Les limites du « spontanéisme »

J’ai déjà abordé à plusieurs reprises sur ce blog les questions d’ordre spontané, de processus évolutionnaire et d’effets émergents (voir, par exemple, ici, ici ou ). Cette thématique renvoie à l’ensemble des questions concernant la complexité, les limites de la cognition humaine, les problèmes de traitement de l’information et les mécanismes de l’évolution sociale. Le concept d’ordre spontané est l’objet fétiche de certains économistes et autres social scientists que j’appelle les « spontanéistes ». Les spontanéistes considèrent que les systèmes sociaux sont d’une telle complexité, notamment en terme de quantité d’information, que l’esprit humain seul ne peut être en mesure de les saisir dans leur ensemble pour ensuite les contrôler. face à une telle complexité, le mieux que puisse faire un individu est de repérer des patterns, des régularités ou des règles, lui permettant de saisir les grandes lignes de fonctionnement du système et d’adapter ainsi son comportement.

Cet argumentaire est au coeur de l’épistémologie développée par Friedrich Hayek, et de ses épigônes, les hayékiens. Selon Hayek, l’objet premier des sciences sociales est d’étudier et de comprendre les mécanismes par lesquelles un ensemble d’actions humaines intentionnelles et décentralisées va faire non intentionnellement émerger au niveau systémique un ordre régulant le système. Il s’agit d’ailleurs là d’une problématique qui remonte bien avant Hayek, puisqu’elle est centrale dans les écrits des « Lumières écossaisses » : David Hume, Adam Ferguson et bien sûr Adam Smith. L’économiste autrichien Carl Menger reprendra le flambeau en distinguant les institutions pragmatiques des institutions organiques : les première sont le produit intentionnel de l’action humaine, les secondes sont la conséquence non recherchée d’un ensemble d’actions individuelles intentionnelles. Selon Menger, les deux exemples typiques d’institutions organiques sont la monnaie et le marché.

Mais c’est bien Hayek qui va pousser le plus loin l’examen de cette problématique. Toute l’épistémologie hayékienne (voir notamment les essais épistémologiques dans cet ouvrage) repose sur l’idée que la cognition humaine est fondamentalement limitée dans son traitement de l’information : l’esprit humain n’a la capacité d’appréhender qu’un nombre réduit d’information à partir de schémas heuristiques lui permettant de catégoriser les informations issues de ses sens (thèse qu’Hayek développe en longueur dans cet ouvrage). Mises bout à bout, les actions entreprises consciemment par chaque individus vont faire émerger au niveau macrosocial des régularités, des règles tacites qui vont engendrer un ordre. Cet ordre et les règles qui le compose ne sont recherchés par personne mais leur existence permet aux individus de pouvoir agir au sein du système dont ils font parti. Hayek insiste notamment sur l’importance considérable de la coutume : la coutume est un ensemble de règles de comportement qui ont progressivement émergé de la multitude des actions humaines au cours du temps à partir d’un processus d’essais-erreurs. Sans être forcément « optimales », les règles issues de la coutume sont « bonnes » car leur émergence est directement le résultat d’un processus de sélection par lequel elles ont pu se transmettre d’individu à individu précisément parce qu’elles « marchaient ».

Quelles sont les implications de ce point de vue épistémologique ? Elles sont essentiellement de deux ordres : sur un plan scientifique et méthodologique, il indique que le scientifique dans le domaine des sciences sociales doit essentiellement chercher à repérer les patterns, les principes de fonctionnement du système qu’il étudie. Par exemple, concernant le marché, il s’agit de comprendre comment émergent les prix et par quelle manière l’information y est véhiculée. Sur un plan plus normatif, cette perspective épistémologique conduit à la critique du constructivisme, c’est à dire l’idée que l’individu serait en mesure de modifier les règles de fonctionnement d’un système pour le rendre plus efficace ou plus juste. Pour Hayek, il s’agit d’une présomption reposant sur la croyance, épistémologiquement erronée, qu’un individu serait capable de concevoir de meilleures règles que celles qui ont émergé spontanément du processus de sélection sociale. A partir du moment où l’individu fait partie du système, cela reviendrait à dire qu’il serait capable de traiter l’ensemble de l’information ayant conduit à la production spontanée de ces règles. La seule chose que l’on peut faire, c’est découvrir a posteriori l’existence de ces règles et éventuellement les codifier (c’est notamment le rôle du juge dans un système de common law selon Hayek).

