Archives Mensuelles: janvier 2010

Help – my english is too bad

Je sollicite les lecteurs pour me donner un petit coup de main sur mon anglais misérable : j’ai un papier sur Veblen et le darwinisme généralisé qui est accepté par le Journal of Economic Issues mais on me demande de faire encore quelques corrections en anglais… Les profs d’anglais de ma fac sont assez pris et j’aimerais faire les corrections rapidement. Si une bonne âme est prête à me donner un coup de main… A priori, le gros du travail est fait (les rapporteurs n’avaient rien dit de particulier concernant l’anglais sur la première version) mais il doit rester par-ci par-là quelques fautes que je n’arrive pas à voir.

Ceux qui se sentent d’humeur altruiste peuvent me contacter à l’adresse suivante :

rationalite.limitee@free.fr

La récompense ? Ma gratitude et pourquoi pas une mention dans les remerciements. C’est pas énorme mais bon…

Edit : merci à ceux qui ce sont proposés pour leur aide. Je pense que cela devrait largement le faire !

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Hayek vs Keynes : The Battle

C.H.

Bon, j’étais très sceptique (pour ne pas dire plus) que j’ai lu des choses sur ce projet il y a quelques mois… De plus, c’est un peu "one-sided" (normal vu que Russ Roberts qui est à l’origine de ce clip). Enfin, je n’aime pas le rap. Mais cette vidéo fait quand même gentillement sourire et les paroles sont pas mal recherchées :

Edit : les paroles sont ici.

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Saillance et évolution des conventions

C.H.

Article assez amusant dans The Economist sur le calendrier décimal. Institué en France à l’issue de la Révolution en même temps que le système métrique à la fin du 18ème siècle, ce calendrier a été abolie par Napoléon en 1806. Alors que le système métrique est devenu le système de mesure international, le calendrier décimal lui n’a jamais vraiment réussi à s’institutionnaliser. On pourrait croire qu’il s’agit d’un nouvel exemple de l’impossibilité du constructivisme, que toute tentative de modifier les institutions « par le haut » serait vouée à l’échec. C’est en parti vrai, mais pas totalement puisque, comme le prouve le cas du système métrique, une telle tentative peut parfois aboutir. Une explication alternative peut être éclairante. Lire la suite

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The Thing That Should Not Be

C.H.

L’épistemologie économique (en anglais, economic methodology) est souvent considérée comme une bizarerie au sein de la science économique (avec l’histoire de la pensée d’ailleurs), une discipline de nature à générer des réflexions n’ayant aucune pertinence du point de vue de ceux qui font de l’économie "pour de vrai". Faisant partie de ceux à qui il arrive de réfléchir et d’écrire des choses ayant un rapport avec les questions d’épistémologie, je reconnais qu’il y a un risque réel de tomber dans une pensée abstraite dénuée de la moindre pertinence pratique. Paraphrasant ces grands philosophes que sont les membres de Metallica, l’épistémologie économique est-elle donc cette chose qui ne devrait pas être ?

Je suis (re)tombé ce matin sur ce petit texte de Roger Backhouse, spécialiste du sujet évidemment, qui pourrait faire changer d’avis ceux qui pensent cela. En substance, comme le montre Backhouse, parler de méthodologie pour elle-même ne sert peut être à rien… sauf que l’on est inévitablement conduit à en parler. Tous les raisonnements des économistes sont imprégnés de présupposés philosophiques et méthodologiques, implicites ou explicites, qui conditionnent le discours scientifique. Une théorie, un modèle, une étude empirique, est toujours méthodologiquement orienté. A tel point que la frontière entre discussion méthodologique et discussion théorique est parfois mince, voire inexistante.

