Voici des liens sur trois sujets qui, contrairement aux apparences, ne sont peut-être pas si éloignés les uns des autres que ça :
* Suite de la discussion entre Dan Ariely et Tim Harford. Ici, Ariely apporte quelques intéressantes réponses aux questions soulevées par Harford. Ce dernier se demandait comment intégrer les apports de la “behavioral economics” dans le cadre de la théorie économique standard. La réponse d’Ariely est sans appel : cela n’est pas nécessaire. Pour Ariely, la théorie du choix rationnel et l’économie comportementale sont deux champs distincts qui n’ont pas à fusionner. La seule exception est lorsque l’économiste en arrive à la formulation de prescriptions. Ici, le recours à l’expérimentation est nécessaire. L’économie comportementale permet de cerner les limites cognitives des individus et leurs implications : de la même manière que l’on a pas conçu les voitures ou les téléphones portables pour des individus ayant les capacités physiques de Superman, les “produits” économiques (comme les prêts immobiliers par exemple) doivent tenir compte des capacités cognitives humaines.
* Burger King lance un hamburger à 85£ (environ 110 euros), composé notamment de foie gras. Qui va acheter cet hamburger ? A priori personne, mais cela est fait exprès. L’économie expérimentale peut justement expliquer cela : l’idée est d’amener le consommateur à réévaluer à la hausse son estimation de la qualité moyenne des produits de Burger King. Mais cela peut aussi être tout simplement interprété comme un coup marketing visant à attiser la curiosité.
* Robert Frank propose une analyse pouvant expliquer partiellement pourquoi des milliers de ménages américains ont emprunté de manière parfois déraisonnée pour acheter leur maison : pouvoir mettre leurs enfants dans les meilleures écoles. Considéré comme une priorité absolue, cela à amené les familles à chercher les maisons situées dans les meilleurs quartiers et à faire augmenter par la même occasion leur prix.
3 mai, 2008 à 8:02 |
“So Tim, if we want to live in a world with less financial crisis, better health, and higher savings, then we must apply insights from behavioral economics to make changes in the real world.”
Je trouve que cette conclusion d’Ariely illustre bien un défaut fréquent dans son livre. Il fait des jugements de valeur plus ou moins arbitraires, constate que les gens ne poursuivent pas ces valeurs, et en conclut qu’ils sont irrationnels. Finalement, il préconise des actions “correctrices”. Mmmmh…
3 mai, 2008 à 6:00 |
Je n’ai pas lu l’ouvrage d’Ariely. Sur ce que j’ai pu lire toutefois, je n’ai pas l’impression qu’il porte véritablement un jugement de valeur. Lorsqu’il dit que les individus sont irrationnels, c’est dans le sens où ils ne se comportent pas comme le prédit la théorie du choix rationnel. Enfin, ce n’est qu’une impression…
22 mai, 2008 à 9:50 |
Oui c’est bien ça. Mais “comportement non conforme à la théorie néoclassique” ne veut pas dire irrationnel. Enfin, c’est une question de définition.