On peut critiquer les thèses de Hayek, mais on ne peut contester l’importance de ses réflexions épistémologiques. Elles ont d’ailleurs anticipé ou accompagné les développements de la cybernétique et de ce que l’on peut appeler maintenant la science des systèmes complexes. Ce faisant, Hayek est évidemment le premier et principal représentant de ce que j’appelle le « spontanéisme ». Le problème, comme cela est souvent le cas d’ailleurs quand on regarde l’histoire des idées, c’est que lorsque des élèves moins talentueux que leur maître reprennent les idées de ce dernier, on aboutit à une caricature qui ne lui fait pas honneur. le spontanéisme n’échappe pas à cette règle. Beaucoup de libertariens ont repris les thèses de Hayek, qui certes était lui-même libéral,  et les ont tirées dans un sens fallacieux. La principale escroquerie intellectuelle a notamment été de dire que le processus d’évolution sociale spontanée débouche sur les meilleures règles. C’est une thèse qui relève davantage du darwinisme social d’Herbert Spencer que de ce qu’a écrit Hayek. La critique du constructivisme d’Hayek insiste plutôt sur l’impossibilité épistémologique de concevoir des règles plus efficaces, pas que les règles ayant émergées sont les meilleures. Ce premier argument fallacieux en produit un autre : parce que tous les phénomènes sociaux sont en partie voire totalement spontané, il faudrait « laissez-faire ». En dépit de son attaque contre le constructivisme, même Hayek s’est interrogé sur la forme que devait prendre la démocratie et sur le contenu de la constitution d’un Etat libéral.

Le « spontanéisme », y compris celui de Hayek, a de nombreuses limites qui font que l’on doit le rejeter. Mais, et pour répondre à un commentaire fait sur ce billet, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La question de l’ordre spontané, des effets émergents et du fonctionnement des systèmes complexes est primordiale du point de vue des sciences sociales et en particulier de l’économie. La grande majorité des institutions économiques (le marché, la monnaie et même l’entreprise) a une dimension en partie spontanée. Les problèmes abordés par l’épistémologie hayékienne sont plus que jamais d’actualité, à l’heure où l’économie comportementale et les sciences cognitives commencent à nous permettre de mieux comprendre les limites de la rationalité humaine. A cela il faut également ajouter l’apparition de nouveaux outils particulièrement pertinents de ce point de vue : théorie des jeux évolutionnaire et modélisation informatique de systèmes artificiels notamment. La théorie des jeux a notamment permis de formaliser la possibilité de l’emergence spontanée de la coordination (dans un dilemme du prisonnier répété par exemple) mais aussi de montrer qu’il ne s’agit pas d’une règle générale : dans certaines configurations, le résultat spontané est clairement mauvais. Les phénomènes d’auto-organisation et d’ordre spontané sont une réalité, de même que les problèmes de complexité et de traitement de l’information. L’erreur des spontanéistes est de les interpréter à sens unique comme un argument en faveur du « laissez-faire ». En fait, reconnaitre l’existence de ces phénomènes n’a pas véritablement d’implication normative : tous les phénomènes sociaux (et naturels) sont en partie (et même initialement) spontanés. Pourtant, on constate que les hommes ont perpétuellement mené des activités de « planification » avec un certain succès : élevage, création d’entreprise, direction de grandes organisations, etc. Certains phénomènes sociaux sont si complexes et impliquent le traitement d’une telle quantité d’information qu’une régulation étroite par quelques individus parait improbable (c’est mon point de vue concernant les marchés financiers). D’autres peuvent être soumis à une forme de constructivisme et parfois c’est même dans leur nature (l’entreprise par exemple).

L’ordre spontané et la complexité ne sont pas des arguments en faveur d’une position normative ou d’une autre. Ce sont juste des phénomènes qu’il faut prendre au sérieux si l’on veut mieux comprendre le monde qui nous entoure.   

 

Publicités

9 Commentaires

Classé dans Non classé

9 réponses à “Les limites du « spontanéisme »

  1. Voici la preuve qu’avec une rationalité limitée on peut écrire vite et bien documenté. Je fais l’hypothèse que ce texte est une réponse à un commentaire, qu’il est le produit d’un seul individu et qu’il était pas déjà rédigé avant.

    C’est bien d’étudier les limites d’une théorie ou d’un pattern pour ne pas l’appliquer hors champ et tout azimut. J’aime cette méthodologie et prudence. Ce qui m’épate par contre c’est le raisonnement de gens qui parlent de limitation de la pensée cognitive dans les systèmes complexes mais n’en n’ont plus eux-même pour décider ce qui est le meilleur ou pas dans ce cadre. 😀

    Tout le débat est de savoir quel volume de spontanéité et de planification il faut suivant le contexte. Ensuite ça devient politique quand on évalue la performance qui profite plus à tel ou tel.

  2. jean

    Ce qui m’embête dans le spontanéisme, c’est en quoi l’état (ou tout autre institution de cette espèce) est-il un phénomène non spontané? Comme le mentionne Olson, l’état n’est en définitive que la mafia (évoluée certes) la plus puissante sur un territoire donné. Cette absurdité pousse d’ailleurs des penseurs libertariens comme Hoppe à voir la monarchie absolue comme le régime le plus propice à la liberté (!).

