Sarko et la finance : faut-il avoir peur ?

Quand je lis le titre de cet article du Monde, je suis plutôt tenté de répondre oui. Quand je lis ça, par contre, un peu moins :

« Surtout, le président demande un assouplissement de la règle comptable mondiale qui exige de valoriser les actifs des banques à leur valeur de marché. Celle-ci a un effet pervers : lorsque les Bourses s’effondrent, la valeur des actifs des banques suit et il faut les recapitaliser. « Un durcissement aveugle des normes ou une prolifération des règles ne serait pas une réponse », écrit M. Sarkozy« .

Une idée similaire est défendue dans cet article du Wall Street Journal, où il est dit que le salut n’est pas à chercher du côté de la voie bureaucratique du renforcement de la réglementation, mais plutôt dans une reconsidération de certaines règles comptables. Cela va également dans le sens de ce que développe Charles Wyplosz, qui rappelle fort judicieusement que la profession bancaire est l’une des plus réglementée au monde et que c’est cette réglementation qui est pour une bonne part à l’origine de l’incroyable complexité du système financier que beaucoup dénonce. Voilà qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent (comme c’est le cas ici) que le réflexe compulsif réglementaire est à éviter.

3 Commentaires

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3 réponses à “Sarko et la finance : faut-il avoir peur ?

  1. Pour ce qui est de l’assurance, on peut s’interroger cependant sur la pertinence de la comptabilisation en juste valeur (fair value) des actifs.

    En effet, on peut avoir des actifs en moins value latente importante, ce qui entraîne une baisse de la juste valeur de l’actif, sans qu’il y ait de diminution du passif.

    Par exemple, un assureur couvre une rente temporaire de 5 ans par l’achat d’une OAT de même échéance et dont les coupons couvrent exactement les flux de la rente à servir. Si les taux augmentent, la juste valeur de l’obligation diminuera, alors que le passif n’aura pas bougé et la société sera en faillite virtuelle (en archisimplifiant) alors qu’elle est en mesure de faire face à ses engagements.

    Allez, je donne le point faible de mon raisonnement : il suffirait de calculer le passif également en juste valeur pour retrouver une situation d’équilibre, mais on peut alors s’interroger sur le gain apporté par les nouvelles normes comptables par rapport aux anciennes.

  2. George

    Par principe, je suis d’accord avec votre position.
    Bâle II, la » fair value » ainsi que la trop grande liberté des shorts sellers : la suppression de ces dispositions contribuerait à faire repartir les marchés financiers ?? Que l’effet cyclique des règles prudentielles imaginées dans le cadre de la banque des règlements internationaux soit néfaste ne peut être contesté, que la « fair value » accentue l’impact actuel de la baisse des titres ne saurait faire oublier qu’elle est également à l’origine des sommets de valorisation il y a quelques années déjà ; tous ces dispositifs ont leurs défauts mais ils ont largement contribué (sauf Bâle II) à soutenir l’activité des marchés dans les dernières années qui ont précédé la chute du subprime.
    Mais cela ne toucherait pas à la cause réelle des difficultés.
    Le plus grand problème n’est il pas qu’il n’y avait aucun whistle blower, personne pour siffler la fin de la partie de gains financiers tous azimuts ? Le problème n’est-il pas que l’administration Bush qui intervient aujourd’hui à un prix collectif énorme aurait dû intervenir bien plus tôt en régulant de manière plus sériée les conditions des prêts immobiliers ?

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