De l’utilité des humanités

En ces temps de pragmatisme (au sens vulgaire, sarkozyste, pas philosophique), où tout doit avoir une utilité pratique immédiate, y compris l’enseignement, un texte comme ça fait du bien. Non, le savoir académique n’a pas vocation nécessairement à se traduire immédiatement en savoir-faire devant accroître la “compétitivité économique du pays” (expression que toute personne dotée d’une certaine culture économique n’utilisera pas). On devrait le faire lire à tous les idéologues du patronnat qui veulent que l’école apprennent aux jeunes ce qu’est la vie en entreprise. On devrait également le faire lire aux étudiants qui s’engouffrent dans les filières de gestion au prétexte que “c’est plus concret et que cela donne plus facilement accès à un emploi” (ce qui est faux soit dit en passant).

3 réponses vers «De l’utilité des humanités»

  1. d099 dit :

    oui cela me rappelle une discussion que j’avais eu avec un patron de PME qui se plaignait de ne pas trouver d’étudiants formés à un langage de programmation hyper spécifique…
    mais bon que penser de l’Arabie Saoudite par exemple où un grand nombre d’étudiants étudient la religion?

  2. Ak dit :

    “ce qui est faux soit dit en passant”

    Pourtant c’est ce que le patronat dit, si ils recrutent des diplomés en sociologie surtout, qu’ils n’hésitent pas à la dire.

  3. Emmeline dit :

    Je crains (malheureusement ?) que ca ne soit vrai. En France, en tout cas (beaucoup moins ailleurs).

    Ou plus précisément, si mes souvenirs d’un TP d’économétrie qui commence à dater sont exacts, qu’il n’y ait 2 effets distincts : – choisir “les humanités” au sens classique du terme est nettement pénalisant par rapport à d’autres filières ;
    - mais qu’en revanche, magnâ disciplinâ pari, et en tentant d’éliminer l’effet “IUT – Grandes Ecoles” qui est fort probablement plus de signal que de formation, une filière académique était mieux considérée qu’une professionnelle. Eco, plutôt qu’éco-gé, donc.

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