Archives Mensuelles: novembre 2010

Note de lecture : "Beyond Individual Choice. Teams and Frames in Game Theory", de M. Bacharach

C.H.

Voici une note de lecture de l’ouvrage Beyond Individual Choice de l’économiste britannique Michael Bacharach, publié en 2006 chez Princeton University Press. Les travaux de Bacharach portent essentiellement sur les problèmes de coordination et de coopération dans un cadre d’interaction stratégique et se distinguent par leur caractère innovant. L’ouvrage devait normalement proposer une synthèse des travaux de Bacharach mais l’auteur est décédé en 2002 alors qu’il était en plein dans sa rédaction. Robert Sugden et Nathalie Gold ont pris l’initiative de collecter les morceaux de manuscrit rédigés par Bacharach et, à l’aide de ses notes et de ses articles, de compléter l’ouvrage pour lui donner un aspect ressemblant à ce qu’avait imaginé l’auteur lui-même. Lire la suite

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L’économie comme science : Rosenberg vs Levine

C.H.

Je suis tombé ce matin sur ce débat qui s’annonce intéressant entre Alex Rosenberg et David Levine au sujet du statut scientifique de l’économie. Cela date de l’an passé, quelques semaines après le fameux article de Krugman dans le NYT. Levine est l’un des principaux théoriciens des jeux en économie de ces 20 dernières années et est à l’origine d’importantes contributions sur les processus d’apprentissage individuels. Rosenberg est un philosophe des sciences, qui a pas mal écrit sur l’économie et également sur la biologie. J’avoue ne pas connaitre aussi bien ses travaux que je le devrait. Le tout à l’air intéressant (je n’ai écouté que le début) même si la qualité du son quand Levine s’exprime est vraiment médiocre ce qui rend la compréhension un peu ardue…

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A quoi sert l’économie ? Réponse aux commentaires

C.H.

Pas mal de commentaires suite à mon billet sur l’utilité de la science économique. Je répond par un nouveau billet, c’est un sujet qui en vaut la peine. A la relecture de mon précédent billet, je me rend compte que j’ai pu donner l’impression d’une position excessive en allant jusqu’à dire que l’économie "ne servait à rien". Mon opinion est plus nuancée et repose sur deux points :

1) oui, la théorie économique a pu être utilisé par des acteurs de la vie économique avec plus ou moins de succès mais cela reste marginal par rapport au volume considérable de travaux produit depuis disons la seconde guerre mondiale ;

2) quelque soit la portée pratique de la théorie économique, on ne peut juger de son intérêt uniquement par ce seul critère. Autrement dit, quand bien même la théorie économique n’aurait aucune application pratique, ça ne serait pas nécessairement gênant.

Fondamentalement, ces deux points sont également valables pour n’importe quelle autre science, notamment les sciences sociales. Quand je parle "d’utilité pratique" de la théorie éxonomique (ou de la science économique, ce qui revient au même car tout part de la théorie), j’exclu la question de son utilité pour les économistes eux-mêmes. Sur ce point, il ne fait aucun doute que l’économie sert à quelque chose. C’est même la raison d’être de la très grande majorité des travaux et c’est souvent ce qui permet d’évaluer en interne (dans le cercle académique) la pertinence d’une contribution. Je suis également d’accord pour dire que la théorie économique contribue à la formation d’un ethos, d’un ensemble de connaissances et de représentations très générales qui peuvent avoir une utilité pratique. Quand Pierre écrit "[l]a culture économique a un intérêt pratique. Rien qu’un niveau « Principles of economics » apporte des concepts généraux et une manière de penser, qui permettent déjà de repérer et de réfuter les innombrables énoncés faux que l’on entend partout",  je suis d’accord à 100%… à condition de ne pas surestimer la portée réelle de ces connaissances. Il y a là une question empirique : dans quelle mesure la possession de ces connaissances très générales modifie le comportement effectif des acteurs économiques ? Je n’en ai à vrai dire aucune idée. Sur ce point, on flirte également avec la question de la performativité des énoncés théoriques.

