Sur la co-évolution marché/Etat

8 novembre, 2009

C.H.

Dans les commentaires sur un précédent billet, Alexandre Delaigue fait remarquer : 

“De façon plus générale, je trouve frappant de constater que la croissance du marché et celle de l’état, historiquement, s’est faite en parallèle”.

Comme je l’ai indiqué dans les commentaires à la suite de cette remarque, ce parallélisme est certainement tout sauf contingent. Pour comprendre pourquoi, il faut déjà bien s’entendre sur les termes. Par “marché”, il faut comprendre un ensemble de relations d’échange impersonnelles au travers desquelles des individus s’échangent des droits de propriété sur des objets. Par “Etat”, la définition wébérienne est adaptée : l’entité qui sur un territoire donné revendique avec succès le monopole de la violence légitime. Ce monopole lui permet, notamment, de s’assurer que les droits de propriété de chacun sont bien respectés (nonobstant le fait que l’existence de l’Etat implique de facto une certaine violation de ces mêmes droits). Pourquoi cette co-évolution ne serait-elle pas contingente ? Une explication théoriquement et empiriquement plausible est la suivante. Lisez la suite de cette entrée »


Anarchie du succès ou succès de l’anarchie ?

4 novembre, 2009

C.H.

Intéressant échange entre William Easterly et Ha-Joon Chang au sujet de l’ouvrage de ce dernier, Bad Samaritans. Cet échange fait suite à un premier commentaire très critique d’Easterly qui n’est malheureusement plus librement accessible. L’argumentaire d’Easterly souligne le danger d’une lecture et d’une interprétation très sélective des données. C’est d’ailleurs toujours un peu le problème des arguments empiriques : on pourrait débattre à l’infini de la pertinence des données, de la manière dont elles sont traitées, etc., sans jamais savoir si au final on peut réellement tirer des conclusions générales (réflexion hors-sujet : c’est tout le problème, à une micro-échelle, des études à partir d’expériences randomisées qui prolifèrent en économie du développement). Un peu de réflexion théorique ne fait pas de mal… même si en l’occurence des points obscurs persistent. On dispose quand même de quelques éléments, comme le rappelle cet article de John Kay sur les vertus du marché comme processus de découverte et d’expérimentation. L’argument est simple : si on accepte l’idée que les individus ne sont pas omniscients (je ne parle même pas des problèmes d’incitation), on a tout simplement plus de chances de trouver les “bonnes” idées en mettant en place un processus d’expérimentation décentralisé à grande échelle (le marché) plutôt qu’en se reposant sur l’intelligence de quelques uns.

Je mettrais toutefois un bémol aux arguments d’Easterly (et à l’article de Kay) : le marché, ça ne pousse pas tout seul comme des champignons (contrairement à ce qu’a pu affirmer un certain prix Nobel masculin de cette année). L’un des enseignements de l’économie institutionnelle c’est que le marché est une institution dont la mise en place n’est pas nécessairement spontanée au sens hayékien du terme. Ce qui me fait dire qu’une fois de plus, le débat marché/Etat n’a pas trop de sens. Mais ça, les lecteurs du blog le savait déjà


Economie évolutionnaire et histoire

3 novembre, 2009

C.H.

Entre deux heures de cours et lorsque je ne prépare pas ma soutenance, je réfléchis pas mal en ce moment aux relations entre économie évolutionnaire et théorie des jeux évolutionnaires. Cette réflexion part du constat que les deux blocs de littérature sont quasi totalement séparés l’un de l’autre alors même que les deux approches ont a priori les mêmes objets d’études. Plus spécifiquement, en étudiant un peu les développements autour du darwinisme généralisé en sciences sociales d’un côté et la littérature standard utilisant des jeux évolutionnaires pour étudier divers problèmes (la justice sociale, l’altruisme et plus généralement la coopération, etc.), je me suis demandé si finalement les théoriciens des jeux évolutionnaires ne faisaient pas du darwinisme généralisé sans le savoir (comprendre : sans avoir particulièrement réfléchis aux fondements ontologiques et épistémologiques de leur approche). Lisez la suite de cette entrée »


D’où viennent les préférences des individus ? (2/4)

25 octobre, 2009

C.H.

Suite de ma série consacrée à présenter les différentes approches en économie et en sciences sociales qui visent à expliquer d’où viennent certaines préférences individuelles. Lors du premier épisode, j’avais présenté l’explication sociobiologique de l’altruisme, fondée sur l’idée d’altruisme réciproque. Ici, je vais m’attarder sur l’explication purement “économique” de l’altruisme en me concentrant sur la théorie proposée par Gary Becker et connue sous le nom de “rotten kid theorem” (théorème de l’enfant gâté). Becker a notamment développé cette théorie dans un article datant de 1974. Je fais ici une présentation très simplifiée du propos de Becker (ma présentation est inspirée de celle proposée par Ulrich Witt dans cet ouvrage). Lisez la suite de cette entrée »


Un problème d’asymétrie d’information… et de compétences

15 octobre, 2009

C.H.

