité des caractères acquis des institutions nous pourrait-on pas dire que tout processus politique est par nature capable d’imposer le point de vue d’un individu à l’ensemble social. Outre le despotisme, le processus politique démocratique prend sa source dans la différenciation des individus, et non dans leur similarité. Pour reprendre Arendt : « la politique traite de la communauté et de la réciprocité d’êtres différents ». Ainsi elle tend à arriver au choix par la conversation entre des individus différents, chacun ayant donc un poids potentiellement fort via sa capacité à convaincre. L’homme a par conséquent individuellement, via un processus collectif, la force de changer le monde dans lequel il vie. Mais bon c’est pas encore très clair dans ma tête il faut que j’y réfléchisse…

  2. @CH
    Bon j’ai survolé votre article après votre commentaire sur 3 entreprises automobiles condamnés probablement sur « le long terme ».

    il faut comprendre que Darwin a étudié l’évolution des espèces animales sur une période TRES longue. Depuis que la Terre existe, 99.99% des espèces animales ont disparu.

    Avec une perspective de temps beaucoup plus courte comme celle qui nous intéresse, je doute que son analyse soit aussi pertinente même avec les espèces animales. Une stratégie bonne à très long terme n’est pas nécessairement optimale à très court terme. Tout notre pensée humaine réfléchit habituellement sur des durées courtes de l’ordre de qq années.

    Notre langage peut être précis et absolu mais être aussi flou et relatif sujet à notre propre interprétation quand je dis par ex. « dans un délai court. »
    C’est quoi un délai court ? 1 mois , 1 an, un 1 siècle ou 1000 ans.
    Ça va dépendre du contexte étudié et aussi de notre interprétation personnelle.

  3. bertrand

    En tant que généticien, ce billet suscite particulièrement ma curiosité comme vous pouvez l’imaginer. Ce qui me semble assez frappant, c’est que de mon point de vue, la théorie de Darwin a surtout une force explicative importante (ce que résume la phrase célèbre « Rien en biologie n’a de sens, si ce n’est à la lumière de l’évolution »), mais que son potentiel prédictif s’est développé après la redécouverte des lois de Mendel et ce qu’on a appellé la synthèse néo-darwinienne. Qu’en est-il du darwinisme universel, a-t-il ses lois de Mendel qui lui procurerait cette capacité prédictive ?

  4. C.H.

    @bertrand :
    A ma connaissance, le darwinisme universel n’a pas ses « lois de Mendel » précisément parce qu’en fait il ne rejette pas la possibilité d’une hérédité des caractères acquis au niveau culturel. De fait, le pouvoir prédictif du darwinisme universel est nul tant qu’on ne lui adjoint pas des hypothèses complémentaires et spécifiques au champ étudié. On peut voir ça comme une faiblesse ou une force, suivant le point de vue.

    @paul2canada :
    Le « long terme biologique » et le « long terme culturel » ne sont peut être pas exactement les mêmes. C’est là la limite du darwinisme universel en tant que modèle générique d’ailleurs car il faut pouvoir expliquer un fait qui semble incontestable : l’évolution culturelle est beaucoup plus rapide que l’évolution biologique.

  5. «Sur un plan heuristique, on peut considérer que sur le court terme il y a bien un processus de sélection artificielle. Mais dans une perspective évolutionnaire, la notion de court terme n’a pas de sens de sorte que cela ne remet pas en cause l’idée de sélection naturelle. »

    Euh… Cet argument me semble carrément circulaire. Qu’est-ce qu’une perspective évolutionnaire ?

    «la notion de court terme n’a pas de sens» ??? L’évolution fonctionne justement d’un individu qui se reproduit à l’autre, soit de courts termes en courts termes, pour reprendre votre analogie. Si la reproduction de court terme est artificielle, comment la «perspective évolutionnaire» pourrait-elle ne pas l’être ?

    «la capacité de choix des individus est elle-même un produit de la sélection naturelle et de l’évolution biologique»

    Réalisez-vous que cet argument peut aussi servir à justifier le darwinisme social et même l’eugénisme ?

    • C.H.