Ma réflexion initiale portait plus fondamentalement sur des applications directes de certains travaux théoriques qui ont ostensiblement modifié le comportement des agents (privés comme publics). Citoyen donne un certain nombre d’exemples. Il y en a certain pour lesquels je suis totalement d’accord  (l’influence de la théorie financière sur les marchés financiers est incontestable et est d’ailleurs l’objet d’étude privilégié de tous ceux qui travaillent sur la performativité, d’accord également concernant l’impact de l’économie industrielle sur le droit de la concurrence), d’autres où je suis nettement plus sceptique (par exemple sur l’impact de la théorie des jeux sur le management des entreprises, concernant les banques qui emploient des PhD, je crois que c’est plus une explication en termes de signal qu’en termes de capital humain). Le problème avec ces exemples est qu’il y a une frontière mince et difficile à voir entre la science économique qui décrit, explique et rationalise ex post des phénomènes observés et la science économique qui prescrit et induit certains comportements. Il y a beaucoup de pratiques (je pense notamment aux dispositifs incitatifs dans les organisations) qui n’ont pas attendu les enseignements économiques (en l’occurence la théorie de l’agence) pour se développer. Cela fait bien longtemps que les sociétés humaines ont trouvé des moyens de remédier avec une certaine efficacité aux asymétries d’information, bien avant que la science économique n’ait de chose à dire à ce sujet. Cela est surtout vrai pour les acteurs privés qui, généralement, lorsqu’ils mobilisent les enseignements de la théorie économique s’arrêtent aux grandes généralités. A ce titre, lire la section sur la théorie des jeux dans les grands ouvrages de management stratégique est généralement très amusant. La théorie des jeux n’a pas plus d’utilité pratique pour le chef d’entreprise qu’elle n’en a pour le joueur de poker qui n’a pas attendu von Neumann pour comprendre que le bluff est parfois une bonne stratégie…  

Les choses sont un peu différentes avec les acteurs publics. Incontestablement, les Etats ont fait usage de la théorie économique depuis 60 ans. Les économistes ne sont pas toujours complétement écoutés mais il y a des exemples retentissants de mise en application de la théorie. Je conviens tout à fait de cela. Mais, sur ce plan, je rejoins Elvin en me posant la question du caractère utile (et non de l’utilisation) au sens positif du terme de la théorie. Il y a eu quelques succès (les mécanismes d’enchères publiques par exemple) et beaucoup d’échecs (les préconisations du FMI et de la Banque mondiale pendant les années 80 et 90 par exemple, qui étaient basées sur une interprétation erronée de la théorie). On retombe sur le même problème que plus haut : oui la théorie économique peut avoir une utilité pratique mais il ne faut surtout pas la surestimer, sous peine de dégâts. Il est extrêmement difficile de passer du monde des modèles, de ses hypothèses simplificatrices et de ses tests statistiques/économétriques plus ou moins précaires au monde économique réel, avec toutes ses variables et ses contingences. C’est un peu le message de gens comme Rubinstein et Easterly. Cela s’applique à plus forte raison à l’économie comportementale et au "paternalisme libéral" de Thaler and Co (tous les économistes de cette branche ne vont pas dans ce sens bien sûr). C’est exactement ce que déononce l’auteur du billet sur le blog "The Leisure of the Theory Class" : à partir de quelques expériences très spécifiques, où l’on met les individus dans des situations très particulières, on annonce de grandes conclusions et on ambitionne de bâtir des politiques publiques. C’est extrêmement héroïque (qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit : l’économie comportementale c’est très intéressant et certainement l’avenir de la discipline) et pose, au-delà du problème de la pertinence, une question de légitimité.

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A quoi sert l’économie ?

C.H.

Eilon Solan du blog The leisure of the Theory Class explique dans un intéressant billet pourquoi il n’aime pas les études expérimentales en économie. En substance, toute expérimentation débouche sur des conclusions fortement contingentes, qui ne sont valables que pour un contexte hautement artificiel et ne peuvent être généralisés au monde économique réel. Cette critique n’est pas nouvelle, loin de là mais, comme le fait remarquer un commentateur à la suite de ce billet, on peut aussi la généraliser aux travaux théoriques. Solan le reconnait volontier et indique que l’économie théorique n’a pas vocation à produire des connaissances "utiles" ayant des applications dans le monde réel.

Cela pose une question fondamentale : quelle est l’utilité – sociale – de la science économique ? L’économiste Ariel Rubinstein est connu pour défendre une position radicale à ce sujet : l’économie n’a pas à avoir une utilité sociale particulière. La théorie des jeux, par exemple, n’a non seulement d’après Rubinstein aucune implication normative et surtout aucune réelle portée empirique. La théorie des jeux est plutôt une sorte de petite soeur de la logique. Cette position extrême a une vertu : celle de contrebalancer la thèse inverse de ceux qui veulent faire croire (souvent parce qu’ils y ont intérêt) que ce qu’enseigne la science économique peut permettre d’améliorer le monde, ou à tout le moins la situation de quelques uns. La vérité, c’est que la prescription est certainement le domaine dans lequel les économistes ont toujours eu le moins de succès. Contrairement à ce que prétendent certains détracteurs de la science économique, cela n’atténue pas le caractère scientifique de l’économie, cela rappelle juste qu’on ne saurait évaluer une science entièrement sur la base de sa portée pratique. 

