En écoutant les infos ce matin sur le rejet du plan Paulson par le congrès américain, je me suis fait la réflexion sur le fait que cela aurait peut-être un point positif en terme d’aléa moral : rendre à l’avenir plus crédible le fait que les pouvoirs publics ne sauveront pas systématiquement la mise à ceux qui ont pris des risques inconsidérés. Les tergiversations politiciennes (parce qu’il ne s’agit que de ça, les députés républicains craignant pour leur réélection…) ont au moins le mérite de montrer que l’Etat ne sera pas toujours automatiquement là pour renflouer les caisses et donc de fournir une incitation à mieux évaluer les risques. Bon, après avoir bu mon café, je me suis finalement remis à voir le verre complétement vide : de toutes façons, le plan va être adopté prochainement et tout ce qu’on aura gagné c’est l’aggravation d’une situation déjà vraiment pas terrible.
Sinon, je me joint à Optimum et Pierre Maura et leur étonnement de voir surgir le spectre d’un “nouveau Bretton Woods”. Enfin, ça ne m’étonne pas tant que ça en fait. Quand un homme politique n’a pas d’idée, il joue sur les symboles (si tant est que Bretton Woods soit un symbole). De ce point de vue, comme le dit Markss dans les commentaires sur le billet d’Optimum, après la mode des Grenelles, il faut s’attendre à avoir celle des Bretton Woods. J’ai quand même envie de redire ce que j’ai dit il y a quelques jours, si par Bretton Woods on entend un retour à un contrôle des mouvements de capitaux (parce que si c’est seulement revenir à un système de taux de change fixe – ce qu’était d’abord Bretton Woods – je ne vois pas le rapport avec la choucroute), il faut quand même souligner deux choses : 1) techniquement, ce ne sera peut-être pas facile et 2) cela revient à se priver des bienfaits d’un système financier libéralisé, bienfaits que l’on oubli trop souvent de mettre en avant, tout comme les méfaits d’une réglementation trop tatillonne. Pour paraphraser le titre du bouquin de William Nordhaus sur le changement climatique (voir l’intéressante discussion à ce sujet ici, HT : Stéphane d’Econoclaste), c’est une “question d’équilibre” (“a question of balance”) : vouloir tout contrôler pour remédier à l’instabilité c’est bien (si tant est que cela est possible), mais ça a un coût d’opportunité. Quand on aura tout contrôlé et que les crédits se feront à des taux démesurés, faudra pas se plaindre…
Publié par C.H.
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Publié par la miss des villes 