Contagion

Depuis hier, j’ai un p**** de rhume, rhume qui m’a d’ailleurs dissuadé de rédiger la suite de ma série « Economie et évolution ». Le rhume c’est génial, surtout quand on a comme aujourd’hui 8h de cours à assurer (bon j’en ai annulé la moitié… pour ça que je vous parle ce matin). En réfléchissant à la manière dont j’avais pu attraper ce rhume, je me suis rendu compte que beaucoup de monde autour de moi était déjà malade. Bien souvent, donc, le rhume s’attrape via un mécanisme de contagion où le porteur d’un virus ou de microbes va les transmettre à d’autres individus. Je crois savoir que cela fait très longtemps que l’on dispose de modèles qui permettant de prédire l’ampleur et la vitesse d’un phénomène de contagion en fonction de certains paramètres : mode de transmission, espérance de vie de l’infecté ou durée de la période de contagion.

Par analogie, on peut également expliquer la formation de bulles spéculatives par des phénomènes de contagion. C’est notamment la thèse que défend Robert Schiller dans ce texte qui en fait est une partie de son ouvrage The Subprime Solution. Schiller estime que l’on ne peut expliquer la formation de bulles qu’en recourant à des explications sociologiques et psychologiques. Selon lui, la contagion se fait par la construction de « récits » au travers desquels les individus se transmettent une histoire sur la future évolution du prix d’un ou plusieurs actifs. Les canaux de transmission sont le bouche à oreille et les mass media. Les individus soumis à ces récits tendent à devenir déraisonnablement optimistes et à entreprendre des investissements risqués, même s’ils ne les perçoivent pas comme tel. Les études empiriques menées par Schiller tendent à confirmer ce phénomène.

La thèse de Schiller est donc la suivante : la cause fondamentale de la bulle immobilière n’est pas à chercher dans la politique monétaire de la Fed mais bien dans l’émergence d’un récit par lequel un optimisme démesuré sur l’évolution future du prix de l’immobilier s’est transmi. En fait, la politique monétaire elle-même a été la conséquence de cette contagion, car les individus « aux manettes » croyaient eux-mêmes à ce récit. L’argument de la contagion rentre plus généralement dans le cadre de ce que raconte l’économie comportementale au sujet de la crise financière. De ce point de vue, lire aussi ce texte de Richard Thaler et Cass Sunstein qui explique que l’une des causes premières de la crise des subprime a été l’extrême complexité des crédits hypothécaires. Trop de complexité et contagion irrationnelle sont donc les deux sources de la crise financière selon l’économie comportementale.  

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1 commentaire

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Une réponse à “Contagion

  1. Gu Si Fang

    Bon courage, et espérons voir bientôt une version française de ceci :
    http://www.google.org/flutrends/

    Pour Schiller… non, je me retiens 😉

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