James Kwak revient sur des facteurs explicatifs de la crise financière qui, à mon sens, a été un peu trop sous-estimé : l’asymétrie d’information, et on devrait même dire de compétences, entre les employés des institutions financières et ceux qui les dirigeaient. J’en avais déjà un peu parlé ici. Kwak tire notamment un graphique assez édifiant d’un papier de Thomas Philippon et Ariell Reshef :

relativeeducation

Ce grapique montre l’évolution des salaires et du niveau d’éducation des employés dans l’industrie financière. L’évolution des salaires est assez connue. Après un creux dans les années 70, leur niveau est remonté à un point tel que certains économistes n’ont pas hésité à évoquer l’existence d’une “bulle” salariale dans le secteur financier. Au-delà des problèmes en termes d’équité que cela peut poser, la conséquence de cette augmentation salariale est surtout d’être de nature à attirer de manière excessive les “talents” et à en déposséder d’autres secteurs d’activités tout aussi utiles. Il est intéressant de constater que l’évolution suivi par le niveau d’éducation est la même. Il y a peut être un lien entre les deux (de meilleurs salaires attirent les gens diplômés et des individus diplômés sont mieux rémunérés que des individus non diplômés) mais dans leur papier Philippon et Reshef montrent surtout que l’augmentation des salaires et du niveau d’éducation est significativement liée à la déréglementation financière. Une explication causale se suggère presque d’elle-même : la déréglementation a ouvert la voie à la création de produits financiers de plus en plus complexes (dérivés, etc.) qui ont requis le recrutement d’un personnel ayant des compétences pointues, surtout en mathématiques. Comme le souligne Kwak, cela a très rapidement créé un problème : les dirigeants des institutions financières, plus âgés, sont arrivés dans l’industrie à une époque où les activités étaient beaucoup moins complexes. Leur niveau de formation et de compétence technique ne leur permet pas ainsi de contrôler, et même de comprendre, ce que font leurs employés. Ce n’est pas un problème spécifique à la finance (Veblen, en son temps, voyant même dans ce problème d’agence l’une des causes du futur déclin du capitalisme) mais il se présente ici avec une acuité particulière du fait de la nature systémique du système financier.

Le pire dans tout ça est qu’il s’agit d’une difficulté qu’il n’est pas pas facile de surmonter. En effet, il ne s’agit pas d’un problème d’agence classique où le principal ne peut observer l’effort réel de son agent. Dans ce dernier cas, l’asymétrie d’information peut être surmontée en mettant les incitations adéquates en place. La difficulté est plus grande ici car, plus qu’un problème d’observation, c’est un problème de compréhension qu’ont les principaux. Et, quand vous ne comprenez pas une activité, il est difficile de définir les bonnes incitations surtout si l’on considère que les traders et autres quants sont eux-mêmes de leur côté bien conscient de cette asymétrie. De ce point de vue, on peut presque considérer que certains employés de l’industrie financière détiennent un fort pouvoir organisationnel au sens de Crozier. Ajoutez à tout cela le fait que l’asymétrie entre le régulateur public et les agents privés est du même type (rien de surprenant vu l’écart au niveau des salaires), et vous n’obtenez pas un tableau très réjouissant pour les années à venir… 


Sarkozy et la réforme de la Poste : un problème de crédibilité

14 octobre, 2009

C.H.

Certains partis politiques de gauche ont récemment entrepris d’organiser une “votation citoyenne” au sujet de la “privatisation de La Poste”. Au-delà du nombre assez important de votants, ce qui est intéressant est de constater la réaction de l’UMP et notamment de l’inénarrable Frédéric Lefebvre : ce vote n’a aucun sens car il porte sur une question qui ne se pose pas, celle de la privatisation. En effet, le projet gouvernemental ne prévoit pas en l’état de privatiser la Poste mais seulement de la faire passer au statut de société anonyme, ce qui n’empêcherait pas l’Etat de rester majoritaire au capital de l’entreprise. Le député UMP a ainsi beau jeu de répéter à qui veut l’entendre que, s’il avait voté, il aurait fait comme 90% des participants en votant non. Cette votation et surtout le sujet sur lequel elle a portée traduit en fait une chose toute simple : le Président Sarkozy et son gouvernement ne sont pas crédibles, ou plus exactement sont dans l’incapacité de prendre des engagements crédibles. Lisez la suite de cette entrée »


Le Nobel 2009 ou la consécration de l’économie institutionnelle

12 octobre, 2009

C.H.