      L’évolution procède certes de manière incrémentale individu par individu mais ce que nous appelons « évolution » est bien, il me semble, l’effet émergent que l’on peut observer. En fait, la perspective évolutionnaire revient à raisonner en termes de causalité ultime (« ultimate causation », par opposition à la « proximate causation ») : de ce point de vue, on peut interpréter le processus de sélection (naturelle ou « culturelle ») comme un effet émergent d’un ensemble d’interactions décentralisées (la reproduction individuelle). Je concède que les notions de court et long termes ne sont pas très heureuses et si je devais réécrire le billet aujourd’hui, je ne les utiliserai pas.

      Par contre, je ne comprend pas votre seconde remarque. En quoi le fait de dire que la capacité de choix conscient et réflexif dont sont dotés les humains est le produit de capacités cognitives en partie issues de l’évolution biologique (et donc du processus de sélection naturelle) justifie-t-il l’eugénisme ? Il me semble que c’est plus ou moins la position défendue par un auteur comme Daniel Dennett entre autre. J’aimerai que vous précisiez votre pensée sur ce point.

      • Comme vous aviez annoncé vos vacances, je ne m’attendais plus à une réponse…

        «si je devais réécrire le billet aujourd’hui, je ne les utiliserai pas.»

        Je n’ai rien contre une certaine analogie avec l’évolution. Qu’on parle de «perspective évolutionnaire», comme vous le faites, est tout à fait pertinent, tant qu’on ne la considère pas «naturelle». La théorie de l’évolution par sélection naturelle n’a aucun objectif. Le plus apte à se reproduire transmettra ses gênes et son rejeton survivra ou ne survivra pas selon son aptitude à s’adapter. D’ailleurs, la plupart des nouvelles espèces créées ainsi n’ont pas survécu. Votre «perspective évolutionnaire» a un objectif, elle. Que vous l’appeliez culturelle ou artificielle, elle n’est pas naturelle et ne procède pas de la même façon. Je pourrais la comparer au «dessin intelligent» (ou intelligent design) des créationnistes, mais ce serait aussi abusif !

        Mais, ce qui me rebute le plus, c’est l’insistance à accoler le nom de Darwin et de la biologie à ce concept (darwinisme universel ou global). J’ai parfois l’impression que, en associant le concept que vous décrivez à la biologie, vous faites ce que vous reprochez (avec raison !) aux économistes orthodoxes, quand ils récupèrent des éléments de la physique (la loi de l’offre et de la demande est comme la loi de la gravité, prétendent nombre d’entre eux) pour donner un vernis plus scientifique (dans le sens de science pure) à une discipline qui demeure et doit demeurer une science sociale (ou humaine). Il n’y a aucune honte à cela, au contraire !

        «J’aimerai que vous précisiez votre pensée sur ce point.»

        Vous savez que les promoteurs du darwinisme social ont voulu utiliser la théorie de l’évolution par sélection naturelle pour justifier scientifiquement leur vision antidémocratique de la société (euphémisme…), vous en glissez d’ailleurs un mot dans votre billet. Des gens aussi brillants que Bertrand Russell s’y sont laissé prendre (il a déjà suggéré que seuls les couples de la «bonne société» devraient avoir le droit d’avoir des enfants…). Ce genre de processus repose essentiellement sur une sélection artificielle et non naturelle.

        Or, en considérant que l’aptitude à sélectionner artificiellement est elle-même un produit de l’évolution par sélection naturelle, on redonne aux Spencer de ce monde une justification instrumentale de comparer le darwinisme social, et par extension l’eugénisme, à la théorie de l’évolution par sélection naturelle. Comprenons-nous bien, je n’ai jamais prétendu que cela donnerait une justification morale ou démocratique à ces idées répréhensibles, mais vous ne pourriez plus taxer le darwinisme social de «faux darwinisme», comme vous l’écrivez dans votre billet.

        En effet, vous basez votre objection au darwinisme social essentiellement sur la notion de la survie du plus fort, qui est en effet une interprétation erronée de la théorie de l’évolution par sélection naturelle. Mais, bien des darwinistes sociaux pourraient rétorquer que ce ne sont pas les plus forts qu’ils veulent sélectionner, mais les «meilleurs» ou même plus aptes à s’adapter, comme votre darwinisme universel sélectionne les meilleures institutions (ou les plus aptes à s’adapter)… Et ce ne serait pas mieux. Pour moi, il faut absolument éliminer toute justification à tout mode de sélection artificielle des êtres humains, comme on le fait actuellement dans certains pays en faisant avorter les mères qui portent des filles… Mais, je m’égare (?)…

        Cela dit, sachez que j’apprécie énormément votre travail de vulgarisation sur ce blogue que je connais depuis peu.

