Les limites du “spontanéisme”

31 octobre, 2008

J’ai déjà abordé à plusieurs reprises sur ce blog les questions d’ordre spontané, de processus évolutionnaire et d’effets émergents (voir, par exemple, ici, ici ou ). Cette thématique renvoie à l’ensemble des questions concernant la complexité, les limites de la cognition humaine, les problèmes de traitement de l’information et les mécanismes de l’évolution sociale. Le concept d’ordre spontané est l’objet fétiche de certains économistes et autres social scientists que j’appelle les “spontanéistes”. Les spontanéistes considèrent que les systèmes sociaux sont d’une telle complexité, notamment en terme de quantité d’information, que l’esprit humain seul ne peut être en mesure de les saisir dans leur ensemble pour ensuite les contrôler. face à une telle complexité, le mieux que puisse faire un individu est de repérer des patterns, des régularités ou des règles, lui permettant de saisir les grandes lignes de fonctionnement du système et d’adapter ainsi son comportement.

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C’est Halloween !

31 octobre, 2008

Via Greg Mankiw.

Bon, cela dit, il parait que même aux Etats-Unis Halloween se fête de moins en moins. Il s’agit donc d’une institution en train de disparaître car elle parvient de plus en plus difficilement à générer des régularités de comportement.


Un code de la route peut-il émerger spontanément ?

30 octobre, 2008

Ce matin, vers 7h40, la tête un peu embrûmée, je prend ma voiture pour aller à la fac histoire d’aller faire cours à de charmants étudiants à 8h00. J’arrive, comme tous les matins, à un carrefour assez complexe mais où en temps normal les choses se passent très bien. Sauf que ce matin, comme depuis quelques semaines, les choses ne sont pas normales puisque la Cité des Sacres va se doter d’un tramway, ce genre de bien soi-disant public qui coûte affreusement cher et qui surtout met une pagaille pas possible dans les rues pendant les quelques années que durent les travaux. J’arrive au carrefour et là, les yeux écarquillés, je constate qu’aucun feux de signalisation ne fonctionne. La circulation est relativement dense (et encore, c’est les vacances), des voitures sortent de partout et en plus il fait encore nuit. C’est l’anarchie la plus complète et traverser le carrefour est pour le moins périlleux. Tout à l’heure, j’ai appris sans surprise qu’il y avait eu de la tôle froissée un peu plus tard dans la matinée.

Mon esprit d’économiste a alors repris le dessus et je me suis posé la question suivante : que se passerait-il si le carrefour restait en l’état plusieurs jours ou semaines. Verrait-on émerger spontanément un certain nombre de règles informelles se substituant aux règles formelles (les feux de circulation) permettant une régulation du trafic. Remarquons que, normalement, dans ce genre de situation, il existe déjà une règle, celle de la priorité à droite. Bon, ce matin, elle n’était franchement pas respectée. Mais, avec le temps, à travers un processus d’essai-erreur, il n’est pas impossible que des conventions émergent et que finalement les feux ne soient plus indispensables. En théorie, cela est tout à fait possible : à partir du moment où les conducteurs prenant ce carrefour sont régulièrement les mêmes, un processus d’apprentissage doit faire émerger des régularités de comportement. D’un point de vue de théorie des jeux, on a à faire à un jeu de type poule-mouillé dans lequel un processus évolutionnaire doit normalement faire émerger un équilibre stable qui peut prendre la forme “les voitures qui viennent de la droite (ou de la gauche) ont la priorité”. Des travaux à base de simulations informatiques confirment de manière plus générale qu’un code de la route peut émerger spontanément après quelques tours (voir ce papier par exemple) au travers de la formation d’habitudes dans les comportements individuels.

Bref, l’auto-régulation de ce genre de système est tout à fait envisageable. D’un point de vue scientifique, j’aimerais bien que la municipalité décide de laisser le carrefour en l’état juste pour voir l’évolution du trafic et voir si émerge effectivement de telles règles. Ce serait une expérience naturelle assez “sympa”. Maintenant, en tant que conducteur prenant le carrefour quotidiennement, j’espère que les feux vont vite être réétablis. Parce que, et c’est là un argument souvent mis de côté par les “spontanéistes“, qui dit processus d’essai-erreur dit “erreurs”. Or, s’il est vrai que beaucoup de systèmes économiques sont d’une telle complexité qu’une tentative de régulation intentionnelle est souvent vaine et parfois néfaste, ce n’est pas toujours le cas. Il y a des système économiques ou non-économiques (comme celui-ci) où le constructivisme est tout à fait recevable et même souhaitable. Toute la question est de déterminer des critères scientifiques permettant de déterminer quand est-ce que cela est le cas.