Il faut en plus relativiser ce dernier point : ces dernières années ont été le témoin d’une application plutôt réussie du mechanism design comme par exemple la construction des dispositifs d’octroi des licences de téléphonie mobile dans plusieurs pays européens. Fondamentalement, je suis toutefois plutôt d’accord avec Rubinstein : il y a finalement extrêmement peu de connaissances produites par la science économique dont on pourrait vanter l’utilité sociale et ce n’est pas grave : l’économie fait d’abord partie d’un patrimoine culturel et s’est en vertu de sa contribution à l’enrichissement de ce patrimoine qu’elle a une justification (si tant est qu’il en faille une). Mais cela pose bien sûr une question délicate : si l’économie est "inutile" socialement parlant, comment justifier son mode de financement public ? On pourrait adopter la même justification que pour le financement des activités artistiques (quelle est cette justification d’ailleurs ?) mais cela revient à mettre au même plan science et art, ce qui ne serait pas du goût de tout le monde. Finalement, si les économistes se sentent souvent le besoin de préciser, directement ou indirectement, l’utilité de leur discipline, c’est précisément parce qu’une partie (de plus en plus importante) des financements est soumise à une certaine condition d’utilité qui est de facto instaurer par les financeurs privés et même publics. Cela conduit les économistes à vouloir donner à leurs travaux une portée pratique qu’ils n’ont pas. C’est une situation sous-optimale et même paradoxalement dangereuse : cela conduit à faire parfois des préconisations pratiques qui n’ont pas lieu d’être, uniquement pour justifier de l’utilité sociale des travaux.

C’est un sujet qui me concerne évidemment d’autant plus étant donné mes thèmes de recherche pour lesquels le spectre des applications pratiques tend vers 0 (est égal à 0 même). On m’a plusieurs posé la question de l’utilité de mes travaux (questions venant de non économistes) et, à chaque fois, la réponse était "fondamentalement, à rien à part enrichir notre connaissance". En soi, c’est une forme d’utilité et je ne suis pas sûr que l’utilité de la très grosse majorité des travaux en sciences sociales dépasse ce sens très large de l’utilité. Pour en revenir à l’économie expérimentale/comportementale, il y a un danger particulier lié à ce champ : celui de faire croire que parce que les connaissances sont expérimentalement (ce qui, dans la tête de beaucoup de gens, est synonyme de scientifiquement) produites, elles ont une validité empirique et pratique plus grande. La tentation est effectivement grande de vouloir tirer des conclusions fortes de certaines expériences. Mais en fait, la portée pratique de ces travaux est peut être encore plus faible que celle des travaux théoriques. Ces derniers ont au moins pour eux d’avoir une certaine portée généralisante à défaut d’aboutir à des conclusions "vraies".  

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Les liens du matin (72)

C.H.

* "Radical innovation rarely comes from within" – John Kay, The Financial Times

* "Hobbes in context" – Daniel Little

* "Some thoughts on the Gauti Eggertsson and Paul Krugman paper" – Worthwile Canadian Initiative

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L’évolution de la coopération

C.H.

Pas beaucoup de temps pour bloguer en ce moment (j’en reviens presque à regretter le temps où je n’avais qu’une seule chose - la thèse -, certes lourde, à gérer à la fois !) mais je vais quand même essayer de maintenir un rythme acceptable. En attendant la production de billets avec plus de substance, je sors d’une lecture d’un intéressant working paper de Robert Sugden et Sergio Beraldo qui propose un modèle simple et novateur pour rendre compte de l’émergence de la coopération. La nouveauté du modèle est qu’il adopte le cadre d’un dilemme du prisonnier mais avec l’hypothèse que les agents ont la possibilité de ne pas prendre part à l’interaction. Il est intéressant de voir comment l’introduction de cette hypothèse – qui est plausible tant chez les animaux et les sociétés humaines – modifie le résultat habituel, puisqu’ici un niveau non nul de coopération est en permanence maintenu dans le cadre d’un processus cyclique. L’idée est assez basique : quand il y a beaucoup de coopérateurs, faire défection devient évolutionnairement avantageux. Lorsque la défection se généralise au-delà d’un certain niveau, le mieux est de ne pas prendre part à l’interaction. Une seconde hypothèse est introduite pour permettre l’extension de la coopération : les gains résultant de la coopération mutuelle sont incertains et peuvent dépasser la défection unilatérale (le jeu n’est alors plus un dilemme du prisonnier). Cet élément stochastique fait qu’il peut être intéressant de coopérer, ce qui relève à la fois le taux de coopération et le taux de participation, entrainant un nouveau cycle.

