Histoire d’oignons et catastrophes imprévisibles

Deux thèmes qui n’ont absolument rien à voir mais sur lesquelles il y a des choses à lire ce matin :

* Alex Tabarrok de Marginal Revolution apprend à ceux qui ne le savait pas qu’aux Etats-Unis, les marchés à terme sur l’oignon sont interdits depuis 1958. A l’époque, ces marchés étaient suspectés d’être à l’origine des fluctuations très sensibles du prix de l’oignon. Don Boudreaux de Cafe Hayek indique que même après le bannissement des marchés à terme, les fluctuations n’ont pas cessé. Au contraire, ces marchés avaient plutôt tendance à lisser les variations.

* Tribune très sympa de John Kay dans le Financial Times sur l’imprévisibilité des grandes catastrophes mettant en péril la survie de l’Humanité. Un point me gêne quand même un peu. A la fin de la tribune, il est dit : « The best way of dealing with grave uncertainties, as with more banal disasters, is to buy options against them. For each potential catastrophe, we should undertake research to ascertain what we might do if a remote possibility becomes a plausible reality ». Admettons. Le problème, c’est que nous sommes typiquement en situation d’incertitude radicale dans laquelle nous ignorons les limites de notre propre ignorance : on parvient à imaginer un ensemble de catastrophes potentielles mais nous sommes dans l’incapacité de concevoir nos propres limites dans la conception de ces catastrophes. En fait, je me demande si la limite de notre cognition ne se situe pas au niveau du fait que notre capacité d’anticipation s’arrête à l’idée que, si doit arriver une catastrophe mettant un terme à notre espèce, elle prendra une forme que l’on aura pas imaginé. Bref, on sait que l’on est ignorant et que c’est cela qui causera notre perte, mais on ne sait pas où se situe les frontières de notre ignorance… Hum, ça me donne envie de relire cet excellent ouvrage de Jean-Pierre Dupuy tout ça…

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2 Commentaires

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2 réponses à “Histoire d’oignons et catastrophes imprévisibles

  1. How unlikely is a doomsday catastrophe?
    http://arxiv.org/abs/astro-ph/0512204

    Numerous Earth-destroying doomsday scenarios have recently been analyzed, including breakdown of a metastable vacuum state and planetary destruction triggered by a « strangelet » or microscopic black hole. We point out that many previous bounds on their frequency give a false sense of security: one cannot infer that such events are rare from the the fact that Earth has survived for so long, because observers are by definition in places lucky enough to have avoided destruction. We derive a new upper bound of one per 10^9 years (99.9% c.l.) on the exogenous terminal catastrophe rate that is free of such selection bias, using planetary age distributions and the relatively late formation time of Earth.

  2. Désolé pour le spam, je ne peux pas m’empêcher de continuer de citer du Nick Bostrom ( http://www.nickbostrom.com/existential/risks.html ), avec les enjeux des « existential risks » :

    – Our approach to existential risks cannot be one of trial-and-error. There is no opportunity to learn from errors. The reactive approach – see what happens, limit damages, and learn from experience – is unworkable. Rather, we must take a proactive approach. This requires foresight to anticipate new types of threats and a willingness to take decisive preventive action and to bear the costs (moral and economic) of such actions.

    – We cannot necessarily rely on the institutions, moral norms, social attitudes or national security policies that developed from our experience with managing other sorts of risks. Existential risks are a different kind of beast. We might find it hard to take them as seriously as we should simply because we have never yet witnessed such disasters.[5] Our collective fear-response is likely ill calibrated to the magnitude of threat.

    – Reductions in existential risks are global public goods [13] and may therefore be undersupplied by the market [14]. Existential risks are a menace for everybody and may require acting on the international plane. Respect for national sovereignty is not a legitimate excuse for failing to take countermeasures against a major existential risk.

    – If we take into account the welfare of future generations, the harm done by existential risks is multiplied by another factor, the size of which depends on whether and how much we discount future benefits [15,16].

    Bien évidemment la conclusion de John Kay sur les options ne s’applique pas dans ce cas :il ne peut pas y avoir de marché à terme sur la fin de l’humanité. Enfin, jusqu’à-ce-que des non-humains crédibles veuillent bien « shorter » l’humanité.

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