Les divers arrangements institutionnels sur le marché du travail

30 octobre, 2008

Les économistes savent depuis longtemps que le marché de concurrence parfaite n’existe pas. Tout en restant un outil heuristique pertinent pour commencer à réfléchir aux phénomènes économiques, l’analyse économique moderne a entrepris de dépasser cette représentation. La théorie économique est alors rentrée dans un nouveau monde, celui des optimum de second rang, où il s’agit d’identifier les situations optimales compte tenu des défaillances de marché ou d’imperfection de la concurrence : asymétries d’information, coûts de transaction, problème de coordination, etc. Parfois, les acteurs eux-mêmes parviennent à atteindre plus ou moins spontanément, un résultat proche de cet optimum. Parfois, l’aide de l’Etat est nécessaire. Cet article sur Vox décrit une série d’arrangements institutionnels que l’on a vu émerger sur le marché du travail pour remédier à l’imperfection de la concurrence.


Economie, blog et externalités

29 octobre, 2008

Pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, je vous invite chaleureusement à aller lire le billet de Stéphane Ménia d’Econoclaste sur le blog des entretiens de l’AFSE. Il y est question de l’impact du développement des blogs d’économie sur l’enseignement et surtout sur la manière pour les étudiants d’appréhender la discipline. Le billet se termine par la question suivante : pourquoi l’offre de blog d’économie ne suit-elle pas la demande ? Dans son billet, Stéphane apporte un élément de réponse :

Cette dimension ommunautaire du blogging académique est aussi son talon d’Achille. Les blogs sont une forme de bien partiellement public, producteurs d’externalités positives. Et, comme pour l’investissement en capital humain, cela conduit potentiellement à un sous-investissement. Actuellement, on peut penser que la blogosphère économique francophone en pâtit“.

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Nothing is under control

29 octobre, 2008

En ces temps de crise économique et financière, il est de bon ton de pointer du doigt la “caste” des financiers et des banquiers, désignée responsable de la pagaille actuelle. Comme le montre le succès d’une certaine vidéo sur la création monétaire sur internet, certains fantasmes ce sont même réveillés (s’étaient-ils déjà endormis ?) : la finance contrôle le monde, l’économie réelle lui est subordonnée. Bref, c’est le retour du biais conspirationniste. La crise serait le fait de quelques acteurs, considérés, au choix, soit comme irresponsables, stupides ou cupides mais qui en tout état de cause ont trop de pouvoir. En fait, la crise est plutôt la conséquence du phénomène exactement inverse : l’incapacité totale des principaux acteurs financiers (les grands dirigeants, les actionnaires) à contrôler les actions des personnes qu’ils sont censés surveiller ou diriger.

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Enseigner la théorie des jeux

28 octobre, 2008

Nicolas Eber propose de nouveau un très intéressant article sur la place de la théorie des jeux dans l’enseignement de l’économie sur le blog de l’AFSE. Bien que n’enseignant pas la théorie des jeux, je suis pour ma part assez fasciné par sa combinaison puissance heuristique/dimension ludique relativement unique en économie. L’enseignement de l’économie, et notamment de la microéconomie, a souvent pour réputation d’être austère et rébarbatif. La théorie des jeux a pourtant des qualités pouvant remédier à cela. Il faut déjà voir aujourd’hui qu’il s’agit de l’un des outils majeurs, si ce n’est l’outil majeur à la disposition des économistes aujourd’hui. Pourtant, comme le souligne Nicolas Eber, ses principaux concepts et ses idées majeures peuvent être relativement facilement présentés et compris, et ceci sans avoir besoin de recourir de manière excessive à la formalisation.

La théorie des jeux est d’autant plus digne d’intérêt qu’elle est aujourd’hui un terrain de rencontre privilégié pour différents courants de recherche, orthodoxes comme hétérodoxes (économie institutionnelle, économie comportementale, économie évolutionniste). Elle est au centre des travaux novateurs proposés depuis quelques années par des auteurs comme Masahiko Aoki, Avner Greif ou, dans un registre plus hétérodoxe, Samuel Bowles et Herbert Gintis. La théorie des jeux dans sa version évolutionnaire s’annonce plus particulièrement riche en enseignements pour toutes les sciences sociales.

On a donc à faire à une approche qui est aujourd’hui au coeur de la microéconomie moderne et qui, tout en conservant cette dimension contre-intuitive qui fait le charme de l’économie, peut être enseignée de manière ludique avec un minimum de formalisation – dans un premier temps tout du moins. Que demander de plus ? 