Le papier est également intéressant pour la discussion qu’il propose de récents modèles en biologie et économie s’intéressant aux mécanismes d’évolution de la coopération. J’ai commencé à regarder certaines des références. Pour ceux que cela intéresse, voici celles qui me paraissent les plus dignes d’intérêt (les papiers sont dispo sur demande) :

* T. Clutton-Brock (2002), "Breeding Together: Kin Selection and Mutualism in Cooperative Vertebrates", Science’s Compass.

* T. Clutton-Brock (2009), "Cooperation between non-kin in animal societies", Nature.

* C. Hauert et al. (2002), "Volunteering as Red Queen Mechanism for Cooperation in Public Goods Games", Science.

* B. Hermann et al. (2008), "Antisocial Punishment Across Societies", Science.

* O. Leimar et P. Hammerstein (2001), "Evolution of cooperation through indirect reciprocity", Proceedings of the Royal Society.

* M. Nowak et K. Sigmund (2005), "The Dynamics of Indirect Reciprocity", working paper.

* L. Worden et S. Levine (2007), "Evolutionary escape from the prisoner’s dilemma", Journal of Theoretical Biology.

Sur un plan méthodologique, il est intéressant d’observer l’isomorphisme entre les modèles économiques et les modèles biologiques sur l’évolution de la coopération. Comme le notent Sugden et Beraldo, il y a eu un intéressant mouvement de balancier : les modèles évolutionnaires ont d’abord été développé en biologie et ont été assez rapidement importé en économie. Les économistes ont développé leurs propres modèles… qui sont aujourd’hui repris par les biologistes. La question mériterait d’être examinée de manière plus approfondie notamment concernant les modèles de signalement. Il y a une bonne étude à la fois historique et analytique à faire sur la manière dont économistes et biologistes ont utilisé le même cadre formel pour étudier ces phénomènes. D’ailleurs si certains lecteurs ont des références économiques (hormis Spence, 1974) et biologiques sur les modèles de signalement, cela m’intéresse. Par ailleurs, cela va dans le sens de mon papier sur les jeux évolutionnaires comme cadre purement formel dénué de contenu substantif et assimilable à une généralisation du darwinisme même si, à ce jour, je n’ai pas encore réussi à convaincre une revue de le publier (je ne désespère pas !). 

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Les JECO : du bon… et du moins bon

C.H.

Les Journées de l’Economie se déroulent actuellement à Lyon. Il y a quelques innovations, avec notamment la remise d’un prix du meilleur billet de blog économique. C’est incontestablement une excellente initiative. Il y a aussi du moins novateur et surtout du moins bon avec la n-ième enquête sur les connaissances économiques des français. Tous les ans, on vient nous expliquer que les français sont nuls en économie parce que moins de la moitié des répondants est capable d’estimer le revenu médian. Tous les ans, on est obligé de répondre en expliquant que ce type d’enquête n’a qu’un intérêt limité.

Déjà, avant de conclure que les français sont nuls en économie, il serait bon de faire des comparaisons avec les résultats d’enquêtes similaires menées dans d’autres pays (s’il n’y en a pas, il faudrait peut être se poser des questions…). La médiocrité, c’est d’abord relatif avant d’être absolue. Mais surtout, quand je lis cette remarque très intelligente de Michel Camdessus qui s’étonne que les personnes qui ont suivi des études d’économie fassent à peine mieux que les autres, je m’étrangle :  "Seulement un point d’écart! J’ai bien envie d’interroger mes amis du Ministère de l’Education Nationale à ce sujet". Je vais être méchant, mais c’est l’une des remarques les plus stupides que j’ai lu depuis un moment. Déjà, on pourrait faire remarquer qu’il y a quelques années des étudiants d’économie s’étaient mobilisés pour dénoncer l’absence de prise en compte des faits économiques dans l’enseignement de l’économie dans le supérieur. Or, le questionnaire dont on parle porte uniquement sur des faits économiques. Il y a donc peut être un problème avec l’enseignement de l’économie, mais pas le problème que l’on croit.