Là où il est permis d’être plus sceptique, c’est sur le fait que l’épistémologie économique se soit constituée en une sous-discipline autonome, dotée par exemple d’une revue dédiée. Par ailleurs, les individus (pour les plus brillants en tout cas) qui se spécialisent dans ce domaine ne gaspillent-ils pas leurs ressources intellectuelles ? On peut répondre à cela qu’il s’agit, comme toujours, d’un problème d’avantages comparatifs et que la spécialisation  est un moyen d’approfondir la division du travail. Cependant, le corrolaire indispensable à la division du travail est l’échange. Comme l’a écrit Bruce Caldwell, un bon épistémologue de l’économie devrait toujours être en parallèle un historien de la pensée fin connaisseur d’un courant en particulier ou un praticien dans un champ de recherche particulier. Mais l’inverse est peut être vrai également : un bon économiste "praticien" devrait avoir quelques compétences philosophiques ou historiques en rapport avec sa discipline. D’ailleurs, et ce n’est pas un hasard, les meilleurs ont dans leur grande majorité ces compétences.

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Ecrire c’est comme jouer au golf

C.H.

C’est en tout cas la thèse défendue par ce billet de Brayden King sur Orgtheory.net. J’en conseille la lecture notamment à ceux qui compte se lancer dans une thèse et faire de la recherche en sciences sociales. Une idée notamment me parait essentielle : l’écriture, c’est largement une affaire de "learning by doing". C’est la pratique qui permet d’améliorer son style, sa capacité à structurer son raisonnement, à rendre sa pensée intelligible pour les lecteurs.

Quand on écrit un article scientifique (ou une thèse), on a parfois tendance à oublier que l’on écrit pour les autres. Et on oublie souvent combien une idée, même intéressante, sera incomprise si elle est mal exposée. Je crois qu’il n’y a rien de plus frustrant que de présenter un papier en colloque/séminaire ou de le soumettre à une revue et de se rendre compte, au moment de la discussion ou à la lecture des rapports, que l’on a mal été compris. Souvent, on aura tendance à en rejeter la faute sur ses interlocuteurs, en oubliant qu’on a peut être une grande part de responsabilité. Tous ceux qui ont un peu d’expérience en la matière savent par ailleurs que la passage de l’élaboration "en abstrait" d’une idée qui parait bonne et claire à sa formalisation à l’écrit est délicate et peut même parfois engendrer une forme de blocage. Le doctorant qui repousse sans cesse la phase d’écriture de sa thèse "pour compléter sa bibliographie" est souvent victime de ce syndrôme.

En ce qui me concerne, même si l’écriture n’a jamais été vraiment un gros problème, le fait d’ouvrir un blog a été incroyablement fructueux. Cela m’a amené à écrire quasi-quotidiennement et à faire un effort régulier de structuration de mes réflexions. Certes, cela m’a pris du temps matériel (5 à 10 heures par semaine tout compris : lecture, écriture, réflexion), mais au bout  compte je pense que ça s’est avéré rentable.

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La réflexion du jour

C.H.

C’est ce passage d’une interview de Richard Thaler par John Cassidy :

Cassidy :

I spoke to Cochrane. He said the problem with behavioral economics is it is too flexible—you can use it to explain anything. He also pointed out that Robert Shiller has been calling for economics to incorporate psychological insights for thirty years, but little progress has been made.

Thaler :

 [Cochrane] has a model explaining why, during the Internet bubble, the prices of Palm and 3Com were rational. Rational models are one hundred per cent flexible. If you allow time-varying discount rates, there is no discipline whatsoever. If you look at what happened to tech stocks and then to real estate, and you say maybe there wasn’t a bubble—where is the discipline in that?

Indeed.

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The Future of Economics

Le titre de ce billet est le même que celui d’une récente communication de D. Wade Hands, spécialiste de philosophie économique et accessoirement auteur de cet ouvrage de référence sur les rapports entre philosophie des sciences et économie. Hands propose une réflexion sur les dernières évolutions de la microéconomie, en se concentrant plus particulièrement sur les développements de l’économie comportementale et expérimentale. L’avènement de ce courant de recherche a eu pour effet de remettre considérablement en question la pertinence de la théorie du choix rationnel (comprendre : la théorie de l’utilité espérée le plus souvent resituée maintenant dans le cadre d’interactions stratégiques) sur laquelle s’est construite toute l’analyse économique moderne depuis au moins Pareto. Même si Hands se garde bien de faire des prédictions, il évoque une conséquence possible de cette évolution : le passage d’une science économique dominée par un cadre théorique unifié à une discipline marquée par une pluralité d’approches, plus ou moins compatibles et reliées entre elles. Lire la suite

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L’école de Chicago après la crise

C.H.