A ce sujet, il est possible d’accéder à l’ensemble du cours de théorie des jeux donné à l’Université de Yale par Ben Polak. L’ouvrage de Dixit et Skeath, mentionné par Eber, est la plus belle illustration du fait que les principaux concepts de la théorie des jeux sont accessibles à la fois de manière ludique et sans formalisation excessive. Pur autodidacte en la matière, j’ai découvert les rudiments de cette approche dans cet ouvrage qui, sans porter spécifiquement sur cette question, lui consacre trois chapitres trois clairs. Ce livre, que j’avais déjà évoqué, a quant à lui la particularité d’accoler à l’aspect manuel une réflexion épistémologique stimulante sur la pertinence de la théorie des jeux. Les ouvrages de Ken Binmore sur le sujet sont aussi pas mal parait-il, même si pour ma part je suis loin de les avoir tous consultés.


Minsky vs les autrichiens vs la macroéconomie mainstream

27 octobre, 2008

Un texte plutôt intéressant comparant la pertinence respective de la théorie autrichienne du cycle (que j’ai abordé ici) et l’approche post-keynésienne de Hyman Minsky dans l’explication de la crise financière. L’auteur indique que, globalement, les deux approches sont toutes deux relativement pertinentes : dans la perspective à la Minsky, on comprend que la banque centrale américaine n’a pas fait son travail pour prévenir une bulle spéculative qui est un phénomène naturel de la dynamique capitaliste. Dans la perspetive autrichienne, la banque centrale a fait un peu n’importe quoi ce qui a engendré une bulle spéculative. Les deux scénarios sont plausibles et racontent une histoire qui a du sens.

Quid de la macroéconomie standard ? Depuis quelques semaines, Arnold Kling se plaint de sa totale incapacité à expliquer la crise financière. L’auteur de ce texte est lui moins sévère et indique que la macroéconomie standard a été construite dans un contexte de fonctionnement “normal” de l’économie et pour expliquer ce fonctionnement. Ce qui risque d’arriver, en revanche, c’est que les événements économiques et financiers pourraient bien induire une évolution de la théorie macroéconomique standard qui, progressivement, va être amendée pour pouvoir expliquer de manière plus satisfaisante une crise comme celle qui a lieu actuellement. Comme l’intégration d’une explication à la crise financière dans l’une des deux grandes branches de la macroéconomie standard (croissance de long terme et fluctuations de court terme) n’est pas évidente, l’auteur conjecture la naissance d’une troisième sous-branche. A voir.

De mon point de vue, la crise financière et économique actuelle souligne l’importance, y compris d’un point de vue macroéconomique, des asymétries d’information (voir ce qu’en dit Kling), des comportements stratégiques et mimétiques des acteurs et du rôle de la confiance, des éléments typiquement (néo- et post-)keynésiens. Je ne sais pas dans quelle mesure la macro standard est d’ores et déjà outillée pour prendre en compte ces éléments.   


Histoire de mal commencer la semaine…

27 octobre, 2008

Greg Mankiw n’est pas très optimiste dans cette tribune dans le New York Times. Sans annoncer la survenance prochaine d’une nouvelle “Grande dépression”, il fait remarquer qu’à l’heure actuelle on ne dispose pas des outils nous permettant de dire qu’à coup sûr la situation ne va pas empirer. Plus troublant, il cite une étude indiquant que même avec les outils et techniques modernes, les économistes n’auraient pu prédire la Grande Dépression des années 30 juste avant qu’elle ne survienne. Pas très rassurant…

C’est d’ailleurs d’autant moins rassurant que Dani Rodrik et Paul Krugman s’inquiètent de la probable survenance d’une crise des changes dans les pays émergents. Cet article de The Economist souligne également les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les marchés émergents. 


Le blog des entretiens de l’AFSE 2008

26 octobre, 2008

Avec un peu de retard, je me joins à Econoclaste et à Mathieu P. pour signaler l’ouverture du blog des entretiens de l’AFSE, créé dans le cadre des Journées de l’économie organisées par l’Association Française des Sciences Economiques. Le blog a pour vocation de traiter du thème de l’innovation dans la formation des économistes. Il s’agit d’une initiative apréciable dans la mesure où les économistes français sont, à quelques exceptions notables près, encore peu impliqués dans ce nouveau média qu’est le blog. Le tout dernier article de Nicolas Eber est particulièrement intéressant. Il y présente une nouvelle approche de l’enseignement de la microéconomie, fondée sur la méthode expérimentale. A suivre.


Une (modeste) critique de la théorie autrichienne du cycle

25 octobre, 2008

La crise financière actuelle est-elle liée à la politique monétaire menée par la FED entre 1999 et 2004, laquelle a durant cette période baissé son principal taux directeur de près de 5% à moins de 2% ? Beaucoup répondront que cela a été un facteur, mais un parmi d’autres, sans plus. Mais quelques uns, les “autrichiens“, prétendent qu’il s’agit de la cause majeure, de l’étincelle qui a allumé le feu. Les autrichiens appuient leurs propos sur leur théorie du cycle, appelée “Austrian Business Cycle Theory”, ou, plus simplement, ABCT. Etant donné le contexte, cette théorie a un pouvoir de séduction assez important. Pour autant, fournit-elle réellement une explication satisfaisante à la crise actuelle ?