Plus fondamentalement, mais j’ai l’impression de me répéter (avec d’autres) : l’économie, avant d’être des faits (et la "science du domestique", expression que Camdessus devrait copyrighter !!) , c’est un mode de raisonnement, un mode d’appréhension des phénomènes économiques et sociaux. Est-ce qu’il est vraiment étonnant que des personnes dont les études d’économie peuvent remonter à 5, 10, 20 voire 30 ans ne connaissent pas certaines données économiques qui, par définition, ont changé depuis que ces personnes ont fait leurs études ? S’il y a un responsable, ce n’est pas les enseignants mais plutôt les médias français dont la médiocrité (relative, il suffit de comparer avec The Economist  ou The Financial Times) en matière de traitement de l’information économique ne cesse d’être réaffirmé. Pour être honnête, les politiques ont aussi une part de responsabilité, eux qui ne cessent d’utiliser le mensonge économique pour défendre leurs idéologies (et leurs intérêts personnels) et dont les propos sont relayés généralement de manière complaisante par les médias.

Peut-être les français sont-ils réellement nuls en économie. Mais cela reste à prouver par une vraie étude comparative qui intègre ce que tout économiste sait : l’économie, c’est d’abord un raisonnement et la compréhension de mécanismes avant d’être la connaissance de données brutes. Et que l’on arrête de se tromper de cible pour expliquer la supposée médiocrité économique des français. Finalement, ce qui reste le plus déplorable, c’est que cette "enquête" soit présentée dans le cadre des JECO. A la réflexion, c’est assez inquiétant…

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Les liens du matin (71)

C.H.

* "How the Lock-In Movement Went Off the Tracks" – Stan Liebowitz et Stephen Margolis

* "The scientific method fallacy" – Orgtheory.net

* "Why the Tea Party is bad news for globalization" – Dani Rodrik

* "Even a filthy habit deserves a fair hearing" – John Kay, The Financial Times

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Raisonner comme un économiste, un signe d’intelligence ?!

C.H.

C’est la conclusion à laquelle arrive cette étude de Bryan Caplan et Stephen Miller (résumé ici). Voici l’abstract (note : je n’ai pas lu le papier) :

"Education is by far the strongest predictor of whether a non-economist will share the economic beliefs of the average economist. (Caplan, 2001) Is the effect of education as large as it seems? Or is education largely a proxy for cognitive ability? Using data from the General Social Survey (GSS), we show that the estimated effect of education sharply falls after controlling for intelligence. In fact, education is driven down to second place, and intelligence replaces it at the top of the list of variables that make people "think like economists." Thus, to a fair degree education is proxy for intelligence, though there are some areas—international economics in particular—where education still dominates. An important implication is that the political externalities of education may not be as large as they initially appear".

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Normes sociales, émotions et crédibilité des engagements

C.H.

Tim Harford propose un intéressant billet dans lequel il revient sur le jeu de l’ultimatum. Rappelons le principe rapidement : un premier joueur, que l’on appellera Bobby, se voit remettre une somme d’argent v dont il doit décider de la manière de la partager avec un second joueur, Jimmy. Bobby propose une somme x à Jimmy avec x étant compris entre 0 et v. Une fois la proposition faite, Jimmy a deux options : ou bien il accepte la proposition, auquel cas il gagne x tandis que Bobby gagne u = v – x ; ou bien il refuse, et alors les deux joueurs repartent avec un gain nul. Si les deux joueurs sont rationnels (et que cela est connaissance commune) et qu’ils ne maximisent que les gains monétaires, alors Bobby proposera la plus petite somme x* > 0 possible et Jimmy acceptera. La théorie prédit donc que, dans le jeu de l’ultimatum, celui qui joue en premier va gagner substantiellement plus que celui qui joue en second. En fait, les nombreux test expérimentaux montrent qu’il n’en est rien, puisque l’on constate que généralement la somme proposée tourne autour de x = v/2 et que les offres plus faibles sont fréquemment rejetées par les joueurs qui jouent en second. Lire la suite

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Les liens du matin (70)

C.H.

* "No Man Is an Island, Updated" – Ed Glaeser, Economix.

* "Inégalités Hommes/Femmes : dans les têtes et dans les agendas" – Comprendre

* "Facebook, le prix de l’essence et le rôle de l’approbation" – Expeconomics

* "QE2 is risky and should be limited" – Martin Feldstein, The Financial Times

* "Torture and the Theory of Second-Best" – Cheap Talk

 

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