L’émotion passée (enfin, n’exagérons pas hein), il est temps de revenir brièvement sur les deux heureux lauréats du Prix Nobel d’économie 2009, Oliver Williamson et Elinor Ostrom. Je ne détaillerai pas leurs travaux dont on peut trouver de bons résumés chez Marginal Revolution (Ostrom, Williamson) et chez Econoclaste. Par contre, si l’on accepte l’idée que le palmarès du prix Nobel d’économie a une certaine signification quand à la manière dont la profession évolue et digère les théories et les idées, alors il est nécessaire de s’arrêter un instant pour réfléchir à ce que signifie le choix de cette année.

Déjà, je dois avouer avoir une demi-dose de fierté venant du fait que, contrairement probablement à beaucoup d’économistes, je connaissais les travaux d’Elinor Ostrom. Certes, je n’ai jamais eu l’occasion de les lire de première main (d’où la “demi” dose de fierté) mais j’ai lu à plusieurs reprises des travaux faisant références aux études d’Ostrom. Il y a quand même au moins deux choses notables dans le fait que le prix lui ait été décerné, au-delà du fait qu’elle soit la première femme à connaître cet honneur (je laisse le soin à d’autre d’en fournir une interprétation) : d’abord, Ostrom n’est pas une économiste mais une politiste. Comme le fait remarquer Steven Levitt, cela risque de faire grincer beaucoup de dents au sein de la profession des économistes. Pour ma part, j’y vois au contraire la reconnaissance du fait que l’économie est une authentique science sociale qui ne peut que bénéficier du croisement de ses perspectives avec d’autres sciences. L’interdisciplinarité est un peu ma marotte du moment (déformation professionnelle) et le message envoyé ici est on ne peut plus en phase avec ce type de préoccupation. Cela veut dire aussi que les critiques de l’économie “science autiste” vont devoir actualiser leur discours. Certes, l’économie ne va pas devenir du jour au lendemain la science pluraliste dont rêvent certains mais le prix décerné à Ostrom s’inscrit dans la continuité de l’évolution de la discipline dpuis une vingtaine d’années. L’autre aspect à noter est de nature méthodologique : les travaux d’Ostrom ont la particularité de ne pas se réduire à une seule perspective ou démarche. L’impressionante liste d’articles de cette politiste en témoigne : études de terrain, expérimentation en laboratoire, analyses à l’aide de modèles de théorie des jeux, bref Ostrom a examiné le problème de la tragédie des communs (son objet de recherche privilégié) avec tous les outils possibles. Un dernier point non moins important est bien entendu les résultats auxquels elle a aboutit et que rappellent Alex Tabarrok et Alexandre Delaigue : le fait que des arrangements privés puisse dans certains cas permettre le financement d’un bien public ou la résolution du problème de la tragédie des communs. C’est un résultat que j’ai maintes fois rappelé ici, en soulignant la diversité des arrangements institutionnels possibles.

S’il y a beaucoup moins à dire sur la consécration d’Oliver Williamson, ce n’est pas parce que ses travaux sont d’une importance moindre mais parce qu’il est était plus ou moins écrit qu’il devrait recevoir le prix un jour ou l’autre. Peu d’auteurs peuvent se targuer d’avoir ouvert quasiment tout seul (la contribution de Coase ne doit pas être sous-estimée) un champ de recherche dont la fécondité théorique et empirique ne cesse de se confirmer. La théorie des coûts de transaction n’est certes qu’une perspective parmi d’autre sur les relations hiérarchie/marché et les modes d’organisations des firmes, mais elle est certainement celle qui a produit le plus de résultats testables.

Comme le souligne Alexandre Delaigue, le terme de “gouvernance” utilisé pour décrire le sujet des travaux des deux auteurs est impropre et c’est bien du problème de l’action collective dont ces derniers ont traité. D’ailleurs, s’il fallait définir l’objet d’étude de l’économie institutionnelle, ce serait cela : l’étude de la manière dont les individus parviennent à agir collectivement. Mon côté historien de la pensée me pousse à souligner que ce prix est une forme de récompense posthume pour un auteur peu connu mais qui est probablement le pionnier de l’économie institutionnelle au sens moderne du terme : John R. Commons. Commons définissait d’ailleurs le concept d’institution comme “le contrôle de l’action collective dans la contrainte, la libération et l’expansion de l’action collective”. Ceux qui feront l’effort de passer outre le caractère indigeste des écrits de Commons retrouveront beaucoup de thèmes récurrent dans les travaux d’Ostrom et de Williamson, lequel avait d’ailleurs indiqué explicitement qu’il tirait son fameux concept de transaction des écrits de Commons (sur ce quoi il y aurait largement à discuter d’ailleurs). Ostrom et Williamson ne sont pas les premiers représentants de l’économie institutionnelle à recevoir le Nobel : Coase et Douglass North avaient avant eux déjà connus cet honneur. Mais la désignation des lauréats de cette année confirment l’idée selon laquelle “institutions matter“. Et, en paraphrasant Milton Friedman, on pourrait même presque écrire : “We are all Institutionalists now“. 


Evolution versus révolution et “proto-cités”

6 octobre, 2009

C.H.