  6. elvin

    Je me permets de verser au débat cet extrait de mon livre de 1996 sur l’industrie informatique :

    L’offre de produits et de services résulte des décisions que prennent les acteurs industriels en fonction de leurs possibilités, de leurs objectifs, de l’image qu’ils ont de leur environnement concurrentiel et de l’idée qu’ils se font du marché. En particulier, la fixation des niveaux de prix, qui joue un rôle déterminant dans la concurrence entre firmes et technologies rivales, procède de la stratégie concurrentielle de chaque firme. C’est la raison pour laquelle, contrairement à la vision habituelle, nous pensons réaliste de considérer que, au moment où se passent les transactions sur le marché, il n’existe pas de relation causale directe allant de la demande vers l’offre. En d’autres termes, dans le court terme des échanges, l’offre précède la demande.
    En revanche, à travers le marché, la demande agit rétroactivement sur l’offre et sur l’évolution de la firme et du secteur.
    Au niveau le plus immédiat, le marché sanctionne le comportement des entrepreneurs en achetant les produits de ceux qui ont su faire les meilleurs choix et les mettre en oeuvre de la façon la plus efficace aux yeux des clients potentiels. De ses résultats commerciaux et de ceux de ses concurrents, ainsi que des autres réactions des clients, la firme tire des indications sur la demande réelle du marché. En cas de résultats insuffisants, elle a la possibilité d’ajuster immédiatement ses prix et certaines conditions commerciales, mais modifier les quantités produites ou les caractéristiques du produit exige un certain temps pendant lequel la position relative de la firme va se dégrader.
    Si de graves écarts entre l’offre et la demande persistent, et s’ils ont un effet négatif important, les organes de direction de la firme vont en rechercher les causes pour essayer de les corriger. La firme cherchera à réduire ses coûts de fonctionnement avec d’autant plus d’énergie qu’elle se sent en difficulté. Elle réagira à l’échec d’un produit non seulement en concevant des produits différents, mais aussi en modifiant son processus de conception des produits, ne serait-ce qu’en remplaçant les responsables des échecs. Elle peut ainsi remettre en question les moyens et les procédés de production, les méthodes de travail, les systèmes de gestion, les structures, les comportements et les individus. Elle peut aussi constater que les actes de l’entreprise ne sont pas conformes aux intentions des dirigeants, et réexaminer ses mécanismes d’information, de commandement et de contrôle.
    Pour chacun des offreurs, la demande qui s’est réellement concrétisée pour ses produits, en volume et en prix, détermine son revenu, son équilibre financier et donc sa viabilité et sa survie. Les offreurs dont les produits rencontrent durablement une forte demande prospéreront et croîtront, tandis que ceux qui se trompent trop souvent devront jeter l’éponge et disparaître.
    Les performances financières, qui conditionnent la survie de la firme, mesurent donc à la fois l’adaptation de l’offre au marché et celle de la firme à son environnement. La sélection naturelle opère ainsi à trois niveaux : celui de la sélection des produits par le marché, celui de la sélection des organisations et des comportements à l’intérieur de chaque firme, et enfin celui de la sélection des firmes et des modèles d’entreprise. L’industrie évolue ainsi selon un processus en quelque sorte darwinien (en réalité lamarckien car les caractères acquis sont transmissibles) dans lequel le marché joue le rôle de l’environnement et la personnalité profonde des firmes celui du matériel génétique, chaque firme déterminant son comportement d’offreur selon sa personnalité.
    Ce modèle est analogue à celui de la sélection naturelle en biologie. Chaque entreprise y est assimilée à un organisme vivant dont le comportement résulte d’une recherche active de la meilleure adaptation possible à son environnement, mais est contraint et partiellement déterminé par ses caractéristiques internes : compétences, ressources, organisation, systèmes de management, système de valeurs, schémas de comportement …, que nous désignerons d’une façon générale comme sa «personnalité». En déterminant l’évolution de chacun des offreurs en fonction du succès de ses produits, le marché effectue également une sélection entre les différentes personnalités d’entreprise, de même qu’à travers le comportement des individus l’environnement sélectionne le matériel génétique. C’est ainsi que peuvent apparaître et évoluer des « espèces » d’entreprises.

