Archives d’Auteur: C.H.

Colloque « Philosophie économique » à Strasbourg

Je serai demain et vendredi à Strasbourg pour le colloque « Philosophie économique » organisé par le BETA. Le programme, très riche, est disponible ici. J’espère avoir le plaisir d’y retrouver certains lecteurs.

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Naturalisme et philosophie des sciences

Dans son ouvrage Economics: Mathematical Politics or Science of Diminishing Returns?, le philosophe des sciences Alex Rosenberg défend l’idée que les scientifiques, y compris les économistes, doivent nécessairement prendre des positions philosophiques sur l’objectif de leur discipline et sur les règles méthodologiques qu’elle doit mettre en œuvre pour les atteindre. Le raisonnement de Rosenberg est le suivant : toute règle méthodologique, spécifique ou générique, prend la forme d’un impératif hypothétique du type,
Afin d’atteindre l’objectif scientifique x, il faut utiliser la règle méthodologique R. Lire la suite

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Tautologies, infalsifiabilité et trivialité

La lecture de ce (au demeurant intéressant) billet de Kevin Bryan sur l’infalsifiabilité du théorème d’impossibilité d’Arrow me fait me rappeler d’une réflexion que je mettais faite suite à une discussion sur le caractère tautologique d’une proposition défendue dans un de mes papiers. Il me semble que, dans l’esprit de beaucoup de personnes, dire qu’une proposition est « tautologique » est plus ou moins équivalent avec l’idée qu’elle est infalsifiable. Par ailleurs, lorsqu’une proposition est qualifiée de tautologique, c’est le plus souvent dans une perspective critique, avec parfois le sous-entendu que ce qui est tautologique est trivial (i.e. évident) et donc, inintéressant d’un point de vue scientifique. Il faut néanmoins noter que la relation d’équivalence entre tautologies, infalsifiabilité et trivialité n’est pas transitive car je n’ai jamais entendu ou lu que l’infalsifiabilité implique une forme de trivialité ou l’inverse. Lire la suite

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Auto-promo : Parution du dernier numéro de ‘Economics and Philosophy’

Le dernier numéro de la revue Economics and Philosophy vient de paraitre avec un beau programme : entre autres, deux articles de Nicolas Stern sur l’éthique et l’économie du changement climatique, un article de Cubitt et Sugden sur l’analyse lewisienne du common knowledge, des articles d’Alan Gibbard et John Weymark sur le théorème d’Arrow et un article de votre serviteur sur ce que j’appelle l’approche communautaire de la saillance. Comme d’habitude avec les publications de Cambridge University Press, les articles sont très difficile à se procurer mais je peux toujours envoyer le mien aux personnes intéressées.

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Rosenberg sur la « philosophie de l’économie » de Krugman et sur la réflexivité des systèmes économiques

Le philosophe des sciences Alex Rosenberg propose un article plutôt intéressant sur la « philosophie de l’économie » de Paul Krugman et sur ses contradictions internes. Les trois premières sections de l’article sont limpides et plutôt convaincantes. C’est moins le cas de la quatrième, qui porte sur la nature radicalement incertaine et réflexive des systèmes économiques. Lire la suite

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La théorie des préférences révélées : redondante et inutile ?

Sur son blog, l’économiste Lars Syll revient sur la place de la théorie des préférences révélées (TPR), développée par Paul Samuelson dans les années 1930 et 1940, au sein de l’analyse économique contemporaine. Syll développe trois critiques qui sont supposées être complémentaires :

1) La TPR aboutit ultimement à une simple reformulation, logiquement équivalente, de la théorie de l’utilité ordinale, alors que l’objectif initial de Samuelson (comme il l’indique explicitement dans son article de 1938) était de débarrasser la théorie du consommateur du concept d’utilité et autres concepts « psychologisants ».

2) Les axiomes de la TPR sont régulièrement violés sur le plan expérimental.

3) La TPR (comme la théorie de l’utilité ordinale) est infalsifiable et est donc empiriquement non-informative.
On peut noter qu’il est difficile de voir comment on peut réconcilier les points 2 et 3 dans la mesure où la violation des axiomes de la TPR (tel que l’axiome faible des préférences révélées) implique forcement que cette dernière soit testable. Si on ignore ce « détail », il me semble que ces trois éléments de critique sont discutables, voir fragiles. Lire la suite

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La remarque pertinente du jour

I guess the problem is that too many economists have the wrong attitude toward models. They’re not Truth; they’re intuition pumps, gadgets you use to clarify your story. You go badly wrong when you take them too seriously, and either forget that they’re just models or reject them because the world isn’t that simple.

Paul Krugman, à propos du modèle IS-LM et de sa relation aux thèses de Keynes.

Sur le sujet du statut épistémologique des modèles, ce récent article de Gilboa et al. paru dans l’Economic Journal est à lire (version librement accessible ici).

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