Sur l’émergence spontanée d’institutions… La Miss des Villes à Paris

21 septembre, 2009

Ces derniers temps, la Miss des Villes s’est rendue en région parisienne en voiture. La Miss des villes a ainsi eu la chance de rencontrer des lecteurs du blog qui se reconnaitront et accepteront son bonjour. La Miss des villes a également eu la non-chance de passer beaucoup de temps en voiture, ce qui l’amène aujourd’hui à faire deux constats :

-         le premier est un clin d’œil à la Miss Blonde qui l’accompagnait : quand vous allez à Créteil et qu’on vous propose de vous prêter un GPS, il faut toujours accepter !!!

-         le second, qui est l’objet de ce billet est qu’une institution a spontanément émerger dans l’anarchie des transports routiers parisiens.

Cette institution est ce que l’on peut appeler la « voie motos », située entre la voie la plus à gauche et celle juste à coté si l’on regarde le marquage au sol.

Si on essaie d’interpréter ceci avec un modèle de théorie des jeux, on imagine alors que l’on est sur un modèle avec deux joueurs, les conducteurs de deux roues et les conducteurs de véhicule à quatre roues (ou plus pour les camions). Chaque joueurs, quelque soit sa catégorie, a pour objectif de se déplacer d’un point A à un point B le plus rapidement possible et sans subir de dégâts.

Les joueurs jouent alors un jeu de type « poule mouillée » où ils peuvent mettre en place les stratégies ”être agressif” et “être pacifique”.

Pour les conducteurs de voitures, être pacifique signifie laisser une place pour le passage des motos, et agressif renvoie à ne pas laisser de passage. En cas d’agressivité, le conducteur risque alors de se prendre des coups de pied dans sa voiture de la part du motard agressif.

Dans le cas des motards, être agressif renvoie à l’idée de profiter de l’espace qui est laissé par les conducteurs de voiture (quitte à mettre des coups de pieds) et être pacifique à respecter sagement le code de la route et à ne pas slalomer comme un malade.

Lorsqu’un motard agressif rencontre un automobiliste agressif, le résultat peut aller du coup de pied dans la portière à l’accident pur et simple, bref la chose qu’aucun des deux joueurs ne recherche.

Dans un tel jeu, la situation d’équilibre correspond à des interactions où l’un des joueurs sera agressif et l’autre pacifique. Dans une perspective évolutionnaire, une certaine proportion de la population se comportera alors de manière agressive et l’autre de manière pacifique. Cependant, dans le cas qui nous occupe, le point intéressant et que les deux types de joueurs peuvent être distingués et forment deux sous-population. Que sa passe-t-il dans ce cas ? Et bien, comme pour l’exemple de la discrimination où, lorsque l’on peut distinguer deux populations, l’une d’entre elle va “dominer” l’autre, sur le périph parisien les processus évolutionnaires ont fait émerger spontanément une institution : la “voie motos”, qui est la traduction du fait que tous les motards se comportent de manière agressive et tous les automobilistes de manière “pacifique”.


Si Chris Dillow inspire CH ; CH inspire la Miss des Villes

8 avril, 2009

CH, dans son coup de gueule du jour, se plaint implicitement du blocage du campus ce qui inspire une miss des villes, il faut l’avouer, peu inspirée par le lien entre qualité d’emploi et institutions sectorielles.

Bref, la qualité de l’emploi se définit fréquemment par rapport à la notion de “travail décent” définie ici par le directeur du BIT comme « un travail productif allant de pair avec la protection des droits et permettant d’obtenir un revenu suffisant et de bénéficier d’une protection sociale appropriée. Cette notion implique aussi un volume de travail suffisant dans la mesure où tout un chacun doit avoir pleinement accès à des possibilités d’emploi lucratif ». Dans ce cas, un travail décent s’articule autour de quatre piliers : l’emploi, la protection sociale, les droits des travailleurs et le dialogue social. La qualité de l’emploi, nécessairement multi-dimensionnelle, peut aussi être appréhendée en référence à la définition que lui a donnée la Commission européenne lors du sommet de Laeken, qui propose une approche de la qualité de l’emploi à partir de dix dimensions :

* la qualité intrinsèque de l’emploi

* l’éducation, formation et développement ce carrière

* l’égalité par genre

* la santé et la sécurité au travail

* la flexibilité et la sécurité

* l’insertion et l’accès au marché du travail

* l’organisation du travail et la conciliation vie familiale – vie professionnelle

* le dialogue social et la participation des travailleurs

* la diversité et la non-discrimination

* les performances globales du travail

Mais dans l’approche retenue par le sommet de Laeken ou par le BIT ; il semble manquer au moins une variable pour appréhender la qualité de l’emploi : l’adéquation du cadre de travail aux fonctions.