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Il faut sauver les hedge funds

24 octobre, 2008

De toute évidence, à l’heure actuelle, il semble que les hedge funds résistent mieux que les institutions financières traditionnelles à la crise. Il s’avère surtout que ces acteurs n’ont pas joué un rôle central dans la propagation systémique de la crise financière. Cela peut notamment s’expliquer par le type de gouvernance sur lequel repose ces fonds. Toutefois, nombre d’entre eux commencent à subir le contre-coup et l’avenir proche s’annonce difficile pour l’industrie dans son ensemble. Steven Levitt prévoit quant à lui un imminent grand nettoyage. 

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Arnold Kling s’énerve

23 octobre, 2008

C’est ici et c’est violent :

I have always thought that the issue of the relationship between financial markets and the “real economy” was really deep. I thought that it was a critical part of macroeconomic theory that was poorly developed. But the economics profession for the past thirty years instead focused on producing stochastic calculus porn to satisfy young men’s urge for mathematical masturbation“.

Sa réflexion est plus constructive dans cet autre billet. Son insistance sur l’importance des asymétries d’information me parait pertinente :

The asymmetric information strand has trouble getting very far. You tend to tackle one or two information problems at a time, when in the real world there are many. But I think you need it in order to develop any theory in which financial intermediaries provide real benefit to the economy, and in which the failure of a financial intermediary imposes real costs. Without asymmetric information, it seems to me that bankruptcy cannot be an interesting event–just liquidate the assets and move on. If new buyers are at a disadvantage in figuring out how to value assets, then bankruptcies are not such trivial events.

I think that without asymmetric information, all assets are liquid, so liquidity preference makes no sense. With asymmetric information, I think you can get liquidity preference. You can get financial intermediation that matters by transforming assets from illiquid to liquid by creating trust, and so forth.

That is why I have trouble saying that all the answers are in Austrian economics, which seems to say that transforming an illiquid asset into a liquid asset is some sort of original sin. My problem is that if we assume no asymmetric information, then everything is liquid. In that world, yes, anything that an intermediary does to introduce risk can only impose costs without benefits.

Once you have information asymmetry, then you cannot say whether the transformations undertaken by intermediaries are harmful or not. They may very well be beneficial, even though they introduce new risks as well ”


La crise est-elle liée à l’abrogation du Glass-Steagall Act ?

22 octobre, 2008

Parcourant l’autre jour les revues académiques d’économie dans la bibliothèque universitaire de ma fac, je suis tombé sur un intéressant petit article de Paul Davidson dans le Journal of Post-Keynesian Economics. L’article a été écrit en février 2008 et Davidson y décrit les développements de la crise tels qu’on a pu les observer à partir de septembre. Dès février, il soulignait que la crise qui s’annonçait serait d’abord une crise de solvabilité avant d’être de liquidité et estimait que la mise en place d’un plan de recapitalisation des banques serait indispensable.

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Les liens du matin (25)

21 octobre, 2008

* Article de Myron Scholes, dans le cadre d’un débat avec également Joseph Stiglitz - The Economist. Ce passage a particulièrement retenu mon attention :

Economic theory suggests that financial innovation must lead to failures. And, in particular, since successful innovations are hard to predict, the infrastructure necessary to support innovation needs to lag the innovations themselves, which increases the probability that controls will be insufficient at times to prevent breakdowns in governance mechanisms. Failures, however, do not lead to the conclusion that re-regulation will succeed in stemming future failures. Or that society will be better off with fewer freedoms. Although governments are able to regulate organisational forms, they are unable to regulate the services provided by competing entities, many yet to be born. Organisational forms change with financial innovations. Although functions of finance remain static and are similar in Africa, Asia, Europe and the United States, their provision is dynamic as entities attempt to profit by providing services at lower cost and greater benefit than competing alternatives.

We would be derelict to regulate the financial industry heavily without attempting to understand the cost and benefits of regulation and without a thorough understanding of the causes of this crisis. With haste, new forms of regulation will probably not lead to less chance of further crisis and failures. History suggests that even the most heavily regulated banking (and broker/dealer) sectors have collapsed or nearly collapsed on myriad previous occasions. New regulations have supplanted old regulations to no avail“.

* “I sing the praises of financial innovation” – Steve Waldman.

* “Thoughts on Banking” – Arnold Kling.

* “The Complexity Approach to Economics : a Paradigm Shift” – Magda Fontana.

* “Ontological issues in evolutionary economics : The debate between Generalized Darwinism and the Continuity Hypothesis” – Jack Vromen. Le genre de thème que j’adore !