Excellents choix

12 octobre, 2009

C.H.

La cuvée 2009 du prix Nobel d’économie couronne finalement pour la première fois une femme, Elinor Ostrom, ainsi que l’un des artisans du renouveau des problématiques institutionnalistes en économie, Oliver Williamson. Deux excellents choix à mon humble avis, qui récompensent deux auteurs à l’origine de contributions essentielles concernant les problématiques de gouvernance et de régulation de l’action collective. En tant que contributeur d’un blog qui a l’économie institutionnelle comme sujet de discussion majeur, je ne peux qu’approuver !


Dans la série l’impact de la crise financière sur la science économique : les codes JEL

30 septembre, 2009

C.H.

Sur le point de terminer un papier (sur la querelle des méthodes si ça intéresse quelqu’un…), je m’en vais sur la page des codes JEL afin de trouver les codes pertinents pour mon article. Pour ceux qui ne le savent pas, les codes JEL (Journal of Economic Literature) permettent de catégoriser les articles en fonction des thèmes qu’ils abordent, ce qui peut être très pratique ensuite lorsque l’on cherche des articles sur une question donnée. La classification du JEL fait autorité et est maintenant reconnue par quasiment toutes les revues. Bien que la dernière fois que j’y sois allé ne remonte pas à si longtemps, je viens juste d’apercevoir certaines “mises à jour” correspondant à l’ajout de nouvelles catégories. Certaines d’entre elles sont assez révélatrices :

D03 – Behavioral Economics; Underlying Principles (Updated!)

E02 – Institutions and the Macroeconomy (Updated!)

E42 – Monetary Systems; Standards; Regimes; Government and the Monetary System; Payment Systems (Updated!)

G01 – Financial Crises (Updated!) [note de moi-même : !!!]

G17 – Financial Forecasting (Updated!)

G24 – Investment Banking; Venture Capital; Brokerage; Ratings and Ratings Agencies (Updated!) [!!]

Notez que n’ayant pas la prétention de connaitre la classification JEL par coeur, peut être que certaines catégories étaient déjà présentes sous un autre nom auparavant. Mais quand même, l’apparition de ces “nouvelles” catégories a quand même un certain sens… Bon, et puis sinon je ne comprendrais jamais le drôle d’aggrégat qu’est la catégorie B, sachant que l’histoire de la pensée et l’épistémologie économique sont des sous-disciplines à part entière alors que “l’hétérodoxie”…


Les journalistes sportifs et les probabilités

14 septembre, 2009

La ligue 1 du championnat de France de football était connue ces dernières années pour être le moins prolifique en nombre de buts inscrits de tous les grands championnats européens. Je n’ai pas de chiffre sous la main mais, à la louche, là où on marquait entre 2,5 et 2,7 buts par match en Angleterre, en Espagne ou en Allemagne, ces dernières années en France on devait tourner aux alentours de 2,2 ou 2,3. Pourtant, cette saison les choses ont pris une tournure différente. Jugez plutôt : 27 buts (en 10 matchs) lors de la première journée, 30 lors de la seconde et 26 lors de la troisième. Cela nous fait une moyenne de 2,76 buts par match. Il n’en fallait pas plus pour que les journalistes sportifs s’enflamment et dissertent sur le “renouveau de la L1″, le fait que les coachs “sont moins frileux tactiquement”. Dans l’émission par ailleurs bien sympathique du Canal football club, ce grand “spécialiste” du football qu’est Pierre Ménès (qui fut pendant une brève période président du plus grand club de foot français des années 50 et dont le stade est à quelques centaines de mètres de chez moi) y est même allé d’une conjecture provocante pour expliquer cela : les gardiens de but français sont devenus nuls.