    La distinction spontané/artificiel n’a de sens que si l’on peut séparer le « régulateur » du « régulé ». Si on prend la société dans son ensemble, elle est à la fois régulatrice et régulée.

  3. Jacques D.

    Par pur hasard je suis en train de lire un livre qui traite de la question du spontaneisme : Darwin’s Dangerous Idea de Daniel Dennett – un pur chef-d’oeuvre.

  4. Siela

    La monnaie n’est pas une institution économique ! (ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’influence dans la sphère économique). Je vous invite à lire ou relire la trilogie d’Aglietta et Orléan…Mais aussi Keynes et surtout pas Hayek sur le sujet. Pas de monnaie chez ce dernier sauf d’un point de vue purement nominal, ce qui est plutôt embêtant pour quelqu’un qui prétend penser le marché…(Cf. la critique de Sraffa de 1931 dans l’Economic Journal, un monument de déconstruction…On a plus jamais entendu Hayek sur la monnaie après cette critique. Il a fait par la suite….de l’épistémologie !).
    Et Hayek est bien un libertarien, c’est de la faute de Kizner, Rothbard ou je ne sais qui d’autres…

  5. C.H.

    @Jean :
    Excellente remarque. De fait, faire remarquer aux spontanéistes que l’Etat est lui-même un phénomène en partie spontané les mets toujours en difficulté. Cela dit, je pense que la distinction spontané/artificiel reste pertinente, mais sur un plan heuristique. En réalité, tous les phénomènes économiques et sociaux sont en partie spontanés, en partie artificiels. Mais la distinction reste utile.

    @Siela :
    Je sens que je vais devenir désagréable… Je vous invite à mon tour à bien relire mon billet : le seul moment où je parle de la monnaie, c’est concernant les travaux de… Menger, pas de Hayek. Que Hayek ne parle pas de monnaie, je ne vois pas le rapport avec le sujet de mon billet…
    Sinon, pas la peine de me faire la leçon sur ce qu’écrit Orléan, j’ai eu l’occasion de rédiger un mémoire portant notamment sur ses travaux et sur ceux de l’économie des conventions. La monnaie est une institution (justement parce qu’elle n’est pas que « nominale »), au sens tel qu’il apparait dans l’économie institutionnelle. Du reste, cela n’a de toute façon aucun rapport avec le billet.
    Enfin, je suis désolé, mais si les mots ont un sens, Hayek n’est pas un libertarien. D’ailleurs, les libertariens tendent à considérer Hayek comme un « social-démocrate », ce qui est ridicule je vous l’accorde.

  6. Bonne analyse de Hayek. Mais son constructivisme est une déformation, une incompréhension même du véritable constructivisme. Constructivisme n’est pas libéralisme sans contrôle, pilotage, ou régulation. Ce n’est pas non plus centralisme et économie dirigée type marxiste. C’est juste à l’équilibre (dynamique ponctué bien sûr !) entre les deux.
    Quant à spontané (naturel donc) versus artificiel, je vous invite à lire H.A. Simon (Sciences des systèmes. Sciences de l’artificiel, Paris, Dunod, 1991.) ou JL Le Moigne. Vous verrez chemin faisant que ce cela est un débat bien… artificiel car qu’est-ce « naturel » qu’est-ce que « artificiel » ? Tout est un naturel ET artificiel.

  7. Titan

    La régulation a une historicité. L’ordre spontané est le phénomène émergent d’un processus plus complexe de régulation qui est naturel, et produit par les conventions. Avant que les règles évoluent pour créer un institutionnalisme évolutif à la Hayek, il y a bien un fondement, et un écart temporel entre les principes d’évolution et le fondement de nouvelles règles. L’institution est donc vu du côté du régulateur, et on suppose pour cela un ordre spontané. De plus, le principe de Hayek suppose fondamentalement le principe du darwinisme social, sinon l’ordre émergent ne créerait pas les meilleures règles qui sont institutionnalisées.

    Ce n’est pas une escroquerie intellectuelle que de penser que l’ordre spontané de Hayek inclut les principes du darwinisme social, et je crois même que c’est utile à sortir d’une certaine forme d’hypocrisie.

    Cela ne jette pas pour autant le discrédit sur le système qui permet de comprendre certains phénomènes d’auto-régulation, hors du cadre de la micro entreprise. Si on doit approuver ce système, on doit le faire en acceptant l’hypothèse sous-jacente du darwinisme social, qui présente des limites morales. Et d’ailleurs, cela n’est pas une préoccupation du marché. Enfin l’intervention « a posteriori » du juge ne veut pas dire que son interprétation est actualisée, car l’interprétation est fondée sur des coutumes antérieures.

