* "Le chômage dépend-il uniquement du marché du travail ?" – Etienne Wasmer
* "Lectures on Macroeconomics, n° 15" – Arnold Kling
* "Just a Handshake" – Overcoming Bias
* "Sustaining the illusion of competitiveness" – Ortheory.net
* Suite du "combat" du moment : après la première salve lancée par Jeffrey Sachs, Dambisa Moyo et William Easterly répondent. Sachs en remet une couche contre Dambisa Moyo.
Le papier de Kling est très intéressant.
D’une part, il contient l’essence du "paradoxe de l’épargne" keynésien. Dans sa version simpliste, les consommateurs se mettent à épargner en période de crise, ce qui diminue la demande globale et donc la rentabilité des investissements. Ainsi, leur consommation future n’augmentera pas, contrairement à l’objectif recherché. Le consommateur a effectivement la possibilité de basculer son revenu monétaire des biens de consommation vers des biens production. Si ce n’était que cela, le problème de la crise serait d’adapter la production à cette nouvelle donne. Mais il y a une troisième possibilité : garder son revenu monétaire, le thésauriser. C’est plutôt cette possibilité qui est mise en exergue dans le paradoxe de l’épargne. Or, elle signifie simplement que les échanges monétaires diminuent, donc les gens renoncent partiellement à la division du travail en période de crise. C’est précisément ce que décrit Kling (mais il ne parle pas explicitement de la thésaurisation – "hoarding").
Le deuxième aspect intéressant de son billet est la notion de détour de production. Les autrichiens insistent sur le délicat réseau de relations client-fournisseur que constitue la structure de production. Le PIB, en tant qu’indicateur (imparfait) de la santé d’une économie, rend partiellement compte de la division du travail (alinéa précédent), mais il ne rend pas compte de la longueur et de la sophistication des cycles de production. Le fait de n’additionner que la valeur ajoutée dans le PIB fait qu’une baguette produite par une séquence d’étapes hautement optimisées comptera autant que qu’une baguette produite de A à Z par un fermier-meunier-artisan-boulanger. L’existence d’un détour de production long et sophistiqué dans le premier cas est vitale pour l’économie, et n’est pas prise en compte dans le PIB. Voir par exemple cet article : http://ideas.repec.org/a/bla/ajecsc/v63y2004i3p609-625.html
Finalement, même si le papier de Kling n’explique pas les raisons qui ont provoqué la thésaurisation et la désorganisation de la structure de production, il soulève en tous cas ces deux sujets cruciaux pour la période actuelle.
Je trouve que Moyo et Easterly touchent très juste, et que Sachs est pathétiquement maladroit dans sa défense.