En fait, depuis deux journées, le soufflet est retombé : 18 buts lors de la quatrième journée, 14 lors de la journée de ce week-end, ce qui nous fait une moyenne de 2,3 buts par match depuis le début de la saison, soit dans la lignée des saisons précédentes. On peut donc conjecturer que les journalistes sportifs sont tombés dans un panneau bien connu : repérer ce qui semble être des patterns alors qu’il s’agit juste d’évènements aléatoires et en inférer des relations causales qui en fait n’existent pas. Je me demande si l’on ne pourrait pas dire la même chose en ce qui concerne les suicides de certains salariés de France Telecom…


La mauvaise foi est-elle génétique ?

30 août, 2009

C’est la question que je me pose en lisant ce billet de Greg Mankiw qui, à propos du graphique ci-dessous, écrit :

sat_scores_by_income

The NY Times Economix blog offers us the above graph, showing that kids from higher income families get higher average SAT scores.

Of course! But so what? This fact tells us nothing about the causal impact of income on test scores. (Economix does not advance a causal interpretation, but nor does it warn readers against it.)

This graph is a good example of omitted variable bias, a statistical issue discussed in Chapter 2 of my favorite textbook. The key omitted variable here is parents’ IQ. Smart parents make more money and pass those good genes on to their offspring“.

Le graphique montre qu’il y a une corrélation entre les performances des enfants américains à un test d’aptitude au raisonnement avec le revenu de leurs parents. Remarquez comment Mankiw arrive à une conclusion imparable : cette corrélation n’a rien d’étonnante, c’est juste que les personnes “intelligentes” gagnent plus d’argent et transmettent leurs “gènes de l’intelligence” à leurs enfants. Ce qui est assez marrant dans ce billet, c’est que Mankiw reproche aux auteurs du blog Economix (d’où Mankiw tire le graphique) de ne pas avoir prévenu leurs lecteurs que ce graphique ne donne en soi aucune interprétation causale (évidemment !). Mais on pourrait aussi reprocher à Mankiw de ne pas prévenir ses lecteurs qu’il est totalement incompétent sur ce sujet et que son hypothèse du déterminisme génétique dont il laisse entendre qu’elle est évidente est tout sauf solide et qu’elle n’est rien d’autre que l’expression d’un vieux tropisme conservateur.

Plusieurs bloggueurs américains n’ont pas tardé pour tomber sur Mankiw : John Sides du blog The Monkey Cage, Brad DeLong, Matt Yglesias ou Paul Krugman. Seul Alex Tabarrok défend Mankiw.  Il y a deux problèmes avec le billet de Mankiw, l’un sur le fond, l’autre sur la forme. Le problème sur le fond est que l’hypothèse du déterminisme génétique de “l’intelligence” (telle que l’on peut la mesure par le QI ou autre) est pour le moins controversée. Le problème n’est pas de nier que la génétique ne joue aucun rôle là dedans, elle en joue probablement un. Le problème c’est que la relation “gènes –> revenus élevés” est pour le moins très très indirecte. Premièrement, il n’y a aucun moyen incontestable de mesurer le talent ou l’intelligence. Je pense que mes amis sociologues me suivront lorsque je dis qu’à bien des égards il s’agit là en partie de constructions sociales. On n’accède pas directement au talent ou à l’intelligence d’un individu, on les infère de tests (test du QI) ou de certaines données (par exemple, le revenu). Dans les deux cas, l’inférence opère au travers d’une construction sociale. Deuxième point, quand bien même le talent ou l’intelligence sont en partie déterminés par les gènes, on ne peut pas pour autant exclure d’autres mécanismes causaux comme le billet de Monkey Cage mis en lien plus haut le souligne. Le problème n’est pas de savoir si les gènes jouent un rôle, mais dans quelle mesure. Brad DeLong met en lien cet article de Sam Bowles et Herbert Gintis qui donne une idée de la complexité de la question. Enfin, cette idée que les gènes puissent directement déterminer l’intelligence ou le talent est très contestable pour une raison toute simple. L’intelligence (ou plus exactement ses diverses manifestations) est un trait phénotypique. Comme tout trait phénotypique, il est déterminé par le génotype (les gènes)… mais il ne s’agit pas d’une relation déterministe dans le sens où l’environnement dans lequel évolue l’organisme interfère dans cette relation. Si je fais un clone de moi (qui m’est donc identique sur le plan génétique) et que je l’envoi vivre dans une région du monde très ensoleillée, nul doute qu’il sera beaucoup plus bronzé que moi. Quand bien même certains gènes déterminent l’aptitude à certaines formes de raisonnement (hypothèse que l’on peut accepter), l’environnement dans lequel l’enfant va évoluer va conditionner l’expression phénotypique de ces gènes. L’hypothèse de Mankiw est de type sociobiologique. Contrairement à beaucoup de monde, je pense que la sociobiologie est une discipline digne d’intérêt… mais il est particulièrement gonflé de la faire passer pour une certitude.