Série d’interviews qui s’annonce passionnante faite par John Cassidy auprès des principales figures actuelles de "l’école de Chicago" : Heckman, Becker, Cochrane, Posner, Fama. Je n’ai lu pour l’instant que celle de Cochrane qui est assez instructive quant à la manière dont ces économistes interprètent l’hypothèse d’efficience des marchés.

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De la sélection à l’entrée des établissements scolaires

C.H.

A l’heure de la polémique sur l’instauration de vrai/faux quotas d’étudiants boursiers dans les grandes écoles, cet article me semble intéressant :

"Friedman (1962) argued that a free market in which schools compete based upon their reputation would lead to an efficient supply of educational services. This paper explores this issue by building a tractable model in which rational individuals go to school and accumulate skill valued in a perfectly competitive labor market. To this it adds one ingredient: school reputation in the spirit of Holmstrom (1982). The first result is that if schools cannot select students based upon their ability, then a free market is indeed efficient and encourages entry by high productivity schools. However, if schools are allowed to select on ability, then competition leads to stratification by parental income, increased transmission of income inequality, and reduced student effort—in some cases lowering the accumulation of skill. The model accounts for several (sometimes puzzling) findings in the educational literature, and implies that national standardized testing can play a key role in enhancing learning".

Le modèle du papier est présenté ici.

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Economie et psychologie : une longue histoire

C.H.

Les relations de la science économique avec la psychologie sont assez complexes et tumultueuses. Alors que nos comportements dans le cadre d’interactions économiques sont inévitablement assis en partie sur des ressorts psychologiques (comme tous nos comportements tout court), les économistes ont eu comme principal souci durant la première moitié du 20ème siècle, alors que la discipline cherchait à asseoir son caractère scientifique, d’émanciper l’analyse économique de toute considération psychologique, de montrer que l’économie était autonome par rapport à la psychologie. Cela n’est d’ailleurs pas seulement vrai en économie. Max Weber, dans son difficile mais clairvoyant article de 1904 sur l’objectivité des sciences sociales, avait également compris que « l’homme économique » n’était qu’un idéaltype, de même que n’importe quelle autre conceptualisation de l’action humaine en sciences sociales. Dans cet article, Weber est même allé plus loin : non seulement, l’économie ne dépend pas de la psychologie dans la construction de ses hypothèses et de ses théories, mais c’est même l’inverse. En effet, pour Weber, une chose est sûr :  « c’est qu’on ne fait pas de progrès en allant de l’analyse psychologique des qualités humaines vers celles des institutions sociales, mais qu’au contraire l’éclaircissement des conditions et des effets psychologiques des institutions présuppose la parfaite connaissance de ces dernières et l’analyse scientifique de leurs relations ».

L’histoire « officielle » des rapports entre économie et psychologie est la suivante : au 19ème siècle, l’économie marginaliste, en contradiction avec l’approche axiomatique et déductive des économistes classiques comme John Stuart Mill, s’est construite sur la base d’hypothèses se voulant être des lois psychologiques. La loi de Weber-Fechner sur la relation entre la magnitude d’un stimuli et sa perception par l’individu ou les lois de Gossen notamment sur la décroissance de l’utilité marginale ont servi de socle au cadre théorique marginaliste. De manière générale, le marginalisme s’est construit sur la base de la proximité de la philosophie utilitariste et de cette idée que les individus cherchent à maximiser leurs plaisirs et à diminuer leurs peines. Toujours selon l’histoire officielle, c’est au début du 20ème siècle que des économistes comme Pareto ou Robbins vont remettre en cause les fondements psychologiques de la théorie économique. Cela s’est notamment caractérisé par un abandon des préférences cardinales au profit des préférences ordinales ainsi que par un rejet des comparaisons interpersonnelles d’utilité. Le rejet ultime de la psychologie interviendra avec l’élaboration par Samuelson de la théorie des préférences révélées qui dispense l’économiste de tout questionnement sur les processus psychologiques internes : en parfaite adéquation avec le positivisme logique et le behaviorisme de l’époque, Samuelson que seuls les phénomènes observables relèvent de l’enquête scientifique. Lire la suite