Paul Romer propose une nouvelle réflexion intéressante autour de son projet des “charter cities” ou “proto-cité” selon la traduction qu’avait proposé un lecteur. Le problème qu’aborde Romer est celui de la dynamique d’évolution des nouvelles règles caractérisant ces proto-cités. Pour lui, l’alternative est la suivante : cette dynamique peut être de nature incrémentale et “évolutionnaire” à proprement parler (evolutionary dynamic dans les termes de Romer) ou bien plutôt de nature “révolutionnaire” dans le sens d’une innovation radicale au niveau de l’ensemble de règles mis en place (new system dynamic).

Romer défend clairement l’idée qu’une dynamique révolutionnaire est non seulement possible mais également souhaitable. Son argument à partir des concepts de croissance de rattrapage (catch-up growth) et de frontière de croissance (frontier growth) est assez intéressant, à défaut d’être totalement convainquant. Une croissance de rattrapage est fondée sur l’imitation de qui marche ailleurs, en l’occurence les institutions qui semblent donner de bons résultats. Romer nous dit que dans le cadre d’une croissance de cette nature, l’approche révolutionnaire ne comporte aucun risque particulier et permet une croissance plus rapide qu’une dynamique incrémentale. A l’inverse, lorsque l’on se situe à la frontière de croissance, une augmentation de cette dernière passe par la mise en place d’innovations et alors la dynamique révolutionnaire devient plus risquée. Or, le projet des proto-cités se place dans une optique de développement économique et donc dans un contexte de croissance de rattrapage :

“The concept of a charter city does rely on the new-system dynamic, but in the context of economic development, charter cities can adopt a new rule set made up of rules that are known to work well. It can accelerate catch-up growth with little of the risk associated with the development of new systems at the frontier”.

Romer estime donc possible la mise en place de proto-cités à partir d’une logique révolutionnaire, laquelle devrait être ensuite complétée par des changements institutionnels incrémentaux permettant de perfectionner les institutions nouvellement créées. Comme je le disais, l’argument est intéressant mais tout de même moyennement convainquant. Déjà, il est intéressant de noter les exemples que prend Romer pour illustrer son idée : Amazon et Webvan pour illustrer les risques d’une dynamique révolutionnaire lorsque l’on se situe à la frontière de croissance, et la diffusion des modes de vente développés par Wal-Mart sur l’ensemble du territoire américain pour au contraire illustrer l’efficacité de cette même dynamique lorsque l’on est dans un cadre d’imitation et de rattrapage. Il s’agit d’exemples d’entreprises qui ne correspondent probablement au degré de complexité inhérent au fait d’importer tout un ensemble d’institutions dans une communauté. On peut avoir l’impression que Romer sous-estime peut être la difficulté à mettre en place ex nihilo des règles alignant de manière efficace les incitations, comme le note Chris Blattman. Et, si l’on peut penser que une telle proto-cité corrigerait progressivement ses institutions artificiellement créées pour les améliorer, comme l’indique tojours Blattman cela serait au cours d’un processus d’essais-erreurs qui pourrait s’avérer particulièrement couteux.

La force de l’idée de Romer est qu’il s’agit de créer de toute pièce une nouvelle ville, sur un territoire inoccupé et donc sans institution (au moins formelle) prééxistante. Ce faisant, on peut penser que ne retrouvera pas la difficulté traditionnellement présente dans tous les projets de “greffe” institutionnelle, à savoir le fait que les nouvelles institutions importées doivent être complémentaires avec celles déjà présentes. Mais peut être que ce n’est pas si simple. D’une part, les populations qui émigreront dans ces villes apporteront peut être avec elles certaines de leurs normes et plus largement leurs institutions informelles, lesquelles peuvent restreindre l’éventail des institutions formelles compatibles. Ensuite, l’argument de Romer consiste à dire que s’il est inévitable que certaine de ces proto-cités ne parviennent pas à se développer (précisément parce qu’elles n’ont pas trouvé les “bonnes” règles), cela n’est pas très grave dans la mesure où ce seront d’abord les propriétaires des actifs les moins mobiles et les plus spécifiques qui en subiront le coût et pas les travailleurs qui eux sont mobiles. Sauf que, d’une part, la mobilité du travail est quand même quelque chose de très relatif (le facteur travail est très peu mobile en Europe par exemple) et que changer de localisation a un coût pour les individus ; d’autre part, la question est de savoir dans quelle mesure les investisseurs seront prêts à s’engager dans un tel projet… surtout si les premières tentatives sont un échec.

