C.H.
M’intéressant actuellement à toute la littérature autour de la question de la coévolution entre institutions et préférences, je suis tombé hier sur ce papier assez fascinant de Sam Bowles. L’article discute de la thèse dite du libéralisme parasite que l’on peut résumer simplement ainsi : nos économies modernes reposent essentiellement sur le marché pour définir l’allocation des ressources. Etant donnée la nature des relations marchandes (impersonnalité, non durabilité des relations), leur développement nécessite la présence d’un certain nombre de normes et de valeurs favorisant la confiance, l’honnêteté, la loyauté etc. Ces normes et valeurs trouveraient leur origine dans les sociétés traditionnelles dans lesquelles les relations économiques étaient essentiellement assises sur des rapports non marchands (famille, clan, tribu). Or, et c’est ici le cœur de la thèse du libéralisme parasite, le développement de l’économie de marché et des rapports marchands tendraient à affaiblir ces normes et valeurs précisément parce que le marché entraîne une dislocation des anciennes relations sociales. Autrement dit, l’économie de marché scierait plus ou moins la branche sur laquelle elle est assise ou, dit de manière plus technique, les institutions de l’économie de marché seraient « auto-affaiblissantes ». Lire la suite →
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Tagué Economie des institutions