C’est justement le second problème du billet de Mankiw, un problème de forme. Je dois dire que Mankiw est plutôt un habitué de ce genre de billet elliptique : on balance une affirmation ou une idée, qui généralement chez Mankiw est bien en phase avec ses orientations idéologiques conservatrices, et on ne donne pas plus d’explication, on laisse le lecteur tirer ses propres conclusions. Je crois que c’est là le danger auquel s’expose de manière générale tous les chercheurs en économie et en sciences sociales qui bloguent : mélanger les genres et sous prétexte d’un souci (et d’une nécessité) de concision faire passer pour scientifique des idées qui ne sont que l’expression de biais idéologiques. Le fait que Mankiw se soit sentie obligé de justifier et de préciser son propos, en mettant en lien notamment un article scientifique, indique que la pression des pairs peut contrebalancer cette tendance. Cela dit, mais à chacun d’en juger, je trouve ce nouveau billet de Mankiw est encore empreint d’une certaine mauvaise foi, esquivant à nouveau la grande complexité du sujet…   

Edit : Si Mankiw me lisait, je lui recommanderais l’excellent ouvrage de Robert Boyd et Pete Richerson, Culture as an Evolutionary Process. Certes, cet ouvrage n’aborde pas du tout les questions de l’origine génétique de l’intelligence mais s’inscrit en plein dans le débat relatif à la sociobiologie. Les auteurs développent une approche en termes de co-évolution des gènes et de la culture et montrent comment l’évolution culturelle peut parfois s’émanciper de tout déterminisme génétique. Bon, Boyd et Richerson ne sont pas des économistes (grave défaut pour certains) mais leur bouquin est plein de modèles mathématiques (grande qualité pour d’autres, qui sont souvent les mêmes d’ailleurs !).


L’humanité survivrait-elle à une attaque de zombies ?

17 août, 2009

Via Marginal Revolution : une équipe de mathématiciens a développé un modèle pour déterminer les conséquences d’une attaque de zombies sur la population. Voici le résumé :

Zombies are a popular figure in pop culture/entertainment and they are usually portrayed as being brought about through an outbreak or epidemic. Consequently, we model a zombie attack, using biological assumptions based on popular zombie movies. We introduce a basic model for zombie infection, determine equilibria and their stability, and illustrate the outcome with numerical solutions. We then refine the model to introduce a latent period of zombification, whereby humans are infected, but not infectious, before becoming undead. We then modify the model to include the effects of possible quarantine or a cure. Finally, we examine the impact of regular, impulsive reductions in the number of zombies and derive conditions under which eradication can occur. We show that only quick, aggressive attacks can stave off the doomsday scenario: the collapse of society as zombies overtake us all“.

Si j’ai compris convenablement l’article, être humain n’est pas une “stratégie évolutionnairement stable” si la possibilité de l’apparition de zombies est ouverte. Bref, l’humanité disparait, à moins de mener une politique d’extermination des zombies très agressive dans les premiers jours de “l’infection”. Ce type de travaux peut paraitre un peu inutile mais les auteurs soulignent quand même l’intérêt que peut avoir un tel modèle de dynamique d’infection :

“The key difference between the models presented here and other models of infectious disease is that the dead can come back to life. Clearly, this is an unlikely scenario if taken literally, but possible real-life applications may include allegiance to political parties, or diseases with a dormant infection”.