Cela ne veut pas dire que la création d’une proto-cité échouera à tous les coups. Par contre, aussi originale soit-elle, c’est une idée qui semble difficile à mettre en oeuvre de manière systématique et encore moins “planifiée”. Au final, c’est l’opposition même entre “évolution” et “révolution” que propose Romer qui me semble problématique, ainsi que celle entre imitation/rattrapage et innovation. D’une part, en matière institutionnelle, on peut se demander si l’imitation existe vraiment et s’il ne s’agit pas plutôt en permanence de créer de nouvelles institutions adaptées au contexte historique, culturel, géographique, etc. D’autre part, l’innovation n’est jamais ex nihilo, elle part toujours d’un existant. C’est vrai en matière technologique et également probablement en matière institutionnelle. D’une manière ou d’une autre, la dynamique est toujours incrémentale même si on peut parfois avoir l’impression qu’elle prend la forme d’une rupture. J’ai donc du mal à croire à l’efficacité d’un projet de création systématique de proto-cités.


D’où viennent les préférences des individus ? (1/4)

3 octobre, 2009

C.H.

On le sait, l’économiste a l’habitude de considérer que les individus se comportent de manière “rationnelle”. La rationalité au sens de l’économiste a une signification précise : chaque individu est sensé se comporter de manière à maximiser sa satisfaction, laquelle est représentée par une fonction d’utilité. Cette fonction d’utilité, quelque soit sa forme exacte, est en fait l’expression des préférences de l’individu. La base de la rationalité au sens de l’économiste est là : l’individu est sensé avoir des préférences et être en mesure de les ordonner de manière transitive (i.e. si je préfère A à B et B à C, alors je dois préférer A à C). Autrement dit, un agent économique rationnel est un agent qui a des préférences (transitives) et qui agit de manière à la satisfaire au maximum en fonction des contraintes (budgétaires ou autres) qui pèsent sur lui. Une question que se pose en revanche rarement l’économiste est de savoir d’où viennent les préférences ; c’est pourtant une question importante car, dans un cadre standard de rationalité, n’importe quel choix ne peut s’expliquer que par deux facteurs : les contraintes et les préférences (il y a aussi les croyances mais, on le verra, il est possible d’adopter le même schéma d’explication pour rendre compte des préférences et des croyances).

J’esquive pour l’instant la question de savoir s’il relève ou non de l’économie de déterminer la genèse et l’évolution des préférences des individus (ce point a été abordé ici). Je vais présenter ici succinctement quatre manières d’appréhender l’origine des préférences des individus : l’approche sociobiologique, l’approche “rationnaliste”, l’approche en termes de coévolution gènes/culture et l’approche en termes de coévolution préférences/institutions, les deux dernières étant largement complémentaires. Chaque approche fera l’objet d’un épisode, et on commencera par la sociobiologie. Lisez la suite de cette entrée »


The Elgar Companion to Transaction Cost Economics

1 octobre, 2009

C.H.

… est actuellement en cours de réalisation et on peut d’ores et déjà connaître la table des matières sur le blog Organizations and Markets. On peut surtout lire quelques chapitres accessibles gratuitement, dont notamment un d’Oliver Williamson himself, un sur l’école de Carnegie dont j’ai déjà parlé ici, un sur l’explication de l’altruisme donnée par Herbert Simon (peut être un billet sur le sujet à venir bientôt) ou encore un chapitre soulignant les limites de la TCE. Très intéressant tout ça !


Complémentarité institutionnelle ou la limite du principe des modèles

29 septembre, 2009

Isaac

Les difficultés économiques et sociales d’un pays pousse, de manière tout à fait normale, les dirigeants de ce dernier à se tourner vers l’extérieur pour trouver ailleurs des exemples d’une meilleure réussite. Cette manière de faire trouve son paroxysme dans l’obsession pour les « modèles » : anglo-saxons, rhénans, danois … tous y sont passés. Le parallèle à cela est la prolifération des indicateurs et classement internationaux : compétitivité, flexibilité, … . Ces deux mouvement se basent sur l’hypothèse qu’il serait possible de comparer froidement les modèles en fonctions de leur classement afin d’importer au sein d’un autre pays les architectures institutionnelles ayant si bien fonctionné ailleurs.

La notion de complémentarité institutionnelle est ici des plus efficace pour pointer du doigt l’erreur propre à l’obsession des modèles et des classement internationaux. Cette notion a, à ma connaissance, été largement popularisée par Masahiko Aoki, principalement dans son (superbe) livre, Fondements d’une analyse institutionnelle comparée, et indique que « la viabilité d’une institution d’un domaine [dépend] de la manière dont elle s’ajuste à une institution d’un autre domaine, et réciproquement » (p. 288).

Cette thèse est en fait l’idée de base qui traverse une grande partie de l’institutionnalisme : la réalité sociale est traversée par un continuum évolutif d’institutions, allant des moins formelles (croyances collectives, savoir tacite, …) aux règles de droit. Chaque strate institutionnelle a un mode de sanction particulier, mais leurs “bon fonctionnement” dépend toujours des autres strates, ceci parce que chaque agent économique se meut dans plusieurs institutions. Un cas particulier de ce phénomène est développé par Aoki dans cette article, dont CH avait parlé ici, dans lequel décrit un cas où les gains au sein d’un jeu (au sens de la théorie des jeux) sont influencés par les agencements institutionnels d’un autre jeu (indiquons également qu’une approche relativement similaire est développée par le sociologue Daniel Miller dans la seconde partie de ce texte).

