Enseigner la théorie des jeux

Nicolas Eber propose de nouveau un très intéressant article sur la place de la théorie des jeux dans l’enseignement de l’économie sur le blog de l’AFSE. Bien que n’enseignant pas la théorie des jeux, je suis pour ma part assez fasciné par sa combinaison puissance heuristique/dimension ludique relativement unique en économie. L’enseignement de l’économie, et notamment de la microéconomie, a souvent pour réputation d’être austère et rébarbatif. La théorie des jeux a pourtant des qualités pouvant remédier à cela. Il faut déjà voir aujourd’hui qu’il s’agit de l’un des outils majeurs, si ce n’est l’outil majeur à la disposition des économistes aujourd’hui. Pourtant, comme le souligne Nicolas Eber, ses principaux concepts et ses idées majeures peuvent être relativement facilement présentés et compris, et ceci sans avoir besoin de recourir de manière excessive à la formalisation.

La théorie des jeux est d’autant plus digne d’intérêt qu’elle est aujourd’hui un terrain de rencontre privilégié pour différents courants de recherche, orthodoxes comme hétérodoxes (économie institutionnelle, économie comportementale, économie évolutionniste). Elle est au centre des travaux novateurs proposés depuis quelques années par des auteurs comme Masahiko Aoki, Avner Greif ou, dans un registre plus hétérodoxe, Samuel Bowles et Herbert Gintis. La théorie des jeux dans sa version évolutionnaire s’annonce plus particulièrement riche en enseignements pour toutes les sciences sociales.

On a donc à faire à une approche qui est aujourd’hui au coeur de la microéconomie moderne et qui, tout en conservant cette dimension contre-intuitive qui fait le charme de l’économie, peut être enseignée de manière ludique avec un minimum de formalisation – dans un premier temps tout du moins. Que demander de plus ? 

A ce sujet, il est possible d’accéder à l’ensemble du cours de théorie des jeux donné à l’Université de Yale par Ben Polak. L’ouvrage de Dixit et Skeath, mentionné par Eber, est la plus belle illustration du fait que les principaux concepts de la théorie des jeux sont accessibles à la fois de manière ludique et sans formalisation excessive. Pur autodidacte en la matière, j’ai découvert les rudiments de cette approche dans cet ouvrage qui, sans porter spécifiquement sur cette question, lui consacre trois chapitres trois clairs. Ce livre, que j’avais déjà évoqué, a quant à lui la particularité d’accoler à l’aspect manuel une réflexion épistémologique stimulante sur la pertinence de la théorie des jeux. Les ouvrages de Ken Binmore sur le sujet sont aussi pas mal parait-il, même si pour ma part je suis loin de les avoir tous consultés.

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