Archives de Tag: agent-based models

Economie (complexe) des vampires

Les vampires sont certes moins à la mode que les zombies, mais c’est une « espèce » qui n’en reste pas moins fascinante. D’où l’intérêt (?) de construire un agent-based model pour étudier les interactions entre une population de vampires et une population d’humains comme l’a fait l’économiste Dan Farhat dans un récent working paper. Le papier a moins l’intérêt de montrer les apports mais aussi les limites des modèles à agents multiples.

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Sur le modèle de ségrégation résidentielle de Schelling

Pas beaucoup le temps de bloguer en ce moment, mais en attendant je suggère la lecture de ce très intéressant article sur l’histoire du fameux modèle de ségrégation résidentielle de Schelling. L’article revient sur un point surprenant, à savoir que dans les années 70, Schelling estimait qu’il n’était pas souhaitable de programmer son modèle sur un ordinateur, car il en résultait une perte en termes de compréhension de la dynamique du mécanisme modélisé. On apprend aussi que peu de temps après avoir appris à programmer, Schelling a rédigé un document de cours dans lequel il suggère une version généralisée de son modèle. L’auteur de l’article estime que l’idée du modèle généralisé est venu à Schelling parce que le fait d’avoir appris à programmé lui aurait permis de mieux comprendre son propre modèle. A la fin de l’article, il suggère deux raisons pour lesquelles la programmation peut changer le propre point de vue du programmeur. A priori, j’aurai tendance à penser que la même chose est vraie pour le modélisateur qui essayer de modéliser mathématiquement une idée ou un mécanisme dont il n’avait auparavant qu’une compréhension intuitive et non formelle.

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En vrac

Deux ou trois choses à lire ou à noter ce matin :

* Nouveau billet de Daniel Little sur les agent-based models et plus particulièrement sur leur domaine de pertinence en sciences sociales. Little s’interroge ainsi sur l’introduction des structures sociales et des institutions dans les ABM. Il arrive à une conclusion à laquelle je souscris complètement :

It seems reasonable to judge that ABM techniques are very useful when we are concerned with phenomena that are aggregates of strategic behavior by individual actors; but they are not pertinent to many of the questions sociologists pose. In particular, they do not seem useful for sociological inquiries that are primarily concerned with the dynamics and effects of large social structures where the behavior of individuals is routine, homogeneous, or largely determined exogenously. These are the circumstances where the premises of the ABM approach — autonomy, heterogeneity, and activity — are not satisfied

* Jeff Ely propose un billet très intéressant sur le statut des prédictions concernant le résultat des élections américaines. En arrière-plan, se pose la question philosophique de savoir ce qu’est réellement une probabilité et quelle conception est la plus pertinente : fréquentiste, subjective…

* Sur le site du Institute for New Economic Thinking, un nouveau blog consacré au fameux manuel de microéconomie de Mas-Colell et al. vient d’être ouvert. Le premier billet revient sur la définition de la microéconomie proposée dans le manuel.

* Daniel Kahneman sera à la PSE le vendredi 26 octobre pour une conférence, à l’occasion de la sortie aujourd’hui de son livre en français Système 1, Système 2: les deux vitesses de la pensée. Malheureusement, mon cours d’analyse systémique commence ce jour-là, et je ne pourrai donc y être…

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L’agent dans les agent-based models

Court billet de Daniel Little sur la relation entre la sociologie basée sur le concept d’acteur et les agent-based models (ABM).  Little note que ces deux ensembles d’approches, bien qu’ils semblent avoir un objet commun, divergent en fait sensiblement. La raison tient à la conception de l’acteur (ou de l’agent) qui, dans les ABM, est particulièrement frustre : la plupart du temps, un automate qui suit une poignée de règles de comportements basiques. Selon Little, les résultats limités des ABM en sciences sociales trouveraient leur origine dans cette conception limitée de l’agent. D’où la recommandation que les modélisateurs auraient intérêt à intégrer dans leurs équipes des anthropologues pour alimenter leurs travaux.

Je n’ai pas trop le temps d’argumenter mais je pense que s’il y a des limites actuelles aux ABM dans les sciences sociales (et il y en a), elles ne viennent pas en tant que telle d’une conception réductrice de l’agent social. Au contraire. Il faut comprendre que l’objectif des ABM n’est pas de construire une théorie de l’agent, mais d’abord une théorie des mécanismes d’agrégation des actions individuelles débouchant sur des régularités macro-sociales. L’intérêt est d’observer et d’expliquer comment la complexité sociale se créée, émerge, de comportements basiques. Modéliser des comportements trop complexes risquerait de rendre difficile ce type d’analyse puisqu’il serait alors difficile de déterminer si la complexité sociale est le produit des agents et de leurs caractéristiques, où bien des interactions entre agents. A mon avis, la plus grosse limite des ABM en sciences sociales est qu’ils ne peuvent que très difficilement rendre compte d’un type de mécanisme essentiel impliquant des facteurs institutionnels (c’est ce que je défend dans ce papier).

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