En France, Bruno Amable (tout spécialement dans ce livre) est l’un des principaux porteurs du concept de complémentarité institutionnelle. Robert Boyer fait le lien entre complémentarité et modèles dans ce texte, et indique que

« La référence même, en termes de « modèle », suppose un ensemble cohérent de dispositifs institutionnels organisant la réactivité de l’économie tant aux aléas de court terme qu’aux transformations plus structurelles concernant l’économie internationale, le système technique ou encore le changement des attentes sociales. C’est précisément l’intérêt de l’hypothèse de complémentarité institutionnelle que d’éclairer cette question» (p. 13)

Ainsi, le résultat, en termes d’indicateurs, d’un ensemble d’institutions formelles est indissociable des institutions informelles, des croyances, des consensus sociaux qui lui sont liés. Sur ce point, on peut lire ce livre, par ailleurs très contestable dans ses conclusions, d’Algan et Cahuc, dans lequel ils défendent l’idée que les principales difficultés du “modèle français” proviennent en partie du climat de défiance régnant dans le pays .

C’est sur la base de ce constat que Boyer propose, non la copie bête et méchante de ce qui fonctionne, mais la recherche d’ « équivalents fonctionnels de ce qui fait le succès de ce modèle (ici le modèle danois) et réformer en conséquence les institutions et formes d’organisations existantes pour faire émerger les enchaînements vertueux correspondants » (p. 51).

Cette notion d’équivalent fonctionnel me semble d’une grande portée, déjà parce qu’elle justifie une vision très instrumentale et pragmatique de la science économique, ensuite parce qu’elle justifie que l’on s’intéresse à l’origine des préférences des agents, car celles-ci font parti du continuum institutionnel via la sélection de groupe et, ainsi, participent du principe de complémentarité institutionnelle.


Pourquoi il peut être intéressant pour l’économiste de se demander d’où viennent les préférences

28 septembre, 2009

C.H.

Le dernier billet de mon co-blogueur Isaac sur l’origine génétique des préférences a fait pas mal réagir. Pour simplifier, il semble qu’il y ait deux positions sur cette question : d’un côté ceux qui estiment qu’il n’est pas du ressort de l’économiste de s’interroger sur l’origine des préférences des individus et de leur contenu ; de l’autre, ceux (dont je fais partie) qui pensent qu’il s’agit d’une problématique au contraire centrale à partir du moment où l’on a de bonnes raisons de penser que la formation des préférences (qu’elle soit d’origine génétique ou culturelle) a un impact causal significatif sur les phénomènes économiques. Autrement dit, que les comportements individuels, dans le cadre d’interactions “économiques”, sont frappés par des biais systématiques qui affectent leurs comportements.

Il est intéressant de noter que cette opposition ne se retrouve pas que chez les lecteurs de ce blog. Un cas exemplaire est cet article de Joseph Heinrich (qui n’est pas économiste) sur la sélection de groupe au niveau culturel et qui est paru dans le Journal of Economic Behavior and Organization (une revue d’économie donc). Dans cet article, Heinrich cherche à montrer que si la sélection de groupe est un phénomène qui peut être marginal au niveau biologique/génétique, il en va différemment au niveau culturel. L’argument de l’auteur à l’appui de cette thèse est que le comportement humain est frappé d’un ensemble de biais (quatre exactement), certains ayant des origines génétiques et d’autres des origines purement culturelles ou résultant d’une co-évolution gènes/culture. Ces biais sont les suivants : la transmission conformiste (propension à imiter le comportement dominant), la propension à imiter les individus prestigieux ou qui ont du succès selon certains critères, une tendance à punir les non-conformistes qui ne respectent pas les normes et la “conformité normative”, c’est à dire la propension à se fixer et à suivre certains principes moraux ou éthiques. Selon Heinrich, ces quatres biais renforcent l’homogénéité au sein des groupes humains mais accroissent l’hétérogénéité entre ces groupes, ce qui rend plus probable la sélection de groupe.

L’article est suivi par une centaine de pages de discussions avec des contributions d’auteurs relevant d’un grand nombre disciplines (sciences de la nature et sociales). Du point de la question posée dans le billet, les contributions de Herbert Gintis (p. 73-83) et de Vernon Smith (un prix Nobel d’économie) et al. (p. 96-99) sont particulièrement digne d’intérêt. La réponse que leur fait Heinrich à la toute fin du document également. La position de Smith et al. est une réponse typique d’économistes non convaincus de la nécessité de chercher l’origine des préférences individus. Au-delà du fait que les auteurs remettent en cause l’existence réelle des biais mis en avant par Heinrich, leur argument est surtout de dire que l’émergence et le développement de la coopération n’est pas liée à l’existence de certaines préférences “pro-sociales” comme l’altruisme (argument de Heinrich, l’altruisme émanant de la sélection de groupe) mais de certaines institutions humaines telles que le marché rendant la coopération mutuellement avantageuse pour les individus. Dans une perspective radicalement plus sympathique à l’égard du propos de Heinrich, Gintis construit quant à lui un modèle d’équilibre culturel avec altruisme pour expliquer pourquoi les comportements “pro-sociaux” sont essentiellement le fait d’organismes appartenant à l’espèce humaine.