Hibernation estivale

14 juillet, 2009

plage

Ce blog prend quelques vacances bien méritées qui viennent ponctuer sa première saison complète. Retour prévu vers le 15 août. En attendant, bonnes vacances ou bon courage pour ceux qui travaillent.


Lectures recommandées : mise à jour

6 juillet, 2009

Juste pour signaler que j’ai effectué une petite mise à jour dans les “lectures recommandées“.


Que doit-on comprendre ?

29 juin, 2009

François Fillon, à propos du “grand emprunt national” qui non, “n’est pas un plan de relance” :

Pour moi, il est absolument essentiel que pas un euro ne soit utilisé à des dépenses qui ne seraient pas des dépenses utiles“.

Hum, que faut-il comprendre ? Qu’en temps normal (i.e. quand on ne fait pas tout un bazar autour de ce qui, pour tout Etat, est quelque chose de tout à fait banal : emprunter), les ressources sont dépensées n’importe comment ? Mine de rien, le premier ministre laisse quand même entendre qu’il arrive à l’Etat français de faire des dépenses inutiles. C’est pas un scoop vous me direz…


La réflexion pas super intelligente du jour (ou du mois)

22 juin, 2009

C’est la dernière phrase du compte-rendu de l’ouvrage d’Emmeline et  Jean-Edouard paru dans le numéro du mois de juin d’Alternatives économiques (oui j’ai un peu de retard, d’où le titre) :

Et le tout sent un peu trop le consensus mou, tant les auteurs ont évité les jugements de valeur“.

J’avoue que lire ce genre de remarque dans une revue (plutôt de bonne qualité au demeurant) comme Alter’ Eco ne me surprend pas, mais ça m’énerve quand même. Qu’est-ce qu’auraient du faire les auteurs ? Révéler au grand public leurs positions idéologiques qui, avec tout le respect que je leur dois, n’intéressent pas grand monde ? Dire qu’Hayek est le chantre du néo-ultra-libéralisme et qu’à ce titre, cela disqualifie d’emblée tous ses travaux ? Ou que les économistes de l’école de Chicago, ils sont pas très sympathiques quand même, parce que selon une légende urbaine ils auraient fricotés avec Pinochet ?

Je vais prendre le contrepied radical : l’une des qualités de l’ouvrage (dont j’ai déjà parlé ici), c’est précisément qu’il évite de sortir des jugements de valeurs (par définition) arbitraires sans support scientifique. Oui, un travail scientifique, ce n’est pas un travail où l’on donne son opinion, c’est un travail où l’on raisonne en s’appuyant sur les connaissances objectivées par la communauté scientifique.


Ma question bête (?!) du soir

15 juin, 2009

Via Organizations and Markets, voici l’abstract d’un récent article de l’économiste futur nobélisable Daron Acemoglu :

This paper studies the conditions under which the scarcity of a factor (in particular, labor) encourages technological progress and technology adoption. In standard endogenous growth models, which feature a strong scale effect, an increase in the supply of labor encourages technological progress. In contrast, the famous Habakkuk hypothesis in economic history claims that technological progress was more rapid in 19th-century United States than in Britain because of labor scarcity in the former country. Similar ideas are often suggested as possible reasons for why high wages might have encouraged rapid adoption of certain technologies in continental Europe over the past several decades, and as a potential reason for why environmental regulations can spur more rapid innovation. I present a general framework for the analysis of these questions. I define technology as strongly labor saving if the aggregate production function of the economy exhibits decreasing differences in the appropriate index of technology, theta, and labor. Conversely, technology is strongly labor complementary if the production function exhibits increasing differences in theta and labor. The main result of the paper shows that labor scarcity will encourage technological advances if technology is strongly labor saving. In contrast, labor scarcity will discourage technological advances if technology is strongly labor complementary. I provide examples of environments in which technology can be strongly labor saving and also show that such a result is not possible in certain canonical macroeconomic models. These results clarify the conditions under which labor scarcity and high wages encourage technological advances and the reason why such results were obtained or conjectured in certain settings, but do not always apply in many models used in the growth literature“.