La faute à la fermeture totale de son campus, aujourd’hui, la miss des villes travaille seule dans son chez-soi (lieu de loisirs et de repos par excellence), sur un bureau plus ou moins bancal, son cercle social professionnel est aujourd’hui réduit à elle-même (hors MSN), ses possibilités d’accès à la des outils de travail son restreints puisque la BU est fermée… et bien elle trouve sa qualité d’emploi bien moindre aujourd’hui que d’habitude. Et comme l’a montré Gadrey en économie des services, qualité d’emploi et qualité de l’output sont liés… alors si l’on s’étonne de la faible qualité des productions de la Miss des villes (et de tout autre étudiant/doctorant de son campus) ce jour, il ne faut pas …


Novlangue VS Pandémonium

19 février, 2009

Ce combat se veut être un parangon de revue de presse qui ne parle pas du fond mais de la forme ; n’expose pas des faits mais pose des questions.

Ce soir, comme tous les soirs, la miss des villes lit la presse. Ce faisant elle a fait une grande découverte : le niveau de la langue française se relève grandement. Ainsi deux termes inhabituels dans les journaux ont sauté aux yeux de la miss des villes (et de CH) alors qu’elle prenait connaissance de l’évolution de la crise des universités (pour reprendre les termes des journaux). Cette bonne nouvelle devrait réjouir la miss des villes après une rude journée et pourtant… cela la laisse plutôt perplexe

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Conséquences vestimentaires de la crise ?

11 décembre, 2008

S’il y a bien une chose que la miss des villes adore ce sont les vêtements. Alors voila, quand la Miss des villes lit dans la newsletter du Monde que « la crise stoppe l’inflation de vêtements dans les placards féminins » elle se dit qu’elle doit 1) lire l’article et 2) partager ses réactions car le placard de la miss des villes est lui en pleine bulle spéculative ces derniers temps.

Alors, la Miss des villes est-elle une extraterrestre au pays des shoppeuses ?

L’article est en fait la présentation d’un sondage de l’Institut Français de la Mode dont les résultats sont une baisse de la consommation d’articles vestimentaires de 2% (en nombre de vêtements), ce qui représente une baisse de 3,4% du chiffre d’affaire du secteur par rapport à 2007.

Mais si l’on va plus loin, on constate que cette baisse n’est pas généralisée de la consommation ne l’est pas tant que cela puisque au total ce serait 54% des femmes qui n’auraient pas baissé leur consommation de vêtement (20% qui ont tenté sans y parvenir, 13% qui ont fait arbitrage nourriture vêtement au profit du shopping et 21% qui ne sont pas atteintes du tout). Cela conduit la miss des villes à chercher une explication chez ce bon vieux Keynes et les lois psychologiques fondamentales qui influent sur la consommation : le vêtement, et au-delà le nouveau vêtement peut-être considéré comme un bien de première nécessité dans la fonction de demande de biens des femmes. Ceci pour au moins deux raisons : 1) les vêtements nous tiennent chaud et nous habillent (c’est leur fonction première, mais cela ne suffit pas à faire des nouveaux vêtements un bien de première nécessité) et 2) l’achat de vêtements (et chaussures) agit comme un antidépresseur ou comme un « antidote à la morosité » par le plaisir à court terme que cela procure : l’achat de vêtement est donc un acte de soins sans ordonnance (et hélas non remboursé par l’assurance maladie).

Le fait d’acheter de nouveaux vêtements étant bon pour la santé et le moral des femmes, les vêtements deviennent de fait des biens de première nécessité : alors à quand un plan de relance public du moral des ménage par le remboursement des T-shirts,  pulls, manteaux, jeans et autres chaussures ???


Les conséquences sportives de la crise

5 décembre, 2008

S’il est désormais bien connu que la crise financière à des répercussions sur l’économie réelle, le site du Monde nous informe ce jour des premières conséquences sur le Sport de la crise financière : l’écurie Honda se retire de la Formule 1 dés la prochaine saison. « Cette décision difficile a été prise à la lumière de la dégradation rapide de l’environnement dans le secteur de l’industrie automobile, due aux subprimes américaines, au resserrement du crédit et à la récession des économies mondiales » (Takeo Fukui, Président de Honda Motor, dans LeMonde.fr).

Certes, la Formule 1 est un sport de prestige particulièrement coûteux (le Budget de Honda était de 294 millions de dollars) mais l’on peut craindre que la crise financière ait également des répercussions sur les ventes de place dans les stades pour les événements, ce qui pourrait in fine fragiliser la santé d’autres clubs sportifs.