La réponse de Heinrich met clairement en avant le point de dissension entre un non-économiste, un économiste convaincu par la nécessité de retracer l’origine des préférences des individus (Gintis) et des économistes qui évacuent cette question (Vernon Smith et al.). Comme le fait remarquer Heinrich, Gintis et Smith présupposent l’existence de certaines institutions (institutions organisant la transmission culturelle oblique comme l’école chez Gintis, le marché chez Smith et al.) alors que l’origine de ces institutions constitue en soi une énigme pour expliquer le développement de la coopération dans les sociétés humaines. On pourra toujours rétorquer à Heinrich que raisonner dans un cadre totalement a-institutionnel n’a pas peut être pas beaucoup d’intérêt, du moins du point de vue de l’économiste. C’est peut être là que se situe la principale césure entre la perspective de l’économiste et par exemple celle du psychologue, lequel raisonne “hors institution” (si des psychologues passent par là, je sens que je vais me faire taper dessus…). C’est encore plus évident avec un chercheur en sciences naturelles qui s’intéresse à la coopération dans les sociétés humaines (par exemple, les sociobiologistes).

On peut probablement discuter à l’infini pour savoir ce qui relève des compétences de l’économiste ou pas. Ici, il faut distinguer deux choses : le cloisonnement académique des sciences et leur séparation logique. Le cloisonnement académique est une nécessité institutionnelle mais ne doit en tout état de cause jamais empêcher le développement de perspectives scientifiques nouvelles qui s’en émanciperaient (c’est malheureusement souvent le cas aujourd’hui). La séparation logique est par nature beaucoup plus souple : si d’autres sciences apportent des éléments à l’économiste qui indiquent qu’il devrait modifier ses hypothèses, alors il doit prendre ces éléments au sérieux. Là où on peut discuter est de savoir jusqu’à quel point l’économiste doit se muer en scientifique “transdisciplinaire” ; il ne s’agit pas pour l’économiste de se muer en sociologue ou en psychologue mais d’apporter de nouveaux “insights” en combinant différentes perspectives disciplinaires. C’est, il me semble, tout l’intérêt par exemple de la contribution de Gintis en réponse à l’article d’Heinrich.


Sur l’émergence spontanée d’institutions… La Miss des Villes à Paris

21 septembre, 2009

Ces derniers temps, la Miss des Villes s’est rendue en région parisienne en voiture. La Miss des villes a ainsi eu la chance de rencontrer des lecteurs du blog qui se reconnaitront et accepteront son bonjour. La Miss des villes a également eu la non-chance de passer beaucoup de temps en voiture, ce qui l’amène aujourd’hui à faire deux constats :

-         le premier est un clin d’œil à la Miss Blonde qui l’accompagnait : quand vous allez à Créteil et qu’on vous propose de vous prêter un GPS, il faut toujours accepter !!!

-         le second, qui est l’objet de ce billet est qu’une institution a spontanément émerger dans l’anarchie des transports routiers parisiens.

Cette institution est ce que l’on peut appeler la « voie motos », située entre la voie la plus à gauche et celle juste à coté si l’on regarde le marquage au sol.

Si on essaie d’interpréter ceci avec un modèle de théorie des jeux, on imagine alors que l’on est sur un modèle avec deux joueurs, les conducteurs de deux roues et les conducteurs de véhicule à quatre roues (ou plus pour les camions). Chaque joueurs, quelque soit sa catégorie, a pour objectif de se déplacer d’un point A à un point B le plus rapidement possible et sans subir de dégâts.

Les joueurs jouent alors un jeu de type « poule mouillée » où ils peuvent mettre en place les stratégies ”être agressif” et “être pacifique”.

Pour les conducteurs de voitures, être pacifique signifie laisser une place pour le passage des motos, et agressif renvoie à ne pas laisser de passage. En cas d’agressivité, le conducteur risque alors de se prendre des coups de pied dans sa voiture de la part du motard agressif.

Dans le cas des motards, être agressif renvoie à l’idée de profiter de l’espace qui est laissé par les conducteurs de voiture (quitte à mettre des coups de pieds) et être pacifique à respecter sagement le code de la route et à ne pas slalomer comme un malade.

Lorsqu’un motard agressif rencontre un automobiliste agressif, le résultat peut aller du coup de pied dans la portière à l’accident pur et simple, bref la chose qu’aucun des deux joueurs ne recherche.