Hum, le passage en gras, qui est présenté comme le principal résultat du papier, ne serait-il pas purement et simplement une… tautologie ? Il n’est pourtant pas tard, je n’ai pas bu (ni pris d’autres substances pouvant altérer le jugement), est-ce que je suis vraiment à côté de la plaque. Bon, comme je n’arrive pas à accéder à l’article, je ne peux pas aller plus loin. D’ailleurs, si une bonne âme passe par là et qu’elle arrive à mettre la main sur l’article, qu’elle n’hésite pas à me l’envoyer…


Basket NBA, prolongations et anomalie statistique

12 juin, 2009

Alors que le 4ème match de la finale de basket NBA entre les Los Angeles Lakers et les Orlando Magic vient de se conclure par une victoire des Lakers après prolongation (les Lakers avaient déjà gagnés le match 2 après prolognation), on peut lire chez Cheaptalk ce billet de Jeff Ely ce billet au sujet du nombre anormalement élevé de matchs NBA qui vont en prolongation. D’après l’estimation d’Ely, 2.29% des matchs devraient aller en prolongation si l’on fait l’hypothèse que les points marqués par chacune des équipes suivent une distribution normale. Or, d’après les statistiques, ce n’est pas moins de 6,26% des matchs qui vont en prolongation. L’élément le plus étrange est qu’il y a deux fois plus de chance qu’un match soit nul (et donc aille en prolongation) plutôt qu’il y ait à la fin 1 point d’écart. A l’inverse, lorsque l’on regarde la distribution des écarts au niveau du score à la mi-temps, on ne remarque rien de surprenant.

Expliquer ce résultat n’est pas évident. Est-ce que c’est lié au fait que les règles NBA (beaucoup de temps-morts, possibilité de réengager au milieu du terrain après un temps mort en fin de match) semblent être faîtes pour permettre les retournements de situation et assurer le suspense ? En tout cas, ce n’est pas la première anomalie statistique concernant le basket qui a pu être relevé. Par exemple, dans le basket universitaire, une équipe menée d’1 point à la mi-temps a statistiquement plus de chance de l’emporter que l’équipe adverse. Etrange…


L’économiste romantique ?!

27 mai, 2009

Comme tous les ans à la même époque, j’ai reçu aujourd’hui le catalogue 2009 des ouvrages d’économie parus ou à paraitre chez Cambridge University Press. Le tout premier bouquin présenté a un titre incongru, The Romantic Economist de Richard Bronk. Le contenu a l’air tout aussi incongru, à en juger par le résumé :

“Since economies are dynamic processes driven by creativity, social norms, and emotions as well as rational calculation, why do economists largely study them using static equilibrium models and narrow rationalistic assumptions? Economic activity is as much a function of imagination and social sentiments as of the rational optimisation of given preferences and goods. Richard Bronk argues that economists can best model and explain these creative and social aspects of markets by using new structuring assumptions and metaphors derived from the poetry and philosophy of the Romantics. By bridging the divide between literature and science, and between Romanticism and narrow forms of Rationalism, economists can access grounding assumptions, models, and research methods suitable for comprehending the creativity and social dimensions of economic activity. This is a guide to how economists and other social scientists can broaden their analytical repertoire to encompass the vital role of sentiments, language, and imagination“.

J’avoue que je suis sceptique mais aussi assez curieux. Des personnes en auraient-ils déjà entendu parlé ? En tout cas, je crois que je vais malgré tout le commander…


Lucidité gouvernementale

14 mai, 2009

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette expression n’est pas un oxymore. C’est en tout cas ce que j’ai découvert en lisant que le gouvernement rejette l’idée de la “règle” des trois tiers pour le partage des profits, règle qui n’a évidemment aucun sens. Remarquez cela dit que je n’ai pas parlé de “clairvoyance présidentielle” (un vrai oxymore ?), étant donné que c’est le Président Sarkozy qui avait eu cette idée stupide originale.