Contagion 2

13 novembre, 2008

La miss des villes a été victime d’un phénomène de contagion proche de celui de C.H. mais cela ne la conduit pas  exactement à la même analyse de la situation. D’une part elle ne souffre pas  des mêmes symptômes, ce qui peut se traduire par une déformation de l’histoire mais aussi par une forme d’acceptation du récit différente : de la même manière que nous n’avons pas les mêmes anticorps car nous avons un historique médical différent, les individus n’appréhendent pas pareillement l’évolution des prix des actifs du fait de ce qu’ils ont déjà rencontrés comme événement auparavant.

Poursuivons l’analogie de CH entre contagion virale et crise économique en se plaçant dans leurs champs scientifiques : la médecine et la science économique, et interrogeons nous sur les solutions proposée à ces phénomènes de contagion.

Les crises financières et économiques ayant pour origine un phénomène de contagion, si elles sont plus rares que les épidémies de rhume, ne peuvent se soigner de la même manière à chaque fois car les institutions en place diffèrent. Les économistes peuvent néanmoins proposer des remèdes classiques tels que jouer avec les taux d’intérêt (dans le champ médical, on appelle ce remède classique du paracétamol – voir ici et ) mais leur efficacité sera variable.

De même en médecine, les phénomènes de contagion ne devraient pas se soigner de la même manière à chaque crise (ou épidémie de rhube / gastro / grippe) car le contexte est différent (ce ne sont pas les mêmes virus qui sont en place, mais des versions évoluées) et car les réactions des agents dépendront des anticorps dont ils disposent. Pour autant, le vaccin contre la grippe est chaque année un pari risqué aux effets incertains mais très rentable pour les labos qui le commercialisent.

Si l’on poursuit jusqu’à l’absurde notre raisonnement, le vaccin contre la grippe est assimilable au récit de l’évolution des prix des actifs : on nous raconte les intérêts de prendre une telle mesure (les prix vont monter / vous ne serez pas malade) mais sans nous en présenter les risques : les prix vont monter sous réserve que notre analyse soit bonne à long terme / vous ne serez pas malade, sous réserve que le vaccin soit fait avec la bonne évolution du virus de la grippe.

De ce point de vue (certes très simplificateur) les deux sciences sont assimilables, et pourtant …

Reproche-t-on aux économistes de ne pas être en mesure d’anticiper et de contrôler les phénomènes de contagion spéculative ? Oui… même si la plupart des économistes s’étaient affolés bien avant le mois de septembre des risques élevés de crise.

Reproche-t-on aux médecins de ne pas parvenir à contrôler les phénomènes de contagion ? Non… et pourtant au XXIème siècle, on ne sait toujours pas guérir un rhume par autre chose que « c’est viral, prenez 1g de paracétamol 3 fois par jour et du sirop pour la toux » et pourquoi pas « mettez vous au lit avec un bon grog … »


Après ACDC, doit-on créer ACDC-E ?

8 octobre, 2008

Pour un économiste, l’acronyme ACDC a deux significations : un groupe de rock et surtout Autres Chiffres Du Chômage. Le collectif « ACDC » a mis au grand jour l’inadaptation des chiffres de demandes d’emploi en fin de moi de catégorie 1 comme indicateur du chômage. La miss des villes s’interroge, ne faudrait-il pas également s’en prendre à d’autres indicateurs qui masquent la précarité ?

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Les liens du soir … publiés le matin (1)

1 octobre, 2008
  • On peut rire de tout, même de la campagne présidentielle américaine – c’est ici


700 milliard de dollars… et 75 000 suppressions d’emploi

30 septembre, 2008

Si CH. ne se lance pas (vendez, vendez!!) (note de C.H. : je l’ai fait entre-temps), la miss des villes va tenter le pari risqué d’une analyse de la situation économique actuelle (la miss des villes a reçu des consignes au boulot, elle doit garder le sourire, elle essaie de faire de même hors de ses heures de bureau, elle utilise donc des termes positifs).

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L’utopie Keynésienne n’a pas résisté au long terme… dommage

24 septembre, 2008

S’il y a un texte que la Miss des villes apprécie, c’est les « perspectives économiques pour nos petits enfants » (vous pouvez le trouver dans un recueil d’articles de Keynes, (2002), La pauvreté dans l’Abondance, Gallimard, pp. 103-119). Atteindre la félicité économique, c’est un objectif qui la fait rêver… Et la miss des villes aurait très bien pu être la (arrière) petite fille de Keynes.

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Everydays economics : réflexion sur le temps de cerveau disponible

22 septembre, 2008

Introduction par le maître des lieux : depuis le temps que je cherchais quelqu’un pour m’épauler dans cette difficile mais passionnante activité qu’est le bloguage, mon voeu est enfin exaucé. Je vous présente donc celle qui se fait appeler “Miss des villes” et qui, pour l’occasion, a concocté un billet plutôt décalé. Le premier d’une longue série…

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