  7. C.H.

    @ Darwin

    « Je n’ai rien contre une certaine analogie avec l’évolution. Qu’on parle de «perspective évolutionnaire», comme vous le faites, est tout à fait pertinent, tant qu’on ne la considère pas «naturelle». La théorie de l’évolution par sélection naturelle n’a aucun objectif. Le plus apte à se reproduire transmettra ses gênes et son rejeton survivra ou ne survivra pas selon son aptitude à s’adapter. D’ailleurs, la plupart des nouvelles espèces créées ainsi n’ont pas survécu. Votre «perspective évolutionnaire» a un objectif, elle. Que vous l’appeliez culturelle ou artificielle, elle n’est pas naturelle et ne procède pas de la même façon. Je pourrais la comparer au «dessin intelligent» (ou intelligent design) des créationnistes, mais ce serait aussi abusif !

    Mais, ce qui me rebute le plus, c’est l’insistance à accoler le nom de Darwin et de la biologie à ce concept (darwinisme universel ou global). J’ai parfois l’impression que, en associant le concept que vous décrivez à la biologie, vous faites ce que vous reprochez (avec raison !) aux économistes orthodoxes, quand ils récupèrent des éléments de la physique (la loi de l’offre et de la demande est comme la loi de la gravité, prétendent nombre d’entre eux) pour donner un vernis plus scientifique (dans le sens de science pure) à une discipline qui demeure et doit demeurer une science sociale (ou humaine). Il n’y a aucune honte à cela, au contraire ! »

    L’idée du darwinisme généralisé (qui, je précise, n’est pas de moi mais a été proposé par des philosophes et biologistes come Dennett, Hull, Campbell ou encore Dawkins) est précisément que la transposition de l’évolution darwinienne à l’évolution culturelle ne se fait pas par analogie mais par généralisation ontologique : la nature du processus de sélection aux différents niveaux ontologiques est toujours la même. C’est dans ce sens que Dennett parle de la sélection comme d’un algorithme. En biologie, il y a une expression formelle pour décrire la sélection darwinienne, c’est l’équation de Price. Comme toute expression mathématique, elle est dénuée de contenu empirique. Il est ainsi très facile de l’appliquer à des phénomènes biologiques comme à des phénomènes culturelles.

    Le même raisonnement est vrai pour tous les travaux qui utilisent des modèles de jeux évolutionnaires en biologie comme en sciences sociales : l’équation de réplication dynamique qui formalise la sélection darwinienne est interprétée comme un algorithme qui n’est pas spécifique à un domaine ontologique donné (voir le dernier papier que j’ai mis en ligne sur mon blog). Voir encore tous les travaux sur les systèmes complexes adaptatifs que l’on peut trouver à tous les niveaux ontologiques et que l’on formalise explicitement à partir de mécanismes de réplication, de variation… et de sélection.

    Il ne s’agit pas de donner un verni scientifique aux sciences sociales mais d’utiliser un outil conceptuel extrêmement puissant. Je précise qu’à aucun moment cela nous amène à faire de la mauvaise sociobiologie, au contraire. Voir les travaux de Robert Boyd et Peter Richerson sur la co-évolution (darwinienne) entre gènes et culture qui partent d’une critique de la sociobiologie.

    Sur la sélection artificielle et l’eugénisme : je pense que vous savez que Darwin débute l’Origine des espèces en discutant de la sélection artificielle que mène les éleveurs. L’idée même est donc déjà présente chez Darwin. Votre objection serait valable uniquement si elle reposait sur le présupposé que la capacité de choisir consciemment donne un avantage adaptatif absolu. Mais quand je (ou d’autre) parle de sélection artificielle, cela n’est pas présupposé. D’ailleurs, c’est probablement faux : dans certains ecosystèmes, un simple algorithme comportemental est probablement plus adapté.

