L’équivalence ricardienne pour les nuls… mais pas seulement

L’équivalence ricardienne, c’est quoi ? Allez lire cet article de Tim Harford qui, comme d’habitude, explique les choses très clairement. En une phrase, l’idée est la suivante : toute augmentation présente de la dette de l’Etat (par une baisse des taxes ou un financement des dépenses publiques par l’emprunt) implique une augmentation équivalente dans le futur des impôts pour rembourser la dette avec les intérêts. Si les agents font des anticipations rationnelles, alors ils anticipent cela et toute les sommes supplémentaires issues de la mesure budgétaire sont épargnées, en prévision de l’augmentation future des impôts. Conclusion : la politique budgétaire ne sert (presque) à rien. On doit la formulation moderne de cette idée à Robert Barro.

Maintenant, pour que l’équivalence ricardienne soit effective, plusieurs conditions sont requises (voir ce papier) : un marché des capitaux parfait, une valorisation suffisante par les individus du futur (un individu qui a une préférence totale pour le présent n’épargnera pas), etc. Toutefois, qu’il soit empiriquement vérifié ou pas, le théorême de Ricardo-Barro a un intérêt : souligner comment les actions et les anticipations des individus peuvent affecter les politiques économiques, histoire de sortir des représentations mécanistes héritées de la macroéconomie keynésienne.

Sur le sujet, à lire aussi cet article sur RCE

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3 Commentaires

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3 réponses à “L’équivalence ricardienne pour les nuls… mais pas seulement

  1. Gu Si Fang

    Est-ce qu’une spécificité importante des déficits par rapport l’impôt n’est pas l’incertitude? Dans l’impôt sur le revenu 2007, la TVA etc. chacun sait combien il paie. Dans le déficit budgétaire et la dette correspondante – qui seront payés par des impôts futurs – on ne sait pas combien on paiera. D’abord parce qu’on ne sait pas ce qu’on fera demain, mais aussi parce que la fiscalité évolue. En situation d’endettement et de déficit, nos décisions économiques sont donc entachées d’une incertitude plus grande que lorsque les dépenses publiques sont financées par l’impôt.

    Sinon je recommande Public Principles of Public Debt: A Defense and Restatement [J.Buchanan 1958] : http://www.econlib.org/library/Buchanan/buchCv2Contents.html

    Extrait :

    The new orthodoxy of the public debt is based upon three basic propositions. These are:
    1. The creation of public debt does not involve any transfer of the primary real burden to future generations.
    2. The analogy between individual or private debt and public debt is fallacious in all essential respects.
    3. There is a sharp and important distinction between an internal and an external public debt.

    […]

    I shall attempt, in this and the following chapters, to accomplish this reversal. I shall try to prove that, in the most general case:
    1. The primary real burden of a public debt is shifted to future generations.
    2. The analogy between public debt and private debt is fundamentally correct.
    3. The external debt and the internal debt are fundamentally equivalent.

    • amine

      Le document présente une légére erreur , en effet , le théoréme de l’équivalence fut enoncé a l’origine non pas par ricardo-baro mais par ricardo-pijou par ailleurs il n’est pas précisé ,justement que cette hausse de l’épargne ,est préalablement du a une hausse des prestations sociales , constituant a l’agard de la population , une mesure prémonitoire de la hausse des impots(pour reduire le deficit causé )…

  2. pebrot

    Il manque beaucoup de choses dans ces discussions, des choses qui n’avaient pas une telle importance du temps de Ricardo.

    Comme dit GSF, l’incertitude s’est accrue, Qui paiera? Quand? comment?

    Le problème du temps durée. L’horizon de certains emprunts publics est très long.
    Ce n’est pas l’horizon des réflexions de Ricardo.

    La monnaie. Ricardo serait certainement très surpris de voir l’évolution des monnaies modernes, la perte accélérée de leur pouvoir d’achat.

    Entendu cette réflexion : « Tu as vu le niveau de la dette! » « Bah! Elle ne sera jamais remboursée. » Une sagesse des profondeurs?

    Revoir l’histoire des trentes glorieuses , qui ont duré 20 ans, et des dévaluations successives qui les ont accompagnées. Hayek confesse qu’il n’aurait jamais imaginé possible de faire durer aussi longtemps un tel boom.
    L’euro contemporain et son évolution possible ouvre une autre incertitude dans un ensemble de pays ayant des destins économiques diffférents.

    La rationalité limitée des agents qui ouvre la porte à de nombreux comportements différents.

    Un préférence plus grande pour le temps présent, associée au bon usage de la démocratie qui permet de capter au profit de son groupe des ressources vues comme un bien à saisir tout de suite, sinon ce sont d’autres qui en profitent (tragedy of the commons). L’éventail très grands des choix de consommation immédiate.

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