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L’effet Samuelson

Comme tous les ans à la même époque, l’American Economic Association organise son grand colloque qui cette année se déroule à Atlanta. Beaucoup de choses intéressantes évidemment (voir le programme) et notamment ce papier de David Colander et Casey Rothschild. Le papier raconte comment les travaux de Paul Samuelson dans les années 40 ont considérablement modifié la manière d’appréhender et d’enseigner l’économie comme discipline. Les héritiers de Samuelson auraient par la suite propagés une vision de la science économique centrée sur le concept d’équilibre stable et auto-correcteur unique aux antipodes de la vision marshalienne (dont Samuelson était lui-même l’héritier) certes fondée sur l’usage des mathématiques, mais soulignant l’importance de la dynamique non linéaire dans le fonctionnement du système économique.

Colander et Rotschild montre comment cette vision "post-samuelsonnienne", après avoir fortement marquée la recherche en économie, s’est diffusée dans le discours pédagogique et de vulgarisation, que ce soit des manuels, de la presse ou des livres d’économie "grand public". Si l’économie académique a commencé à abandonner cette vision dans les années 70 et 80, les auteurs estiment que l’enseignement de l’économie est encore trop centré sur l’idée d’équilibre auto-correcteur unique, ignorant largement les apports de la théorie des jeux et de l’économie de la complexité. Cet enseignement conduirait à une appréhension erronée du fonctionnement du système économique dont la caractéristique première serait vue comme étant la stabilité et la prévisibilité. Les auteurs proposent différentes pistes pour changer cet état de fait, comme par exemple initier plus tôt les étudiants à la théorie des jeux où à l’utilisation de l’agent-based modeling.

Je suis largement en accord avec le propos des auteurs. Bien que ne faisant pas de cours/TD de microéconomie proprement dit, je fais depuis 5 ans des TD d’introduction à l’analyse économique dans lesquels j’aborde de manière assez approfondie la théorie du consommateur et la théorie du producteur. Je m’arrange toujours pour évoquer aux étudiants la microéconomie plus moderne. Cette année, je leur ai par exemple présenté le modèle de ségrégation de Shelling et rapidement parlé de la théorie des jeux. Il me semble que ce sont des choses qui parlent beaucoup plus aux étudiants. Au risque de radoter, le manuel de microéconomie de Bowles (qui est d’ailleurs mentionné par Colander et Rotschild) me semble parfaitement correspondre à cette idée d’enseigner aux étudiants une microéconomie plus en phase avec ce qui se fait aujourd’hui au niveau de la recherche. Il reste malgré tout un problème d’arbitrage : enseigner de la microéconomie "évolutionnaire" et initier les étudiants aux résultats de l’économie comportementale/expérimentale est très intéressant et peut permettre de transformer la vision "populaire" du fonctionnement de l’économie. Mais les cours de microéconomie classique introduisent aussi à des concepts essentiels : coût d’opportunité, biens publics, externalités, etc. Si l’enseignement de la (micro)économie (je n’ai pas parlé de la macroéconomie, mais Colander et Rotschild en parlent également) doit être repensé, définir son contenu n’est pas si simple que ça.

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Dans le dernier numéro de la "Revue de Philosophie Economique"

C.H.

Le dernier numéro de la Revue de Philosophie Economique vient de paraître. Vous pouvez y trouver faite par mes soins une recension de l’ouvrage d’Avner Greif, Institutions and the Path to the Modern Economy. Je peux l’envoyer à ceux que ça intéresse, il suffit de me contacter par mail…

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Note de lecture : "Natural Justice" de Ken Binmore (2/2)

C.H.