    Maintenant, la capacité des êtres humains à faire des choix conscients, à tenter de les justifier et éventuellement à tenter de les imposer aux autres est un fait il me semble. Ne plus parler de sélection artificielle ne changera rien à cela. Ce qui est plus intéressant, en revanche, c’est que *en dépit » de cette capacité quasi-unique, les processus d’évolution régissant les sociétés humaines ne sont pas qualitativement différents de ceux régissant les sociétés animales ou autre… et c’est tout le propos du darwinisme généralisé que de souligner cela.

    • «L’idée du darwinisme généralisé (qui, je précise, n’est pas de moi »

      Je sais, j’avais lu vos cinq billets ainsi que le pdf en anglais. Dawkins, même s’il a écrit des choses très intéressantes sur l’évolution, est très contesté sur certaines de ses affirmations. Je réitère que l’utilisation du mot darwinisme n’est absolument pas nécessaire dans ce cas et crée une annalogie douteuse.

      »C’est dans ce sens que Dennett parle de la sélection comme d’un algorithme. En biologie, il y a une expression formelle pour décrire la sélection darwinienne, c’est l’équation de Price.»

      Cela confirme ce que je craignais : on pousse l’analogie trop loin avec la biologie. On confond l’outil avec la finalité de l’outil comme le font les orthodoxes avec l’économétrie. On peut bien créer des modèles sur le comportement humain, mais il ne resteront toujours que ça, des modèles. Le jour où on commence à penser que notre modèle représente vraiment la réalité, c’est là que nous commençons à avoir des problèmes. Elvin soulève aussi cette question : «je vois dans cette assimilation un aspect de l’obstination des économistes mainstream à vouloir tout mathématiser à tort et à travers.»

      «c’est tout le propos du darwinisme généralisé que de souligner cela.»

      Je répète, ce n’est pas le concept que je conteste, mais l’utilisation inutile et trompeuse du mot darwinisme.

  8. elvin

    Ben dites donc Cyril, les vacances sont finies ???

    Je me permets d’ajouter mon grain de sel.

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec Darwin (ou plutôt le blogueur qui utilise ce pseudo). En économie, chacun des acteurs (des organismes) vise consciemment certains objectifs, mais il me semble abusif d’en conclure que l’évolution dans son ensemble a un objectif qui serait fixé de façon extrinsèque, comme dans la théorie du dessein intelligent. Les résultats de l’évolution sont là aussi des résultats émergents qui ne correspondent au dessein de personne.

    En revanche, je suis d’accord avec lui pour dire que, même si l’analogie est féconde, il ne faut pas la pousser trop loin. Je doute que « la nature du processus de sélection aux différents niveaux ontologiques est toujours la même », et je vois dans cette assimilation un aspect de l’obstination des économistes mainstream à vouloir tout mathématiser à tort et à travers. Il me paraît bien préférable de reconnaître les spécificités de l’évolution sociale, quitte à se passer de mathématiques.

    Et je suis aussi bien d’accord sur la condamnation de l’eugénisme, que la doctrine libérale à laquelle j’adhère condamne en tout état de cause.

  9. C.H.

    @elvin

    Je suis en vacances (enfin, surtout le blog) mais je peux faire une exception pour un débat comme celui-là !

    Je tiens à préciser que l’import du darwinisme généralisé en économie est le fait d’économistes « hétérodoxes » qui sont les derniers que l’on peut soupçonner de vouloir tout mathématiser. Pour le reste, personne ne nie qu’il y a des spécificités à l’évolution sociale, il s’agit juste d’affirmer qu’il y a une base ontologique commune. Je renvoi à mes divers articles et billets sur le sujet ainsi (et surtout) qu’aux écrits des auteurs que je cite en biblio.

    @Darwin

    Si c’est juste le terme de darwinisme qui vous embête, je ne suis pas foncièrement opposé à employer une autre terminologie. Je vous laisse le choix.

