Une crise de la gouvernance ?

De multiples causes à la crise financière ont été évoqué depuis plusieurs semaines. Une pourtant n’est pas souvent mise en avant, celle de la gouvernance des banques et de certaines institutions financière. Il y a un mois Econoclaste avait relevé un article de Chris Dillow dans lequel celui-ci défendait la thèse que si les grandes banques d’investissement sont au centre la crise et pas les hedge funds, c’est en raison des différences au niveau de leur structure de gouvernance. En deux mots, la plupart des hedges funds contrairement aux banques d’affaires ne sont pas côtés sur les marchés boursiers. La propriété de ces fonds est donc concentrée entre les mains de quelques personnes, dont souvent fait partie le gérant du fond lui-même. Celui-ci est donc directement intéressé aux performances de son organisation et à toutes les incitations pour peser de manière mesurer les risques pris. A l’inverse, la propriété des grandes banques d’affaires est dispersée entre de multiples actionnaires et le dirigeant n’est lui-même pas propriétaire d’une partie du capital.

Il s’agit ici d’un problème classique de relation principal/agent. Dans le cadre d’une structure de gouvernance avec de multiples shareholders, le dirigeant possède une certaine latitude et n’est pas forcément incité à agir dans l’intérêt des propriétaires. C’est à ce dernier qu’il revient de mettre en place les bonnes incitations. Le problème est que, de par leur nombre, aucun actionnaire pris individuellement n’est incité à contrôler les décisions prises par le dirigeant. D’après Dillow, le problème n’est pas la stupidité des traders ou des dirigeants des banques, mais un problème d’incitation et de contrôle. Dans un dernier billet, il réitère son argument et mentionne un papier examinant le lien entre la structure de gouvernance des banques sud-coréennes et leur performance et indiquant qu’une concentration de la propriété favorise la performance.

Dillow émet une dernière suggestion :  « Could it be that big government ownership of banks might actually improve their performance, as the discipline provided by a concentrated shareholding – however dodgy that shareholder is – outweighs the costs of the ill-discipline fostered by dispersed shareholders?« . Hypothèse intéressante, même si je pense que sa validité suppose que la facteur de la gouvernance ait joué un rôle prépondérant. On peut quand même avoir un doute dans la mesure où la crise a été la conséquence d’un aveuglement collectif dépassant probablement le seul problème des incitations et du contrôle. Il n’est de plus pas évident que la nationalisation des banques résolvent le problème du contrôle dans la mesure où les agents publics n’ont pas toujours non plus les incitations adéquates dans ce type de gouvernance publique.

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