  8. Étrange de revenir sur un billet publié en 2008 (une époque où je ne connaissais pas Rationalité Limitée). Je vais quand même répondre à Titan et par ricochet à Cyril et à d’autres commentateurs.

    Rien à dire sur le volet épistémologique du « spontanéisme » tel que le présente Cyril. Mais atttention quand il écrit :
    « La principale escroquerie intellectuelle a notamment été de dire que le processus d’évolution sociale spontanée débouche sur les meilleures règles. C’est une thèse qui relève davantage du darwinisme social d’Herbert Spencer que de ce qu’a écrit Hayek. La critique du constructivisme d’Hayek insiste plutôt sur l’impossibilité épistémologique de concevoir des règles plus efficaces, pas que les règles ayant émergées sont les meilleures. »
    Dire qu’il est impossible de concevoir des règles plus efficaces ou dire que les règles ayant émergé sont les meilleures signifie à peu près la même chose, sauf à faire intervenir des critères d’optimalité a priori considérés comme objectifs ou absolus. Or Hayek dirait (ce qui me semble évident) que ces critères eux-mêmes sont forcément subjectifs et que le processus d’évolution sociale spontanée tient compte de la diversité de ces critères et de leurs conflits éventuels. Les « escrocs intellectuels » sont les critiques qui ont imputé à Hayek une position qu’il n’a pas tenue.

    Mais Cyril continue : « Ce premier argument fallacieux en produit un autre : parce que tous les phénomènes sociaux sont en partie voire totalement spontané, il faudrait « laissez-faire ». »
    L’injonction « laissez faire » ne s’adresse qu’à l’État et par extension à tout organisme qui aurait le pouvoir d’imposer ses décisions par la contrainte, Elle n’interdit nullement aux individus ordinaires d’agir pour améliorer la situation dans leur propre intérêt ou dans ce qu’ils pensent être l’intérêt d’autres individus ou l’intérêt général. Chacun d’entre nous a parfaitement le droit d’être « constructiviste » dans ses actions, à condition de ne pas chercher à imposer ses « constructions » par la force comme le fait l’Etat et de « laisser faire » le processus d’évolution spontanée pour choisir entre les différentes constructions proposées. Donc oui, les institutions sont en partie construites, en partie spontanées.
    Cette position rejoint le principe déontologique fondateur du libéralisme : nul n’a le droit d’imposer sa volonté aux autres.

    Un peu plus loin, Cyril commente : « faire remarquer aux spontanéistes que l’État est lui-même un phénomène en partie spontané les mets toujours en difficulté »
    Non, aucune difficulté : dès l’instant où l’État use de son pouvoir de contrainte pour se maintenir en place, le processus d’évolution n’est plus spontané. Donc même si la mise en place de l’Etat est un phénomène spontané, ce qui est historiquement douteux, ce qu’il est devenu au bout d’un certain temps ne l’est plus.

    Sur le commentaire de Siela :
    toute l’œuvre d’Aglietta et Orléan sur la monnaie est un tissu d’acrobaties verbales absconses sans grand rapport avec la réalité. A fuir.
    voir http://gdrean.blogspot.fr/2013/04/un-sommet-dincoherence.html.

    Et Hayek a bien écrit sur la monnaie après son débat avec Sraffa :
    http://www.iea.org.uk/publications/research/denationalisation-of-money.

    Et non, Hayek n’est pas libertarien puisqu’il admet l’existence de l’État, C’est ce qu’on appelle généralement un « libéral classique ».

  9. Titan

    Merci gdrean pour tes réponses sur les fondements de l’ordre spontané qui m’ont éclairé avec une approche différente des institutionnalistes.,

    Pour revenir sur un point sensiblement différent qui est la finalité de cet ordre spontané, je serai tenté de dire qu’il favorise les « constructivistes », car il n’y a pas d’ordre spontané ou émergent sans construction, et que c’est par le processus de sélection que les meilleures règles sont élues. A noter que je n’ai pas parlé de Darwinisme social, mais qu’on pourrait facilement l’inclure, car la participation des individus au marché est une forme de pouvoir qui dépend règles sociales d’accession, des décisionnaires, et pas seulement d’un seul agent.. Et que le processus de sélection tend par définition par garder les meilleurs.
    On pourrait d’ailleurs aller plus loin, et opposer le marché, avec les organismes qui ont un pouvoir sur le doit au libéralisme; exemple État, juridictions, et qui les font appliquer en toute indépendance. Hayek a un point de vu régulateur, mais considérait il aussi les institutions comme des organisations régulatrices, même quand elles limitent le droit au laissez-faire? J’aurai tendance à dire qu’il les voyait plus comme une contrainte à l’optimalité de la décision des agents, plutôt que comme un principe moteur de la régulation..

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s