Les éditorialistes sont-ils des sous-bloggueurs ?

29 avril, 2009

Jusqu’à présent, je n’en avais pas parlé ici, mais là, cet éditorial du rédacteur en chef de La Tribune est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est au moins le troisième ou le quatrième éditorial paru dans ce journal depuis deux mois qui ressort le même argumentaire foireux sur le mouvement des enseignants-chercheurs avec en toile de fond l’idée que les universitaires refuseraient l’évaluation. Plus exactement, leur péché ultime serait de ne croire qu’en l’évaluation par les pairs. Pour les journaleux de La Tribune, c’est un vieux réflexe des ”sachants” comme il est dit dans  l’édito, lesquels refuseraient de rendre des comptes à la société. Et de nous sortir l’épouvantail Outreau comme argument pour montrer que l’évaluation par les pairs, c’est maaaaaaaaaaaaal…

J’invite donc cordialement François Lenglet à aller se renseigner, à aller s’immerger dans le milieu universitaire, à aller observer des enseignants-chercheurs en action, histoire de voir si l’évaluation par les pairs est si “confortable” que ça. Et, surtout, je l’invite à réfléchir pour changer, à réfléchir sur les problèmes des critères d’évaluation, sur les compétences que requiert l’évaluation, sur le temps qu’il faut pour évaluer des travaux de recherche. Je l’invite à se renseigner sur les systèmes de publication, de promotion. Je l’invite à réfléchir plus simplement à ce qu’est la recherche. Une fois que ce monsieur aura réfléchit, il se rendra compte qu’il ne peut pas se permettre de ressasser les mêmes arguments façon café du commerce dans un malheureux édito de trois paragraphes.

Cela me fait remarquer que, n’en déplaise à certains journalistes qui ont peur que les blogs viennent piquer dans leur assiette, les éditorialistes font peu ou prou la même chose que les bloggueurs : exprimer leurs opinions qui n’ont pas plus d’intérêt que ça. Mais il y a au moins une différence entre un bloggueur “sérieux” et un éditorialiste : tandis que le premier ne parle que de choses qu’il connait un minimum, le second se plaît à jacter sur des sujets qu’il croit connaitre parce qu’il s’est documenté en cinq minutes.


Y’a-t-il une culture du blog économique ?

21 avril, 2009

Felix Salmon propose dix raisons pouvant expliquer pourquoi les “econo-blogs” sont très peu nombreux en Allemagne. Pour ma part, je trouve ces raisons un peu trop “culturalistes” mais pourquoi pas. En France, les blogs d’économie ont encore un peu de mal à décoller, notamment quand on regarde le nombre d’économistes universitaires qui ont leur blog (j’en dénombre cinq : O. Bouba-Olga, Etienne Wasmer, Gizmo, Philippe Moati et Bernard Maris). Il faut aussi ajouter certains blogs sur Alternatives économiques (Jean Gadrey et Gilles Raveaud notamment). Allez, disons qu’à la louche il y a environ une dizaine de blogs tenus par des économistes universitaires pour plus de 60 millions d’habitants. Aux Etats-Unis, je n’ai pas de chiffres précis mais le rapport doit être de largement plus de 100 pour 300 millions. Il y a donc encore de la marge. De mon point de vue d’insider, il me semble que les econo-blogs sont encore peu connus et reconnus par la communauté universitaire des économistes. Pour quelles raisons ?

p.s. : j’espère que ceux qui ont passé hier l’épreuve d’économie de l’agrégation d’économie-gestion ont été des lecteurs assidus de blogs du genre Environmental Economics ou Common tragedies. Avec un sujet comme “Economie de marché et gestion des ressources naturelles”, c’était du tout cuit…