Dans un tel jeu, la situation d’équilibre correspond à des interactions où l’un des joueurs sera agressif et l’autre pacifique. Dans une perspective évolutionnaire, une certaine proportion de la population se comportera alors de manière agressive et l’autre de manière pacifique. Cependant, dans le cas qui nous occupe, le point intéressant et que les deux types de joueurs peuvent être distingués et forment deux sous-population. Que sa passe-t-il dans ce cas ? Et bien, comme pour l’exemple de la discrimination où, lorsque l’on peut distinguer deux populations, l’une d’entre elle va “dominer” l’autre, sur le périph parisien les processus évolutionnaires ont fait émerger spontanément une institution : la “voie motos”, qui est la traduction du fait que tous les motards se comportent de manière agressive et tous les automobilistes de manière “pacifique”.


Pourquoi respectez-vous vos promesses ?

21 septembre, 2009

Introduction par le maître des lieux : je suis heureux d’annoncer l’arrivée d’un nouveau contributeur régulier sur ce blog, isaac, néo-doctorant qui apportera ses connaissances et compétences en histoire de la pensée et en épistémologie économiques. Voici son premier billet.

Cette question peut paraître anodine, elle a pourtant mené à bon nombre de réflexions tant en philosophie qu’en économie. A ma connaissance, David Hume est un des premiers à s’étendre sur cette question dans son Traité de la nature humaine. Le problème de Hume est simple : la formule verbale qu’est la promesse doit être, pour être respectée, l’expression de la volonté. Or, rien ne garantit la réification de cette volonté au moment de la réalisation de la promesse : « il est certain que, par nature, nous ne pouvons pas plus changer nos sentiments que les mouvements des cieux ». C’est alors avec la plus grande difficulté que l’on imagine la possibilité même d’un échange différé dans le temps ou l’espace en ce que le transfert de propriété se trouve relié à la possession physique par un engagement purement verbal :

« on ne peut transférer la propriété d’une maison particulière distante de vingt lieues, car le consentement ne peut-être accompagné de la délivrance, qui est une circonstance requise »

L’impossibilité à laquelle se voit confronté Hume est en fait celle propre à l’individualisme méthodologique dans son ensemble : de la seul explication partant des comportement individuels on ne tire que peu de choses, le résultat de l’échange apparaît comme indéterminé. C’est certainement pour cela que Hume sera largement évoqué et discuté par des auteurs comme Hayek ou encore Commons, le premier ayant pointé du doigt les problèmes d’une approche purement individualiste comme pouvait l’être la praxéologie à la Mises, le second étant l’un des pères fondateurs de l’institutionnalisme américain (avec Veblen). Et en effet, Hume est ici très proche de Commons sur un point précis : la dislocation de la propriété physique et la propriété légal, de la délivrance et du consentement. C’est sur la base de la même distinction que Commons introduit la nécessité de l’intervention d’un tiers : l’institution, comme la condition de réalisation logique de l’échange, étant donné le problème de la promesse. L’institution pouvant prendre la forme d’une croyance collective comme d’un état autoritaire.

Ce problème de la promesse est loin d’être marginal, on en trouve des traces un peu partout dans la théorie économique. Elle est même, sous une forme il est vrai un peu différente, au cœur de débats important ayant tendance à structurer la théorie économique. L’exemple le plus connu est certainement celui d’Edgeworth et de sa fameuse boîte, que tout étudiant en économie connaît par cœur… . Edgeworth construit sa boîte afin de modéliser l’échange entre deux agents économiques voulant maximiser leur utilité (voir ici pour un résumé). La conclusion d’Edgeworth est alors sans appel : il est impossible de déterminer à l’avance les taux d’échanges qui seront pratiqués, ceux-ci dépendront des forces de négociations en présence. Si on se cantonne aux seules hypothèses relatives aux caractéristiques et motivations des agents, rien ne peut être dit, tout peut arriver. Comment alors expliquer que les individus s’engagent dans l’échange ?

Chose importante, pour lever cette indétermination deux attitudes ont été adoptées : 1/ conserver l’individualisme méthodologique, le modèle d’équilibre général introduit un certain nombre d’hypothèses institutionnelles : il existe pour chaque bien un prix connu de tous et les agents sont preneurs de prix 2/ endogénéiser ces hypothèses sous la forme d’institutions, véritables objets d’étude de la théorie économique, c’est la position des approches institutionnalistes.

Cette dichotomie a maintenant bien vieilli, mais je ne peut m’empêcher d’y penser lorsque je fait une promesse à quelqu’un.


La crise financière et l’état de l’art en sciences économiques

19 septembre, 2009

Dans la série “la crise financière ou comment la profession des économistes doit repenser ce qu’elle fait”, on peut trouver ce matin deux intéressantes contributions qui tendent plutôt à défendre la discipline et ses contributions actuelles. Lisez la suite de cette entrée »