Seconde partie de la note de lecture sur l’ouvrage de Ken Binmore :

Discussion

Il est peu de dire que la thèse tant que le style de Binmore sont de nature à susciter la discussion. La manière dont l’auteur a de disqualifier certaines thèses ou certains auteurs peut être assez irritante à la longue (plus dans les deux gros volumes de 1994 et 1998 où les répétitions s’enchaînent que dans cet ouvrage du reste). L’argument d’ensemble est très intéressant mais il y a de très nombreux points de la démonstration qui peuvent être contestés tant ils reposent sur des fondements fragiles. Je résumerai mon point de vue sur la thèse de Binmore ainsi : j’étais déjà largement convaincu par la conception « naturaliste » de la justice que l’on trouve chez Hume et selon laquelle l’éthique et la morale sont des conventions produites par un processus d’évolution et sont relatives dans le temps. Si l’on veut comprendre les standards de justice qui régulent une société, il faut s’intéresser aux processus qui font émerger une certaine conception du juste et du bien à un moment donné dans une société donnée. Cette appréhension « scientifique » de la justice est bien plus pertinente que le point de vue rationaliste consistant à vouloir déduire d’axiomes certains critères. De ce point de vue, j’adhère à l’argument global de Binmore, sauf peut être à son égalitarisme rawlsien.

Je suis également largement en phase avec l’idée selon laquelle les standards de justice trouvent leur origine dans l’évolution culturelle mais aussi génétique. Les lecteurs du blog savent que ce n’est pas moi qui serait gêné par le fait que l’auteur s’appui sur la sociobiologie, dès lors que ce recours est « éclairé », ce qui est largement le cas ici. Pour résumer, appréhender la justice comme un accord contingent autour de certains principes qui découlent de facteurs biologiques et culturels est pertinent ; définir le juste comme ce que les individus d’une société donnée considèrent comme juste à un moment donné me parait être une (la seule ?) définition fertile. Cependant, le diable est dans le détail : certains arguments et outils utilisés par Binmore me semblent, si ce n’est faibles, en tout cas bien trop spéculatifs pour véritablement être convaincant. D’ailleurs, même si cela apparait davantage à la lecture de Game Theory and the Social Contract que de Natural Justice, l’auteur en est bien conscient dans la mesure où il ne cesse d’user de la rhétorique de l’auto-critique et du « mais on n’a actuellement pas mieux sous la main ». Je vais me concentrer sur deux points que deux commentateurs plutôt fiables ont par ailleurs largement développé : le fait que le folk theorem serve de base à la thèse de Binmore, aspect que Herbert Gintis critique dans cet article ; l’étrange mélange que propose Binmore entre une conception « naturaliste » de la justice et une méthodologie largement axiomatique, ce que souligne quant à lui Robert Sugden dans cet article. Lire la suite

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Note de lecture : "Natural Justice" de Ken Binmore (1/2)

C.H.

Natural Justice by Ken Binmore

Comme promis il y a quelques jours, voici une note de lecture sur l’ouvrage de Ken Binmore, Natural Justice, paru en 2005. J’indique tout de suite qu’il s’agira d’une note de lecture un peu spéciale, dans le sens où je ne vais pas tant m’attacher à décrire précisément l’argument de Binmore que proposer une réflexion sur deux questions qui m’intéressent particulièrement et qui sont liées : la modélisation de l’évolution socioéconomique et l’émergence et le développement de la coopération. Ces deux questions sont évidemment centrales dans la réflexion de Binmore.

Add : étant donnée la longueur de la partie résumé, la partie critique sera développée dans un second billet qui suivra d’ici la fin du week-end. Lire la suite

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Economie de la procrastination

C.H.

En ces temps de nouvelle année et donc de bonnes résolutions, cet article de The Economist sur notre tendance à la procrastination tombe à point.  

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