    Plus fondamentalement, je répète qu’il ne s’agit pas de faire une analogie avec la biologie. J’ai récemment mis en ligne mon dernier papier où j’essaye d’expliquer que le statut des modèles en sciences sociales comme en biologie est le même : ce sont des analogies situées à un très haut niveau d’abstraction. Un modèle de population génétique utilisé pour étudier l’évolution de tel ou tel phénotype est autant une analogie par rapport au monde biologique « réel » qu’un modèle de jeux évolutionnaires utilisés pour expliquer l’émergence des droits de propriété ou de n’importe quelle autre institution humaine l’est vis à vis du monde socioéconomie « réel ». Un modèle ne représente jamais la réalité, ni en biologie, ni en économie.

    Maintenant, il faut faire attention : le darwinisme généralisé ne cherche pas à construire un « modèle ». Il s’agit uniquement d’une réflexion philosophique (ontologique) qui cherche à identifier des propriétés ontologiques communes au monde social et au monde biologique. Ce que je prétend (et là, pour le coup, c’est une thèse totalement personnelle) c’est que le darwinisme généralisé peut du coup fonder une nouvelle interprétation des modèles évolutionnaires en sciences sociales, au-delà de la simple analogie biologie/économie.

    Sur l’équation de Price (on peut dire la même chose de toute autre expression formelle du processus de sélection) : comme son nom l’indique c’est une équation, une formulation mathématique qui exprime une proposition analytique (une tautologie). Par définition, elle est vraie. Maintenant, elle n’a aucun contenu empirique a priori. Le fait qu’elle est été développée d’abord en biologie ne change rien à cela. Le contenu empirique, ce n’est qu’a posteriori qu’il est inséré. De ce point de vue, appliquer l’équation de Price pour étudier l’évolution socio-économique n’est ni vrai ni faux en soi, c’est juste plus ou moins pertinent empiriquement. Je suis bien d’accord pour dire qu’il s’agit là d’un point que l’on peut débattre. Ce qui me semble erroné, en revanche, c’est de rejeter l’usage de cette équation au prétexte qu’il s’agit d’une analogie.

  10. «Si c’est juste le terme de darwinisme qui vous embête, je ne suis pas foncièrement opposé à employer une autre terminologie.»

    Comme vous voulez. Je tentais surtout de montrer les limites des analogies et qu’elles peuvent avoir un effet néfaste sur la compréhension de l’objet de l’analogie, ici la théorie de l’évolution pat sélection naturelle. Je comprends bien que, quand un terme est maintenant accepté, comme «darwinisme universel» ou généralisé, il est plus pratique de l’utiliser pour se faire comprendre. Cela dit, on peut l’utiliser tout en reconnaissant les limites de cette analogie (surtout sur la question de la sélection artificielle) et en évitant de lui trouver plus de qualité qu’elle en a en fait. Je vois maintenant que vous faites bien la part des choses, ce qui n’était pas évident en lisant le billet que je questionnais.

    «le darwinisme généralisé ne cherche pas à construire un « modèle ».»

    Tant mieux ! C’était une de mes interrogations et une de mes craintes, aussi…

    «c’est que le darwinisme généralisé peut du coup fonder une nouvelle interprétation des modèles évolutionnaires en sciences sociales, au-delà de la simple analogie biologie/économie.»

    C’est en effet très intéressant comme approche.

    Cela fait à peine un an que j’ai entendu parler pour la première fois de l’institutionnalisme, à travers des textes de Sylvie Morel, membre du collectif Économie autrement. Disons que nos universités québécoises des années 1970 ont totalement ignoré ce sujet. J’ai ensuite lu un peu sur le sujet, puis un ami m’a conseillé votre blogue. Je pédale encore sur les concepts, mais ça s’en vient !

    «Ce qui me semble erroné, en revanche, c’est de rejeter l’usage de cette équation au prétexte qu’il s’agit d’une analogie.»

    Je ne pense pas m’être avancé jusque là. Je n’ai personnellement rien contre l’usage des mathématiques en économie, tant qu’on ne confond pas l’outil avec l’objet de l’outil (comme je l’ai déjà écrit), comme tant d’économistes orthodoxes le font. Les mathématiques demeurent un outil des plus pertinent pour faire ressortir des relations, mais pas pour représenter la réalité.

    Je vous remercie du temps que vous avez pris pour échanger avec moi et clarifier ces concepts. Ce fut très enrichissant de mon côté et j’espère que ce le fut minimalement de votre côté !

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